Mimi Barthélémy

par Lise Bourquin Mercadé

    Le coeur de la grande dame du conte qui nous a fait connaître et aimer Haïti a cessé de battre samedi 27 avril. Mimi Barthélémy fait partie des êtres chers qui ont donné un sens à ma vie et à mon travail d’éditeur. Il faudra nous habituer à vivre sans la lumière de ses yeux, sans cette joie de vivre, d’apprendre, de créer et de partager, qu’elle offrait de tout son coeur à ceux qui avaient la chance d’être ses amis, à ses “complices” en création, à tous ceux pour qui elle chantait et racontait ‐ encore et encore ‐ le pays chéri de son enfance.

    Mimi était pour moi, comme pour tous ceux qui ont travaillé avec elle, une source d’inspiration. À la fin des années 80, avec le fidèle Serge Tamas qui l’accompagnait à la guitare et Philippe Abadie, notre ingénieur du son ‐ qui veillait avec amour à lui faire “une belle voix” ‐ nous avons passé des heures, dans l’intimité complice d’un studio parisien, à enregistrer ses plus beaux contes: La reine des poissons, L’oranger magique, Crabe et sa carapace, Cheval, crapaud et coeur de princesse Livie, Bakouloubaka, La création des chandelles… J’évoquerai un seul de ces moments inoubliables. Un jour ‐ nous faisions une pause entre deux contes – la conteuse haïtienne et le guitariste guadeloupéen se remémoraient avec gourmandise les chansons de leur enfance. “Et toi, tu la connais, celle‐là?” Mimi chantait de tout son coeur… Émue, j’ai enregistré à leur insu ces petites perles qui deviendraient un jour Dis-moi des chansons d’Haïti.

    Ces annees‐là furent le début d’une amitié partagée avec Mimi et sa famille, dont chaque membre a participé, d’une manière ou d’une autre, à mon aventure éditoriale. Plus récemment, après Le Fulgurant (dont l’enregistrement réalisé au Festival Epos va être joint au livre), j’ai publié Dismoi des chansons d’Haïti et une édition enrichie de la Reine des Poissons, premiers titres d’un ensemble éditorial regroupant ce patrimoine enregistré.

    Sur la scène, qu’elle aimait par dessus tout, Mimi rayonnait. Elle captait l’attention de ceux qui l’écoutaient, par sa seule présence, par sa voix, par son engagement sincère et ses convictions. Elle illuminait le quotidien de ceux qui l’accueillaient pour une rencontre ou le temps d’une soirée “contée”, qui, chaque fois, serait inoubliable, sur un plateau de télévision comme dans la vie. Donnant le meilleur d’elle‐même, se dépensant sans compter, voyageant à la limite de ses forces, ne sachant refuser une invitation, surtout pour Haïti… elle ne se posait que pour écrire.

    Mais Mimi ne restait jamais seule bien longtemps: elle attirait les gens comme un aimant, elle était adulée, respectée, aimée. Amis fidèles, rencontrés aux quatre coins du monde, famille débarquant d’Haïti ou d’ailleurs, enfants et petits‐enfants qu’elle chérissait : sa “maison d’artiste”, sertie au coeur de la Goutte d’Or est un petit coin de Paradis tropical en plein Paris qui ne désemplissait pas!

    Elle aimait recevoir, offrir des présents, gâter ceux qu’elle aimait. Elle ne recevait jamais un visiteur sans lui offrir, délicatement présentés sur le verre d’une table en ferronnerie d’art signée par son mari Guillermo Cardet, un café, des fruits “exotiques”, un pâté africain, une patisserie marocaine ou une confisserie orientale, glanés dans les échopes voisines.

    Elle aimait aussi organiser des fêtes de “retrouvailles” : le temps d’une soirée joyeusement animée par ses amis musiciens, le patio fleuri, orné de vévés haïtiens aux perles brillantes et multicolores et d’une emblémathique “reine des poissons” en métal noir, fleurait bon l’amitié et l’air de la Caraïbe. On chantait des chansons d’Haïti, de Guadeloupe et d’ailleurs. On écoutait Amos Coulange et Serge Tamas qui ne venaient jamais sans leur guitare, et parfois, aussi, a capella, sa petite fille Alizé, interprétant avec conviction un chant de liberté italien.

    Dans la petite maison pleine de souvenirs qu’elle aimait tant, nous avons chanté pour Mimi Barthélémy une dernière fois. Sur le ciel bleu, le lilas mauve était en fleurs… En levant les yeux vers la fenêtre du premier étage, là où elle écrivait, il y a peu, je l’ai imaginée, assise à son bureau. Et je l’ai vue sourire en le regardant… Il nous manque tant, déjà, son beau sourire généreux, moqueur, parfois ‐ que pensait‐elle exactement quand je l’écoutais ? – qui la rendait si belle et nous chauffait le coeur. Mais la voix de la conteuse, sa parole, son souffle, sont immortalisés dans les enregistrements d’hier que nous nous efforcerons de garder bien vivants.

( Paris, 30 avril 2013 )

Après avoir travaillé dans la publicité, Lise Bourquin Mercadé crée, au début des années 1980, les éditions Vif Argent. Elle invente la cassetine, qui, sous une couverture cartonnée fort solide, contient les pages d’un album avec, à l’intérieur du plat antérieur, une forme en plastique pour loger la cassette. Ne pas oublier le petit ruban qui ferme le tout. Se retrouvent dans la collection les conteurs Bruno de La Salle, Mimi Barthélémy, Michel Hinndenoch, Catherine Zarcate illustrés par Joëlle Boucher ou Béatrice Tanaka et habillés de musiques du monde minitieusement choisies. Vif Argent disparait, mais, en 2008, Lise Bourquiun Mercadé récidive et, dans le même esprit, sous le label Kanjil Éditeur, elle alterne rééditions, avec souvent des illustrations nouvelles, et titres inédits. Parmi les premiers titres parus : Dis-moi les chansons d’Haïti par Mimi Barthélémy. Merci à Lise pouir nous avoir confié ce texte.

Contes

 

16 – Le département d’Allemand de l’université de Reims Champagne-Ardennes et l’Institut Goethe proposent une série de manifestation célébrant les frères Grimm. Du lundi 14 janvier au samedi 16 février 2013, présentation d’une exposition Le monde des contes à la Bibliothèque universitaire Robert de Sorbon, Campus Croix-Rouge avec une inauguration le mardi 22 janvier, à 17 heures autour d’un verre, d’un peu de théâtre et d’une projection du conte Les Musiciens de Brême. Puis, chaque mardi, pendant toute la durée de l’exposition, à 17 heures  30) une projection vidéo : le 22 janvier, Les Musiciens de Brême (Claudia Schröder, 2009), le 29 janvier, Dame Hiver (Bodo Fürneisen, 2008), le  5 février, Raiponce (Bodo Fürneisen, 2009), le 2 février, Le Roi Grenouille (Franziska Buch, 2008).

15 -Les Boréales 2012 proposent trois versions du conte d’Andersen La Reine des neiges : le film d’animation du réalisateur soviétique Lev Atamanov (1957), le samedi 1er décembre, à 10 heures 45, au Café des images ; la mise en scène de la Compagnie Absolument Production, le samedi 24 novembre, à 15 heures, au Petit auditorium du Conservatoire ; l’adaptation de Jean Mompart, le samedi 1er décembre à 15 heures et à 19 heures 30 et le dimanche 2 décembre à 15 heures, au Théâtre d’Hérouville. Informations complémentaires sur cette page.

14 – La conteuse Cécile Bergame organise un stage L’art de raconter aux tout-petits à Lyon (Rhône) du lundi 16 au jeudi 19 juillet 2011. Informations pratiques et bulletin d’inscription, en page COPINAGE de ce site.

 13 – Le dimanche 20 mai 2012, à 11 heures, pour les 3/5 ans, à la librairie l’Attrape Nuages, 19 rue Pétion à Paris, dans le cadre des rendez-vous mensuels avec le Magazine Tralalire, atelier Conte en corps et encore par Gaëlle Audard et Sarah Taradach de la compagnie Gazelle. « A la découverte de la grande histoire du Tralalire du mois un atelier où le conte se raconte et se vit. Ce mois ci, vivons l’aventure de Paul le plus petit pompier. » Le magazine Tralalire sera offert aux participants à l’issue de la séance. Inscriptions à l’Attrape Nuages en téléphonant au 01 43 56 63 38. Site de la compagnie Gazelle ici

12. La Médiathèque Samuel Beckett, Centre culturel Athanor, avenue Anne de Bretagne à Guérande (Loire-Atlantique), toujours très active, reprend le samedi 8 octobre de 9 à 12 heures,  en partenariat avec l’association Mille-feuilles et petit lu, ses séances mensuelles de contes sur le marché de la commune, près de la collégiale, intra-muros. Il y sera question de cochons puisque dans les histoires, ils sont tous bons. « Entre carottes et poireaux, une histoire ça nourrit bien son bout d’chou. Bibliothécaires et bénévoles ouvrent des livres aux jeunes enfants accompagnés de leurs parents. » Le programme complet des animations d’octobre est sur le site de l’établissement.

11. Le thème du vingt-deuxième Festival Interculturel du Conte de Chiny (Belgique) est Contes à croquer. Ce sera du vendredi 8 au lundi 10 juillet 2011. « Croquer la vie, croquer un fruit, un légume, un bonbon, belle à croquer, les gourmands, les ogres, les fines bouches, les hommes, les animaux, les goûs, les saveurs d’ici et d’ailleurs. Une infinité de champs des possibles ! » Site ici.  Réservations  à cette adresse.

10. Le conte La Mort-Marraine, initialement publié chez Ipomée, réécrit par Anne Quesemand et illustré toujours par Laurent Berman, est réédité aux Editions de l’Attrape-Science. Le spectacle dont il est issue est repris au Théâtre de la Vieille Grille, 1 rue du Puits de l’Ermite à Paris. Prochaines représentations les jeudi 24 et dimanche 27 mars, jeudi 7 et samedi 9 avril 2011. Réservations conseillées au 01 47 07 22 11.

09. Les huit équipements du Réseau des Médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines propose le mercredi 30 mars 2011 en partenariat avec le service culturel de l’Université et dans le cadre de sa manifestation RaConte-moi une histoire (25 mars – 8 avril), à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, un colloque Le conte d’aujourd’hui serait-il un art nouveau ? avec Anne-Sophie Haeringer, doctorante en sociologie, Gigi Bigot et Olivier Noack,conteurs, et Noëlle Bouvard, responsable du Centre de Ressources pour les Professionnels de l’Enfance (CRPE) de Saint-Quentin-en-Yvelines modèrera. « Le conte, cette pratique délaissée pendant longtemps dans nos contrées, était encore considéré par beaucoup comme désuet il y a moins de 30 ans. Il envahit aujourd’hui le devant de la scène et toutes les sphères de notre société. Festivals, associations, ateliers rivalisent maintenant et brassent à la fois les conteurs convaincus d’être passeurs d’un patrimoine traditionnel et ceux qui accordent leur inspiration à la vie de notre temps. Le conte s’invite dans de nombreux lieux de vie et d’échanges, où se tissent alors des mythologies nouvelles. Quel lien unit encore le conte renouvelé de nos cités au conte traditionnel universel ? Quelle interaction entre le narrateur et les habitants de nos sociétés modernes ? Quel statut ? Quels enjeux pour les conteurs d’aujourd’hui ? Renseignements complémentaires et bulletin d’inscription auprès de Isabelle Carvalhos ou de Sandy Descoin.

08. La cinquième édition de EPOS, le festival des histoires, ce sera du lundi 26 juillet au dimanche 1ier août 2010, à Vendôme (Loir-et-Cher). « EPOS, le festival des histoires, devient en ce milieu d’été, comme une immense baie imaginaire où viennent mouiller ou partir, les navires conteurs déchargeant et puis rechargeant leurs chargements migrateurs d’histoires. C’est la fête des arts de la parole et du conte et mille occasions d’en entendre à chaque instant et dans des lieux inattendus. » (Bruno de La Salle). Le samedi 31 juillet, de 10 heures à 20 heures, au Minotaure, « unique et premier » Salon du livre de conte en France, soit 2000 ouvrages, la présence active d’éditeurs indépendants, de nombreuses rencontres et animations. Programme de la semaine à télécharger ici.

07. L’association montargoise « Chimère et Mélusine » raconte en mots et en ritournelles pour petits et grands, avec ou sans thème, en milieu scolaire ou non. Parmi les séances proposées : Les trois boucs (pour la maternelle), A la fontaine des animaux, Le polar, La Chine (à partir de 7 ans). Pour tout contact, s’adresser ici.

06. Le CliO (Conservatoire contemporain de Littérature Orale), Quartier Rochambeau à Vendôme, recrute sa ou son documentaliste pour assurer la responsabilité de la gestion du centre de ressources (4 000 références d’imprimés, son et iconographie) et de la valorisation des fonds documentaires. CDI à pourvoir dès le 1er avril 2010. Réclamer la  fiche de poste à  Bruno de la Salle.

05. Le poste d’adminitrateur du CLiO, pôle national du conte et des arts de la parole en Région Centre, est à pourvoir. La fiche de poste est à demander à cette adresse.

04. Le 8ème Festival du Livre de Jeunesse Midi-Pyrénées Voyages autour des contes se poursuit à Toulouse pendant les vacances de Noël. Les mardi 22, mercredi 23 et jeudi 24 décembre 2009, de 14 à 16 heures , pour les 6-8 ans, à la Médiathèque des Enfants du Musée des Abattoirs, atelier de création animé par Véronique Barthe Les contes s’en mêlent ou comment, à partir d’images, de dessins et de photos de l’exposition Barcelo avant Barcelo, les enfants réalisent un livre de contes. Adresse : 76 allées Charles-de-Fitte, Toulouse. Toute information ici.

03. La prochaine « Nuit du Conte en Suisse », projet de promotion de la lecture proposé par l’Institut suisse Jeunesse et Média, c’est le vendredi 13 novembre 2009. Elle portera cette année le sous-titre Quand le monde était jeune. Plus d’informations ici.

02. Sous la direction artistique d’Agnès Chavanon, le vingt-quatrième « Paroles en Festival » se déroulera, en Rhônes-Alpes, du 6 au 29 mai 2009. Pas que pour les enfants, mais aussi pour les enfants.Du 12 au 20 mai, ce sera la quatrième « Paroles en Festival » en Ardèche, sous la direction artistique de Chloë Gabrielli. Les deux programmes sont ici.

01. Catherine Gaillard, conteuse installée en Suisse, dit, pour les adultes, Flora Tristan ou les Amazones d’hier et d’aujourd’hui. Elle propose également six spectacles pour les enfants dont Le voyage d’Ulysse ou Le roman de Renard. Catherine Gaillard dit « jouer de la parole pour le plaisir de dire mais surtout pour changer le monde. » Présentation détaillée sur son site.