Bertrand Solet (1933-2017)

 

 

Au revoir Bertrand Solet

par André Delobel

    Bertrand Solet vient de décéder. Il venait chaque année nous saluer à Montreuil et, cette année, il n’était pas venu. De son vrai nom Bertrand Soletchnik, il était né en 1933, à Paris, dans une famille d’émigrés russes. Durant  la Seconde Guerre mondiale, en zone libre avec ses parents, il attrapa – quel mot ! – une maladie que l’on connaissait mal et que l’on soignait difficilement à l’époque, la poliomyélite. C’est durant cette période de maladie qu’il attrapa aussi le virus de la lecture.

    Après la guerre, orphelin, élevé et soigné par une tante, il prépare l’IDHEC. L’arrivée massive du cinéma américain qui faillit couler le cinéma français l’incite à changer d’orientation. Il suit les cours du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Un temps journalisme, il entre dans une entreprise de commerce international et devient responsable du service de documentation économique, travail qui le fait beaucoup voyager.

    Il écrit pour la jeunesse, à compter des années 1970, des romans le plus souvent historiques (Il était un capitaine, Robert Laffont, 1971, Prix Jean Macé, Les révoltés de la Saint-Domingue, 1980, En Égypte avec Bonaparte, 1988, Compagnons de Mandrin, 1990) ou traitant de sujets liés à l’actualité ou peu souvent traités comme le racisme, l’immigration, la vie des Tsiganes (La flûte tsigane, Flammarion, 1982). Il écrit également des recueils de contes (Contes traditionnels d’Auvergne, Milan, 1994, Contes traditionnels de Russie, Milan, 2002). Ouvrage récent : Le Chambon-sur-Lignon : le silence de la montagne (Oskar jeunesse, 2016).

   Ecrivain « pédagogue », auteur de plus de 120 ouvrages à l’écriture efficace, Bertrand Solet aura fait connaitre aux jeunes lecteurs des pans entiers de l’Histoire et, assez souvent, d’une Histoire pas enseignée à l’école. Il les aura aussi, offrant de solides fictions, fait réfléchir à quelques unes des questions qui empoisonnent le monde.

    Membre de la Société des Gens de Lettres, de la Maison des Écrivains et fidèle de la Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse qu’il a contribué à mettre sur pied, la première réunion de réflexion s’étant tenu, en 1976, à son initiative et à celle de la conseillère municipale à la culture, à la bibliothèque de Montreuil.

    Il avait en 2003, publié au Sorbier un bel essai : Le roman historique : invention ou vérité ?

    En 2005, un numéro de la revue Griffon lui est consacré.

    « Bertrand Solet désigne quelque injustice à combattre, une nouvelle cause à défendre, des chaînes d’esclaves qu’il faut aller briser. Sa fameuse canne balaie l’horizon : là bas, il y a une terre où les hommes vivent libres et égaux. » (Marcelino Truong).

 André Delobel est secrétaire de la section de l’Orléanais du CRILJ depuis plus de trente-cinq ans et secrétaire général au plan national depuis 2009 ; co-auteur avec Emmanuel Virton de Travailler avec des écrivains (Hachette, 1995), au comité de rédaction de la revue Griffon jusqu’à ce que la publication disparaisse fin 2013, il assura, pendant quatorze ans, la continuité de la rubrique hebdomadaire « Lire à belles dents » publiée dans le quotidien La République du Centre ; articles récents : « Promouvoir la littérature de jeunesse : les petits cailloux blancs du bénévolat » dans le numéro 36 des Cahiers Robinson (2014) et « Les cheminements d’Ernesto » dans le numéro 6 des Cahiers du CRILJ consacré au théâtre jeune public (2014) ; contribution au catalogue Dans les coulisses de l’album : 50 ans d’illustration pour la jeunesse, 1965-2015 (CRILJ, 2015).

Il fait froid

par Rolande Causse

   Ce froid mois de février 2017, Bertrand Solet nous a quitté.

   Non. Pour ceux qui l’ont connu demeure sa voix chaleureuse et grave. Ses mots coulaient comme une rivière serpentant à travers un paysage lumineux.

   Bertrand Solet est associé aux commencements de la littérature de jeunesse et à la Charte où il vint assez rapidement.

   Suffocant d’enfances de tous pays, il représente une vie d’observations, de recherches, d’imagination, de compréhension et d’émotions.

   L’ont accompagnées des montagnes de mots et de métaphores dans ses livres éblouis de soleils lointains, d’oiseaux des mers, de songes, et de poésie.

   Historien et géographe, derrière ses mots, il y avait l’accent des voyages, un regard révolté mais bienveillant, une douceur profonde et une générosité qu’il semait à tous les vents.

.    Ami des jeunes, il leur parlait de rebellions, de résistances, des conflits du monde et du triomphe des plus humbles.

   En ethnologue, il savait prendre son temps, tout en ayant une créativité  extrême.

   N’a-t-il pas écrit cent-vingt livres ?

   Pour les siens, pour la mémoire de Bertrand, pour toutes les générations, il faudrait rassembler ses meilleurs romans et créer un Bouquin ou un Quarto (comme les collections du même nom chez Laffont et Gallimard) où figureraient ses titres les plus forts : Les révoltés de Saint Domingue, Il était un capitaine

   Ainsi il demeurerait parmi nous.

   Mais je ne peux oublier  Monique, son épouse, à qui j’adresse mes pensées les plus affectueuses.

Rolande Causse, écrivaine et formatrice, auteur de poèmes, d’albums, de romans, de livrets d’opéra ; fondatrice en 1975 de La Scribure, association qui se consacre à la pratique des ateliers de lecture-écriture et à la promotion de la littérature pour la jeunesse ; c’est Rolande Causse qui, en 1984, organisa le (premier) Festival Livres Enfants-Jeunes de Montreuil ; parmi ses ouvrages pour les enfants et les jeunes : Mère absente fille tourmente (Gallimard, 1983), Rouge Braise (Gallimard, 1985), Les enfants d’Izieu (Le Seuil, 1989), Le Petit Marcel Proust (Gallimard, 2005), 20 ans pour devenir… Martin Luther King et 20 ans pour devenir… Nelson Mandela (Oskar, 2016) ; pour les médiateurs : La Scribure (Buchet-Chastel, 1983), Le guide des meilleurs livres pour enfants (Calmann-Lévy, 1986), Qui a lu petit, lira grand (Plon, 2000), Qui lit petit lit toute sa vie (Albin Michel, 2005).

Kline (1921-2013)

 par André Delobel

Le dessinateur de bandes dessinées Kline est décédé le jeudi 16 mai 2013 à l’âge de 91 ans. Il avait débuté pendant la guerre dans OK puis travaillé pour Coq Hardi et pour Fillette. En 1960, il avait repris, pour Vaillant, « Davy Crockett » que dessinait Eduardo Coelho sur des scénarios de Jean Ollivier. En 1969, c’est la création de Pif Gadget et, toujours avec Jean Ollivier, de la série « Loup Noir », consacrée aux aventures d’un indien sans attaches. « Mon héros préféré est peut-être Loup-Noir… Certains épisodes mythiques (je pense notamment au Bracelet de cuir) dépassent ainsi le cadre de la stricte aventure pour baigner dans un climat purement poétique et moral. Loup-Noir représente un dépassement ultime, un dépassement vers le haut, une assomption de la bande dessinée d’aventure. » (Michel Houellebecq dans L’Idiot International en mars 1992). Réédition de la série en cours aux éditions Taupinambour. Le Bracelet de cuir est dans le tome 5.

    Né dans les Côtes-du-Nord, Kline envisage de devenir architecte et suit la formation des Beaux-Arts de Rouen. Puis, très rapidement, il s’oriente vers l’atelier de peinture et réalise deux expositions de ses travaux.

    Sous l’occupation allemande, il rejoint Paris : « N’étant pas en règle, j’ai pensé que dans une grande ville, je passerai plus facilement inaperçu ». Il y commence sa carrière professionnelle de dessinateur.

    De 1945 à 1947, il publie divers courts récits de sept à huit planches et une série à suivre, à raison de deux planches par semaine pour un total de 139 planches, « Kaza le Martien » dans l’hebdomadaire OK. Grâce à ce journal, il rencontre d’autres dessinateurs et notamment Albert Uderzo.

    De 1948 à 1956, ils travaillent, à la fois, pour les publications Marijac (Coq Hardi, Mireille et Pierrot) et le magazine Fillette de la Société parisienne d’édition (SPE). Durant cette période, il côtoie de nombreux dessinateurs : Dut, Marin, Pierre Le Guen, Noël Gloesner, Calvo et Christian Mathelot. Sa collaboration avec les publications Marijac cesse en 1957 tandis qu’il continue à travailler à la SPE jusqu’en 1961.

    En 1960, sa carrière connaît un tournant lorsqu’il entre aux éditions Vaillant et reprend le personnage de Davy Crockett sur des scénarios de Jean Ollivier. Jusqu’en 1969, il dessine, généralement en douze planches, un peu moins de soixante histoires parues dans Vaillant puis dans Vaillant le journal de Pif. Deux albums cartonnés sont édités.

    En 1969, avec le passage à la formule « Pif Gadget », Kline et Jean Ollivier lancent un nouveau personnage : Loup Noir. De 1969 à 1980, plus de 160 récits de sept à douze planches sont publiées pour seulement deux albums cartonnés.

    Aux éditions Vaillant, il sympathise avec de nombreux auteurs : Marcello, Cézard, Lucien Nortier, Yannick, Cance, Forton, Tabary, Mas, Coelho, Moatti…

    De 1981 à 1995, il dessine plusieurs courts récits au thème historique puis abandonne définitivement la bande dessinée en 1995

(Wikipédia)

Du rôle des médiateurs

par Jean Fabre

Jean Fabre, fondateur de L’école des loisirs, est décédé le jeudi 9 janvier 2014, à l’âge de 93 ans. Il avait, en 1965, remis au CRILJ ce bel hommage aux médiateurs du livre pour la jeunesse.

     Tout livre de jeunesse n’atteint son destinataire qu’au terme d’une longue chaîne de médiation d’adultes.

     En principe, ces médiateurs – éditeurs, critiques, libraires, bibliothécaires, animateurs, enseignants, parents – sont implicitement d’accord sur un point essentiel : la lecture doit évoluer progressivement avec leur concours et selon l’âge des jeunes lecteurs, de la forme assistée de la première enfance jusqu’à l’autonomie de l’adolescence accomplie.

     Mais, tous les médiateurs ne sont pas d’accord – et c’est normal – sur l’âge du constat concret de cette autonomie individualisée parce que chacun d’eux croit pouvoir en décider et souvent extrapoler d’après les réactions de tel enfant qu’il connait bien et dont la maturité s’épanouit à son heure. L’important est donc de s’employer à promouvoir cette autonomie et de mettre en commun, si possible de façon concertée, chacun à sa place et selon sa fonction, les moyens d’y parvenir.

     Deux dangers risquent de nuire à l’efficacité de toute médiation, deux propositions extrèmes : par défaut et par excès.

     Abstraction faite de l’indifférence absolue, de l’abandon pur et simple du jeune lecteur à ses lectures, certains adultes invoquent le manque de temps qui justifie à leur yeux une intervention hâtive, improvisée dans le choix des livres susceptibles d’intéresser le jeune lecteur. A la vérité, il ne s’agit pas d’apprécier à proprement parler le niveau de lecture qui convient : d’autres médiateurs en amont ont veillé à cet aspect technique dans leur pré-sélection. Il s’agit de tenter d’ajuster au mieux le choix des livres aux goûts, aux besoins, aux aspirations, aux attentes, aux possibilités – selon l’humeur du moment – de tel jeune lecteur que les autres médiateurs ne connaissent pas en particulier.  Pour ce faire, la méthode d’approche est à la portée de tous : lire les livres à proposer à tel enfant, les lire vraiment, ne pas se contenter de les feuilleter, et se montrer attentif aux réactions du jeune, dans une attitude d’écoute et de confiance partagée. De façon empirique, discrètement mais dans la continuité, on assurera alors l’éveil de la lecture et l’on sera gratifié de surcroit d’étonnantes retombées.

     Par contre, si l’on néglige ce préalable au stade de l’ultime choix, comment prétendre tenir pour responsable de sa propre carence les médiateurs en amont dont le rôle est précisément de préparer ce choix ultime ?

     Un second danger, tout aussi incidieux, se joue dans une sollicitude maternante. Nous ne voyons souvent grandir nos enfants qu’à la taille de leurs vêtements. Et la tentation nous guette de maintenir dans un statut d’infans le jeune dont les aspirations légitimes à l’autonomie surprennent et inquiètent parfois. Ses lectures ont précisément pour effet – voire pour fonction – de nous remettre en question indirectement. Aurions-nous peur qu’il nous échappe, ce lecteur que nous avons trop longtemps couvé ? De ce point de vue, reconnaissons aux médiateurs professionnels plus d’objectivité à priori : ils ont leur mot à dire parce qu’ils jugent des besoins selon l’âge plus sereinement que les parents, très impliqués dans un quotidien limité et routinier.

     Ces deux dangers ne devraient-ils pas susciter un climat d’estime, de confiance et de collaboration et de plus fréquentes rencontres entre les médiateurs plutôt que de les opposer par des contestations de compétences et de prérogatives.

     L’analyse qui suit a pour objet de préciser le rôle de l’éditeur dans cette médiation et les limites de cette responsabilité partagée avec les autres adultes.

     L’éditeur intervient comme premier lecteur et comme premier médiateur.

     Premier lecteur, il dispose des projets soumis par les auteurs, non pour en juger objectivement, mais pour apprécier subjectivement si ces projets peuvent s’insérer dans un fond d’édition qu’il connait bien et qui présente, dans sa diversité, une certaine cohérence – comme il sera précisé plus loin.

     Premier médiateur, il a fonction d’assurer au mieux l’information des médiateurs en aval pour orienter leur lecture d’investigation et faciliter la pré-sélection de titres susceptibles de convenir et plaire au jeune public.

     Sous ces deux aspects, le rôle médiatique de l’éditeur est donc de préparer l’élucidation des choix ultérieurs, y compris celui des jeunes lecteurs, au terme de cette médiation :

 – L’éditeur prend en considération dans son analyse de chaque manuscrit reçu, les référents implicites en fonction des compétences et de l’expérience supposées acquises par les lec teurs concernés, en prenant en compte aussi, précisément, leurs différences.

 – Il assure la présentation intérieure et extérieure des œuvres composées de manière à rendre la communication aussi efficace que possible; La première et la dernière page de couverture sont utilisés pour suggérer fidèlement le contenu à l’intention des jeunes lecteurs en quête d’informations incitatives.

 – Il élabore un catalogue qui regroupe en collections des titres de niveau de lecture relativement homogène. Celles-ci peuvent être constituées par genre ou réunir des titres de genre et de style différents d’un même niveau.

 – Conscient de ses responsabilités de formateur et d’informateur, l’éditeur se porte garant, en quelque sorte, de la composition de son catalogue. Il sait qu’on l’identifiera à l’image du fond qu’il a réuni et classé.

 – La plupart des éditeurs complètent ces informations de base dans des catalogues analytique plus précis. Quelques une publient des catalogues thématiques qui favorisent les recherches, les rapprochements et l’intuiton des affinités.

 – Un service de presse soumet aux critique spécialisés, les nouveautés pour une analyse et une appréciation utiles aux autres médiateurs.

 – Un envoi d’office est adressé aux libraires intéressés afin qu’ils puissent lire eux-mêmes ou se faire lire pour avis les ouvrages qu’ils seront amener à sélectionner, à présenter dans leurs vitrines et rayons, et éventuellement à conseiller.

 – Par le truchement de représentants ou délégués régionaux, l’éditeur assure en outre la présentation des nouveautés auprès des libraires, des bibliothécaires et des enseignants et recueille le plus d’informations possible sur les titres qui ont retenu l’attention des jeunes lecteurs afin de mesurer les écarts entre sa première lecture de professionnel et la pluralité des lectures des destinataires eux-mêmes.

     Par toutes ces initiatives qui l’engagent, l’éditeur se pose en responsable. Mais ces responsabilités ne dispensent pas pour autant les autres médiateurs en aval d’assumer ce rôle en contact plus direct et plus personnalisé avec chaque jeune lecteur. Sinon, ces médiateurs ne seraient plus que de simples intermédiaires sans responsabilté.

     En d’autres termes, la chaîne de médiateurs permet d’affiner progressivement, d’amont en aval, des pré-sélections en connaissance de cause, et sur mesure en quelque sorte, à partir d’un « gabarit » proposé par l’éditeur et qui appelle retouches.

     Dans ce cadre d’intervention, les éditeurs se différencient les uns des autres par des options fondamentales qui génèrent la diversité, la complémentarité et la richesse de la production littéraire de jeunesse.

     Ces options impliquent une liberté de choix de droit et de fait. C’est cette liberté de choix et le pluralisme d’options simultanées assumées par un grand nombres d’éditeurs autonomes qui garantit, en extension et en qualité, les meilleures conditions d’appropriation du livre par les jeunes lecteurs et sauvegarde leur liberté de choix.

     Chaque éditeur de livres de jeunesse prend position plus ou moins explicitement, mais de façon fondamentale, sur la finalité de la lecture non didactique : cette lecture peut-elle avoir quelque efficacité sur le jeune lecteur ? N’est-elle qu’un passe-temps, une évasion sans portée ? Peut-elle donner du plaisir ou du bien-être ? A-t-elle vocation culturelle ?

     En terme de communication, tel livre peut-il susciter des résonances intimes, des retombées durables ? Comment se situe-t-il par rapport à la réalité familière ? A l’évolution du monde contemporain ? A la problématique des jeunes générations ?

     Peut-il engendrer une réflexion par alternance de projections et de distanciations ? Telle simulation du réél rique-t-telle, perçue au premeir degré, de paraître déconcertante, de s’imposer comme « trop vraie », innéluctable pour des lecteurs fragiles ? Doit-on pour autant ren,oncer à mettre des lecteurs plus mûrs du même âge en présence de situations conflictuelles, qu’ils sont capables, eux, de regarder en face et de s’essayer à résoudre à leur manière, par personnages interposés pour leur épanouissement même ,

     Actuellement, en France et par le monde, des éditeurs pensent que le livre peut donner à de jeunes lecteurs qui ont soif d’authenticité, l’occasion d’élargir le champs d’expérience de leur vie quotidienne, à la faveur de fictions qui les confrontent à des situations partiellement familières et partiellement insolites de nature à les interpeller. Ils considèrent que ceux-ci auront à s’impliquer dans une société à laquelle ne les prépare pas la littérature dite classique car la culture n’est pas seulement transmission d’héritage, elle s’édifie et évolue dans un environnement qui remet en cause au jour le jour ce que souvent l’on croyait définitivement acquis.

     Il importe donc de multiplier les simulations de vie potentielles comme autant de « cas de figure » ou d’expériences à l’essai, à risque limité.

     Ces éditeurs peuvent-ils compter sur les médiateurs en aval de la publication de livres pour préparer progressivement ces mises en situation de découverte de soi-même et des autres et sollicitent la réflexion des jeunes lecteurs ? N’est-ce pas la meilleure façon d’envisager leur éveil à l’autonomie par un échange confiant avec leur entourage ?

     A chacun sa réponse.

 (  Les Cahiers du CRILJ numéro 1 – novembre 2009 )

 Né le 29 janvier 1920 à Paris, Jean Fabre suit hypokhâgne et khâgne. Il épouse la fille de Raymond Fabry, fondateur des Editions de l’Ecole, maison spécialisée dans la réalisation de manuels scolaires. L »éditeur l’associe immédiatement à la bonne marche de l’entreprise. Proche de militants de la pédagogie Freinet, conscient des limites du manuel traditionnel d’apprentissage de la lecture, Jean Fabre, fonde au sein de la maison mère, en 1965, avec Jean Delas et Arthur Hubschmid, un département jeunesse, L’école des loisirs, éditant en quelques années Tomi Ungerer, Maurice Sendak, Arnold Lobel, Leo Lionni, Sonia Delaunay, Binette Schroeder et Iela Mari. Le succès vient, en 1970, lorsque la maison accueille les « Barbapapa » d’Annette Tison et Talus Taylor. Création, quelques années plus tard, des collections « Mouche », « Neuf » et « Médium » destinées aux lecteurs plus âgés. En 1974. Jean Fabre ouvre Chantelivre, première librairie spécialisée jeunesse. En 2014, le catalogue de L’école des loisirs compte plus de 5700 titres.

 

 

Disparitions

101 – L’écrivain américain Richard Matheson, né en 1926 dans le New Jersey, est mort en Californie le dimanche 23 juin 2013. Auteur prolifique, il écrivit des romans de guerre, d’amour, plusieurs westerns et – genres littéraires dans lequels il excella – des textes relevant de l’épouvante et de la science-ficton. Nombreux scénarios pour la télévision (dont quinze épisodes de « La Quatrième dimension » et plusieurs autres de  « Star Trek ») et pour le cinéma qui s’empara de plusieurs de ces romans (dont Je suis une légende, Les seins de glace, L’homme qui rétrécit). S’il n’a jamais écrit spécifiquement pour les jeunes lecteurs, on retrouve nombre de ses nouvelles dans des anthologies pour la jeunesse publiées par Hachette et Gallimard. Un des plus importants écrivains du XXe siècle, selon Ray Bradbury. Dans D’autres royaumes (J’ai lu, 2013), le narrateur, vieil écrivain spécialisé dans les romans d’horreur, déclare, en forme de bilan : « Vingt-sept romans, vingt-sept saletés. »

100 –  Maurice Nadeau, esprit libre et lecteur avide, historien de la littérature, éditeur majeur qui publia Les choses de Georges Pérec en 1965 et Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq en 1994, fondateur en 1966 de l’indépendante Quinzaine littéraire, est décédé le dimanche 16 juin 2013 à l’âge de 102 ans. Rapport avec la littérature pour la jeunesse ? Aucun.

99 – Le dessinateur de bandes dessinées Kline est décédé le jeudi 16 mai 2013 à l’âge de 91 ans. Il avait débuté pendant la guerre dans OK puis travaillé pour Coq Hardi et pour Fillette. En 1960, il avait repris, pour Vaillant, « Davy Crockett » que dessinait Eduardo Coelho sur des scénarios de Jean Ollivier. En 1969, c’est la création de Pif Gadget et, toujours avec Jean Ollivier, de la série « Loup Noir », consacrée aux aventures d’un indien sans attaches. « Mon héros préféré est peut-être Loup-Noir… Certains épisodes mythiques (je pense notamment au Bracelet de cuir) dépassent ainsi le cadre de la stricte aventure pour baigner dans un climat purement poétique et moral. Loup-Noir représente un dépassement ultime, un dépassement vers le haut, une assomption de la bande dessinée d’aventure. » (Michel Houellebecq dans L’Idiot International en mars 1992). Réédition de la série en cours aux éditions Taupinambour. Le Bracelet de cuir est dans le tome 5.

98 – Directeur de collection chez Grasset dans les années 50, un temps acteur au cinéma, critique cinématographique aussi, Michel Laclos, cruciverbiste malin et redoutable, est décédé dimanche 19 mai 2013 à l’âge de 86 ans. Créateur en 1955 et directeur pendant 15 ans de la revue Bizarre dans laquelle, très occasionnellement, il fut question de contes et de littérature pour la jeunesse puisque Marc Soriano y publia, il avait écrit pour les jeunes lecteurs, en complicité avec Yak Rivais, Les sorcières sont N.R.V. (L’école des loisirs 1988), ouvrage bourré de calembours, charades, anagrammes, combles, mots-valises, lipogrammes, tautogrammes, marabouts, chiasmes et autres facéties, faisant « semblant de gommer les gros mots pour mieux les souligner ».

97 – Fred Funcken, doyen (ou presque) de la bande dessinée franco-belge, auteur emblématique du journal Tintin et des Editions du Lombard, est décédé le jeudi 16 mai 2013. Né en 1921 à Verviers (Belgique), d’abord musicien, un temps décorateur, il se tourne vers la bande dessinée en 1941 et, tandis que sa femme Liliane écrit, pour Spirou, des « Histoires de l’Oncle Paul », il dessine », pour Tintin, des « Histoires authentiques ». Ensemble, ils travailleront, dans un style réaliste, sur les séries historiques ou pseudo-historiques « Harald le Viking », « Jack Diamond », « Lieutenant Burton », « Capitan », « Doc Silver » et « La Croisade des Saint-Preux ».Nombreux ouvrages consacrés à l’uniformologie.

96 – Née à Port-au-Prince en 1939, la conteuse et auteure haïtienne Mimi Barthélémy vient de décéder à Paris des suites d’une crise cardiaque. Elle ést signataire de près de quarante ouvrages pour les adultes et, surtout, pour les enfants dont, récemment parus, Les perles de Zima (Présence Africaine 2011) et Contes d’Haïti (Milan jeunesse 2011). En 1989 le Festival d’Acteurs d’Evry lui avait décerné le Becker d’Or pour La reine des poissons et, en 1992, elle avait reçu le prix Arletty de l’Universalité de la Langue Française pour La dernière lettre de l’amiral. Nombreux enregistrements notamment chez Enfance et Musique et chez Kanjil. « Le départ de Mimi Barthélémy laissera à coup sûr un vide important dans le milieu théâtral haïtien. Je tiens ici à exprimer toute la gratitude de la République face à la grande contribution de cette dame de culture. » (Michel Joseph Martelly, Président de la République d’Haïti). Site de la conteuse ici.

95 – Né en 1925 à Brooklyn (New-York), le dessinateur et éditeur de bande dessinée américian Carmine Infantino est décédé le jeudi 4 avril 2013. Dans le métier depuis les années 1940, il avait œuvré, chez DC Comics, sur les séries les plus importantes du « Silver Age » : Flash, Adam Strange, Green Lantern, JSA, Batman, Il travailla en fin de carrière sur les univers mythiques du Star Wars de Georges Lucas. Ses élèves de la School of Visual Arts garde de lui le souvenir d’un enseignent particulièrement attentif.

94 – Roger Boquié est décédé mercredi 3 avril 2013 à l’âge de 92 ans. Délégué des Francs et Franches Camarades en Normandie dans les années 50, il s’était également occupé de formation à la Fédération nationale où il fit, avec Jean Naty-Boyer, grandement avancer la pratique des activités musicales des jeunes sur leur temps de loisirs. Conseiller technique et pédagogique à l’Institut National d’Education Populaire (INJEP), il a beaucoup œuvré dans le domaine du livre et de la lecture avec Monique Bermond son épouse : animation, sur France Culture, de l’émission Le livre, ouverture sur la vie, organisation de stages, coordination d’opérations nationales du Ministère de la jeunesse et des sports, création, au sein du CRILJ des Yvelines, de la base de données Livrjeun. Roger Boquié fut, avec Monique, administrateur fidèle du CRILJ au plan national. Accueillant 24000 livres, enregistrements sonores et montages audiovisuels, un centre de ressources Bermond-Boquié a été mis en place dans les locaux de la bibliothèque Jacques Demy de Nantes.

93 – L’auteur de bandes dessinées Fred est mort le mardi 2 avril 2013 à l’âge de 82 ans. Lecteur boulimique, il dessine dans les marges de ses cahiers et publie son premièr travail, Les joies de l’alpinisme, dans un journal pour enfants. En 1960, il crée, avec Frtançois Cavanna et le professeur Choron, Hara Kiri, journal bête et méchant dans lequel il publie soixante couvertures, des dessins humoristiques, des contes et Le petit cirque. En 1965, éconduit par Spirou, il se présente à Pilote René Goscinny lui permet de trouver sa place. Première apparition de Philémon dans Le mystère de la clairière aux trois hiboux. Suivront seize épisodes d’une série incomparable, du Naufragé du A (1972) au Train où vont les choses (2013). Noter aussi Cythère l’apprentie sorcière paru dans Pif Gadget et publié chez Dargaud. En 1988, Fred, participant à l’édition d’un album hommage à Jacques Brel, illustre, en 4 pages, Les Bourgeois, chanson qui affirme qu’ils sont comme des cochons.

92 – Né à Paris en 1940, un temps photographe de jazz, bouquiniste en bord de Seine, pionnier de l’étude de la bande dessinée, Jacques Bisceglia est décédé le 1ier mars 2013. Il fut, de 1980 à 2008, un des piliers de l’éclectique et savant trimestriel Le Collectionneur de Bandes dessinées. Il avait, en 2004, co-fondé Papiers Nickelés, organe de l’Association de Préfiguration d’un Centre International de l’Imagerie Populaire, du Dessin Imprimé et du Patrimoine sur Papier (CIIPDIPP et, plus brièvement, CIP).

91 –  L’auteur de bandes dessinée Didier Comès, né en 1942 à Sourbrodt (Belgique), est décédé le jeudi 7 mars 2013. Peu de travaux pour la jeunesse hormis, à ses débuts, des collaborations avec les journaux Spirou et Tintin. D’abord dessinateur industriel, ami voire disciple d’Hugo Pratt, il réalisa un nombre limité d’albums, récits souvent teintés de fantastique. Les adolescents qui, à la toute fin des années 1979, ont lu Silence dans A suivre, revue que publia Casterman, ont découvert un noir et blanc de toute beauté au service d’une bande dessinée contemplative qui reste encore aujourd’hui son œuvre la plus connue.

90 – L’acteur, metteur en scène, directeur de théâtre et d’opéra français Jérome Savary est décédé le lundi 4 mars 2013. Parmi deux cents spectacles, il  avait, en 1983, au Théâtre Mogador de Paris, avec son Grand Magic Circus, créé à destination des enfants, L’Histoire du gros cochon qui voulait maigrir pour épouser Cochonette, une comédie musicale plutôt rock. Expérience qu’il ne renouvellera pas.

89 – Né en 1927 à Fontaine-l’Évêque, près de Charleroi (Belgique), Maurice Rosy est décédé le samedi 23 février 2013 à Paris où il vivait depuis quarante ans. Comme scénariste de bandes dessinée, on lui doit notamment deux aventures de « Spirou » (Le dictateur et le champignon et Les pirates du silence), des histoires de « Boule et Bill », « Tif et Tondu » ou “Jerry Spring ». Directeur artistique chez Dupuis en 1956, il participe, aux côtés d’Yvan Delporte, rédacteur en chef, aux meilleures années du journal Spirou. Décidant au milieu des années 1970, « de ne plus vivre que de son dessin », Maurice Rosy  travaille pour la publicité et la presse (Malabar, SNCF, Contrexeville, Le Monde, Paris-Match) et pour l’édition jeunesse (Bayard, Nathan, Bordas). mettant des images sur les mots de Béatrice Rouer, Henriette Bichonnier, Élisabeth Brami, Fanny Joly, Jacqueline Held (série des « Croktou ») ou Peter Härtling (Ben est amoureux d’Anna).

88 – Né à Liberec en Tchécoslovaquie, Otfried Preußler est décédé ce lundi 18 février 2013 à l’âge de 89 ans. D’abord enseignant, il publie professionnellement pour les enfants depuis 1970. Il est considéré comme l’une des grandes références de la littérature pour la jeunesse allemande. Parmi ses titres traduits en français : Le Petit fantôme (Hachette, 1979), Le Brigand Briquambroque (Nathan, 1980), Auguste et Augustine, Centurion, 1984), Krabat (traduction de Jean-Claude Mourlevat, Bayard, 2009). Son roman  Die Kleine Hexe (publié en Allemagne en 1957 et chez Hachette, en 1978, sous le titre Une déllicieuse petite sorcière) fut récemment au cœur d’une imbécile polémique.

87 – Né à Neuilly-sur-Seine en 1949, Yan Nascimbene est décédé le vendredi 1ier février 2013. Pour Gallimard jeunesse, à la demande de Pierre Marchand, il réalisa, à partir de 1987, pendant douze ans, l’ensemble des couvertures des collections Page Blanche – mention spéciale à la Foire du livre de jeunesse de Bologne en 1988 – et Page Noire. Ayant travaillé en alternance en France et aux Etats-Unis, il habitait désormais dans le Var. Le prix graphique de la Foire de Bologne lui a été décerné trois fois.  C’était un illustrateur (et auteur) talentueux et discret,

86 – André Bay, écrivain et traducteur, peintre et dessinateur, éditeur chez Stock pendant 40 ans, est mort le lundi 14 janvier 2013 à l’âge de 96 ans. Parmi ses traductions : Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, L’île au trésor de Robert Louis Stevenson, Les Aventures d’Huckleberry Finn de Mark Twain. Si, fondateur et directeur littéraire de la célèbre collection à couverture rose « Cosmopolite », André Bay fit connaître, parmi beaucoup d’autres, France Isaac Bashevis Singer, Jorge Amado, Carson McCullers, Joyce Carol Oates et Anaïs Nin, n’oublions pas qu’il fut éditeur de deux recueils, Comptines et poésies choisies pour les enfants (1951) et Trésors des comptines (1967), anthologies de référence que l’on trouve dans de nombreuses écoles. Esprit libre et discret, il avait, en 1947, refusé le prix Femina que le jury lui avait attribué pour Amor, son premier roman. « J’avais peur. Peur que l’on parle trop de moi. »

85 – Jörg Steiner est décédé le dimanche 20 janvier 2013 dans sa ville natale de Bienne (Suisse). D’abord éducateur puis conseiller artistique au Théâtre de Bâle, il a écrit, depuis 1962, une trentaine de livres (romans, nouvelles,  poèsie), tant pour adultes que pour enfants, pour lesquels il a reçu une douzaine de prix littéraires. Parmi ses thèmes privilégiés : l’individualisme, la liberté, la marginalité, la puissance et la faiblesse « Avec lui, nous ne perdons pas seulement un grand écrivain mais aussi un citoyen engagé et critique. » (Erich Fehr, maire de Bienne). Quelques livres pour enfants parus en France : L’île aux lapins ( Duculot 1978), L’homme de la fosse aux ours (école des loisirs 1988), Les nouveaux musiciens de Brême dans la révolte des animaux de la pub (école des loisirs 1990).

84 – Le comédien Jean Topart est mort le dimanche 30 décembre 2012. Né en 1922, il participa à l’aventure du Théâtre National Populaire (TNP) de Jean Vilar dans les années 1950 et 1960. Voix mythique de la télévision, il doit à ce média une vraie reconnaissance. C’est lui qui interprétait Vaucanson dans Sans-souci ou Le Chef-d’œuvre de Vaucanson d’Albert Husson que Jean-Pierre Decourt réalisa en 1965 pour le Théâtre de la jeunesse de Claude Santelli. Dans Rocambole, feuilleton télévisé de Jean-Pierre Decourt (1964-65), il interpréta Andréa de Felipone, Sir Williams, George Stowe et le prince Potoniev. Il fut la voix de Gepetto dans le Pinocchio (1996) de Steve Barron et il apporta son concours au doublage de nombreuses séries d’animation dont Rémi sans famille, Lady Oscar, Les Mystérieuses Cités d’or ou Ulysse 31 (personnage de Zeus).

83 – Mario Ramos vient de décéder. Il avait 54 ans. Bruxellois de naissance, de père portugais et de mère belge, passionné de dessin, admirateur de Saul Steinberg et de Tomi Ungerer, il avait fait des études supérieures de communication graphique et travaillé pour la publicité. Premier livre pour les enfants en tant qu’auteur et illustrateur : Le monde à l’envers (Pastel 1995). « Mario Ramos aimait tant nous faire rire dans ses livres. Il prenait un soin et une attention passionnée à raconter des histoires aux enfants – pour leur donner les moyens de se défendre face aux plus forts et de se construire. Mario était curieux de tout, généreux, talentueux et très fidèle. Ses loups, cochons, singes, crocodiles et autres petits lardons sont chargés de toutes les émotions. Il va nous manquer énormément. » (communiqué Pastel et l’école des loisirs).

82 – L’écrivain français Georges Chaulet, auteur de plus de cent cinquante romans pour la jeunesse, est décédé le 13 octobre 2012 à l’âge de 81 ans. Il avait, en 1951, créé le personnage de Fantomette, justicière masquée, bonnet à pompon, collants noirs et tunique jaune. « Le directeur des Bibliothèque rose et verte, Louis Mirman, m’avait posé une condition : les aventures de Fantômette ne devaient contenir ni politique, ni religion, sexe ou jurons. » Georges Chaulet, scénariste de la série de bande dessinée Les 4 as (Casterman) écrivit, pour la télévision, quelques épisodes de L‘Inspecteur Gadget.

81 – L’auteure britannique Nina Bawden est décédée le 22 août 2012 à l’âge de 87 ans. Ses ouvrages pour la jeunesse ont été publiés à l’école des Loisirs. (La guerre de Fanny, Un petit cochon de poche, Les bonbons magiques, Mary et le clandestin), aux éditions Nathan (Cinq voleurs à la manque) et chez Gallimard Jeunesse (Il faut garder Henry). « J’aime écrire pour les enfants. Il me semble que la plupart des gens sous-estiment leur capacité à comprendre et la force de leurs sentiments et, dans les livres que je leur destine, j’essaie de corriger cela. »

80 – Remy Charlip est décédé le 14 août 2012 à San Francisco, à l’âge de 83 ans. Il avait été danseur, chorégraphe (membre fondateur de la Merce Cunningham Dance Company), directeur artistique d’un théâtre pour les sourds. Depuis 1956, Remy Charlip était l’auteur ou l’illustrateur de trente-huit livres pour les enfants dont une petite dizaine est publiée en France, chez Circonflexe pour un titre (Maman, maman, j’ai mal au ventre ! en 2002)  et chez Mémo pour les autres. Notons On dirait qu’il neige (2000) et Heureusement (2011). Remy Charlip était un esprit libre.

79 – Le Cheval bleu et La Vache Orange, héros célèbres de deux albums de Père Castor publiés en 1943, sont orphelins. Lucile Butel, née à Amiens en 1929, est décédée le 18 juillet 2012. Collaboratrice de Paul puis de François Faucher, elle ilustra également chez Gauthier-Languereau, chez Armand Colin et chez quelques autres éditeurs. Elle fut, pendant une quinzaine d’année, de l’aventure de Pomme d’Api : illustration de toutes les couvertures du magazine de 1966 à 1973 et création des personnages de David et Marion. Elle vivait dans le Limousin.

78 – Manuelle Damamme qui fut chargée du secteur culturel à la Ligue de l’Enseignement et, avant Yves Pinguilly, rédactrice en chef de Trousse Livres, est décédée le 21 août 2012, à l’âge de 67 ans. A une question posée par Yvanne Chenouf sur ses sources d’information en matière de littérature pour la jeunesse, elle avait répondu en 1987 : « Je puise mes renseignements auprès de personnes qui ont le suprême mérite de livrer leurs clefs. Elles sont rares, car chacun a plutôt tendance à utiliser le charme ou à pratiquer l’œcuménisme. J’évoquerais François Ruy Vidal, Raoul Dubois, Bernard Epin, Christian Bruel, Nicole Meymat, Isabelle Jan, Jean Fabre, Gisèle Bienne et Jacques Cassabois qui me semblent pratiquer une clarté d’intention et une honnêteté évidentes. Qu’ont donc en commun ces personnes qui me satisfont dans leur communication ? Elles disent ce qu’elles cherchent et pour­quoi elles le cherchent. »

77 – Nous avons appris dans les premiers jours de juillet le décès de Michèle Piquard, chargée de recherche au CNRS, spécialiste de l’histoire du livre et de la lecture, auteur de L’édition pour la jeunesse en France de 1945 à 1980 (Presses de l’Enssib 2004). Adhérente fidèle du CRILJ, elle participa plusieurs années aux activités de la section régionale de l’Orléanais. C’était une amie.

76 – Acteur, souvent de second rôle, dans plus de cent-cinquante films, au cinéma comme à la télévision, Maurice Chevit vient de décéder. Il doit sa présence dans ce fil d’actualité, non parce qu’il joua en 1965 dans le troisième épisode de la saison 3 de Thierry la Fronde, mais que parce qu’il fut le voix française de Geppetto dans Les aventures de Pinocchio de Luigi Comencini (1972).

75 – Robert Sabatier, écrivain raconteur d’histoires, poète et grand connaisseur de poésie, académicien Goncourt dès 1971, est mort ce jeudi 25 juin 2012, à l’âge de 88 ans. Les sept volumes de sa saga des Allumettes suédoises, dont le premier épisode parait chez Albin Michel en 1969, se sont vendus dans le monde entier à des millions d’exemplaires. « Il faut, disait Robert Sabatier, s’efforcer d’être jeune comme un beaujolais et de vieillir comme un bourgogne. » Plusieurs de ses romans sont édités en Livre de poche jeunesse.

74 – L’écrivain américain Ray Bradbury, auteur de science fiction (terme qu’il récusait), s’est éteint à l’âge de 91 ans. Auteur de cinq cents nouvelles, d’une trentaine de romans, de contes, de poèmes, de pièces de théâtre, de scénarios pour le cinéma et pour la télévision, il n’avait pas écrit spécifiquement pour la jeunesse, mais ses Chroniques martiennes (1950, traduction française en 1954) étaient souvent travaillées en classe et plusieurs ont fait l’objet d’édition séparée comme La Brousse adaptée par François Ruy-Vidal et illustrée par Jean-Marie Gauthier (Delarge 1976). Voir aussi Un Coup de tonnerre (Gallimard 1000 soleils 1973) et Histoires de dinosaures (Gallimard Jeunesse 2004). En 2005, Alain Grousset avait choisi Le Coquillage pour son anthologie 10 nouvelles fantastiques (Flammarion Castor poche). « La chose la plus amusante dans ma vie, c’était de me réveiller chaque matin et de courir jusqu’à la machine à écrire parce que j’avais eu une nouvelle idée.

73 – L’auteur et illustrateur Maurice Sendak, dont la plupart des enfants connaissent la « fête épouvantable » de Max et les maximonstre, est décédé mardi 8 mai 2012, à l’âge de 83 ans, à l’hôpital de Danbury (Connecticut), après un accident vasculaire cérébral survenu vendredi. Artiste autodidacte, il avait écrit et/ou illustré près d’une centaine d’albums, créé des costumes pour des ballets, mis en scène des opéras, produit des séries animées pour la télévision dont lesPetit Ours d’Else Holmelund Minarik. Il avait, dès 1970, reçu le prix Andersen pour l’ensemble de son oeuvre. Derniers ouvrages parus : Maman !(école des loisirs, 2009) et Bumble-Ardy (HarperCollins, 2011).

72 – L’auteur et dessinateur de bandes dessinées Eddy Paape est décédé samedi 12 mai 2012 à Bruxelles (Belgique), à l’âge de 91 ans. Travaillant  à sa sortie de l’Institut Saint-Luc avec Roba, Franquin et Peyo dans un studio de dessins animés, il rejoint Spirou où il reprend « Les aventures de Jean Valhardi ». Il y crée « Les belles histoires de l’Oncle Paul » et la série « Marc Dacier ». Pour le journal Tintin, il réalise la série de science-fiction « Luc Orient » avec son ami Greg. Entre 1960 à 80, Eddy Paape enseigne la bande dessinée à l’Institut Saint-Luc et à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Gilles où il aura pour élèves Andreas, Schuiten, Grenson, Godi, Berthet, Cossu, Dugomier, Wurm et Desorgher.

71 – Le dessinateur et scénariste de bande dessinée Jean Giraud alias Gir et Moebius est décédé ce samedi 10 mars. Il aurait eu 74 ans en mai. Après une enfance à dessiner des cow-boys et des indiens et une formation à l’Ecole des arts appliqués, il avait publié ses premiers dessins pour la publicité et pour la mode, avant de collaborer à Fripounet et Marisette, puis à Spirou et à Pilote pour qui il créera le lieutenant Mike Blueberry. On se souviendra également de Arzak, du Major Fatal, de John Difool. Il avait colaboré avec Ridley Scott pour Alien et avec James Cameron pour Abyss.

70 – Peintre, illustrateur, décorateur, écrivain, régent du Collège de Pataphysique et membre fondateur de l’Ouvroir de Peinture Potentielle, Jacques Carelman vient de s’éteindre à l’âge de 83 ans. Son Catalogue des objets introuvables (1969) et son Catalogue de timbres-poste introuvables (1972) ont amusé grands et petits.

69 – Claude Duneton est décédé ce mercredi 21 mars 2012 à l’âge de 77 ans.  Instituteur, professeur d’anglais puis comédien, écrivain, historien du langage et journaliste, il tenait au Figaro littéraire une rubrique très suivie relative à la langue française. Son Anti-manuel de français à l’usage des classes du second degré (Le Seuil 1978), écrit en collaboration avec Jean-Pierre Pagliano, obtint en beau succès. Il avait, pour les jeunes lecteurs, publié l’album Les Origimots (Gallimard Jeunesse, 2006).

68  – « Jacques Asklund, enseignant, auteur pour la jeunesse et comptant parmi les créateurs du Salon du Livre pour Enfants et Adolescents de Beaugency en 1987, nous a quittés ce 10 mars 2012. Conseiller municipal, instigateur du Prix de littérature pour la jeunesse de la ville, il en fut le président durant plusieurs années. Auteur d’une quinzaine de romans pour jeunes lecteurs publiés notammant chez Rageot, il avait obtenu le lionceau d’or au Salon du polar de Neuilly Plaisance en 2008. Jacques était membre de l’association Val de lire, organisatrice du Salon du livre pour la Jeunesse de Beaugency, et nous perdons un ami fidèle. » (Nicole Verdun, pour Val de Lire). Jacques Asklund fut dans la même classe que moi à l’Ecole Normale d’Orléans entre 1962 et 1966 et il venait de recevoir une invitation à célébrer, début avril, la « promotion du cinquantenaire ». (André Delobel)

67. André Leborgne est décédé ce lundi 5 mars 2012. Si ce nom ne dira rien à beaucoup, quelques uns se souviendront qu’il fut l’initiateur en 1965, dans sa Belgique natale, du Cercle des Amis des Bandes Dessinées et, en 1966, de la revue d’études Ran Tan plan, la seconde après Giff-Wiff et avant Phenix

66. Le dessinateur André Gaudelette, pseudonyme André Joy, vient de décéder. Né en 1925, débutant en 1947 en illustrant des récits complets, il travaille, de 1949 à 1956, aux éditions Vaillant, dans le petit format 34 Caméra et dans le journal où il illustre des scénarios de Jean Ollivier, P’tit Joc en 1952 et Jojo des rues en 1956. Quittant la maison pour cause de désaccord politique, il travaille chez Dargaud et au Lombard et reprend le personnage de Line dans le journal du même nom. Publie ausi dans Francs-Jeux, Nade, Lisette, Amis Coop et dans les petits formats de la SEPP. Il entre au début des années soixante dans le groupe catholique Fleurus (Cœurs-Vaillants, Âmes Vaillantes, J2 Magazine, Djin) qu’il ne quittera qu’en 1987 quand il prendra sa retraite.

65. François Richaudeau est décédé ce lundi 27 février 2012. Né en 1920, ingénieur des Arts et Métiers spécialisé dans l’industrie graphique, François Richaudeau travaille d’abord dans une imprimerie. Directeur d’un club de livres, il réfléchit à la façon de composer et fabriquer les livres afin que la lecture soit la plus agréable possible. Il crée le Centre d’Etudes et de Promotion de la Lecture qui étudie les comportements de lecteurs en fonction des typographies utilisées, des mots, des phrases et des styles de textes de natures variées. Il fonde en 1952, avec Jean Garciat et Maximilien Vox, les Rencontres Internationales de Lurs qui réunissent chaque année typographes, graphistes, imprimeurs et autres professionnels du livre. Publication bi-annuelle de La gazette de Lurs. Un temps gérant de la revue et des Éditions Planète, il créé les Éditions Retz qui publient Les Encyclopédies du Savoir Moderne, la revue Communication et langages, Je deviens un vrai lecteur (1989), Encyclopédie de la chose imprimée et Méthode de lecture rapide (2004). Il fut membre fondateur de l’AFL  (Association française pour la lecture). « Humaniste héritier du siécle des lumières, François Richadeau possèdait des qualités humaines reconnues par tous. Il possédait assurément des convictions et les défendait mais par la seule argumentation étayée sur une immense culture, il se montrait toujours apte, ouvert au dialogue et aux échanges, à s’emparer des idées contradictoires. » (Jean Marie Kroczek, président de la Bibliothèque pédagogique François Richaudeau de Sisteron).

64. Charlotte Ruffault vient de décéder à l’âge de 60 ans, des suites d’un cancer. Directrice d’Hachette Jeunesse Roman depuis 2002, elle avait été nommée, en janvier 2011, directrice du développement jeunesse avant de se retirer. D’abord comédienne et bibliothécaire, puis auteure et journaliste, elle a accompagné le développement du secteur depuis les années 1980, en travaillant pour Le Sourire qui mord puis pour Syros. Entrant chez Bayard Editions en 1996, elle y apprend l’édition populaire et publie “Chair de poule” en 1998. “Dotée d’une énergie flamboyante, toujours à l’affût des nouvelles tendances du marché, elle fut un des maîtres d’œuvre de la renaissance de la Bibliothèque rose et de la Bibliothèque verte, tout comme du phénomène éditorial de la série Twilight(communiqué Hachette Livre).

63. Nous apprenons le décès de Thierry Crépin, chercheur et historien de la presse et de la bande dessinée, auteur de Haro sur le gangster ! La moralisation de la presse enfantine, 1934-1954 (CNRS, 2001) et coordinateur, avec Thierry Groensteen, de On tue à chaque page ! La loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse (Éditions du temps et Musée de la bande dessinée, 1999) et, avec Françoise Hache-Bissette, des Presses enfantines chrétiennes au XXème siècle (Artois Presse Université, 2008). « Dirigeant avec Isabelle Chevrel Le dictionnaire encyclopédique de littérature de jeunesse en voie de publication par les éditions du Cercle de la Librairie, j’ai été amené à suivre de plus près les contributions de Thierry qui avait accepté de traiter une dizaine de notices portant sur des périodiques comme Vaillant, Francs jeux, Robinson, Le Téméraire… Notre collaboration, interrompue un temps par la maladie, fut menée à bien dans des conditions difficiles et devait conduire à une véritable amitié. » (Jean Perrot)

62. Nous avons appris avec émotion, au deuxième jour de notre colloque, la disparition d’Isabelle Jan à qui nous devons beaucoup. Elle avait, au CRILJ, de nombreux amis. Extrait du troisième numéro de nos Cahiers : « Licenciée en lettres modernes, Isabelle Jan fait un stage à la bibliothèque de l’Heure Joyeuse et devient assistante de Paul Faucher à l’Atelier du Père Castor. Elle anime, à la radio, avec Natha Caputo, l’émission La ronde des livres, entièrement consacrée aux livres pour les enfants. Elle crée en 1966, chez Nathan, la prestigieuse « Bibliothèque Internationale » et, un peu plus tard, la collection « Arc-en-poche ». Se définissant comme comparatiste, elle enseigne, notamment dans le cadre du Certificat d’aptitude aux fonctions de bibliothécaires. Nombreux ouvrages de fiction tant pour les adultes que pour les jeunes lecteurs. Publication, à l’issue de son passage au ministère de la Culture, de Les livres pour la jeunesse, un enjeu pour l’avenir (Le Sorbier, 1988). Auteur de Alexandre Dumas romancier (Éditions ouvrières, 1973), Andersen et ses contes (Aubier, 1992), Divinités du tic : en lisant Charles Dickens (Éditions du Rocher, 2003). »

61. Le dessinateur et cartooniste britannique Ronald Searle est mort à l’âge de 91 ans à Draguignan, dans le Var. Auteur de la série St-Trinian’s, bande dessinée mettant en scène les pensionnaires d’un lycée de jeunes filles, il travailla également pour Life, Punch, Le Monde ou le New-Yorker. « Les élèves du St. Trinian’s sont aussi célèbres sur le territoire de la Perfide Albion que le Petit Nicolas l’est par chez nous. Et la comparaison ne s’arrête pas là, car il y a du Sempé chez Searle comme il y a du Searle chez Sempé » (Alain Korkos).

111 – Poète, essayiste et théoricien du langage et de l’imaginaire, Georges Jean vient de décéder à l’âge de 91 ans. Ancien professeur d’école normale au Mans, à l’Université du Maine et à l’Ecole Nationale Supérieure des Bibliothèques, il a publié pour les jeunes lecteurs de nombreuses anthologies poétiques dont Il était une fois la poésie (La Farandole, 1974), Le premier livre d’or des poètes (Seghers 1975), Poussières d’images (Larousse, 1986). Il a dirigé le Centre international poésie-enfance et participé à la commission ministérielle d’aide à la création théâtrale. Georges Jean était un ami du CRILJ et nous venions de mettre en ligne, en page « Lire et relire », son texte Les contes traditionnels comme introduction à la littérature pour enfants d’aujourd’hui.

60. Hélène Gratiot-Alphandéry vient de nous quitter. Elle avait 102 ans. « Nous étions, dit Janine Despinette sur le site Ricochet, avec Monique Hennequin, les seules représentantes des milieux de l’édition et de la critique enfance et jeunesse présentes au cimetère Montparnasse. Est-il possible que les milieux universitaires qui font carrière sur le travail de leurs ainés et donnent tous en référence les numéros spéciaux de la revue internationale Enfance soient à ce point si peu reliés à la vie des personnes ? » Hélène Gratiot-Alphandéry et Henri Wallon furent les fondateurs en 1948 de Enfance, une des seules revues scientifiques de langue française consacrées au développement de l’enfant dans ses aspects sensoriel, moteur, cognitif, émotionnel, social et langagier. Hélène Gratiot Alphandéry, très attachée au CRILJ, apporta pendant de longues années à son conseil d’administration compétence et passion.

59. Bruno Bianchi, le créateur d’Inspecteur Gadget, a rejoint vendredi 2 décembre le paradis des dessins animés où il retrouvera Shingo Araki qui est parti lui aussi, la veille. Shingo Araki collabora à Ulysse 31, Albator 84, Goldorak, aux Chevaliers du Zodiaque, mais aussi à Inspecteur Gadget, en compagnie de Bruno Bianchi. Quatre-vingt six épisodes diffusés sur deux saisons, entre 1983 et 1984, et qui seront abondamment rediffusés

58. Nous apprenons le décès du bédéiste Gilles Chaillet, ce mercredi 14 septembre 2011, à l’âge de 65 ans. Passionné d’histoire, scénariste et dessinateur dans la lignée de Jacques Martin avec qui il réalisa Les voyages d’Alix, ouvrages didactiques sur la Rome antique. Il est l’auteur, seul, de plusieurs épisodes des aventures de Guy Lefranc et de la série Vasco, saga médiévale d’un grand réalisme. Asterix et Obélix sur les verres à moutarde, c’est également lui.

57. Thierry Martens, rédacteur en chef du Journal de Spirou de 1968 à 1978, historien de la bande dessinée, est décédé lundi 27 juin 2011 à l’âge de 69 ans. Sous le pseudonyme de M. Archive, il avait longtemps été le seul auteur des accompagnements critiques et historiques des bandes dessinées publiées par Dupuis et l’un des historiens de référence de Spirou. Il était également scénariste des séries « Natacha », « Archie Cash », « Aryanne » ou « Vincent Murat ». C’est un grand connaisseur de la bande dessinée et de la littérature populaire qui disparaît.

56. Figure discrète de la bande dessinée, Jean Tabary est mort à 81 ans le 18 août 2011 à Pont-l’Abbé-d’Arnoult où il habitait depuis une trentaine d’année. On lui doit, pour le journal Vaillant, les séries Richard et Charlie (1956), Grabadu et Gabaliouchtou (1959), Totoche (1959), et, pour Vaillant le Journal de Pif, à compter de 1966, Corinne et Jeannot. Il est, en 1962, avec René Goscinny, pour Record puis pour Pilote, le créateur des Aventures du bon calife Haroun el Poussah puis du célébrissime Iznogoud. Relevons aussi le personnage de Valentin le vagabond, gentil et naïf, poursuivi au fil des épisodes par une maréchaussée hostile.

55. Le réalisateur franco-chilien Raoul Ruiz est mort à Paris le 19 août 2011 à l’âge de 70 ans. Il avait, en 1985, réalisé une très belle adaptation de L’Île au trésor, d’après Robert Louis Stevenson, dont il existe une édition VHS désormais collector.

54. Jean-Paul Mougin est décédé le mardi 13 septembre 2011. Evincé de la télévision, un temps rédacteur en chef de Pif Gadget où il apprend à connaitre Forest, Gillon, Mandryka et Gotlib, il entre en 1972 chez Casterman. Il y crée en 1978, le mensuel [A Suivre] dont il sera rédacteur en chef jusqu’à 1997. Heuseuse époque où, mois après mois, lecteurs adultes et adolescents découvraient, la plupart du temps en noir et blanc, des romans graphiques (fantastique, humour, aventure ou polar) signés  Pratt, Servais, Tardi, Schuiten et Peeters, Cabanes, Baraou, Goossens, F’Murr, Charlier, Margerin, Baru, Munoz, Sampaio, Dumontheuil, Benoît, Sokal, Manara, Loustal et Paringaux, Comès, Muñoz et Sampayo, Ferrandez, Rochette, Boucq et Nicolas de Crécy.

53. Non, le site Ricochet n’a pas disparu et il est régulièrement actualisé. Il y a, par contre, de bonnes raisons de croire que la reprise officielle par l’Institut suisse Jeunesse et Médias ne se fera pas avant plusieurs mois. La justice auprès de laquelle plainte a été déposée examine le dossier. En attente d’une décision, les actuels administrateurs de Ricochet donnent à lire aux visiteurs un large choix de messages de soutien : « Nous avons été vivement émus par l’attachement manifesté au site et par la reconnaissance exprimée pour notre travail. Aussi avons-nous décidé, avec l’accord de leurs auteurs, de donner accés à nombre d’entre eux, témoignages de la diversité des visiteurs et de leur enthousiasme commun. » Adresse du site à droite de cette page.

52. . Colette Destouches, fille unique de Louis-Ferdinand Céline, vient de mourir. C’est pour elle, alors qu’elle a trois ans, que l’écrivain écrit ou raconte en 1923, inspiré par l’écrivain allemand Wilhelm Hauff, Histoire du Petit Mouck. Le texte publié, pour la première fois en 1994 dans Paris-Match, avec des dessins d’Edith Follet, seconde épouse de Céline et collaboratrice de La Semaine de Suzette, semble en effet plus proche d’une improvisation retranscrite que d’un travail d’écriture. Texte disponible aux éditions du Rocher.

51. L’auteur de bande dessinée Paul Gillon, né en 1926 à Paris, vient de mourir. Côté jeunesse, il dessina, pour le journal Vaillant, les séries Fifi gars du maquis, Lynx Blanc et, entre 1950 et 1953, Fils de Chine, biographie romancée de Mao Tsé Toung. Puis viendront Le Cormoran, sur scénario de Jean Ollivier et la création de Wango. Il a également travaillé pour Le Journal de Mickey (Teva, La déesse d’or, Le temps des copains, etc). En 1964, il crée, pour l’éphémère Chouchou, avec Jean-Claude Forest puis lui-même au scénario, Les Naufragés du temps. Un artiste apprécié pour son dessin académique de grande qualité. Grand Prix de la Ville d’Angoulême en 1982.

50. La romancière anglaise Diana Wynne Jones, figure emblématique du roman fantastique britannique, est décédée à l’âge de 76 ans des suites d’un cancer. Elle eu comme enseignants, au collège St Anne d’Oxford, C.S. Lewis et J.R.R. Tolkien. C’est le Pré-aux-Clers qui, en 2002, traduit Le Château de Hurle (Howl’s Moving Castle, 1986) dont le réalisateur japonais Hayao Miyazaki fit en 2004 Le Château ambulant. Le quatrième tome de L’Odyssée DaleMark est a été publié en 2010 aux éditions Baam!

49. Liska est décédée le 15 février, à 18 heures 30. Née en 1956, elle fut institutrice puis directrice d’école, dans le Loir-et-Cher et à Paris. Elle fut poète, notamment pour les enfants, et Christian Vassort mis plusieurs fois des images sur ses mots. Dernière parution : Les yeux du ciel (La Renarde Rouge, 2010).

48. Nous apprenons le décès d’Yvon Mauffret, né en 1927, d’abord marin, puis écrivain, scénariste, journaliste. La mer et la Bretagne étaient son univers. Une centaine d’ouvrages pour la jeunesse dont Pépé la boulange paru en 1897 à l’Ecole des Loisirs. Doyen (avec Claude Cénac) de la Charte des auteurs et illustrateurs, il avait, au CRILJ en général et dans l’Orléanais en particulier, de solides amitiés. « Ainsi disparaît un auteur modeste, effacé et de grand talent, dont les qualités humaines ne cessaient de toucher tous ceux qui l’approchaient. » (Christian Grenier)

47. Le site Internet de Livres au trésor, pour les raisons que l’on sait, fermera définitivement à la fin de ce mois de février. Aspiration du site encore possible, soit 2,5 Go d’articles, bibliographies, revues de presse, références et informations diverses, sur votre disque dur.

46. L’écrivain Andrée Chédid, née au Caire au sein d’une famille chrétienne libanaise, installée à Paris depuis 1946, s’est éteinte dimanche soir à l’âge de 90 ans. Elle était l’auteur d’une vingtaine de recueils de poésie, de plusieurs dizaines de romans, d’essais, de récits, de pièces de théatre. Le Printemps des poètes avait crée en 2009 le premier concours Andrée Chedid de poèmes chantés, initiative reconduite en 2010. Pour le jeunesse, l’école des Loisirs a publié deux recueils de poèmes Le Cœur et le temps (1977) et Lubies (1979). Ses romans Le sixième jour, Le survivant, L’autre et Les métamorphoses de Batine sont parus chez Flammarion dans la collection Castor-Poche.

45. Patrick Couratin est décédé ce samedi 29 janvier, à Paris, après une courte maladie. Né en Touraine en 1948, Patrick Couratin aura été graphiste, illustrateur, affichiste, éditeur, libraire. Il publia plusieurs albums chez Harlin Quist (dont Monsieur l’oiseau en 1971), éditeur pour lequel il devint directeur artistique de 1974 à 1982. Il fut conseiller artistique de la maison de disques Le Chant du Monde et, chez Bayard Presse, entre 1982 et 1993, directeur artistique du magazine Okapi. Il a également coédité des albums au Seuil et aux éditions du Panama. Nous l’avions rencontré à Montreuil il y a un peu plus d’un an et avions longuement bavardé avec lui.

44. Christian Grenier nous écrit : « Je reçois à l’instant un coup de fil de mon vieil ami Jean-Louis (Fraysse), mari de Sara, alias Marcelle (Perriod), tous deux plus connus sous le nom de Michel Grimaud. Sara est morte ce dimanche 23 janvier matin, à 73 ans. Ils ne publiaient plus, mais La ville sans soleil, La Terre des autres et Le Tryan d’Axilane sont toujours là, en bibliothèque. Ils écrivaient aussi de la science fiction pour les adultes, chez Denoël, dans la collection Présence du Futur. »

43. Kathy Degreef nous écrit : « Marcel Marlier s’est éteint ce mardi 18 janvier 2011, à l’âge de 80 ans. Après un demi-siècle de collaboration, Casterman perd un dessinateur d’exception, un homme de qualité, un ami. » On peut parler à propos de Martine, le personnage auquel Marcel Marlier a donné un visage, d’un véritable phénomène éditorial avec 60 titres, plus de 65 millions d’exemplaires vendus en langue française, 35 millions en langue étrangère, vision intemporelle au réalisme pointilleux. Conformément aux souhaits de la famille, les obsèques se sont déroulées dans la plus stricte intimité ce vendredi 21 janvier.

42. Nous apprenons le décès subit, à l’âge de 66 ans, de Cécil Guitart. Demeurant depuis de nombreuse années à Grenoble où il fut adjoint au maire, il avait, directeur des bibliothèques de la ville, développé un exemplaire réseau de lecture publique. Fils d’ouvriers agricoles, militant de l’éducation populaire attaché aux initiatives associatives, Cécil Guitart était conservateur général honoraire des bibliothèques.

41. Malade depuis de nombreuses années, la romancière argentine María Elena Walsh vient de décéder à l’âge de 80 ans dans un hôpital de Buenos Aires. Une quarantaine de livres, des chansons reprises par Mercedes Sosa et Joan Manuel Serrat, l’écrivaine avait donné vie à des personnages très populaires auprès des enfants et ses livres ont accompagné plusieurs générations. Daïlan Kifki, l’éléphant volant a été traduit en 1983 chez Nathan, dans la prestigieuse Bibliothèque Internationale d’Isabelle Jan. « Je pense que les gens font encore écouter mes chansons aux enfants, parce qu’ils les considèrent comme un trésor familial. »

40 Catherine Gendrin qui collectait des contes à travers le monde et en racontait depuis près de trente ans vient de décéder, à l’âge de 53 ans, suite à une fulgurante maladie au cerveau. « Amie des peuples qui se battent pour faire vivre leur mémoire, elle aimait porter auprès de son public, et tout particulièrement des enfants, les mystères de la vie tels qu’ils sont perçus dans d’autres cultures. Elle partageait avec talent les valeurs humanistes qui lui ont toujours tenu à cœur : la haine de la guerre et de la barbarie, le dégoût pour la condition humiliante imposée aux femmes, sa passion pour la tolérance, la culture et la liberté. » (Alain Serres)

39. L’écrivain Dick King-Smith s’est éteint dans son sommeil, mardi 4 janvier 2011, à Bath, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Il avait 88 ans. Publiant en 1978 son premier ouvrage, The Fox Busters (Les longs museaux), alors qu’il avait près de 50 ans, Dick King-Smith écrivit plus de cent livres mettant en scène des animaux et puisant  son inspiration dans son expérience d’agriculteur, métier qui fut le sien pendant une vingtaine d’années. Son oeuvre la plus connue, The Sheep-Pig (1983), Babe dans la version française, fut adaptée pour le cinéma, en 1995, sous le titre de Babe, the Galant Pig (Babe, le cochon devenu berger), par le réalisateur australien Chris Noonan.

38. Nous apprenons le décès du chartiste et historien Jean Glénisson, à Jonsac (Vendée) où il était né en 1921. Il avait, dans les domaines qui nous concerne, publié en 1988, aux Presses du CNRS, Le Livre au Moyen Age et coordonné, avec Ségolène Le Men, Le Livre d’enfance et de jeunesse en France publié à la Société des Bibliophiles de Guyenne en 1994.

37. Nicole Maymat nous apprend le décès de Vitaly Statzynsky, il y a quelques jours, à l’Hôpital de Provins. Nous nous souvenons des albums que publia Ipomée, notamment Kolobok le petit pain rond (1990) et Petit-Ane (1995) qui fit beaucoup discuter le petit monde de la critique des livres pour la jeunesse.

36. Bernard Clavel, né en 1923 à Lons-le-Saunier (Jura), « dans une maison sans livres, sans eau courante et sans électricité », vient de mourir. Romancier populaire,  humaniste, souvent adapté à la télévison, il avait écrit de nombreux ouvrages pour les enfants et les jeunes. Rappelons-nous des deux premiers : L’Arbre qui chante (La Farandole, 1967) et Victoire au Mans (Robert Laffont, 1968).

35. Le lundi 19 juillet 2010, l’actrice, réalisatrice et écrivaine Cécile Aubry est décédée, à l’âge de 81 ans, d’un cancer du poumon. Auteure des séries « Poly » (Bibliothèque Rose) et « Belle et Sébastien » (Bibliothèque Verte), elle eut son heure de célébrité auprès des enfants des années 1960 lorsqu’elle adapta ses romans pour la télévision.

34. L’auteur, illustrateur, graphiste, caricaturiste politique et traducteur égyptien Mohieddine Ellabbad est décédé au Caire le samedi 4 septembre 2010. A voir ou à revoir : Le Carnet du dessinateur (Mango Jeunesse et Institut du monde arabe, Paris 1999).

33. Le dessinateur Roger Mas est mort d’une longue maladie, le 28 août 2010, à l’âge de 86 ans. Continuateur d’Arnal dès 1948, il compta parmi les dessinateurs les plus réguliers de Pif le chien. Il avait notamment créé Pifou, fils de Pif et de « mère inconnue », et Léo Bête à part avec Jean Sanitas au scénario.

32. Nous avons la tristesse de vous annoncer le décés de Jacqueline Dubois, pionnière de la promotion de la littérature pour la jeunesse, aux côtés de Raoul, son époux, signataire avec lui d’ouvrages et d’articles nombreux. Jacqueline Dubois fut, dès la constitution du CRILJ, une administratrice fidèle et dévouée. Nous nous souvenons de son beau sourire et de ses yeux malicieux.

31. Le dessinateur de bande dessinée d’origine espagnol Victor de la Fuente, né en 1927, auteur également de nombreuses illustrations pour des collections jeunesse publiées aux éditions Fleurus, Gallimard, Larousse, Nathan, Hachette et Pocket jeunesse, est mort le 2 juillet 2010. Il est considéré par ses pairs comme un l’un des plus grands représentants de l’école réaliste ibérique.

32. Claude Klotz, né en 1932, écrivain touche-à-tout mieux connu sous le pseudonyme de Patrick Cauvin, a succombé au cancer le vendredi 16 août 2010. Son roman Drôle de samedi soir, écrit pour les enfants, rencontra un franc succès.

29. La comédienne Ginette Garcin est décédée, ce jeudi 10 juin, à l’âge de 82 ans, des suites d’un cancer. Cette information n’a strictement rien à voir avec la littérature pour la jeunesse.

28. André Degaine, historien du théâtre, dessinateur, décorateur, comédien, auteur dramatique et néanmoins postier, grand défenseur du théâtre populaire, vient de mourir. Il avait adapté pour les enfants sous le titre Le Théâtre raconté aux jeunes (Nizet, 2006) son son singulier ouvrage Histoire du théâtre dessinée : de la préhistoire à nos jours, tous les temps et tous les pays (Nizet, 1992).

27. Christian Bruel l’a annoncé publiquement le vendredi 7 mai 2010, lors de la journée professionnelle de la Fête du Livre de Villeurbanne : Etre éditions, c’est fini. « Éditer depuis plus de trente-cinq ans, sans capital, des albums jeunesse singuliers plutôt exigeants a toujours relevé de l’aventure. Et sans le soutien attentif de nombre des partenaires de la chaîne du livre, les lois du marché auraient eu raison plus tôt de cet équilibrisme. Je ne peux que vous inciter, les uns et les autres, à vous précipiter dans vos librairies préférées pour vous procurer les albums d’Être éditions pendant qu’il en est encore temps. Si une vague d’achats ne garantit peut-être pas la poursuite de l’activité, elle assurera un destin à des livres qui considèrent les enfants comme des lecteurs à part entière méritant des points de vue non altérés sur le monde. » Blog de soutien ici.

26. Nous apprenons le décès, des suites d’un cancer foudroyant, de Philippe Bertrand, dessinateur de bandes dessinées (A cet instant aux antipodes, Linda aime l’art, La Montespan), dessinateur de presse (Le Monde, Lui, Télérama, Ça m’intéresse, L’Express, L’Événement du jeudi), illustrateur pour la jeunesse (Les Petits riens, La Bataille des légumes, Class-Mat). Il était né en 1949 à Saint-Jean-de-la-Ruelle, dans le Loiret.

25. Fondateur en 1968, à Amsterdam, de la librairie Lambiek, plus ancienne libraire spécialisée en bandes dessinées d’Europe, Kees Kousemaker vient de mourir à l’âge de 68 ans. Il avait créé, il y a 11 ans, une encyclopédie en ligne recensant à ce jour plus de 20000 auteurs.

24. L’auteur britannique Alan Sillitoe vient de décéder à l’âge de 82 ans. Fils d’un ouvrier d’usine analphabète, auteur célèbre de Samedi soir, dimanche matin (1958), il fut l’un des « Angry Young Men », mouvement littéraire qui, en Angleterre, s’opposa, après la seconde guerre mondiale, à l’ordre établi et à la bourgeoisie. A notre connaissance, ses livres pour enfants (Big John and the Stars, Allan. The City Adventures of Marmalade Jim. The Incredible Fencing Fleas) ne sont pas traduits en français.

23. Fin février, Bernard Coutaz, fondateur et PDG d’Harmonia Mundi, l’une des principales maisons de disques indépendantes dans le monde, est mort à Arles (Bouches-du-Rhône), à l’âge de 87 ans. Les éditeurs qui travaillent avec Harmonia Mundi (une cinquantaine environ) considèrent l’entreprise comme le « diffuseur-distributeur idéal ». A taille humaine et à l’écoute des éditeurs comme des libraires, le catalogue livres d’Harmonia Mundi a toujours eu une réputation de qualité. En jeunesse : L’Atalante, Etre, Mémo, La joie de lire, Picquier, Rue du Monde.

22. Pascal Garnier s’est éteint à l’âge de 60 ans. « Une bonne soixantaine de livres chez différents éditeurs, pour la jeunesse, pour les adultes, en noire, en blanche, cette forme d’apartheid ne me concerne pas. J’écris parce que, comme disais Pessoa : la littérature est bien la preuve que la vie ne suffit pas. » Pascal Garnier s’était vu remettre au printemps dernier, des mains du président de la Région Rhône-Alpes Jean Jack Queyranne, le prix Rhône-Alpes des lycéens pour son roman La Théorie du panda (Zulma, 2008). Il avait reçu à cette occasion un accueil très chaleureux des lycéens présents au théâtre Le Toboggan à Décines-Charpieu, preuve de sa grande sensibilité et de la qualité de la relation qu’il avait su installer avec ses jeunes lecteurs.

21. Nous apprenons le décès de Jacqueline Pintiaux, à Saint-Georges-sur-Cher, à l’âge de 77 ans. Active propagandisme du livre pour enfants dans le Puy-de-Dôme, elle fut longtemps présidente de la section locale du CRILJ de Clermont-Ferrand. Habitant depuis plusieurs années en région Centre, elle avait rejoint les adhérents de la section de l’Orléanais.

20. Nous apprenons le décès brutal de Raymond Farré, 69 ans, dans l’incendie pour l’instant inexpliqué de son appartement. « Raymond Farré avait, avec sa sœur Marie Saint-Dizier dont il était fort proche, renouvelé l’écriture et l’imaginaire pour les enfants et les pré-adolescents, dans un style très carrollien, plein d’humour, de plain pied avec la sensibilité libre des jeunes lecteurs des années 70 et 80. » (Christiane Abbadie-Clerc)

19. Nous apprenons le décès de Françoise Lepage, membre de Communication-Jeunesse, ardente défenderesse de la littérature canadienne-française pour la jeunesse. Née en France en 1946, Françoise Lepage fut bibliothécaire, traductrice, auteure de romans pour les enfants, professeur de littérature pour la jeunesse, critique littéraire et directrice de collection. Son Histoire de la littérature pour la jeunesse, Quebec et francophonies du Canada est parue en 2000 aux éditions David (Ottawa).

18. Nous apprenons le décès, à 88 ans, de Jacques Martin, un des derniers survivants de la bande dessinée franco-belge des années 1950, qui créa notamment, en 1948, le personnage d’Alix et, en 1952, celui du journaliste Lefranc. 120 albums pour l’ensemble de ses héros, publiés en 15 langues, vendus à 20 millions d’exemplaires.

17. Nous apprenons le décès de Raoul Sautai qui, avec Ute Fuhr, illustra de nombreux ouvrages documentaires de la collection « Premières découvertes » de Gallimard Jeunesse dont notamment la série « J’observe ».

16. « Le farfadet bleu » est la (superbe) collection jeunesse de L’Idée bleue, éditeur de poésie, « pour lecteurs à partir de 5 ans et jusqu’à plus que centenaires. » Depuis fin décembre 2009, l’Idée bleue n’existe plus. « Toute aventure a une fin. Nous avons décidé d’être maître et ordonnateur de la nôtre. Ce dont souffrent les éditeurs de notre acabit, c’est d’un manque de lecteurs pour les livres qu’ils proposent. N’attendez pas que les poètes soient morts pour les lire. » Désormais, pour commander les ouvrages encore disponibles, il faudra s’adresser à cette adresse.

15. Nous venons d’apprendre le décès à 94 ans de Raymonde Dalimier, administratrice du CRILJ depuis sa fondation. Grâce à madame Brunschwig, inspectrice d’académie de Paris, Raymonde Dalimier effectue en 1946 un stage à la bibliothèque de l’Heure Joyeuse. Elle est ensuite nommée au lycée La Fontaine sur un poste de surveillant d’externat pour s’occuper d’une des toutes premières bibliothèques d’élèves, lieux pilotes où les lycéens étaient associés à l’organisation, « vrais miracles d’ingéniosité et de persévérance, exemples vivants d’un autre pouvoir ». Nous nous souvenons de Raymonde Dalimier, pionnière de la promotion de la littérature de jeunesse en milieu scolaire.

14. Le dessinateur de bandes dessinées franco-belge Tibet, créateur de Chick Bill (68 albums) et de Ric Hochet (76 albums dont le dernier à paraitre en 2010), est mort ce samedi à l’âge de 78 ans, suite à un malaise.

13. Emile Lansman nous apprend le décès de l’homme de théâtre Marcel Cremer. « L’émotion ne me permet pas d’en écrire plus, mais j’aimerais que chacun se rende compte que si nous sommes quelques-uns aujourd’hui à pleurer un ami, c’est tout le théâtre belge pour la jeunesse qui vient de perdre un de ses grands artisans. »  Créateur, il y a plus de trente ans, avec des jeunes de sa région, du Théâtre Agora, il jouait, « artiste de la revendication », en allemand et en français aux quatre coins du monde et pour tous les publics.

12. Pierre Bottero vient de mourir accidentellement ce dimanche 8 novembre 2009, à l’âge de 45 ans, perdant vraisemblablement le contrôle de sa moto dans un virage entre Lambesc et Rognes, aux alentours d’Aix en Provence. Auteur « star » de la littérature pour la jeunesse, il passionna les amateurs d’heroïc fantasy avec, en particulier, les quatre trilogies La Quête d’Ewilan, Les Mondes d’Ewilan, Le Pacte des Marchombres et L’Autre publiés aux éditions Rageot. Site « Les mondes imaginaires » ici.

11. Nous apprenons le soudain décès d’Henri Delpeux, dans le jardin de sa maison du hameau de l’Yonne où il vivait, toujours aussi généreux, d’une maigre retraite. Né à Lyon en 1928, Henri Delpeux fit des études d’éducateur puis devint marionnettiste. A ce titre, il réalisa de nombreux spectacles pour enfants et anima stage sur stage. Il écrivit aussi des histoires que publièrent Fleurus, l’Ecole des Loisirs, Bayard et La Farandole.

10. Jacques Charpentreau ne souhaite pas la disparition  de la Maison de Poésie dont il est président. Le danger est pourtant là : menace sur l’usage des locaux historiques de la rue Ballu, diminution des aides publiques dont la subvention qu’accordait le Ministère de la Jeunesse et des Sports pour l’attribution du « Prix Arthur Rimbaud » décerné à un poète de moins de vingt-six ans et autres mauvaises nouvelles. « Votre aide financière est nécessaire à la Maison de Poésie » . Tout est expliqué ici.

09. Pour signaler la fin de Lire en Fête, l’enssib propose un retour sur vingt  années de bons et loyaux services, donnant à voir les affiches qui ont jalonné la manifestation. On reconnaitra Moebius, Mattotti, Tardi et quelques autres illustrant leur vision du livre et de la lecture. L’exposition réalisée par l’enssib avec le soutien du CNL, de la DRAC Rhône-Alpes et de l’ARALD, sera en place du 12 au 23 octobre 2009 dans les locaux de l’enssib, 17-21 boulevard du 11 Novembre à Villeurbanne.

08. Pas tout à fait disparu, mais quand même. L’Observatoire National de la Lecture est une structure créée en 1996 pour diffuser auprès des enseignants les résultats des travaux des chercheurs sur l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. A ce titre, il joua un rôle important dans la mise en place des programmes de 2002 qui accordait à la littérature de jeunesse une vraie place, notamment au cycle 3. En panne sous Gilles de Robien, marginalisé sous Xavier Darcos, l’Observatoire voit ses missions redéfinies par le ministère : il n’aura plus à réfléchir aux pratiques pédagogiques et à la formation des enseignants et le nombre de membres va être diminué de moitié. Pour les nostalgiques, c’est ici.

07. « Nous sommes désolés de vous informer de la fermeture définitive du magasin. Merci de votre soutien et de votre fidélité pendant toutes ces années.«  Les annonces scotchées sur les vitrines de la librairie Bretano’s attristeront de nombreux lecteurs. Nous allions parfois avenue de l’Opéra à la recherche d’un album américian récemment paru. Beucoup y achetèrent leurs premiers Sendak en langue d’origine. Fondée en 1895 par Arthur Brentano, la librairie mise en liquidation judiciaire depuis le 12 juin par son propriétaire BNP-Paribas, avait vu, il y a quelques années, son loyer réévalué de 7000 euros à 20000 euros.

06. Les éditions du Panama fondée en décembre 2004 par Jacques Binszok et dont le catalogue jeunesse était l’affaire de Brigitte Morel avaient été placées en redressement judiciaire en décembre 2008. Mises en liquidation par décision du Tribunal de commerce de Paris malgré plusieurs offres de reprise, elles cesseront leurs activités début juillet. Un beau catalogue qui disparait.

05. Nous apprenons à l’instant le décès, survenu ce jeudi 18 juin, de Jean-Marie Despinette, figure incontournable des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire. Fidèle au CRILJ dès sa fondation, il y fut des années durant, aux côtés de Janine son épouse, un administrateur actif et de bon conseil.

04. Le samedi 30 mai 2009, Pierre Gamarra était enterré à Bessens, dans le Tarn-et-Garonne. Résistant, journaliste, romancier, biographe et poète, auteur de très  nombreux livres pour la jeunesse, Pierre Gamarra fut, pendant 58 ans, le directeur actif de la revue littéraire Europe. Le CRILJ avait reçu l’écrivain à Orléans pour L’assassin a le Prix Goncourt. Les Editions Casterman avaient publié, dès 1974, sous le titre La lecture, pourquoi faire ? son bel essai sur la lecture des jeunes.

03. Andrée Clair vient de mourir, en toute discrétion. Née en 1912, anticolonialiste, ayant vécu longtemps au Niger, elle avait, notamment à La Farandole, publié de fort nombreux ouvrages racontant l’Afrique dont certains en collaboration avec le poète Boubou Hama. Bernadette Desprès lui doit ses premiers textes dont la série des Nicole avec laquelle elle fut, rappelle Bernard Epin, « l’une des premières à montrer sans misérabilisme et avec une complicité enjouée des enfants d’une grande cité HLM. »

02. Nous avons la grande tristesse de vous informer du décès de Elisabeth Amzallag-Augé, survenu subitement le vendredi 22 mai 2009 des suites d’une crise cardiaque. Elisabeth Amzallag-Augé, née le 18 mai 1948, était entrée au Centre Pompidou le 1ier janvier 1982. Elle était responsable éditoriale (L’Art en jeu, Zigz’Art) au service jeune public de la direction de l’action éducative et des publics.

01. L’écrivain et académicien Maurice Druon est décédé ce mardi 14 avril. Né en 1918, Prix Goncourt en 1948 pour Les grandes familles, il fut ce ministre des Affaires culturelles de Georges Pompidout à qui l’ont doit la phrase restée fameuse :  « Les gens qui viennent à la porte de ce ministère avec une sébile dans une main et un cocktail Molotov dans l’autre devront choisir. » Ecrivain fécond, il publia pour la jeunesse, avec des illustrations de Jacqueline Duhème, Tistou les pouces verts (Gallimard, 1957) et Hadji (Gallimard, 2001).