Fil d’actualité

Nous ne pouvons diffuser que ce que nous savons et comptons sur vous pour envoyer annonces et communiqués. Les informations les plus récentes sont au début du fil. Les très anciennes sont archivées en « Mémoire de l’actualité ».

.

.

SALON  – Nous ne signalons pas toutes les annulations de salons du livre dont la presse se fait régulièrement l’écho. Annulations brutales parfois, aménénagements quand les organisateurs, les libraires, les auteurs et les illustrateurs trouvent la bonne formule. À Gourin et à Guémené-sur-Scorff (Morbihan), les organisateurs ont longtemps espéré pouvoir maintenir leur salon. Mais « les manifestations publiques dans les locaux communaux ne sont pas autorisées. Et s’il est vrai que les scolaires ont le droit de se déplacer, les libraires ne peuvent se permettre de nous offrir un panel de livres suffisamment intéressant pour justifier un déplacement en bus au salon. La manipulation des livres par des centaines d’enfants, sans possibilité de vente par la suite, occasionnerait pour les libraires un coût important, dans une période où la profession est déjà fragilisée. » (Agnès Labeausse, animatrice du Cap du Pays du Roi Morvan). Les élèves pourront cependant rencontrer les auteurs et illustrateurs, lors des interventions dans les classes, qui sont maintenues. Les auteurs invités (Alex Cousseau, Sandra Le Guen, Mickaël El Fathi, Aurélia Fronty, Pascal Vatinel, Guillaume Le Chevalier, Sylvain Diez et Charles Dutertre) se rendront dans les classes; du lundi 18 au vendredi 29 janvier 2021, avec une valise contenant plusieurs de leurs livres que les enfants auraient pu retrouver ou découvrir au salon. Un bon de commande sera proposé aux familles qui voudraient acheter un des titres, sans avoir besoin d’aller à la librairie. « Les élèves bénéficieront de leur chèque livre et les auteurs sont d’accord pour envoyer à ceux qui auront commandé un de leurs titres une dédicace personnalisée sur papier libre, à glisser dans leur livre. » (Agnès Labeausse). Les organisateurs propose également aux écoles qui le souhaitent d’accueillir un des spectacles prévus les week-ends du salon du livre. Une solidarité à lire comme un encouragement pour l’avenir.

DISPARITION – Mitsumasa Anno, auteur-illustrateur japonais, est décédé le jeudi 24 décembre 2020. Il avait 94 ans. Né à Tsuwano, en 1926, première année de l’ère Shōwa, il passe son enfance dans l’auberge de ses parents. Aucun livre à la maison, mais des illustrés (Tarzan, Superman) dont le petit garçon reproduit les illustrations. « Un jour, parmi les clients de l’auberge, arriva un peintre à qui le père montra les dessins de son fils. Ce n’est pas bon, décréta le peintre et, pour donner une leçon au petit garçon, il dessina un moineau dans le plus pur style figé japonais traditionnel. Pour Anno, ce n’était pas un dessin » (Sophie Chérer). À son retour de la guerre, Mitsumasa Anno suit une formation d’enseignant à Yamaguchi. Il sera, pendant une dizaine d’années, parvenant à ne pas se fondre dans l’univers impitoyable de l’éducation à la japonaise, un instituteur puis un professeur d’art et de mathématiques populaire et encourageant. Il rejoint Tokyo, déterminé à se consacrer désormais à sa carrière artistique. Son premier ouvrage, Jeux de construction (1968 au Japon, 1970 en France), inspiré par les jeux d’illusion et les constructions impossibles du peintre et graveur néerlandais Maurits Cornelis Escher, est un succès. Au cours des années 1970, il utilise la technique japonaise de découpage sur papier pour illustrer des contes populaires tels que Momotarō, le petit garçon pêcheur, Le moineau à la langue coupée, L’histoire du vieil homme qui a fait fleurir les arbres. Fasciné par l’Europe, Mitsumasa Anno y fait deux longs séjours, en 1963 et en 1975. Dans Ce jour-là (1978), premier ouvrage d’une série de neuf qui usera, plus ou moins, du même principe, le lecteur est invité à suivre, page après  page, le voyage à cheval d’un personnage minuscule dans des panoramas fouillés, traités à la plume, à l’encre et à l’aquarelle, et très référencés à la culture européenne que l’auteur-illustrateur a appris à connaitre (allusions historiques, architecturales et littéraires, apparitions de personnages de contes, etc). Pas d’histoire, mais une promenade muette, mélancolique, lente et intemporelle. L’architecte Tadao Ando, ​​qui a conçu l’élégant bâtiment du Musée d’art Mitsumasa Anno à Kyōtango, décrit l’auteur-illustrateur comme un observateur qui dessine des paysages qui disparaissent. « À une époque où la technologie numérique est si puissante, il nous laisse un monde doux et réconfortant. » La passion d’Anno pour les mathématiques et pour l’astronomie est au cœur de nombreux albums dont Dix petits amis déménagent (1982), La terre est un cadran solaire (1987), la série « Jeux mathématiques » (à partir de 1991), Comment la terre est devenue ronde (2000). En 1996, Mitsumasa Anno rend à nouveau hommage à la tradition japonaise, utilisant encre et pigments en poudre sur soie pour mettre des images sur Le conte de Heike, chef-d’œuvre littéraire qui raconte la lutte entre les clans Taira et Minamoto pour le contrôle de la cour impériale du Japon. Il illustre également, publiée par l’hebdomadaire Shukan Asahi, la série « Kaido wo Yuku » (Sur les routes), récits historiques de Ryotaro Shiba. Anno qui écrivit plusieurs essais très appréciés, était aussi un adepte de la reliure. Ami de l’impératrice Emerita Michiko, certaines de ses œuvres s’inspirent des plantes et des fleurs du jardin du palais impérial de Tokyo. Après avoir, très régulièrement, puisé leurs inspirations à l’extérieur du Japon, les travaux récents d’Anno prennent pour sujet son Tsuwano natal avec des séries d’aquarelles qui marquent le retour à l’enfance heureuse. Pour ses albums, Mitsumasa Anno a reçu de nombreuses distinctions, au Japon et à l’étranger, dont le Brooklyn Museum of Art Award, la Pomme d’Or de la Biennale d’illustration de Bratislava, plusieurs mentions à la Foire du livre pour la jeunesse de Bologne et le Prix Andersen que lui attribue l’Ibby (International board on books for young people) en 1984. Les mots suivants accompagnaient l’exposition rétrospective Anno’s Journey (Le voyage d’Anno) mise en place, d’août à octobre 2019, par la Japan House de Londres : « Depuis les années 1960, Anno a illustré des centaines de livres. Ses œuvres sont parues dans des publications pour enfants depuis plus de cinquante ans et chaque nouvelle génération de lecteurs au Japon a grandi en connaissant intimement ses œuvres comme si elles faisaient partie de la famille. » En France, au fil des ans, les albums pour enfants de Mitsumasa Anno ont été publiés par l’école des loisirs, Flammarion et Circonflexe. De nombreux titres sont actuellement épuisés. Le dernier ouvrage paru, Gulliver chez les tout petits hommes (Le Genévrier, 2014), est une adaptation personnelle d’Anno d’un texte écrit par le dramaturge et romancier Hisashi Inoue.

ÉPIDÉMIE (257) – Après plusieurs reports, Ariane Louis, lauréate, au titre de 2020, du prix E.A.T. Jeunesse pour Le Pays des glaces (Les Cygnes, 2020), pourrait bien recevoir sa récompense le lundi 25 janvier 2021, à 19 heures, au Théâtre 13/Seine, 30 rue du Chevaleret à Paris. C’est, en tout cas, ce qu’espèrent les E.A.T (écrivains associés du théâtre), organisateurs de l’évènement. On peut réserver ici.

FORMATION – L’École du livre de jeunesse, sis à Montreuil, propose, en ce mois de janvier 2021, un cycle de formations à distance avec Christian Bruel, spécialiste de la littérature jeunesse, écrivain, concepteur d’albums et responsable d’édition : Un jour autour de l’œuvre d’Elzbieta, autrice-illustratrice (vendredi 22 janvier), Parodies, détournements, références culturelles : quelles médiations ? (lundi 25 janvier), Un jour autour de l’œuvre de Philippe Corentin, auteur-illustrateur (mardi 26 janvier). À signaler aussi deux autres formations centrées sur la médiation littéraire : Les albums adaptés aux handicaps (mercredi 29 janvier), avec Sophie Martel, spécialiste en accessibilité aux livres et à l’écrit, et Écrire et faire écrire (lundi 1er février), avec l’autrice Hélène Vignal. Ces formations, qui se tiendront à distance de 10 heures à 16 heures 30, sont éligibles à une prise en charge dans le cadre de la formation continue. Les détails sont ici. Informations complémentaires à cette adresse, auprès d’Éliane de Thoisy.

EXPOSITION – La Galerie Gallimard, 30/32 rue de l’université à Paris, propose, du jeudi 21 janvier au samedi 27 mars 2021, une exposition-vente Du livre jeunesse au livre d’artiste : les Grandes Personnes, illustrations originales, épreuves signées et livres pop-up. « La Galerie Gallimard est heureuse d’accueillir les artistes du catalogue Les Grandes Personnes, maison d’édition fondée en 2010. Qui sont les artistes du livre jeunesse ? Des illustrateurs talentueux, mais pas uniquement. Ils sont aussi photographes, peintres, ingénieurs papier, designers, graphistes, graveurs, et même bricoleurs. Ils sont tous passionnés par le livre, sa conception, sa mise en forme, le papier, les couleurs, les différentes techniques d’impression, l’objet. Tous sont des chercheurs, essayant d’apporter le meilleur. Il y a aussi, souvent, ce désir de faire un petit pas de côté, de montrer quelque chose qui n’a pas encore été vu, de faire du beau, de s’adresser à l’intelligence et à la sensibilité de chacun d’entre nous. Dans cette exposition, sont aussi à découvrir des œuvres qui ne sont pas destinées à être reproduites dans un livre. Laissez-vous guider parmi les œuvres des onze artistes présentés : Claire Dé, Aurélien Débat, François Delebecque, Dominique Ehrhard, Pascale Estellon, Jérémie Fischer, Henri Galeron, Bernadette Gervais, Emma Giuliani, Joëlle Jolivet, Philippe UG. Site des Grandes Personnes ici. « Pas de vernissage prévu pour des raisons sanitaires, mais n’hésitez pas à nous prévenir si vous souhaitez venir visiter l’exposition. Nous serons sur place pour vous accueillir le jeudi 21 janvier, de 14 heures à 18 heures. » Contacts et prises de rendez-vous auprès de Sophie Gallet, à cette adresse.

ATELIER – Le Wolf, 20 rue de la Violette à Bruxelles (Belgique) propose aux enfants à partir de 6 ans, le dimanche 24 janvier 2021, de 11 heures à 12 heures 30, un atelier avec Ludovic Flamant et Sara Gréselle qui « présenteront aux enfants leurs deux passions croisées, marionnettes et littérature jeunesse, à travers la lecture de leur dernier album, Bastien ours de la nuit, et la fabrication avec eux d’un petit théâtre de papier à emporter. » L’atelier sera suivi d’une séance de dédicaces. Information complémentaires ici.

EXPOSITION – La Médiathèque Violette Leduc, 18-20 rue Faidherbe à Paris, propose, le samedi 23 janvier 2021, à 18 heures, une rencontre en ligne Winsor McCay : rêver la bande dessinée avec Benoît Peeters. « À l’occasion de la présentation à la médiathèque d’une série de pages de journaux d’époque (1906-1926) montrant le travail de Winsor McCay (1869-1934), auteur du cultissime Little Nemo in Slumberland, Benoît Peeters, grand spécialiste de la bande dessinée, revient sur l’œuvre de ce pionnier de la BD et du dessin animé. » Réservation indispensable à cette adresse, un lien vous sera ensuite envoyé pour suivre la rencontre en direct. L’exposition Little Nemo in Slumberland, présentée à la médiathèque jusqu’au 23 janvier 2021. Attention : « Compte-tenu de la situation sanitaire, accueil dans le strict respect des gestes barrières, dans la limite de la jauge autorisée pour l’ensemble de la médiathèque. »

PARTIR EN LIVRE – Toujours organisée par le Centre national du Livre (CNL), sous l’égide du ministère de la Culture, la manifestation nationale Partir en livre se déploiera du mercredi 30 juin au dimanche 25 juillet 2021, des milliers d’animations dédié à la littérature jeunesse dont un parc d’attractions littéraires, des activités de plein air, des lectures immersives, des initiations booktube, des performances, des rencontres avec des auteurs, des ateliers, des concerts dessinés, des expositions, des bibliothèques de plage, des radios littéraires, des jeux de piste, des chasses aux livres, modestes ou somptueuses. Nouveauté de l’année, une thématique : Mer et Merveilles « qui apportera cohérence et unité à vos animations. » On peut déposer son projet auprès du CNL jusqu’au jeudi 4 mars 2021. Informations très complètes à partir cette page.

SÉLECTION – Le Centre national de la littérature pour le jeunesse (CNLJ) publie, à la BnF, la mise à jour 2020-2021, de sa sélection 100 livres pour les tout-petits proposée dans le cadre de Premières pages, opération du ministère de la Culture destinée à familiariser l’enfant avec le livre dès son plus jeune âge. À télécharger ici.

RESTER ÉVEILLÉ – Le temps fort de la Nuit de la lecture 2021 sera le samedi 23 janvier, des animations pouvant être programmées du jeudi 21 au dimanche 24 janvier, en après-midi ou en soirée. « Tout porteur de projet engagé en faveur de la promotion de la lecture peut proposer une animation : bibliothèques, librairies, structures régionales du livre, associations de développement de la lecture ou de solidarité, mais aussi écoles, établissements scolaire, supérieur et de formation, musées, théâtres, centres culturels, instituts français, centres pénitentiaires, structures hospitalières et médico-sociales, structures pour la petite enfance. » Relire le monde est le thème choisi pour cette cinquième édition. Informations complémentaires et modalités de participation ici.

PARUTION – Vient de paraitre, le numéro 45 de la collection « Modernité ». Titré Écrire l’esclavage dans la littérature pour la jeunesse, il a été dirigé par Christiane Connan-Pintado, Sylvie Lalagüe-Dulac et Gersende Plissonneau.  « Afin d’envisager les différentes propositions de l’édition pour la jeunesse autour de la question vive de l’esclavage, l’ouvrage trace un parcours en trois étapes. La première opère un retour sur les origines de cette production et se penche, d’une part, sur la réception française des authentiques récits d’esclaves et du premier roman abolitionniste, La Case de l’Oncle Tom, d’autre part, sur le détournement d’une œuvre littéraire, quand un écrivain en vient à l’adapter pour la jeunesse. L’étape suivante s’attache au statut des personnages d’esclaves mis en exergue dans les ouvrages du corpus, des personnages privés d’histoire, dont l’identité et les origines ont été niées et auxquels la littérature tente de redonner vie. Enfin, sont explorées, en dernière partie, les voies génériques empruntées par les auteurs pour la jeunesse : d’abord le roman, genre dominant, qui tient la balance entre fiction et histoire de manière contrastée ; puis les genres graphiques, bande dessinée et album, qui diffusent une représentation iconotextuelle de l’esclavage. Nourri par l’histoire et agrémenté par la fiction, ce parcours d’œuvres adressées à la jeunesse pour aborder la question de l’esclavage, se propose d’approfondir des enjeux et une poétique propres à retenir aussi bien l’attention des littéraires que celle des historiens. » Presses universitaires de Bordeaux. 2020, 230 pages, 24,00 euros.

FORMATION – Communication-Jeunesse, sis à Montréal (Québec), propose actuellement – mais la chose est évolutive – six conférences en ligne sur des sujets en lien avec la littérature pour la jeunesse et la lecture des enfants et des jeunes. La liste est ici. Participation libre. « Communication-Jeunesse est voué à la promotion, auprès des jeunes, de la lecture et de la littérature québécoise et franco-canadienne pour la jeunesse. Nous nous employons à mettre sur pied des projets de qualité qui permettent aux jeunes de développer leur goût pour la lecture et de s’initier au monde de la littérature jeunesse. »

RENCONTRE  –  Le dimanche 17 janvier 2021, de 11 heures à 12 heures 30, au Wolf, 20 rue de la Violette à Bruxelles (Belgique), rencontre, lecture, atelier et dédicaces avec l’auteur et illustrateur Jean-Luc Englebert. Pour enfants à partir de 5 ans. Sans parents. 8,50 euros. Dédicaces à réserver ici.

COMME À LA RADIO – Nous n’avions pas signalé. Chaque dimanche, à 17 heures, sur France-Inter, Barbatruc, émission plutôt sympathique, produite et présentée par Dorothée Barba. « Une émission pour les enfants et pour celles et ceux qui l’ont été un jour. Chaque dimanche, avec ses invités, Dorothée Barba se penche sur un grand récit jeunesse. Y a-t-il vraiment une morale à chaque histoire ? Quelles clés ces personnages offrent-ils pour grandir ? Quels stéréotypes véhiculent-ils aussi ? » Nombreux poscasts disponibles. Denis Cheissoux, Lucie Kosmala et L’as-tu lu mon p’tit loup ? (emblématique pastille consacrée aux livres pour les enfants), chassés de la plage horaire du dimanche soir qu’ils occupaient depuis quelques années, ont trouvé refuge en fin d’émission.

ANNIVERSAIRE – Apparu, le samedi 9 janvier 1941, dans Le crabe aux pinces d’or, neuvième album de la série « Les Aventures de Tintin », le capitaine Haddock a 80 ans. « Comme ‘Les Aventures de Tintin’ allaient vers beaucoup plus de réalisme, un chien qui parle, ça devenait un peu infantile. Hergé a donc eu le besoin de doter Tintin d’un compagnon plus étoffé humainement, mais je ne crois pas qu’il ait créé le capitaine Haddock avec l’idée d’en faire un personnage récurrent. » (Albert Algoud, écrivain tintinologue). En 1943, dans Le secret de la licorne, les lecteurs apprendront que l’impulsif homme de mer est le descendant d’un aristocrate français, François de Hadoque, marin de Louis XIV. En 1976, dans Tintin et les Picaros, vingt-troisième et dernier album, Hergé lui offre un prénom et ce sera Archibald. En 1996, lors d’un vote en ligne, le capitaine Archibald Haddock sera élu « personnage principal préféré » de la série, devant Tintin, devant Milou.

EXPOSITION – La Piscine, 23 rue de l’Espérance à Roubaix (Nord), propose jusqu’au dimanche 28 mars 2021, l’exposition Au pays des monstres de Léopold Chauveau (1870-1940). « Parallèlement à son activité de médecin, embrassée par obligation familiale mais qu’il n’appréciait guère, Léopold Chauveau s’est réfugié en autodidacte dans un univers artistique étrange et singulier. À la fois sculpteur, illustrateur et auteur de livres pour adultes et enfants, il est longtemps resté oublié de l’histoire de l’art. […] Avec un trait synthétique et incisif, des aplats colorés saisissants et des cadrages audacieux, Chauveau a illustré de grands classiques, dont il a même parfois revisité le texte, et créé des histoires fantastiques d’animaux et d’enfants dont les péripéties parfois tragiques allient humour et ironie souvent cruelle. D’abord présentée au musée d’Orsay, l’exposition permet une complète redécouverte d’un œuvre sans équivalent à son époque. À La Piscine, elle s’articule autour de trois espaces consacrés aux inventions de Chauveau dans le domaine du récit et de l’image, aux monstres issus de son imagination, enfin aux résonances personnelles et historiques de son œuvre. » Commissariat général : Alice Massé, conservatrice à La Piscine. L’exposition, fermée pour l’instant, rouvrira-t-elle prochainement ?

LECTURE – Chaque mercredi, jusqu’au 27 janvier 2021, le comédien Denis Lavant lit un extrait du Livre des erreurs de Gianni Rodari, à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain. Traduction : Jean-Paul Manganaro. Six semaines, six épisodes. Une co-production de l’Institut culturel italien de Paris et des éditions Ypsilon avec le soutien du Ministère italien des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale. Pour écouter dès maintenant ou plus tard, c’est ici.

BONNE NOUVELLE – Les albums pour enfants : le champ de l’édition et les définitions sociales de l’enfance, article fondateur des sociologues Jean-Claude Chamboredon et Jean-Louis Fabiani paru dans les numéros 13 et 14 de 1977 des Actes de la recherche en sciences sociales était jusqu’à récemment indisponible en ligne. La chose est corrigée. « Nous remercions chaleureusement Jean-Louis Fabiani et la famille de Jean-Claude Chamboredon pour leur disponibilité et l’autorisation à reproduire ce classique de la sociologie de la culture. Nos remerciements vont également aux Actes de la recherche en sciences sociales qui gardent le copyright de ce texte. » A lire (ou à relire) ici.

PARUTION –  Vient de paraitre Littérature de jeunesse : la construction du lecteur par Nadège Langbour. « La littérature de jeunesse joue un rôle essentiel dans la construction du jeune lecteur parce qu’elle s’adresse aux lecteurs de demain. Elle tente à la fois d’aiguiser leurs goûts littéraires et leurs compétences de lecture. Elle met régulièrement en scène le personnage du lecteur sous les traits de l’enfant ou de l’adolescent, pour sublimer l’acte de lire mais aussi fonctionnaliser les pratiques de la lecture qui vont de l’identification au personnage par le « lisant » à l’interprétation herméneutique des textes par le « lectant ». L’étude compare vingt fictions françaises et étrangères destinées à un jeune lectorat. […] Entre théorie et pratique pédagogique, cet essai sur ‘la construction du lecteur dans et par la littérature de jeunesse » invite à penser la construction de l’enfant lecteur. Mais il propose de repenser la posture des lecteurs prescripteurs de littérature de jeunesse qui trouveront dans cette littérature une fontaine de jouvence pour renouveler leur plaisir de lecteur et réinventer leur statut de médiateur entre le livre et l’enfant. » Préface de Christian Grenier. L’Harmattan, collection, 2020. 300 pages, 31,00 euros.

ÉPIDÉMIE (256) – Propos récents de Roselyne Bachelot, ministre de la Culture : « Je mets toutes mes tripes sur la table pour protéger le monde de la culture. On m’a confié une mission et je veux […] la prendre à bras-le-corps. On ne fait jamais assez pour la culture, bien entendu. Je dis [aux professionnels] qu’on vit des circonstances absolument tragiques, que le gouvernement est à leurs côtés, qu’on les écoute, qu’on est en train de bâtir un modèle qui va nous permettre d’affronter cette tragédie. Je fais tout pour qu’une réouverture des lieux culturels début février soit possible, [mais]  ne recommençons pas à enfermer la décision politique dans des dates. Je ne prends pas d’engagement. Nous sommes en pleine incertitude. » Et de terminer toutefois par un message d’espoir : « Les festivals d’été, on doit pouvoir y arriver. Je suis confiante. » (France-Info, vendredi 8 janvier 2021)

REVUE – Le numéro 13 de janvier-mars 2021 de la revue Les arts dessinées alterne, une nouvelle fois, articles très illustrés et actualités comme s’il en pleuvait. Pour ce  trimestre, de nombreux noms sonnent littérature jeunesse à nos oreilles, même si parfois les travaux évoqués lorgnent principalement du côté des adultes. Citons Rébecca Dautremer, Marion Fayolle, Camille Jourdy et Lolita Séchan (interrogées par Frédéric Bosser), Natali Fortier, Martin Jarrie et Léopold Chauveau. La contribution de Janine Kotwica est un bel hommage à Alain Gauthier. Il y a plusieurs pages recensant un petit lot de nouveautés pour la jeunesse. Ce numéro : 14,95 euros. Sommaire détaillé et conditions d’abonnement ici.

RÉOUVERTURE – À la BnF, depuis le mardi 5 janvier 2021, la salle de lecture du Centre national de la littérature pour la jeunesse (CNLJ) accueille à nouveau le public, du mardi au vendredi, de 10 heures à 18 heures. Les modalités précises (qui, à ce stade, s’appliquent jusqu’au 31 janvier) sont détaillés ici.

REVUE – Le numéro 142 (décembre 2020, janvier et février 2021) de LibbyLit que publie la section belge francophone de l’Ibby vient de paraitre : dossier d’une dizaine de pages (opinions, notes critiques, bibliographie) à propos de l’auteur, illustrateur et éditeur Benoît Jacques et de nombreuses informations dont une partie documente l’actualité des partenaires belges de la section. Luc Battiew rend hommage à Jeannine Bruny et Monique Malfait-dohet à Ganna Ottevaer-Van Praag. La part la plus copieuse est toujours réservée aux recensions, très précises, de nouveautés. Site de la section ici.

EXPOSITION – La médiathèque Bonlieu, 1 rue Jean Jaurès à Annecy (Haute-Savoie) accueille, du samedi 9 janvier au samedi 27 février 2021, l’exposition Quand Gilles Bachelet chahute les contes, soit une présentation d’originaux, de reproductions numériques et de carnets de croquis prêtés par l’artiste. « Auteur incontournable de la littérature jeunesse, Gilles Bachelet charme petits et grands par sa tendre fantaisie et une imagination surprenante. Ses aquarelles truffées de mille détails invitent à la contemplation et à d’innombrables jeux. » À savoir : compte tenu de la situation sanitaire actuelle, les médiathèques d’Annecy accueillent le public en jauge limitée et, en cas d’affluence, l’entrée ne sera pas possible pour tous. Informations pratiques ici.

RENCONTRE – Pour fêter la fin de l’année 2020, Lire et faire lire organisait, le vendredi 18 décembre, une rencontre en visioconférence entre Clémentine Sourdais, auteure et illustratrice, et les bénévoles de l’association. « Malheureusement, suite à un problème technique, seules 100 personnes ont pu être acceptées dans la salle de réunion Zoom. » Lire et faire lire rattrape le coup en mettant en ligne, pour tous, l’intégralité de la rencontre, le lien est ici.

FORMATION – Le programme 2011 des formations et des manifestations mises en place par le Centre national de la littérature pour la jeunesse (BnF) est paru. Il est téléchargeable ici.

‌‌‌PARUTION – Nicole Maymat nous écrit : « J’ai plaisir à vous annoncer la parution du livre Mon nom est Nasser. C’est un récit. Un scandale qu’il me fallait dénoncer – un de plus, sans doute, parmi la longue litanie des horreurs qui traversent le monde –  mais, celui-ci, grâce à Colette Jeandot-Mourlon et à Nasser, je l’approchais de près. Je n’avais pas le choix. Écrit en 2018, c’était oublier les contretemps d’une année chaotique suivis de la crise sanitaire de ces derniers mois. Depuis, hélas, Colette nous a quittés. Son bel enthousiasme, sa formidable attention aux autres, n’ont pas suffi à vaincre la maladie. Je lui dois cette histoire qu’elle m’avait grandement encouragée à écrire. Jean-Pierre Siméon en a écrit la préface. Avec d’autres amis, il m’a, lui aussi, engagée à la publier. Le bénéfice de cette édition est destiné au Réseau éducation sans frontières (RESF) de l’Allier. Pour toute information concernant l’acquisition de ce livre, je vous remercie d’envoyer un message à cette adresse. À Moulins, le livre est disponible en librairie. Espérant vivement que cette initiative retiendra votre attention, je vous souhaite, malgré l’incertitude des temps, une année aussi joyeuse et sereine que possible. » 12,00 euros plus frais de port.

C’EST TRÈS, TRÈS BIENTÔT – Le lieu unique, scène nationale de Nantes (Loire-Atlantique), fermé au public, propose la diffusion en direct de certains de ses spectacles. Mercredi 6 et jeudi 7 janvier 2021, ce sera Rémi d’après Sans famille, roman d’Hector Malot, adapté par le comédien, metteur en scène, marionnettiste et ventriloque Jonathan Capdevielle. « Pour son premier spectacle adressé au jeune public, Jonathan Capdevielle s’empare du classique d’Hector Malot et le transforme en un trépidant road trip contemporain, jalonné de références pop et de fantastiques poupées géantes, dont les adultes vont raffoler. » Le lien pour la représentation du mercredi, 19 heures, est ici. Le lien pour la représentation de jeudi, 19 heures, est . C’est gratuit.

PARUTION – Vient de paraitre Littérature de jeunesse au présent (2) : genres graphiques en question(s) dirigé par Christiane Connan-Pintado et Gilles Béhotéguy. « À la fois atout de séduction et support de compréhension pour le jeune destinataire, l’image joue un rôle fondamental dans la littérature de jeunesse, en particulier dans les genres graphiques : l’album, la bande dessinée et le conte (généralement illustré). Longtemps considérés comme mineurs, plutôt tournés vers l’enfance, ils ont désormais conquis droit de cité dans le domaine littéraire. Les études proposées abordent ces différentes catégories génériques entre lesquelles les frontières sont souvent poreuses. Le classement en genres et sous-genres de l’album, de la bande dessinée et du conte illustré tente d’ordonnancer une production aussi proliférante que diverse, tout en prenant en compte les phénomènes d’hybridation et de trans-généricité qui affectent les œuvres étudiées. » L’ouvrage prolonge un premier volume, Littérature de jeunesse au présent : genres littéraires en question(s) consacré à l’appropriation des genres canoniques (roman, théâtre et poésie) par les livres pour la jeunesse. Presses universitaires de Bordeaux, 2020. 344 pages, 24,00 euros.

PRIX – Sandra Edinger a reçu le prix de la première œuvre en littérature de jeunesse 2020 du Ministère de la culture de la Fédération Wallonie-Belgique pour Le grand débordement, (Winioux, 2019). Il s’agit d’un ouvrage atypique, qui propose deux récits, différents, mais parallèles, dotés d’un texte quasiment identiques et qui sont consignés dans un livre réversible, avec deux couvertures principales. « Je joue avec le texte et l’image jusqu’à ce qu’ils se répondent parfaitement. Ainsi, le lecteur construit lui-même le sens. Je cherche un dessin le plus simple possible, une ligne, quelques couleurs. Il s’apparente à une écriture qui vient raconter l’essentiel de ce qu’il a à dire. J’aime les détails car l’enfant les identifie, les reconnaît et s’y sent en sécurité. Je souhaite parler de thèmes importants comme l’écologie, la solidarité, la séparation, sans moralité, afin que l’enfant se les approprie à travers un imaginaire et puisse ouvrir son propre espace de questionnements. » (Sandra Edinger)

ÉPIDÉMIE (255) – Ariane Mnouchkine, directrice du Théâtre du Soleil, pique une colère car elle ne comprend pas la lenteur et les atermoiements du gouvernement en matière de vaccination. Elle a pris l’initiative d’une tribune qui fédère, à ce jour, plusieurs centaines de signatures. Voici la fin du texte : « Ministres français, vous tremblez ? Et votre chef ? Alors que, avec une incroyable promptitude, inespérée il y a encore quelques semaines, des savants du monde entier, ont, grâce à leur travail acharné, déposé en vos mains l’arme nécessaire et, bientôt, suffisante, pour vaincre le virus et libérer le pays de cet occupant dévastateur, vous tremblez ?! Alors partez. Démissionnez. Nous avons besoin de gens courageux, compétents, respectueux de leurs concitoyens. Eh bien, qu’attendez-vous ? Vous voulez des suicides, des émeutes ? Des suicides, il y en a déjà. Quant aux émeutes, elles brûlent dans beaucoup de cœurs. Des cœurs pourtant bien sages d’habitude. » Pour lire le texte en entier et, le cas échéant, le signer, c’est ici.

RÉSIDENCE – « Dans le souci d’encourager les pratiques culturelles liées au livre pour  enfants et dans le prolongement du Salon Régional du Livre pour la jeunesse de Troyes, Lecture &  Loisirs, en partenariat  avec la Région Grand Est, propose une résidence à un auteur-illustrateur de littérature pour la jeunesse. Ouverte à tous les auteurs-illustrateurs de livres pour la jeunesse de langue française dont le travail se situe dans  les  domaines du documentaire ou de la fiction, ayant déjà publié un livre en langue française à compte d’éditeur  et  ayant  un  projet  complet  (texte et illustration), ainsi qu’aux illustrateurs pouvant présenter un projet personnel de texte suffisamment long pour pouvoir juger du niveau de qualité littéraire. Cette résidence permet à chacun des  invités de  se consacrer à un travail personnel. Sa durée est de deux mois, du 1er octobre au 30 novembre. 2021. » Le dossier comprendra une lettre de candidature, une bio-bibliographie, une présentation du projet d’édition et un des livres édités. Les trois premiers documents devront obligatoirement être envoyés au plus tard le vendredi 5 mars 2021, par voie électronique à cette adresse. L’appel à candidatures est ici.

PETITES AUTOS – Hachette Collections publie, en kiosque et sur abonnement, au rythme d’une parution par quinzaine, une série « Voitures & véhicules fantastiques Blake et Mortimer ». Le numéro 1 sera double et proposera deux miniatures, l’Espadon SX1 et la Ford V8, véhicules sortis de l’album L’Énigme de l’Atlantide. Le prix de lancement en kiosque est de 5,99 euros. Le numéro 2 qui offrira la Buick cabriolet rouge du Secret de l’Espadon sera vendu au (vrai) prix de 7,99 euros. Le numéro 3, gratuit en cas d’abonnement, contiendra le taxi Austin de La Marque jaune. En sus, dans chaque numéro, un rédactionnel sur l’univers mécanique de la bande dessinée d’Edgar P. Jacobs, sur la vie de l’auteur, sur les personnages principaux et secondaires, etc. Pour s’abonner, c’est ici.

DISPARITION – Norbert Morandière, dit Norma, dessinateur de bande dessinée, est décédé le vendredi 1ier janvier 2021. Il avait 74 ans. Après une enfance en Algérie, il avait publié ses premiers travaux, en 1971, sous le pseudonyme (très provisoire) de Marcus, dans Falatoff, fanzine de la grande époque des fanzines. « Quand je regarde certaines planches, j’ai l’impression qu’elles ne sont pas de moi. Et je me dis que, finalement, ce n’était pas si mal. » Débuts professionnels discrets, au début des années 1970, dans la presse catholique (pour Djin, Formule 1 et Record) et dans le mensuel Amis-Coop que publie l’Office central de la coopération à l’école. Pour le magazine Pif Gadget, Norma mettra des images de style réaliste, au trait souple et nerveux, sur des récits de Roger Lecureux, scénariste maison, créant avec lui le personnage de Capitaine Apache, fils d’une amérindienne et d’un pionnier irlandais. Cette série humaniste, plaidoyer contre le racisme et l’injustice, à contre courant de la plupart des westerns de l’époque, déroulera 105 épisodes, entre 1974 et 1986. Cinq albums chez Vaillant et à La Farandole, deux rééditions chez Soleil et une intégrale en cours aux éditons du Topinambour. Entre 1989 et 1994, parution d’une série d’heroïc fantasy en trois albums, « Hazel et Ogan », aux éditions Blanco puis Soleil, sur des scénarios de Bosse, avec elfes, nains, trolls et dragons et dont les premières pages, celles de L’Épée de foudre, étaient parues dans l’hebdomadaire Tintin en 1986 et 1987. Norma publiera ensuite, dans Vécu, magazine des éditions Glénat, des séries à caractère historique telles que « Les souvenirs de la pendule » (1989-1990 ; scénario de Patrick Cothias), « Pieter Hoorn » (1991-1994 ; scénario de Frank Giroud), « Saïto » (1993-1995 ; scénario de François Corteggiani). Collaborations sporadiques dans la formule mensuelle de Pif Gadget, en 2006 et en 2008, pour les séries « François Laurizon » et « Samantha Blog ». Signalons également, en 2009, la parution de À 18 ans sous les balles au Vercors, co-signé avec Franck Poireau, aux (alsaciennes) Éditions du Signe. L’ultime texte illustré par Norma, La centième mouche, écrit par Philippe Lacoeuille, fils du maire de Saint-Amant-de-Boixe, village proche d’Angoulême où le dessinateur s’est installé une fois retraite venue, est publié, en 2016, chez Bulles de crayon, grâce à un financement participatif. « Pour moi, le dessin est au service d’un texte, au service d’une idée. Si c’est un art, ce n’est pas au niveau du dessin qu’il se place, mais au niveau de la manière de faire ressentir au lecteur un sentiment, une idée. Le dessin doit être au service de cela et non pas le contraire. » (dans Schtroumpf, en 1977)

POUR LA ROUTE – Wajdi Mouawad, écrivain, metteur en scène, nous souffle, sur son compte Twitter, une promesse pour l’année qui commence : « Personne ne saurait lutter seul contre l’incertitude. Il faut alors avancer ensemble. »

DISTINCTION – Par décret en date du 31 décembre 2020, Bernadette Després, auteure et dessinatrice, a été élevée au grade de chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur sur le contingent du Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports « pour ses 56 ans de service ». Le CRILJ s’associe à Tom Tom et à Nana pour la féliciter. Dans la même promotion, l’écrivain Timothée de Fombelle est élevé au grade de chevalier à l’Ordre National du mérite sur le contingent du Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports « pour ses 24 ans de service ».

COLLOQUE – En raison de la situation sanitaire, le colloque international Enfance + culture = socialisation : la socialisation culturelle des enfants, dispositions, catégorisations, reconfigurations organisé par le Département des études, de la prospective et des statistiques (Ministère de la culture), l’équipe Circeft-Escol (Université Paris 8) et le Centre Georges-Pompidou se tiendra à distance entre le vendredi 8 et le dimanche 19 janvier 2021. Les inscriptions sont obligatoires. Programme complet ici. Inscription . Les sessions seront enregistrées et mises en ligne, après le colloque, sur le site du Centre Pompidou.

DISPARITION – Arthur Berckmans, dessinateur et scénariste de bandes dessinées, plus connu sous le pseudonyme de Berck, est décédé le dimanche 27 décembre 2020. Il avait 91 ans. Passionné par la BD américaine, tant Flash Gordon que Mickey Mouse, Arthur Berckmans étudie le dessin à l’Académie des Beaux-Arts de Louvain, en Belgique néerlandophone, puis à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. Originaire d’une famille modeste, il travaille, de 1948 à 1952, comme employé dans un couvent jésuite de Louvain où il occupe un mi-temps administratif et un mi-temps artistique pendant lequel il illustre au crayon noir les vies de saints et de missionnaires dont le mensuel Pro Apostolis a besoin. Après plusieurs refus d’éditeurs qui ne le trouve pas assez professionnel, Berck travaille pour Publiart, agence bruxelloise attachée aux éditions du Lombard de Raymond Leblanc. Il s’adonne à la bande dessinée publicitaire. En 1958, Raymond Leblanc accueille enfin, dans le Journal de Tintin, le parisien et malchanceux chauffeur de taxi Strapontin dont Berck gardait l’idée dans ses cartons depuis plusieurs années. Les scénarios sont signés René Goscinny, durant six ans, puis Jacques Acar, durant deux ans. Dans le même journal, Berck crée, en 1961, « Ken Krom », série pastichant James Bond, et, avec Yves Duval, la série « Rataplan » dont le héros est un jeune tambour napoléonien. En 1967, il quitte Tintin (dont il n’apprécie pas les ingérences éditoriales) pour Spirou, hebdomadaire concurrent, où il dessine, sur des scénarios de Raymond Macherot et d’Yvan Delporte, les aventures du capitaine Mulligan, pilote de remorqueur dans le port de New York. Son dessin gagne en lisibilité et en dynamisme. En 1969, le scénariste Raoul Cauvin refuse à Berck le projet de créer ensemble une série sur les détectives incorruptibles des années 1920-1930, mais lui en suggère une autre qui aurait pour héros des gorilles. Sammy et son patron Jack Attawa tiendront donc, dans Spirou, de mars 1970 à mai 2009, une agence de gorilles mercenaires qui, au temps de la prohibition, mettent expérience (et mitraillettes) au service de n’importe quel client, à condition qu’il paie. Loufoquerie et humour noir assurés dans un journal de moins en moins frileux. Berck travaille parallèlement pour le marché flamand. Associé à Leo Loedts, il alimente les éditions Altoria Averbode en récits solides mais plus édifiants que ceux qu’il destine à la presse francophone. Publication notable, dans les magazines néerlandais Sjors et Eppo, des séries « De Donderpadjes » (1971-1974), une histoire de scouts, et « Lowietje » (1974-1983) qui a pour personnage principal un jeune orphelin, riche héritier aux projets contrariés épisode après épisode. Spirou accueillera la seconde série, en 1978, sous le titre « Lou, James et Blub ». A noter, en 1972, une incursion dans la science-fiction, humoristique tout de même, dans le magazine allemand Primo, pour une reprise de la série « Mischa » de Becker-Kasch, Walter Neugebauer et Ludwig Fischer. Pour faire face à ses multiples tâches, Berck rassemblera une efficace équipe d’assistants, officieusement nommée Studio Berck, à qui il confiera des crayonnés, des arrière-plans, des encrages, des lettrages, des mises en couleurs. Dessinateur prolifique, travailleur méthodique, en mesure de publier trois ou quatre albums par an, Berck prendra sa retraite en 1994. Pas du tout connu des jeunes lecteurs d’aujourd’hui, il laisse derrière lui une œuvre inventive à l’humour décomplexé, rééditée (un peu) par La Vache qui Médite, « éditeur des nostalgiques ».

REVUE – Le dossier du numéro 176 (décembre 2020) de Lecture jeune se pose des questions de genres. « Quelles représentations la littérature propose-t-elle aujourd’hui des jeunes qui ne se reconnaissent pas dans les normes de l’identité binaire et de l’hétérosexualité ? Quels livres acquérir, et comment les repérer au sein de la production éditoriale pour adolescents ? Quelles questions les éditeurs se posent-ils en amont de la publication, face à un sujet qui peut vite déclencher des polémiques incendiaires ? Et comment éviter le recours à des schémas narratifs toujours similaires qui imposerait alors une nouvelle norme ? » Deux articles consécutifs interrogent l’intérêt puis les limites de l’écriture inclusive. Ce numéro : 14,00 euros. On peut s’abonner ici.

LIRE AVEC BÉBÉ – En Belgique, Coucou ! de Nathalie Paulhiac (À pas de loups, 2020) est l’album offert, depuis ce mois de décembre, aux nouveau-nés et à leurs parents, dans les consultations de l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) pour favoriser la lecture des tout-petits. Coucou ! succède à Bon de Jeanne Ashbé (école des loisirs) offert de 2017 à 2019 dans le cadre de la même opération.

PARUTION – Après avoir publié un recueil d’haïkus écrits à quatre mains durant trente années avec son époux Jean-Hugues Malineau (Dans le bonheur d’aller, Pippa, 2020), Françoise Naudin-Malineau nous livre dans Sur le chemin de l’après, Haikus, 1989-2017, récit de sa résilience suite au décès du poète, survenu en 2017. « Ce livre prend la forme d’un chemin de consolation, le long duquel l’auteure nous invite à revivre ses plus beaux moments en compagnie de son mari. La présence bienveillante de Jean-Hugues Malineau est d’autant plus prégnante que certains de ses haïkus s’entremêlent aux souvenirs et à la poésie de son épouse. Hommage à l’homme qu’elle aime mais qui n’est plus, Sur les chemins de l’après est un haïbun personnel et vibrant : un texte écrit sur du papier de soi. » Préface de Thierry Cazals et dessins de Françoise Naudin-Malineau. Pippa 2020, 110 pages, 16,00 euros.

MAGAZINE – Le numéro 47, hiver 2020, de Philosophie magazine est un numéro spécial titré Tintin et le trésor de la philosophie. « Le parti pris de ce hors-série, c’est que les aventures de Tintin offrent à qui veut bien chausser les lunettes du philosophe un petit traité, joyeux et profond, des vertus, de métaphysique et de politique, une introduction ludique et accessible aux grands concepts : l’amitié, la raison, la superstition, le courage, tels qu’ils ont été définis par Aristote ou Spinoza, Nietzsche ou Arendt. Et comme dans le finale de Rackham le Rouge, que nous avons choisi pour illustrer la couverture [de ce numéro], le trésor ne se trouve pas, finalement, au bout du monde, mais à portée de main, sous nos yeux – dans la crypte de Moulinsart. » Les articles sont regroupés en trois chapitres :  Métaphysique : le vrai, le réel et le double ; Éthique : petit traité des vertus ; Politique : la loi et la force. 104 pages, 9,95 euros, En kiosque.

SOUTIEN – La Fédération Wallonie-Bruxelles attribue à des auteurs et illustrateurs de niveau professionnel issus de Wallonie et de Bruxelles des bourses de soutien pour des projets « particulièrement ambitieux, originaux, innovants et prometteurs. » Les candidats souhaitant déposer un dossier prendront connaissance ici des conditions de participation. Dates butoir pour l’introduction des candidatures : 30 janvier, 30 avril et 31 août 2021, cette dernière étant également celle de l’échéance pour la bourse de congé sabbatique. Formulaire de demande à cet endroit.

PARUTION – Vient de paraitre l’ouvrage bilingue Histoires de famille et littérature de jeunesse : filiation, transmission, réinvention, dirigé par Rose-May Pham Dinh and Virginie Douglas. « Ce livre réexamine la représentation de la famille dans des romans, albums ou pièces de théâtre pour la jeunesse relevant de différentes aires géographiques, culturelles et linguistiques. Bienveillants ou aliénants, les liens tissés entre générations ou au sein de la fratrie conditionnent la construction des jeunes protagonistes. La littérature de jeunesse reflète la diversité de la famille et sa capacité à évoluer, voire à se réinventer (familles monoparentales ou homoparentales, recomposées, adoptives). En proposant des modèles parfois éloignés des réalités connues des lecteurs, elle les invite à réévaluer leur propre expérience mais témoigne aussi d’une certaine constance des attentes et des interrogations que l’institution suscite. » Peter Lang, 2020, 312 pages, 45,00 euros.

SÉLECTION – Le Centre national de la littérature pour la jeunesse (BnF) propose, classée par âge, une bibliographie sélective de textes de théâtre pour lecteurs enfants et adolescents. À lire seulement ou à mettre en scène, peut-être. « Le théâtre pour la jeunesse est un secteur foisonnant. Découvrez en avant-première les textes dramaturgiques contemporains sélectionnés dans notre numéro de sélection annuelle 2020, au côté des titres retenus lors des éditions précédentes. Une cinquantaine de textes pour des lecteurs de 6 à 15 ans, du monologue à la pièce chorale. » À télécharger ici.

MAGAZINE  – A l’occasion de la sortie de L’envoyé spécial, dernier album de la série « Les Tuniques bleues », GEO Histoire consacre un numéro spécial à la fameuse saga et à la guerre de Sécession. « En compagnie du caporal Blutch et du sergent Chesterfield, les deux héros de la bande dessinée, et à travers photographies et documents d’époque, revivez ce conflit qui déchira l’Amérique du Nord et continue de la hanter. Un cahier BD complète l’ensemble : plongez dans les coulisses de la saga et retrouvez Willy Lambil, son dessinateur depuis 1972, qui dévoile ses superbes aquarelles. Enfin, en compagnie de BeKa et Munuera, les nouveaux auteurs, découvrez en avant-première des planches du nouvel album. » Prisma media, 2020, 132 pages, 12,90 euros. En kiosque.

PARUTION – Les éditions d’eux, maison québécoise, publie une réédition de Comme un roman de Daniel Pennac avec les illustrations de Quentin Blake. « Enseignant, auteur, père et grand lecteur, Daniel Pennac livre ici ses réflexions et ses observations sur la lecture et sur la place des livres dans notre vie. […] Mariant le texte inspirant de Daniel Pennac et les illustrations du grand Sir Quentin Blake, cette édition anniversaire de Comme un roman est un pur délice. » D’eux, 2020, 184 pages, 17,20 euros.

ÉPIDÉMIE (254) – Au vu du contexte sanitaire et du risque d’augmentation de l’épidémie à court terme, le Conseil d’État a, le mercredi 23 décembre 2020, validé la fermeture des théâtres et des cinémas décidée par le gouvernement jusqu’au 7 janvier 2021 au moins. Dans le même temps, il offre à la profession des motifs d’espoir en retenant partiellement leurs arguments : si la situation sanitaire s’améliore, le maintien de la fermeture générale des cinémas et autres lieux de spectacle, attentatoire aux libertés, ne pourra pas être « justifié par la seule persistance d’un risque de contamination de spectateurs par le virus. » La plus haute juridiction administrative a, en particulier, souligné l’efficacité des protocoles sanitaires mis en place dans les salles de spectacle, où le risque de transmission du virus est, dès lors, « plus faible que pour d’autres événements rassemblant du public en lieu clos ». Le représentant du ministère de la Santé, Charles Touboul, avait reconnu, lundi, qu’aucune étude n’avait apporté les preuves que les salles de spectacle étaient plus propices aux contaminations [que d’autres lieux actuellement autorisés], se contentant de rappeler l’existence d’un risque. Les artistes et responsables de structures et d’établissements qui avaient déposé les référés vivent cette décision comme une injustice. « Il nous faut maintenant bâtir un modèle résilient de fonctionnement des lieux culturels. […] Tout est sur la table : calendrier, protocoles, adaptations aux conditions sanitaires et aux caractéristiques des salles. Je salue l’esprit de responsabilité et de dialogue des responsables du spectacle vivant et du cinéma, mais aussi des musées et des monuments. C’est tous ensemble que nous relèverons ce défi. » (Roselyne Bachelot, ministre de la Culture)

C’EST BIENTÔT NOËL (15) – Pas trop pour votre petit dernier, certes, mais si vous avez un vraiment gros cadeau à faire (ou à vous faire), Les Contes de Perrault illustrés par l’art brut est, peut être, la solution. Publié sous la direction scientifique de Céline Delavaux (qui a écrit l’une des introductions, l’autre étant signée Bernadette Bricout), l’ouvrage est riche d’une iconographie rassemblant 135 œuvres du XXe siècle à nos jours. Les 84 artistes représentés bénéficient chacun de leur notice biographique. « Laissons place au terrible loup qui dévore sans état d’âme la grand-mère et le Petit Chaperon rouge, aux bûcherons qui abandonnent leurs sept garçons dans la forêt, à cet homme terrifiant à la barbe bleue, à cette jeune fille, triste de ne pouvoir aller au bal. Au calme de l’âtre ou dans le rythme effréné de nos vies, écoutons ce que les contes ont à nous dire à propos de nous et du monde. […] La peur, l’inquiétude, la douleur, mais aussi l’insouciance, la joie et toutes les émotions racontées par Perrault sont sublimées ici par la pulsion créatrice des artistes dits « bruts ». Ces femmes et ces hommes, éloignés de toutes les conventions académiques et peu soucieux de reconnaissance, expriment dans leurs œuvres spontanées les angoisses et les rêves qui habitent l’être humain. » Diane de Selliers, 2020, 374 pages, volume relié sous coffret, 230,00 euros.

PARUTION – Récemment paru Les Novellisations pour la jeunesse, nouvelles perspectives transmédiatiques sur le roman pour la jeunesse, sous la direction de  Laurent Déom et Benoît Glaude. « Cet ouvrage collectif aborde les transpositions littéraires, à destination de la jeunesse, d’œuvres issues d’autres médias que la littérature : romans et albums transmédiatiques, du XIXe au XXIe siècle, qui proviennent de médias aussi divers que le film et le dessin animé, la série et le jeu télévisés, le manga et la bande dessinée, la peinture et la carte géographique. » Sommaire ici. Academia, 2020, 330 pages, 34,00 euros.

REVUE –  Le numéro 165 de la revue d’informations et d’études sur la bande dessinée HOP ! (premier et deuxième trimestre 2020) est arrivé, résultat d’un travail patient que le confinement a bigrement compliqué. Toujours le même plaisir de lecture. Parmi les dossiers : la deuxième partie d’un hommage à Albert Uderzo (par Francis Saint-Martin) et la quatrième d’une tentative de bibliographie complète de Cézard (par Gérard Thomassian et Louis Cance), dans Caméra 34 cette fois, en attendant Vaillant pour un prochain numéro. La rubrique Remember est particulièrement conséquente. Le site de la revue est ici.

C’EST BIENTÔT NOËL (14) – Vient de paraitre le BDM 2021-2022 mitonné très principalement par Philippe Mellot, Laurent Turpin, Isabelle Morzadec et Michel Denni. Illustration de couverture : Jean-Claude Mézières. L’ouvrage est imposant. Il revient à la dimension encyclopédique des origines et retrouve sa dimension référentielle avec la réintégration de près de 26 000 albums publiés depuis 2014, offrant ainsi l’intégralité des bandes dessinées parues en langue française de 1813 à nos jours. La côte des albums a été revue en faisant converger les ventes en librairies d’ancien et les enchères physiques ou numériques. Le chapitre consacré à Tintin a été mis à jour. L’index, must de l’ouvrage, aidera grandement dans leurs recherches néophytes et passionnés. Les Arènes, 2020, 1700 pages, 49,00 euros.

REVUE – Le numéro 87 de décembre 2020 de Citrouille est paru avec, à la une, la  question suivante : les livres jeunesse sauveront-ils la planète ? « Une question cruciale, un tantinet naïve, mais disons-le, hautement citoyenne et politique. […] Lorsque le sujet de l’écologie prend de plus en plus d’importance dans nos vies et dans notre société, c’est aussi visible dans l’offre éditoriale. Pour tenter de trouver des réponses, nous avons donc rassemblé des éditeurs, éditrices, auteurs, autrices qui se mobilisent et revendiquent cet engagement, nous avons mené l’enquête au rayon écologie de nos librairies, nous avons sélectionné une bibliographie verte et bleue, nous avons même fait une place pour Greta et Giono. » Plein d’autres choses dans ce numéro et même cinquante coups de cœur. Gratuit dans les librairies Sorcières.

CATALOGUE – La librairie Michèle Noret, 30 boulevard Exelmans à Paris, publie son douzième catalogue (novembre 2020) de livres pour enfants rares et anciens. Une centaine de titres, précisément décrits et assortis de l’image de la couverture. Téléchargeable ici.

PARUTION – Paru récemment, au cœur du premier confinement, Mon enfant aime lire : cultiver le goût de lire en famille par Eve Herrmann. « Au fil d’une réflexion sur sa propre expérience familiale, parsemée de témoignages et d’avis d’experts, Ève Herrmann décrypte le mécanisme de transmission qui conduit à aimer lire, depuis les premières lectures aux tout-petits jusqu’aux échanges autour d’un roman avec les plus grands. Pour elle, la pratique de la lecture à voix haute avec ses enfants est la clé de voûte d’une culture commune au sein de la famille, et d’une relation forte entre ses membres. Elle émaille son texte de références aux lectures marquantes de l’enfance et fournit des idées pour se lancer, car en commençant petit, on lit toute sa vie. » Solar, 2020, 208 pages, 19,90 euros.

C’EST BIENTÔT NOËL (13) – Pour les visiteurs du site parlant l’italien, cet épais volume, équivalent, chez Mondorini, d’un « Pléïade » de chez Gallimard. Paru récemment, Opere rassemble l’œuvre intégrale de Gianni Rodari présentée par la chercheuse en littérature italienne (et scandinave) Daniela Marcheschi. « L’un des écrivains les plus lus et les plus traduits au monde, apprécié pour la vivacité de son écriture, pour la modernité de ses fictions et le génie de sa Grammaire de l’imagination. Gianni Rodari est une référence pour étudier les techniques de l’écriture créative. Si, en Italie, Rodari est avant tout considéré comme un auteur pour enfants, l’écrivain des Poèmes, comptines et autres fabulettes de la terre et du ciel et de Histoires au téléphone apparaît aujourd’hui, à travers ce gros ouvrage, dans sa complexité moderne et subtile. L’étude de Daniela Marcheschi retrace l’ensemble des procédés de son atelier [laboratorio] – poèmes, comptines, contes, histoires, romans, essais, articles divers -, révélant un récit biographique qui témoigne de l’extrême sensibilité que Gianni Rodari porte à son époque. L’ouvrage est complété par un précieux carnet d’illustrations en couleurs, établi par Grazia Gotti, au travers duquel le lecteur peut retracer l’histoire de l’édition de ses textes les plus célèbres accompagnés par les images d’artistes tels que Paul Verdini, Bruno Munari, Francesco Altan et Lorenzo Mattotti. » Mondorini, collection « Meridiani », 2020, 2032 pages, 90,00 euros.

DISPARITION – Viviana Quiñones est décédée le mercredi 16 décembre 2020. D’abord enseignante en Argentine, puis bibliothécaire, elle se rapproche, en 1987, de la Joie par les livres (JPL) et rejoint, en 2008, la Bibliothèque nationale de France (BnF) quand l’association intègre l’établissement public. Viviana Quiñones déploya, trente ans durant, un engagement militant, passionné et chaleureux pour le développement de la lecture en général et pour la promotion de la littérature de jeunesse en particulier. Très investie dans la formation professionnelle, elle était convaincue de la nécessité de la transmission et elle organisa et anima, tant en France qu’à l’étranger, des stages et des journées d’étude très suivis. Elle fut également à l’origine de nombreux articles, interviews et recensions critiques. Elle avait fondé, en 1989, avec Marie Laurentin, au sein du secteur interculturel de La Joie par les livres qui animait alors un réseau de lecture critique et d’échanges dans des bibliothèques d’Afrique sub-saharienne, la revue Takam Tikou, publication tri-annuelle qui élargira peu à peu son domaine d’information et d’action au Monde arabe, à la Caraïbe et à l’Océan Indien. Signalons, support d’autoformation souhaité par de nombreux bibliothécaires africains, la publication, en 2005, d’un guide de l’animateur, Faire vivre une bibliothèque jeunesse, hors-série à la fois théorique et pratique de Takam Tikou dont elle assura la coordination. Viviana Quiñones sera, au fil des années, très présente au plan international, notamment au sein de l’IBBY (International Board on Books for Young People) et de l’IFLA (International Federation of Library Associations and Institutions). Elle est, en particulier, dès 2009, partie prenante du projet Sisters Libraries (initié par l’IFLA) dont le but est de permettre à toute bibliothèque ou section jeunesse de se mettre en contact avec une bibliothèque à l’étranger, afin de bâtir un partenariat, échanger des avis et des expériences, mener des actions conjointes. « Infatigable, polyglotte et toujours souriante, Viviana suscitait spontanément la sympathie. Elle laissera une marque profonde dans nos communautés professionnelles par l’ampleur de son action et sa soif d’initiatives. » (Antoine Torrens, conservateur, directeur des bibliothèques de Compiègne).

OPÉRA – Sur le site Internet de l’Opéra de Paris, Bastien et Bastienne, de Wolfgang Amadeus Mozart. « Diggi, daggi, shurry, murry, horum, harum… Avec cette formule magique, le jeune berger Bastien pourra regagner le coeur de sa chère bergère Bastienne. Mozart compose ce court singspiel à l’ âge de 12 ans. Dans la mise en scène de Mirabelle Ordinaire, l’action est transportée dans une fête foraine contemporaine où des badauds viennent tirer sur les loups en carton du stand de tir, le volage Bastien devient le mécanicien chargé d’entretenir les stands, pendant que les douze musiciens jouent dans leur kiosque à musique. Présenté dans une version française, fidèle à la sensibilité de Mozart, l’opéra est adapté pour être immédiatement compréhensible par tous les publics. » Direction musicale : Léo Warynski. C’est ici et c’est gratuit.

C’EST BIENTÔT NOËL (12) – Enfants, cotisez-vous, offrez ce livre à papa-maman et lisez par-dessus leurs épaules. Vient de paraitre Des souris et des hommes de John Steinbeck illustré par Rébecca Dautremer. « En 1937, John Steinbeck publie un court roman qui deviendra un chef-d’œuvre de la littérature, mondiale. Des souris et des hommes, c’est l’histoire de George et Lennie, deux saisonniers qui voyagent à travers la Californie, rêvant d’une vie meilleure. Une histoire magnifique, qui nous raconte l’amitié, l’espoir, mais aussi la cruauté des hommes, et qui a profondément ému des millions de lecteurs. Rébecca Dautremer adapte ce grand classique dans un incroyable roman graphique. Pour cette deuxième collaboration avec les éditions Tishina, après Soie il y a quelques années, elle renouvelle brillamment son univers et sa palette, et pousse plus loin que jamais son talent. Un dialogue intense entre le texte intégral de Steinbeck et l’univers artistique de la plus célèbre des illustratrices françaises. » Est notamment convoqué par l’illustratrice, photographe elle-même, le travail documentaire de Dorothea Lange et Walker Evans recrutés par le Ministère de l’agriculture américain pour photographier les métayers victimes de la Grande Dépression des années 1930. Tishina, 2020, 428 pages, 37,00 euros.

DISPARITION – Jeannine Burny est décédée le 9 novembre 2020. Elle avait 95 ans. Infatigable propagatrice de l’œuvre du poète Maurice Carême dont elle fut la secrétaire, la compagne et la muse, elle était toujours la présidente de l’active Fondation Maurice Carême qu’elle avait initiée en 1975. Elle avait également, avec la Fondation, transformé la maison que Maurice Carême occupa à Anderlech, entre 1933 et 1978, en musée rassemblant meubles, bibelots, vaisselle, œuvres d’art (dont de nombreux portraits du poète), bibliothèque privée et archives. L’endroit est l’une des maisons d’écrivain les plus visitées de Belgique. Jeannine Burny assurait une veille de la pérennité de Maurice Carème avec une énergie sans faille et elle répondait avec bienveillance aux sollicitations nombreuses, scolaires et éditoriales, que La Fondation recevait. Elle avait publié, en 2007, aux éditions Racine, Le jour s’en va toujours trop tôt : sur les pas de Maurice Carême, livre où elle évoque la figure du poète, son travail et leur histoire commune. Jeannine Burny était une adhérente fidèle du CRILJ. Nous allions la saluer chaque année à Montreuil, sur le stand de la Wallonie-Belgique. Elle nous avait aidé avec une belle pertinence pour l’article consacré à Maurice Carême dans le numéro 9 des « Cahiers du CRILJ », publication dans laquelle nous posions la question de savoir si la poésie était un sport de combat. « Lors de notre dernière rencontre à la Foire du livre de Bruxelles, en mars dernier, elle était toujours fidèle au rendez-vous et cela depuis cinquante ans. Elle était d’ailleurs la doyenne. Personne ne pouvait imaginer qu’un jour elle ne serait plus des nôtres. […] Elle était certes affaiblie, mais toujours prête à nous réciter un poème de Maurice Carême. » (Luc Battieuw)

ÉPIDÉMIE (253) – Le samedi 19 décembre 2020, 17 heures, au Studio 104 de la Maison de la radio, Le roman d’Ernest et Célestine de Daniel Pennac sera enregistré en concert sans public. Diffusion le dimanche 24 janvier 2021 sur France-Culture. « Durant de longues années, Daniel Pennac a entretenu une correspondance avec Gabrielle Vincent, l’illustre créatrice belge d’Ernest et Célestine. Et cette amie de plume s’en est allée sans que les deux auteurs ne se rencontrent. Alors comme une évidence, l’écrivain a eu envie de raconter l’histoire de ces deux êtres si dissemblables, qui deviendront pourtant, envers et contre tous, les meilleurs amis du monde. Il a raconté cette histoire au cinéma, puis le scénario est devenu ce roman tendre et caustique. Daniel Pennac donne aujourd’hui, avec l’Orchestre Philharmonique, une version musicale et radiophonique des aventures de ces merveilleux personnages créés par Gabrielle Vincent. Bonté, humour, allégresse et optimisme accompagnent toujours les péripéties d’Ernest et Célestine. Une étonnante histoire qui prône la tolérance et le courage. » À partir de 8 ans. Nous serons de tout cœur avec les musiciens, avec Daniel Pennac (le narrateur), avec Jean-Christophe Fally (Ernest), avec Camille Claris (Célestine).

THÉÂTRE Alice traverse le miroir, pièce de Fabrice Melquiot mise en scène par Emmanuel Demarcy-Mota au Théâtre de la Ville à Paris, sera visible sur le site Internet du théâtre par 500 écoles (soit 30 000 enfants) sur l’ensemble du territoire, le vendredi 18 décembre 2020, à 10 heures. Un autre direct est prévu pour les enfants malades, le samedi 19 décembre, dans le cadre d’une convention avec les hôpitaux de l’AP-HP.

PARUTION – Vient de paraitre Lambil, une vie avec les Tuniques bleues par Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault. « La carrière de Willy Lambil est un cas d’école. Il entre au bureau de dessin des éditions Dupuis en 1952. Il a à peine 16 ans et la passion de la bande dessinée. Son premier travail : remplacer le lettrage français de Stanley (Hubinon/Charlier) pour sa version flamande. Entré par la toute petite porte, il fera preuve d’une persévérance à toute épreuve, au point que, 20 ans plus tard, il reprend « Les Tuniques Bleues ». […] Durant presque trois ans, Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault ont momentanément interrompu leur enquête sur La véritable histoire de Spirou, pour se pencher sur le ‘cas Lambil’ et écouter, au fil des entretiens, le dessinateur rassembler ses souvenirs, heureux et douloureux. Lambil se livre ici avec une sincérité absolue, touchante, acceptant le difficile exercice de la remise en question. Son témoignage est précieux : il est celui d’un homme qui a réalisé ses rêves, connu un succès remarquable, et qui, pourtant, continue d’attendre quelque chose. » Dupuis, 2020,  206 pages, 39,00 euros.

SACRÉ SORCIER – Mais pourquoi donc la famille de Dahl Roald et la Roald Dahl Story Company présentent-elles soudain leurs excuses auprès de plusieurs organisations de la communauté juive ? Ceux qui connaissent un peu l’écrivain auront à l’esprit les propos que Roald Dahl tenait au magazine britannique New Statesman, en 1983 : « Il y a un trait dans le caractère juif qui provoquent l’animosité, peut-être que c’est une sorte de manque de générosité envers les non-Juifs. Je veux dire, il y a toujours une raison pour laquelle des anti-n’importe quoi se manifestent. Même une peau de vache comme Hitler ne les a pas pris en grippe pour rien. » Ils connaissent peut-être également ces propos-là, formulés en 1990 : « Il n’y a pas d’éditeurs non-juifs nulle part dans le monde et ils contrôlent partout les médias, c’est très malin. » Extrait du bref communiqué de la famille et de la Roald Dahl Story Company : « Ces remarques blessantes restent incompréhensibles pour nous et contrastent nettement avec l’homme que nous connaissions et avec les valeurs au cœur des histoires de Roald Dahl. » Un porte-parole de la Campaign again antisemitism, destinataire du communiqué, a tenu à déclarer qu’il était décevant (disappointing) que la famille de Roald Dahl ait attendu 30 ans pour présenter des excuses. De méchantes langues (ou pas) estiment qu’il était urgent de faire le ménage. Sacrées sorcières, film réalisé par Robert Zemeckis, sera sur les écrans le mercredi 23 décembre 2020, si les conditions sanitaires l’autorisent, et plusieurs adaptations originales seront prochainement diffusées par Netflix. Le mot d’excuse est ici, en anglais.

C’EST BIENTÔT NOËL (11) – Vient de paraitre le tome 0 (sic) de Contes de Noël du journal Spirou (1955-1969). « Spirou a longtemps publié des numéros spéciaux pour Noël, pour lesquels les auteurs du journal livraient de merveilleuses illustrations de couvertures, contes ou récits complets sur ce thème. Chacun, à sa manière, abordait Noël selon sa sensibilité, que ce soit par la dérision, la poésie ou les valeurs traditionnelles. Ces contes, bandes dessinées ou illustrations de couverture appartiennent au grand mythe du journal Spirou et montrent l’incroyable richesse de son histoire, de son patrimoine. Toutes ces pages sont pour la plupart méconnues, voire inconnues des lecteurs actuels. Pourtant, lorsque l’on relit ces multiples réalisations, on réalise combien leur charme est intact. »  Un sommaire aux noms prestigieux. 223 planches de BD, dont 8 couvertures « spécial Noël » et 65 gags de contes et de récits complets. Dupuis, 2020, 240 pages, 35,00 euros.

INCOMPRÉHENSION – « On ne peut pas ranger la culture dans les biens qui ne sont pas nécessaires pour vivre. Ou alors on fait l’apologie de l’analphabétisme et de la barbarie. C’est absurde. […] C’est l’être ensemble qui pose problème avec le virus et on peut le comprendre. Mais alors, il faut interdire l’être ensemble, provisoirement, d’une façon équitable. Il ne faut pas permettre l’être ensemble commercial ou religieux et interdire l’être ensemble culturel. Ça n’a pas de sens. Il faut que ça soit équitablement limité. [Il est] paradoxal qu’au moment où on parle de l’importance de la laïcité, on fasse le choix de privilégier les fêtes d’une religion sur les fêtes laïques et qu’on préfère ouvrir les lieux de culte plutôt que les lieux culturels. » (Jacques Attali, économiste et écrivain). La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) a déposé devant le Conseil d’État, le mardi 15 décembre 2020, au nom des professionnels du théâtre, une procédure collective de recours en référé-liberté. D’autres recours ont été remis par les établissements eux-mêmes qui estiment que leur fermeture est contraire à la liberté d’entreprendre, à la liberté d’association, à la liberté artistique et au principe d’égalité avec les autres commerces.

PARUTION – Vient de paraitre Personnages de papier : les représentations franco-italiennes du handicap dans la littérature de jeunesse par Laurence Joselin, docteure en psychologie. « Qui sont les personnages avec un handicap dans les livres destinés aux plus petits ? Quelles sont leurs caractéristiques physiques, leurs traits de personnalité, leur environnement familial ou amical ? Quels enfants, quelles sœurs ou quels frères, quels parents, quels amis sont mis en scène et quels sont leurs liens et relations ? En partant de l’approche théorique des représentations sociales du handicap, cet ouvrage analyse les portraits des personnages rencontrés dans les albums et courts romans de la décennie 1995-2005. Il dévoile les multiples facettes et l’hétérogénéité de ces représentations et montre combien le type de handicap apparaît comme une caractéristique discriminante de ces héroïnes et héros. Il met également en exergue la dimension culturelle des représentations, grâce à la comparaison des livres français et des livres italiens. » Presses universitaires de Paris Nanterre, 2020, 271 pages, 23,00 euros.

MAGAZINE – Mercredi 16 décembre 2020, parution du premier numéro du trimestriel « durable et connecté » Pif le Mag, soit le retour d’un magazine dédié à un chien fort célèbre, pilier du journal L’Humanité et des éditions Vaillant, avec une mise en place de 120 000 exemplaires pour toucher les « super-jeunes de 6 à 120 ans ». Au sommaire : des bandes dessinées inédites dont les aventures de Pif, Pifou, Placid et Muzo, le Concombre masqué, Hercul’otté et six planches de Rahan inédites depuis 1979, des reportages, des activités, des jeux, des gags, des interviews. Il y aura aussi trois gadgets écologiques : un sapin à planter (comme en 1975), un jeu de l’oie sans plastique et une application magique et gratuite qui permettra de découvrir Pifga, l’avatar numérique de Pif. Créé en 1969, Pif Gadget a connu sa grande période dans les années 1970-1980. L’hebdomadaire a cessé de paraitre de 1993 à 2004, puis s’est muté en mensuel jusqu’en novembre 2008 et sous forme de hors-série en juin 2015. De juin 2015 à octobre 2017, Super Pif a pris la place pour neuf numéros. Fin juin 2018, une opération de financement participatif pour un nouveau lancement n’a pas abouti. Le monde n’étant plus ce qu’il a été, c’est Frédéric Lefebvre, ancien porte-parole de l’UMP, plusieurs fois député, secrétaire d’État dans le gouvernement de François Fillon, un temps à La République en marche, seulement avocat depuis décembre 2019, qui est directeur de publication du nouveau magazine. « Il y a un attachement viscéral de certains au Pif des débuts, alors il y aura forcément des déçus. Chacun à son Pif, plus ou moins militant, plus ou moins aventurier, et en a une idée précise. Il s’agit de trouver un équilibre entre le Pif historique et celui du monde actuel avec ses nouveaux défis, écologiques notamment. » En kiosque, 84 pages (plus 4 détachables pour le jeu de l’oie), 5,90 euros.

ÉPIDÉMIE (252) – La Comédie Française proposait à nouveau, du mercredi 16 décembre 2020 au dimanche 10 janvier 2021, au Vieux-Colombier à Paris, une adaptation par Léna Bréban et Alexandre Zambeaux de Sans famille d’Hector Malot mise en scène par Léna Bréban. C’est loupé.

DANS LE POSTE – L’adaptation et l’élargissement en films d’animation de la série à succès « Pompon Ours » de Benjamin Chaud que publient les éditions Hélium sera diffusée sur France 5, pour les fêtes donc, à partir du samedi 19 décembre 2020. Producteur : Supamonks. 39 épisodes de 7 minutes. « L’insouciance de [Pompon ours], sa naïveté, sa spontanéité et sa capacité d’émerveillement rendent en toutes choses Pompon émouvant. L’univers de la série est doux, mais les histoires, loin d’être édulcorées, peuvent aussi montrer les dangers de la nature, les petites maladies ou désagréments qu’un enfant peut subir. » (Martine Baldacchino, conseillère des programmes d’animation à France Télévisions).

ÉPIDÉMIE (251) – « Au printemps 2020, 98 % des enfants ont été confinés à leur domicile. Cet épisode a réorganisé leurs agendas, avec une réduction du temps scolaire (pour près de la moitié des enfants, le temps consacré au travail scolaire mobilisait 2 à 3 heures quotidiennes) et une augmentation du temps de loisir (les consommations culturelles ont occupé 4 heures et demi par jour en moyenne, et les activités physiques plus de 2 heures). Les enfants ont regardé la télévision, lu, joué à des jeux de société connectés ou non, pratiqué des activités culturelles, etc. Au total, les écrans (télévision, jeux vidéo, réseaux sociaux) ont nettement dominé les loisirs des enfants. […] Cette étude inédite menée auprès de deux cohortes françaises d’enfants âgés de 9 ans pendant le confinement permet d’en savoir plus sur leur quotidien et de mesurer les écarts liés aux conditions de vie des ménages. » (Nathalie Berthomier et Sylvie Octobre, pour le ministère de la Culture). La lecture s’en sort plutôt bien : un temps de 1 heure 46 lui a été quotidiennement consacré contre 1 heure 33 aux écrans et 1 heure 28 aux activités physiques. On peut télécharger l’étude à partir de cette page.

C’EST BIENTÔT NOËL (10) – La multinationale Lego vend une boite contenant tout ce qu’il faut pour bâtir « une petite librairie de quartier telle qu’on peut en trouver dans n’importe quel village ou ville d’Europe. » Avec 2504 pièces, on construira, outre une jolie boutique orange et grise dotée d’un étage et d’un grenier, une maison mitoyenne un peu plus basse, blanche et bleue. La librairie est équipée d’étagères remplies de livres, d’une vitrine de bonne taille et d’un coin lecture. Prix de la boite : 159,99 euros. Le site Légo est ici.

ÉPIDÉMIE (250)  – Le Théâtre de la Colline à Paris avait prévu un cadeau de fin d’année pour les jeunes spectateurs : du mardi 15 au mercredi 23 décembre 2020, dans le Petit Théâtre, neuf représentations de l’adaptation par Simon Falguières du conte de Charles Perrault Le Petit Poucet, la plupart sur le temps scolaire. C’est loupé. Sur la feuille de salle, cette phrase : « Les grandes personnes sont des enfants malheureux qui jouent aux responsables. »

MAGAZINE – Si la recension commentée des 100 livres de l’année constitue l’essentiel du numéro 491 de décembre-janvier du magazine littéraire Lire, la publication propose également un dossier pas ridicule titré Enid Blyton, une bibliothèque pas si rose, ensemble documenté de points de vues sur la célèbre autrice pour jeunes lecteurs (1897-1968) et son œuvre à succès (600 millions de livres vendus). On en apprendra de belles avec Patrick Ben Soussan et on constatera, avec Aurélie Gille Comte-Sponville, qu’il n’est pas interdit d’être mesuré. Stéphanie Hichet, plus ironique, en appelle à Jean-François Revel pour déclarer que, s’agissant de la célèbre écrivaine anglaise, « ses écrits n’atteignent pas le niveau qui autoriserait à en dire du mal. » En kiosque, 132 pages, 8,90 euros.

RÉFÉRÉ – Le monde de la culture va adresser un référé auprès du Conseil d’État pour faire valoir ses droits. « Le Conseil d’État est le garant de l’équité. Ça fait quinze jours que cinémas et théâtres auraient dû faire un référé. A partir du moment où l’État a autorisé les églises à rouvrir. En gros, si vous autorisez une boucherie à ouvrir, il faut aussi autoriser la charcuterie. Alors, on ne va pas discuter de ce qui est essentiel ou ne l’est pas. Mais les théâtres et les églises, ça se ressemble autant qu’une boucherie et une charcuterie. Ils ont exactement le même dispositif sanitaire. Vous avez des gens masqués, espacés qui font face à une personne qui s’adresse à eux. Du point de vue du protocole, il n’y a pas plus similaire. […] J’ai hâte de savoir en quoi le fait d’assister au récit de la naissance d’un homme nommé Jésus serait sans danger, alors que le récit d’un homme nommé Tartuffe serait source de contamination. » (Samuel Churin, comédien)

TRÈS BEAU – « C’est à la demande de l’équipe du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis que cet Imagier des tuyaux a été réalisé. Commencé en 2019, pour être terminé à l’automne 2020, il comprend une centaine d’illustrations qui peuvent se positionner dans tous les sens, pour être alignées, se compléter, pivoter, correspondre pour créer des arborescences qui parlent de circulation, d’échange, de transmission, de réseaux. Si ces images communiquent entre elles, elles sont toutes des références à des moyens ou supports de communication. Ce jeu a été aussi pensé pour créer avec les mêmes contenus des compositions en deux dimensions ou en étoiles, dans l’espace. Jeu de construction infini qui se déplie à partir du simple éternuement d’un petit éléphant. » (Olivier Douzou, concepteur de l’imagier). L’imagier est en vente au prix de 450,00 euros hors taxes. Nous pouvons vous envoyer une présentation illustrée. Écrire ici.

UNE ANNÉE DE LECTURE  – La Sélection ARPLE numéro 54 est consacrée aux nouveautés 2020. Elle est disponible en version papier et en version numérique. 300 titres référencés et commentés. Papier : 13,00 euros plus frais d’envoi. Numérique : 7,00 euros. Le bon de commande est .

PRIX – La quatorzième édition du Prix Nord Isère des jeunes lecteurs (2020-2021) rassemble 59 bibliothèques soucieuses de promouvoir les auteurs actuels de littérature pour la jeunesse jeunesse et ce sont 720 classes, soit 18 062 élèves, qui se sont inscrits pour lire les livres de leur catégorie. La sélection s’appuie sur une veille éditoriale réalisée toute l’année lors de comités de lecture réunissant des professionnels de tout le Nord-Isère. La Médiathèque départementale de l’Isère apporte également des suggestions issues des sélections du « kiosque jeunesse ». Les critères de sélection ont été élaborés par le collectif pour que la sélection soit adaptée à tous. Les lecteurs ont toute l’année pour lire les ouvrages, les critiquer et échanger. Dès le mois de mars 2021, les bibliothèques deviendront des bureaux de vote pour accueillir les jeunes lecteurs/électeurs dans les conditions les plus proches de la réalité. Il y a un site qui explique la chose en détails. La sélection est .

EN REPLAY – La totalité des rencontres professionnelles du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis est disponible gratuitement jusqu’au vendredi 8 janvier 2021. Pour avoir accès au programme, il faut se connecter avec les identifiants reçus lors de votre inscription, si vous étiez inscrit. Sinon, voir ici. Pour la rediffusion des émissions de la télévision éphémère, tentez à cet endroit.

C’EST BIENTÔT NOËL (9) – Chien bleu et Chien pourri, personnages d’albums de l’école des loisirs sont devenus douces peluches grâce à la maison spécialisée Moulin Roty. 36 centimètres, 29,90 euros pour le premier, 24,90 euros pour le second.

PARUTION – Vient de paraitre Formes brèves en littérature de jeunesse sous la direction d’Élodie Bouygues et Yvon Houssais. Cet « ouvrage constitue la première étude portant sur le texte bref en littérature de jeunesse sous toutes ses formes, en s’intéressant à la fois à son écriture et à sa place dans le champ littéraire. Il propose un large éventail d’études d’œuvres, allant de la comtesse de Ségur à l’époque contemporaine, où la transgression des genres et le brouillage des codes sont de mise. Il offre également de riches perspectives sur les pratiques de lecture en classe du texte bref, dont les enseignants tireront profit. » Parmi les contributeurs : Christian Poslaniec, Bernard Friot, Christiane Connan-Pintado, Danièle Henky. Presses universitaires de France-Comté, 2020, 220 pages, 15,00 euros. Sommaire et autres informations ici.

PRIX – Trente-trois pays membres de l’Ibby (Union internationale pour les livres de jeunesse) ont désigné leur candidats pour le Prix Andersen 2022. Citons quelques-uns des auteurs et illustrateurs choisis parmi ceux dont les livres sont, peu ou prou, publiés en France : Thomas Lavachery et Carll Cneut (Belgique), Marie-Aude Murail et Gilles Bachelet (France), Nikolaus Heidelbach (Allemagne), Tonke Dragt (Pays-Bas), Beatrice Alemagna (Italie), Catherine Louis (Suisse), David McKee (Royaume-Uni), Linda Sue Park (États-Unis). La liste complète est ici.

ÉPIDÉMIE (249) – La Comédie Française proposait à nouveau, du mercredi 16 décembre 2020 au dimanche 10 janvier 2021, au Vieux-Colombier à Paris, Hansel et Gretel, conte des frères Grimm adapté et mis en scène par Rose Martine, et les réservations étaient ouvertes. C’est loupé.

PARUTION – Vient de paraître Joseph Gillain : une vie de bohème par François Deneyer,  collectionneur, grand connaisseur du marché de la planche originale, fondateur, à Bruxelles, de la Maison de la bande dessinée et du Musée Jijé. « Cet essai biographique très complet propose le portrait d’un homme attachant et fascinant. Il évoque de manière chronologique les très nombreuses créations artistiques de Joseph Gillain, tout en retraçant minutieusement les différentes étapes de sa vie qui foisonnent d’anecdotes étonnantes, et révélatrices du caractère juvénile et facétieux de l’artiste. Cet incontournable ouvrage de référence est enrichi de plus de 900 visuels dont de nombreux inédits. Un livre indispensable pour mieux comprendre l’influence que cet auteur a eue dans l’histoire de la bande dessinée belgo-française. » Joseph Guillain dit Jijé, dessina Spirou, entre 1940 et 1951, Blondin et Cirage, Jean Valhardy, Jerry Spring, un seul épidode des « Belles histoires de l’Oncle Paul » pour raconter Baden-Powell. Don Bosco, ami des jeunes (1941), c’est Gillain aussi, pour le texte et pour les images. Musée Jijé, 2020, 448 pages, 39,00 euros.

SÉLECTION – La Médiathèque départementale de l’Eure édite Le p’tit lu, sélection d’ouvrages pour la jeunesse choisis par un comité de lecture rassemblant bibliothécaires et libraires. S’inscrivant dans la continuité des projets initiés par le département, elle présente des albums, des romans et des documentaires publiés dans l’année et destinés à des enfants de 0 à 16 ans et plus. La sélection est consultable ici.

RÉSIDENCE – Dans le souci d’encourager les pratiques culturelles liées au livre pour enfant, l’association Éclat de lire, en partenariat avec la Direction régionale des affaires culturelles, le Conseil Régional PACA, le Conseil Départemental des Alpes de Haute-Provence et la Communauté de communes Durance Luberon Verdon Agglomération, propose une résidence à un auteur de création littéraire et/ou d’illustration en direction du public jeunesse. La résidence permettra « à l’artiste de promouvoir son travail, de rencontrer le public du territoire de la DLVA, et de profiter d’un espace et d’un temps de liberté pour mener à bien ses projets de création. » Le résident sera accueilli dans un logement pris en charge et recevra une bourse d’aide à la création d’un montant brut de 6000,00 euros versés en droits d’auteur. Le dossier complet sera constitué d’une lettre de candidature, d’une bio-bibliographie, d’une présentation des projets d’édition en cours et des expériences d’animation d’ateliers, d’une note d’intention précise sur le projet personnel et les différentes propositions d’animations d’ateliers à mener au cours de la résidence. Informations complémentaires à cette adresse. Dernier délai pour l’envoi du dossier : vendredi 8 janvier 2021.

PRIX – L’Association des critiques et journalistes de bande dessinée a décerné son Prix Jeunesse ACBD 2020 au Roi des oiseaux écrit et dessiné par Alexandre Utkin (Gallimard BD, 2020). « Le Roi des Oiseaux est une fable animalière trépidante, menée pied au plancher, qui mêle éléments du folklore russe et scènes d’action magnifiques. Un récit construit à la manière des poupées gigognes (matriochkas) et superbement dessiné avec un trait rappelant le pastel. Son point de départ, une pomme d’or (et de discorde), génère une guerre animalière. On embarque ensuite, avec un marchand russe, pour un périple vertigineux. Un album (très) recommandable aux lecteurs jeunes et moins jeunes. »

EXPOSITION – Le réseau des Médiathèques d’Orléans est, comme le CRILJ (actuellement associé à l’association balgentienne Val de lire), partenaire de la trente-sixième édition du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis. À cette occasion, les promeneurs pourront découvrir, tout au long du mois de décembre, sur les vitres de la Médiathèque François Mitterrand, place Gambetta, visibles de l’extérieur, l’ensemble des affiches de l’exposition d’illustrations La Tête dans les nuages. « Un acte symbolique, un espace de beauté et de liberté pour l’imaginaire ». Informations complémentaires ici.

PARUTION – Vient de paraitre En quête d’un grand peut-être : guide de littérature ado par Tom et Nathan Lévêque. « La littérature ado, une littérature de l’intensité, des premières et dernières fois. Une littérature qui s’autorise les grands sentiments grâce aux plus banales des histoires ou aux plus épiques des quêtes. Cartes et lampes torches à la main, partez à l’exploration de ce paysage littéraire grâce à plusieurs entrées : historique, liste des romans incontournables, réflexions thématiques, portraits de personnalités. Ce livre de référence vous donnera les outils et les pistes balisées pour arpenter une littérature au moins aussi riche à défricher que n’importe quel territoire littéraire. Mais comme pour tout chemin, le hors-piste est vivement conseillé. » Le plus : dix nouvelles inédites signées Clémentine Beauvais, Anne-Laure Bondoux, Marie Desplechin, Timothée de Fombelle, Anne-Fleur Multon, Carina Rozenfeld, Thomas Scotto, Stéphane Servant, Julia Thévenot et Flore Vesco. Editions du Grand Peut-Etre, 2020, 224 pages, 17,50 euros.

C’EST BIENTÔT NOËL (8) – Sur France 5, trois adaptations alléchantes d’ouvrages pour la jeunesse : Mimi et le dragon des montagnes, d’après Michael Morpurgo et Helen Stephens (Gallimard, 2014), réalisé par Karine Chaunac, le dimanche 13 décembre 2020 et le vendredi 1er janvier 2021, à 7 heures 50 ; Le tigre qui s’invita pour le thé, d’après Judith Kerr (Albin Michel, 2017), réalisé par Robin Shaw, le dimanche 20 décembre, à 8 heures 50, et le jeudi 31 décembre, à 9 heures 10 ; La baleine et l’escargote, d’après Julia Donaldson et Axel Scheffler (Gallimard, 2015), réalisé par Max Lang et Daniel Snaddon, le vendredi 25 décembre, à 8 heures 50.

REVUE –  La Revue des livres pour enfants publie son numéro 315, soit sa très attendue sélection annuelle. « C’est entendu, les enfants ont besoin de livre pour grandir. Mais il n’est pas toujours facile de les choisir : chaque année, près de 10 000 livres pour enfants paraissent en France. Pour vous y aider, nous vous proposons la Sélection annuelle de La Revue des livres pour enfants : une sélection des meilleurs titres publiés dans l’année, soit 1 000 titres commentés pour tous les âges et dans tous les genres. Vous trouverez aussi nos sélections de titres venus du Québec, d’Afrique, du Monde arabe, de l’océan Indien et de la Caraïbe. » Ce numéro : 12,50 euros. Bulletin d’abonnement pour six numéros ici.

PRIX – Le palmarès 2020 du Prix Handi-Livres (placée sous le parrainage du Ministère de la Culture et le haut patronage de Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées), comporte sept titres dont trois ont à voir avec l’enfance et l’adolescente : Meilleur livre jeunesse enfant : La Street en Mode Bolide de Cécile Alix et Dimitri Zegboro  (Magnard Jeunesse, 2020) : Meilleur livre jeunesse adolescent : Journal d’une fille chien de Laura Jaffé (La Ville brûle, 2018) ; Coup de cœur : La Petite Femme du Père Noël de Kochka (Oskar, 2017)

C’EST BIENTÔT NOËL (7) – Estelle Salaün, directrice de l’Abbaye de Bon-Repos, moyennement optimiste, conserve néanmoins une animation au calendrier. « Alice et ses amis, le lapin blanc, le chat du Cheshire et le chapelier fou, sont pour l’instant confinés au Pays des Merveilles, dans l’atelier de l’artiste Dominique Richard. On espère de tout cœur les voir du dimanche 20 décembre 2020 au dimanche 3 janvier 2021. Car, devinez quoi ? Cette année, Alice envisage de passer Noël à Bon-Repos et nous invite à suivre ses pas. Alice se réserve toutefois le droit d’annuler son séjour à l’abbaye en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. » Site de l’abbaye ici.

DISPARITION – L’universitaire, romancière et essayiste Alison Lurie est décédée le jeudi 3 décembre 2020. Elle avait 94 ans. Née à Chicago, fille aînée de parents socialistes, mère critique de littérature et journaliste, père sociologue, ayant grandi à White Plains, dans l’état de New York, elle est élève du Radcliffe College de Cambridge (Massachusetts) dont elle sort diplomée en 1946. Premier travail comme lectrice pour le bureau new-yorkais d’Oxford University Press. Avec Jonathan Bishop, critique et essayiste, qu’elle épouse en 1948, elle s’installe et travaille à Harvard, à l’Amherst College, puis à compter de 1957, à l’université de Los Angeles, et, dès 1961, à l’université Cornell de New York. En 1962, après deux refus (et les efforts de son mari et de ses amis pour la persuader d’arrêter d’écrire et de passer plus de temps avec sa famille), elle publie son premier roman, Love and Friendship (Les amours d’Emily Turner). Il sera suivi par onze autres titres qui constituent un ensemble cohérent dans lequel les personnages circulent, pouvant passer, d’un ouvrage au suivant, d’un statut marginal à un rôle de premier plan. « Il m’a fallu quatre romans pour obtenir un emploi d’enseignant, dans un cours au niveau le plus bas possible. » Le personnage récurent des romans d’Alison Lurie est le très acerbe critique littéraire Leonard Zimmern qui – exemple pris au hasard – stigmatise, dans Foreign Affairs (Liaisons étrangères) publié en 1984, l’étude savante de la littérature enfantine, spécialité qu’enseigne la romancière à l’université. D’une manière générale, les textes de fiction d’Alison Lurie se distinguent par une critique mordante de la société occidentale contemporaine et des milieux intellectuels. Observatrice avisée des mœurs universitaires, elle constatait, dès la fin du siècle dernier, une montée du néopuritanisme en milieu étudiant qui, selon elle, n’annonçait rien de bon. Alison Lurie est un des rédacteurs de la série « Classics of children’s literature 1621-1932 », collection de 117 titres en 73 volumes que publiera Garland Publishing entre 1976 et 1978. Ayant écrit, en 1979, un roman du point de vue d’un enfant, Only Children (Comme des enfants), elle publie deux stimulants recueils d’essais, Not in Front of the Grown-Ups : subversive children’s literature, en 1990, et Boys and Girls Forever : children’s classics from Cinderella to Harry Potter, en 2003. Dans le premier livre, traduit en France par Monique Chassagnol, sous le titre Ne le dites pas aux grands (1991), l’auteure développe que les personnages tels que Winnie l’Ourson, Tom Sawyer, Alice et Peter Pan doivent leur succès en grande partie au fait que les ouvrages dont ils sont les protagonistes font la satire de la société adulte et de ses conventions. Elle se souvient des récits convenables qu’elle lisait dans son enfance, des histoires où enfants et parents ne faisaient jamais rien de mal et à qui rien d’étonnant ni de dangereux n’arrivait : des récits irréalistes. Dans le second livre, traduit par Emmanuelle Fletcher, sous le titre Il était une fois… et pour toujours (2003), elle s’intéresse à Babar, aux quatre filles du docteur March, au magicien d’Oz, à Harry Potter et à quelques autres, dévoilant le caractère subversif d’œuvres qu’on pourrait croire de simple divertissement. Elle rend aussi hommage à Carlo Collodi et à son Pinocchio, et présente la série « Moumine le Troll » de Tove Jansson ainsi que le très américain Dr Seuss. Auteur du texte de plusieurs albums, son Fabulous beasts (Des animaux extraordinaires) que l’illustratrice allemande Monika Beisner a mis en images reçoit, en 1982, une mention au Prix graphique de la Foire du livre de jeunesse de Bologne. Autres distinctions : le Prix Pulitzer, en 1985, pour Foreign Affairs, et le Prix Femina étranger, en 1989, pour La vérité sur Lorin Jones (The truth about Lorin Jones). Les livres d’Alison Lurie, romans, essais et albums, sont publiés en France par les éditions Rivages avec, pour les romans, en couverture, dans leur édition première, des fragments de tableaux d’Edward Hooper.

PARUTION – Vient de paraitre La littérature de jeunesse par ses textes, sous la direction de Bénédicte Milland-Bove et Marie Sorel. « Cet ouvrage collectif, par ses approches diversifiées (littérature, linguistique, études de genre, didactique, génétique, traductologie) prouve que le texte de jeunesse, loin d’être en marge de la littérature, mérite d’être analysé comme un texte à part entière. Les vingt-six analyses du manuel procèdent par étapes clairement balisées. Les enjeux et les dates clés de la littérature de jeunesse sont rappelés dans l’introduction. Un index notionnel facilite la navigation d’un texte à un autre. Un encadré bibliographique, à la fin de chaque analyse, propose des prolongements pour explorer une œuvre ou une thématique et élargir la réflexion à d’autres arts. » Parmi les contributeurs : Isabelle Nières-Chevrel, Virginie Douglas, Daniel Compère, Guillemette Tison, Francis Marcoin, Mathilde Lévêque, Aliyah Morgenstern et Sybille Lesourd. Presses de la Sorbonne nouvelle, 2020, 196 pages, 11,00 euros.

PRIX – Marie-Andrée Arsenault et Dominique Leroux remporte le Prix Harry Black de l’album jeunesse doté d’un montant de 5 000 $. Sacré meilleur album de langue française destiné aux enfants âgés de trois à huit ans, Des couleurs sur la Grave (Éditions la Morue verte, 2019) a su se distinguer par la qualité de son texte et de ses illustrations, par la présentation du matériel éditorial et la pertinence du style. « Ce prix, créé à la mémoire de Harry Black qui est décédé en 2017, est inspiré de ses valeurs et de son indéfectible engagement envers les enfants du monde. »

APPRENTISSAGE – Actes Sud Junior publie une collection, « Lecture Solo », destinée à aider les enfants entre 6 et 9 ans dans l’apprentissage de la lecture. Des textes d’une soixantaine de pages découpées en chapitres pour rythmer la lecture et pouvoir faire des pauses, des histoires linéaires « tendres, souvent drôles, avec des héros attachants, qui reposent sur des situations, ou des émotions, familières à l’enfant », une maquette colorée et des illustrations intérieures pleine page en noir et blanc. Quatre titres : Paul dans la tempête de Véronique Bizot, Même mon prénom est une chanson de Thomas Scotto, Ma copine Maryline de Pascal Ruter, Ma vie en chantier de Jo Witek.

PRESSE – La numéro du mercredi 2 décembre 2020 du quotidien Libération est sous-titré Le Libé des auteurs. Comme il parait à l’occasion de l’ouverture du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, on comprendra auteurs jeunesse. Il est certes difficile de trouver un journal, chez son buraliste favori, plusieurs jours après sa parution mais Libération offre le téléchargement gratuit de ce numéro. C’est ici.

PRIX – Le lancement officiel du  Prix UNICEF de littérature jeunesse aura lieu le vendredi 4 décembre, à 14 heures, lors d’une visioconférence organisée par le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, en présence de Sébastien Lyon, directeur général d’UNICEF France, de Nathalie Prince, professeure à l’université du Mans, et de Lucie Kosmala, journaliste spécialisée en littérature jeunesse. Thème choisi : au fil des  émotions. « En cette période troublée dans laquelle la pandémie a créé des bouleversements sans précédent dans le quotidien de chacun, nous espérons que le thème de la sixième édition de notre prix de littérature jeunesse permettra aux jeunes lecteurs de comprendre le monde qui les entoure, de lui donner un sens, ou de s’en évader. Nous espérons leur donner l’occasion de susciter des attitudes positives, comme l’estime de soi, la tolérance envers les autres, la curiosité envers la vie, pour les aider à se tourner résolument vers un avenir meilleur. » (Sébastien Lyon). Les jeunes lecteurs, entre 3 à 15 ans, choisiront leur livre préféré parmi une sélection disponible sur le site de l’UNICEF et pourront voter en famille, dans leurs écoles, leurs bibliothèques et leurs centres de loisirs. Informations détaillées et inscription à cette adresse.

CONCOURS – Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama annoncent la quatrième édition du concours Premier roman jeunesse qui, comme pour les trois éditions précédentes, s’adresse à des auteurs potentiels n’ayant jamais publié. Chaque participant proposera, par Internet, entre le jeudi 3 décembre 2020 et le dimanche 4 avril 2021, un roman, en français, s’adressant à un public d’enfants ou d’adolescents. Le jury, composé d’éditeurs, de journalistes, d’auteurs, de libraires et d’influenceuses, aura a choisir entre trois textes ayant passé l’étape du comité de lecture de Gallimard Jeunesse. Informations complémentaires et règlement du concours ici.

GALLICA – Parmi les nouveautés mises en ligne en novembre sur Gallica, plus de 3500 documents de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image « qui viennent enrichir de nouvelles sélections dédiées à la bande dessinée ». Quatre types d’accès sont proposés : par auteur, par série, par titre de presse, par thématique. Accès possibles ici et .

PRIX – A Montreuil, l’imagier de Bernadette Gervais, ABC de la nature (Les Grandes Personnes, 2020), avec quatre voix contre trois pour Ogresse d’Aylin Manço (Sarbacane, 2020) et deux pour À quoi rêvent les étoiles de Manon Fargetton (Gallimard, 2020), a été déclaré Pépite d’or 2020. « Quand j’ai ouvert pour la première fois ABC de la nature, je me suis dit : ‘Ah, encore un énième imagier’, mais à le lire et à le relire, je me suis dit : ‘Wahou, quelle œuvre complexe !’ Chaque image est évocatrice. Par exemple, avec sa tomate, Bernadette Gervais nous offre le soleil de l’été. C’est un travail sublime, un livre qui peut instaurer un dialogue entre l’enfant et l’adulte, un parcours dans le monde, dans sa diversité. » (Ramona Bădescu, présidente du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis et du jury des Pépites). La Pépite d’or, décernée par un jury de critiques littéraires, couronne le meilleur livre de l’année parmi les vingt titres en compétition.

LIBERTÉ ET SÉCURITÉ – Trente auteurs de bande dessinée (dont Lewis Trondheim, Killoffer et Charles Berberian) ont croqué d’un crayon rageur les portraits des 388 députés de la majorité, de la droite et de l’extrême-droite ayant voté pour la loi dite de « sécurité globale ». Les portraits sont ici. Dans les commentaires lus sur les réseaux sociaux, certains saluent l’honneur de la profession, d’autres stigmatisent cette initiative infantile de la gauche caviar.

ÉPIDÉMIE (247) – Le salon SoBD prévu du vendredi 4 au dimanche 6 décembre 2020 est reporté au vendredi 5, samedi 6 février et dimanche 7 février 2021. Programmation inchangée avec la participation de 150 auteurs et 60 exposants. Des rencontres, des ateliers, des expositions, des  masterclasses. Ce sera à la Halle des Blancs Manteaux à Paris.

ÉPIDÉMIE (246) –  Le décret n° 2020-1454 du 27 novembre 2020 paru au Journal officiel du 28 novembre précise avec force détails les mesures sanitaires à mettre en place, d’une part, dans les librairies et, d’autre part, dans les bibliothèques et les centres de documentation et de consultation d’archives. Le document complet est ici.

SOUTIEN – Le Syndicat national de l’édition (SNE) communique : « Après plusieurs semaines de fermeture des librairies et de l’ensemble des points de vente physiques de biens culturels, et alors que débute la période la plus importante de l’année en termes de ventes, le Syndicat national de l’édition est à l’initiative d’une vaste campagne d’affichage destinée à encourager l’achat de livres pour Noël. Cette campagne – qui sera visible à Paris à partir d’aujourd’hui, lundi 30 novembre, jusqu’au 6 décembre, puis dans 28 villes partout en France du 8 au 14 décembre, a vocation à soutenir la reprise de l’activité des librairies et des différents points de vente de livres qui ont été contraints de fermer leurs portes pendant plus de quatre semaines. […]  Le visuel de l’affiche est adapté d’un dessin imaginé par Nob, pour soutenir les libraires, à partir de l’univers de sa bande dessinée phare Dad (éditions Dupuis) et la campagne bénéficie de la générosité de JCDecaux qui a mis gracieusement à disposition ses mâts drapeaux parisiens et des colonnes Morris principalement implantées dans les centres de 28 villes en région. »

DISPARITION – Anne Sylvestre, auteure, compositrice et interprète, est décédée le lundi 30 novembre 2020. Elle avait 86 ans. Fille d’Albert Beugras, partisan du Troisième Reich et bras droit de Jacques Doriot, elle passe son enfance à Tassin-la-Demi-Lune puis à Suresnes où elle entreprend des études de lettres qui la conduisent jusqu’à hypokhâgne. Elle se tourne alors vers la chanson. En 1957, elle accepte de chanter à La Colombe, encouragée par Michel Valette, patron du lieu. Elle passe, jusqu’au début des années 1960, au Cheval d’Or, à La Contrescarpe, au Port du Salut ou Chez Moineau. C’était le (bon) temps des cabarets : « Sur scène, j’étais morte de peur. J’arrivais comme ça, sans maquillage, en jupe plissée. J’avais un ciré jaune et trois couches de pulls en dessous. Il fallait couvrir le bruit des dîneurs, il n’y avait pas de micro, juste de la place pour la guitare et le tabouret. » On peut affirmer qu’Anne Sylvestre fut, dans les années 1960 et 1970, une chanteuse populaire, accueillie régulièrement à la télévision, grâce notamment aux producteurs Jean-Christophe Averty et Denise Glaser, aux côtés de Georges Brassens, de Barbara, de Georges Moustaki et de Boby Lapointe, le grand copain. Premier disque, en 1959, avec quatre titres : La Porteuse d’eau, Maryvonne, Philomène et Mon mari est parti qui parle de guerre d’Algérie. Prix de l’Académie de la chanson française en 1960. Premières salles en 1962, à Bobino, en première partie de Jean-Claude Pascal, et à l’Olympia, en première partie de Gilbert Bécaud. Recevant quatre fois, entre 1963 et 1967, le Grand Prix international du disque de l’Académie Charles-Cros, Anne Sylvestre résistera moins bien que Juliette Gréco ou que Barbara à la vague yéyé. En 1968, elle quitte sa maison de disques, Philips, pour Gérard Meys avec qui elle rompt en 1971. Elle monte alors son propre label, Sylvestre, que distribue Barclay et, désormais, EPM. Hors des modes, elle se produit, déterminée, au théâtre des Capucines, au théâtre de la Potinière, au Théâtre Montparnasse ou au Stadium, patinoire où elle chante avec Dick Annegarn. Entre 1975 et 1986, elle produit cinq albums dont son premier enregistrement public à l’Olympia. En 1987, Viviane Théophilidès la met en scène au Centre Culturel de Seraing (Belgique) puis au Théâtre Maxime Gorki du Petit-Quevilly, avec la chanteuse québécoise Pauline Julien, pour Gémeaux croisées, concert très élaboré qui mêle récitatifs et chansons. Deux ans plus tard, elle joue et chante, au Bataclan, La Ballade de Calamity Jane, pièce que lui écrit Jean-Pierre Léonardini. Elle crée, en 1993, à La Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, la comédie musicale jeune public Lala et le cirque du vent, avec Viviane Théophilidès une nouvelle fois à la mise en scène. Elle est, en 2011, à l’Européen, au cœur d’un étonnant récital, Bêtes à Bon Dieu, conçu par le chanteur et comédien Serge Hureau. Au printemps 2012, Anne Sylvestre et Agnès Bihl créent, à Montauban, Carré de dames, spectacle où elles entremêlent leurs répertoires en compagnie de leurs pianistes, Nathalie Miravette et Dorothée Daniel, qui chantent également. En 2018, elle fête ses 60 ans de carrière avec une longue tournée, un coffret de 20 CD (près de 300 chansons) et, tel un florilège, un digipack de 3 CD gardant 45 titres choisis un à un par la chanteuse. La prochaine tournée était envisagée en janvier 2021, avec quatre dates à La Cigale, salle parisienne de renom. Chanteuse engagée, même si elle n’admettait le terme que du bout des lèvres, féministe à coup sûr, Anne Sylvestre aura chanté ses racines, la nature, l’eau, le vent et, parfois tendre, parfois cinglante, les femmes et les hommes, le viol, l’avortement, la vieillesse, la misère, les sans-abris, le racisme ou l’homophobie. Chantée par Marén Berg, Isabelle Aubret, Cora Vaucaire, Serge Reggiani, Claude Vinci, Jann Halexander, Jorane, Vincent Delerm, Agnès Bihl et Michèle Bernard, elle ne refusera pas de monter sur scène, le temps de quelques chansons, avec des artistes de la jeune génération : Yves Jamait, Renan Luce, Agnès Bihl encore, Amélie-les-crayons, Aldebert, Gauvain Sers, Nicolas Bacchus ou Les Ogres de Barback avec qui elle enregistre, en 2013, Pitt Ocha et la tisane de couleurs, troisième album de la série que le groupe a composé pour les enfants. Anne Sylvestre doit sa présence sur ce site à ses fameuses Fabulettes, chansons à destination des jeunes oreilles qu’elle écrivit entre 1963 et 2009. « Je me suis mise à écrire des chansons pour les enfants, par plaisir et pour ma fille. Parce que je voulais retarder la crétinisation. En 1963, pour me faire plaisir, Philips avait accepté d’enregistrer un 45-tours où il y avait Veux-tu monter sur mon bateau, Hérisson… Je savais ce qui est au centre des préoccupations quotidiennes des enfants, le rôle du vélo, des nouilles. Avec les Fabulettes, j’ai pu les structurer, leur donner le goût de la liberté, du plaisir de chanter. » Pef lui fit d’épatantes illustrations de pochettes. Anne Sylvestre ne chantera jamais sur scène ces chansons-là, mais elle confia une partie du répertoire à Jacques Haurogné. « Aujourd’hui j’ai un très gros chagrin. Anne était et va demeurer irremplaçable. Sa tendresse, sa malice, ses cris du cœur, ses colères vont tellement nous manquer. Je sais bien que les plumes sont faites pour s’envoler mais il y a des jours où le ciel exagère. » (Claude Lemesle, président d’honneur de la Sacem). On lira, pour presque tout savoir : Anne Sylvestre. Et elle chante encore ? de Daniel Pantchenko (Fayard, 2012).

PRIX – Le Prix Vendredi créé en 2017 à l’initiative du groupe jeunesse du Syndicat national de l’édition (SNE) a été attribué à Vincent Mondiot  pour son roman Les Derniers des branleurs (Actes Sud Junior). Argumentation du jury : « D’une forme inventive et d’une écriture précise et insolente, le roman ne cesse de surprendre. Les anti-héros, traités avec une rare justesse tant dans leurs caractères que dans leur langage, se révèlent au long d’un récit qu’on ne lâche pas avant de l’avoir terminé. Les refus et les désenchantements de l’adolescence sont traités sans complaisance, avec un humour qui ne se dément pas. » Hervé le Tellier qui vient d’obtenir le Prix Goncourt pour L’anomalie (Gallimard, 2020) a écrit pour les enfants Les opposums célèbres (Le castor astral, 2007) et Un fromage sans doute (Hatier, 2012).

EXPOSITION – Depuis le mercredi 11 novembre 2020 et jusqu’au dimanche 28 février 2021, le Musée d’art de l’université Tsinghua de Pékin accueille une exposition Image of the West : illustrators of Europe and América qui donne à voir un imposant ensemble d’illustrations issues de la collection de la fondation Les Maîtres de l’imaginaire créée en 2017, à Lausanne, à l’initiative de l’auteur-illustrateur Étienne Delessert. Commissaire d’exposition : Janine Kotwica. « Image of The West présente une collection d’artistes de renom qui ont créé d’illustres livres d’images en Europe et aux États-Unis. Des contes de fées, des textes littéraires, des poèmes et des souvenirs personnels réinterprétés ont tous été illustrés avec une imagination débordante et une variété de styles et de techniques uniques. Ce panorama d’images témoigne de la vitalité de l’édition occidentale. » Quarante illustrateurs « maîtres de l’imaginaire » à l’honneur dans un sobre et efficace accrochage ainsi qu’une importante contribution personnelle d’Étienne Delessert. Page dédiée sur le site du musée. C’est ici.

C’EST BIENTÔT NOËL (6) – En novembre et décembre 2020, la Caisse d’allocations familiales (CAF) de la Seine–Saint-Denis et le Salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ) offrent aux familles bénéficiant d’un Contrat local d’accompagnement à la scolarité (CLAS) des Boîtes à magie littéraire, soit trois livres-jeux, un kit de lecture-écriture et des cahiers d’activités, pour lire, écrire, jouer, dessiner, plier, découper et coller en famille. Budget : 100 000,00 euros.

SOUTENANCE – Le mercredi 2 décembre 2020, à 14 heures, Samuel Pinto soutiendra, en distanciel obligatoire, sa thèse en sciences de l’éducation Usages de la littérature de jeunesse et enseignement de la lecture au C.P : contexte historique et social, conceptions sociales et culturelles, présupposés culturels et inégalités à l’école primaire, sous la direction de Stéphane Bonnéry et de Jean-Yves Rochex. Pour assister à la soutenance, il faut contacter Samuel Pinto à cette adresse. Les informations de connexion vous seront envoyées.

NEUVIÈME ART – À la Bibliothèque nationale de France (BnF), le calendrier de l’Avent de Gallica fait dans les cases et dans les bulles. Chaque jour de décembre – disons jusqu’au 24 –  une nouvelle image documentant le domaine de la bande-dessinée. C’est ici.

C’EST OUVERT – Parmi les librairies qui, une à une, nous informent de leur réouverture, Chez les libraires associés, 3 rue Pierre l’Ermite à Paris, annonce son Noël du livre animé avec « de nouveaux pop-up très réussis, certains signés ou personnalisés par les artistes » ainsi qu’une exposition-vente de livres pour enfants vintage. Ils nous signalent également la parution d’un catalogue  consacrée à Françoise Seignobosc, illustratrice des années 1930, et le Salon d’Hiver organisé par le Syndicat national de la librairie ancienne et moderne. Chez les Libraires associés, c’est ici et le Salon d’Hiver, c’est .

PARTENARIAT – Deux groupes de quinze enfants fréquentant le Centre de loisirs de Beaugency (Loiret) se rendront, le mercredi 2 décembre 2020, jusqu’à l’Agora, siège de l’association Val de lire, pour découvrir l’exposition sur affiches La tête dans les images que le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis a mis à la disposition du CRILJ. Ils écouteront quelques histoires, participeront à un atelier et se verront remettre cartes postales et marques-pages offerts par le SLPJ. Deux autres groupes seront accueillis le mercredi 9 novembre. Informations complémentaires ici et .

PRIX – L’auteur et illustrateur Jakob Wegelius reçoit le Prix Astrid Lindgren 2020 pour La rose du Hudson Queen, deuxième tome de la série « Sally Jones » et, précise le jury, pour  « l’imagination sans bornes [de l’auteur] et son pouvoir de narration ». Créé par la maison d’édition suédoise Rabén & Sjögren, décerné chaque 14 novembre; jour anniversaire d’Astrid Lindgren. le prix est doté de 100 000 couronnes suédoises, ce qui est, ma foi, une plutôt jolie somme. Le premier tome (et l’album préquel de la série) sont disponibles chez Thierry Magnier. Premier tome en Folio Junior depuis quelques jours.

.

.

Mais si, les actualités anciennes sont bien en « Mémoire de l’actualité » …

.

.

.