Tove Jansson

 par Monique Hennequin

     Après Gabrielle Vincent (1) et Eléonore Schmid, la littérature de jeunesse a perdu un de ses grands auteurs, Tove Jansson, créateur des Moumines.

     En France, son oeuvre a été traduite par Kersti et Pierre Chaplet et publié dès 1969 par les éditions Nathan dans la très belle collection dirigée par Isabelle Jan, la Bibliothèque Internationale. Les enfants français ont pu ainsi découvrir, à travers le personnage de Moumine, l’univers des trolls.

     Tove Jansson, parmi d’autres prix, avait obtenu en 1966, pour l’ensemble de son œuvre, le Prix Hans Christian Andersen.

     Plusieurs titres ont été réédités récemment par les éditions Pocket : Moumine le troll, L’été dramatique de Moumine, Un hiver dans la vallée de Moumine.

 ( texte paru dans le n° 71 – novembre 2001 – du bulletin du CRILJ )

  (1) à qui personne ne rendit hommage dans la revue du CRILJ.

   moumine

Née à Helsinki le 9 août 1914 et décédée le 27 juin 2001, Tove Jansson est femme de lettres, illustratrice et peintre finlandaise. Fille du sculpteur Viktor Jansson, suédophone de Finlande, et de l’illustratrice suédoise Signe Hammersten, elle étudia à la faculté d’art de Stockholm et devint peintre. Lors de la Seconde Guerre mondiale, pensant aux enfants qui rêvaient de s’évader, elle inventa le pays des Moumines. Elle n’écrivait pas en finnois mais en suédois de Finlande. Elle travailla pour la presse avec l’aide de son frère Lars Jansson, dessinateur de bandes dessinées. Elle vécut pendant la majeure partie de sa vie avec l’artiste plasticienne Tuulikki Pietilä. « C’est sans conteste par la traduction des onze volumes de la saga de la famille Moumine que les enfants des pays latins peuvent comprendre un peu mieux la place des trolls dans l’imaginaire collectif des peuples scandinaves, c’est-à-dire la place de tout ce qui est vivant dans une nature impressionnante où l’homme et l’enfance savent qu’ils ne sont pas véritablement les maîtres. » L’œuvre de Tove Jansson culmine certainement avec Papa Moumine et la mer, méditation mélancolique sur la solitude, où ses personnages de prédilection atteignent une gravité inhabituelle.