Fil d’actualité

Nous ne pouvons diffuser que ce que nous savons et comptons sur vous pour envoyer annonces et communiqués. Les informations les plus récentes sont au début du fil. Les très anciennes sont archivées en « Mémoire de l’actualité »...

 

 

IBBY – La sélection Outstanding Books for Young People with Disabilities 2021 établie par l’IBBY est publiée. « De nombreux jeunes handicapés ne peuvent pas lire ou apprécier un livre ordinaire ou ils ne peuvent pas trouver un livre approprié parmi les nombreuses publications disponibles. Par conséquent, ils ont besoin de livres spécialement produits ou de livres réguliers sélectionnés de qualité littéraire et artistique qui répondent à leurs besoins particuliers en matière de conception, de langue, de structure de l’intrigue et d’images. » La liste est ici

TOURISME – Proposant aux 6/12 ans de découvrir la cité-préfecture de la Haute-Marne, la Ville de Chaumont, l’Union des commerçants chaumontais et l’association Chaumont en fête ont imaginé La course aux horloges, jeu de piste en douze étapes matérialisées par des cartes à jouer géantes. Livret en main, les participants découvriront à la fois les neuf horloges de la ville et, un peu, Alice au pays des merveilles. Le livret rempli est à déposer à l’Hôtel de ville avant le mercredi 12 mai 2021. Les dix meilleurs enquêteurs recevront un livre.

EXPOSITION  – Depuis le jeudi  8 avril et jusqu’au vendredi 31 décembre 2021, le Musée Edward Gorey (Edward Gorey House) sis à Yarmouth Port (USA), propose une exposition Hapless Children : drawings from Mr. Gorey neighbordhooh (Enfants malheureux : dessins du voisinage d’Edward Gorey). « Edward Gorey ne s’intéresse ni aux héros ni aux fins heureuses. Il aime les victimes et, alors que presque tout le monde, dans ses livres, finit par être victime, nous avons tendance à nous souvenir surtout des enfants. »  Pour en savoir plus, c’est ici.

REVUE – L’annuel (et treizième) numéro de Bananas, revue critique consacrée à la bandes dessinée, ne s’intéresse pas particulièrement aux lectures juvéniles. Citons toutefois les articles René Goscinny par Lucques, Alphabétiser par la bande (dessinée) par Pierre-Gilles Pélissier, voire la retranscription de la table ronde organisée par SoBD en 2019 Faut-il revoir toute l’histoire de la bande dessinée franco-belge ? Bananas BD 2021, 120 pages, 12,00 euros.

RECORD – Depuis 2012, les éditions Gallimard jeunesse, le magazine Télérama et RTL s’associent, tous les deux ans, pour découvrir, par voie de concours, un nouvel ou une nouvelle autrice jeunesse. En 2012, 1362 manuscrits avaient été envoyés sur la plateforme mise en place par Gallimard Jeunesse. En 2021, ce sont 1 539 manuscrits qui ont été envoyés, dont 500 pendant les deux derniers jours du concours « Je crois vraiment que les confinements successifs ont donné du temps. » (Thierry Larroche, directeur éditorial bandes dessinées et littérature jeunesse chez Gallimard).

DISPARITION – Michel Noël, romancier, conteur, poète et dramaturge québécois d’origine anishinabek, est décédé le samedi 10 avril 2021. Il avait 76 ans. Né d’une mère et d’un père d’ascendance algonquine, élevé pauvrement, il partage, dans ses jeunes années, la vie souvent âpre des habitants des territoires du Nord-Ouest du Québec. Son parcours universitaire témoigne de l’intérêt qu’il porte à la culture amérindienne : licence en lettres avec dominante en ethnologie à l’université Laval (1970), maîtrise es arts à l’université Laval (1973) avec une thèse sur l’art décoratif et vestimentaire des Amérindiens aux XVIe et XVIIe siècles, puis doctorat avec une thèse (non soutenue à défaut de professeur spécialisé dans le domaine) sur la gastronomie amérindienne. Il effectue, dès ses années d’études, plusieurs enquêtes ethnologiques de terrain. Tout au long de sa carrière dans la fonction publique, au Ministère des Affaires indiennes et du Nord puis au Ministère de la Culture, Michel Noël se distinguera par un activisme sans faille. Il imagine et met sur pied programme sur programme, amenant les communautés autochtones à se rencontrer, à se connaître, à se comprendre, à se respecter. Son travail de sensibilisation auprès d’hommes politiques, d’artistes, d’enseignants et de bibliothécaires, s’appuie notamment sur de longues tournées qu’il organise régulièrement avec leur soutien. Auteur d’une centaine d’ouvrages (des romans pour adultes, des albums et des romans pour enfants, des pièces de théâtre, des recueils de poésie, des ouvrages d’art et d’artisanat, des essais, des guides touristiques, des monographies), l’écrivain multipliait ateliers, rencontres et conférences avec ses lecteurs, en particulier avec les plus jeunes. « J’adore la parole, j’aime parler. Je trouve que la plus belle invention de l’humanité, c’est la parole. C’est ce qu’on a de plus beau et de plus noble. » Michel Noël est considéré, dans son pays et internationalement, comme un pionnier en matière de littérature pour la jeunesse au Québec. En 1983, il entreprend l’écriture d’une série d’albums de contes amérindiens, « Les Papinachois », illustrés par Joanne Ouellet avec qui il travaille depuis quelques années. Les dix-huit titres, initialement publiés par les éditions Hurtebise, traduits en montagnais et en cri, langues des peuples premiers, se vendront à des dizaines de milliers d’exemplaires. En 1997, le Prix du Gouverneur général du Canada du Conseil des Arts est attribué à Michel Noël pour son roman Pien (éditions Michel Quintin), conversation à bâtons rompus, en chapitres courts, inspirée par l’enfance de l’écrivain. Édition partiellement réécrite, chez Bayard Canada, sous le titre de Métis, en 2019. La plupart des romans pour la jeunesse de Michel Noël ont été retenus dans les sélections de l’association québécoise Communication-Jeunesse. Hush ! Hush ! (Hertubise, 2007) a été sélectionné par l’IBBY (Union internationale pour les livres de jeunesse) pour figurer sur la liste d’honneur 2010 (IBBY Honour List) des ouvrages se distinguant par la qualité de leur écriture. Plusieurs titres ont également été sélectionnés pour intégrer les catalogues White Raven qui rassemblent les propositions de traduction établies annuellement par la Bibliothèque internationale pour la jeunesse (International Youth Lbrary) de Munich. En 2011, Michel Noël sera finaliste du Prix commémoratif Astrid-Lindgren (ALMA) pour l’ensemble de son œuvre. Dans les années 2000, il collabore avec la radio et la télévision canadienne, comme interviewer, scénariste, co-réalisateur et réalisateur, pour des émissions en lien avec ses sujets de prédilection. En 2001, le Musée des Confluences de Lyon (Rhône) avait fait appel à lui pour constituer et documenter la collection d’artéfacts amérindiens de l’établissement. On peut désormais y voir des mocassins pour bébé et une paire de raquettes à neige. En 2016, les éditions Auzou lui demande d’être le directeur d’une collection de sept albums présentant à un jeune lectorat québécois les peuples autochtones. Il écrit ceux consacrés aux Algonquiens, aux Iroquoiens, aux Métis et aux Inuits et il confie l’écriture des autres (les Cris, les Innus, les Haïdas) à de jeunes historiens amérindiens. Michel Noël a fait don de ses archives personnelles à la BAC (Bibliothèque et Archives Canada), ouvrant la voie à des travaux universitaires éclairant son œuvre et ses actions. « Communicateur hors pair et vulgarisateur unique en son genre, Michel a rencontré des milliers de jeunes à travers le monde à qui il a transmis son amour des mots. Mais au-delà de son imposante œuvre littéraire, c’était un merveilleux conteur qui incarnait une force tranquille pétrie de bonté et d’humanité. Tous ceux et celles qui ont croisé sa route ont sans doute conservé un souvenir impérissable de cet homme plus grand que nature à la voix chaleureuse et au regard empreint de sagesse. » (avis de décès du site Nécrologie Canada).

REVUE – Le numéro 143 (mars, avril et mai 2021) de LibbyLit que publie la section belge francophone de l’Ibby vient de paraitre : un dossier d’une dizaine de pages à propos de l’auteure et illustratrice Sandra Edinger, de nombreuses informations dont une partie documente l’actualité des associations et institutions belges se préoccupant de littérature pour la jeunesse, une rubrique consacrée aux outils professionnels dont la section a fait l’acquisition. La part la plus copieuse est toujours réservée aux recensions, très précises, des nouveautés reçus en service de presse. C’est exemplaire. Site de la section ici.

 EXPOSITION – La Médiathèque de Pleine-Fougères (Ile et Vilaine), 2B rue William Eon,  propose, du vendredi 16 avril au lundi 31 mai 2021, une exposition La maison est en carton qui rassemble douze œuvres signées Aurélia Fronti, Franziska Neubert, Claude Ponti, Andrée Prigent, Marc Daniau, Malika Doray, Wolk Erlbruck, Ilyla Green, Magali Le Huche, Mathis, Chloé Poizat et Christian Voltz, accompagnées des bibliographies de chacun des artistes et d’une collection d’albums. « Compte tenu des dispositions sanitaires en vigueur, l’intérieur de la médiathèque est accessible aux abonnés, aux horaires habituels, individuellement ou en groupe familial restreint. Un espace d’attente a été aménagé pour réguler le flux des usagers. » (Hugues Perche, responsable du site)

JEUNE PUBLIC – Le jeudi 22 avril 2021, à 19 heures 30, diffusion en direct de K/C de Fabien Arca. Mise en scène : Christian Giriat pour le Théâtre Mobile. « Alternant récits, chansons, poèmes, pensées et manifeste punk-rock, K/C dresse le portrait d’un jeune homme qui en l’espace d’une journée va décrocher du lycée pour faire le choix de la musique. C’est l’histoire d’un adolescent tourmenté, cassé. C’est l’histoire d’une ascension, d’une légende en devenir. » À partir de 13 ans. Pour acheter son billet, c’est ici et c’est 2,00 euros.

ÉPIDÉMIE (266) – L’association des bibliothécaires français (ABF) communique : « Seuls équipements culturels à être autorisés à ouvrir depuis le 28 novembre, les bibliothèques maintiennent, là où c’est possible, des services essentiels au grand public comme à celui des établissements d’enseignement supérieur. Ceux-ci sont amoindris par les restrictions d’accueil, de circulation et de séjour imposées par les mesures sanitaires. […] En tout état de cause, aucune solution unique ne saurait être imposée quant à l’ouverture des bibliothèques et à la mise en œuvre de leurs services : c’est aux équipes et collectivités responsables de décider en fonction de leur situation. »

REVUE – Le dossier du numéro 227 de mars 2021 de la revue trimestriel NVL (Nous voulons lire) est titré Par le bout de la langue. Des articles signés Claudine C. Stupar (Prendre la littérature par le bout de la langue), Marie Claude Javersat (L’oralité de la langue dans les livres pour petits), Régis Lefort, Bernadette Poulou et Janie Coitit Godffrey à propos de la collection Enfantimages ». Ce numéro : 14,50 euros. Pour s’abonner, c’est ici.

DU CÔTÉ DES PETITS – L’association québécoise Communication Jeunesse met à la disposition de tous la nouvelle édition de son Tout’tiguide. « Ce guide entièrement dédié aux 0-5 ans s’adresse aux parents, aux éducateur·rice·s, aux enseignant·e·s au préscolaire, aux bibliothécaires et à toute personne souhaitant partager le plaisir de la lecture avec des enfants en bas âge. Cette sélection de 150 titres parus dans la dernière année est enrichie d’articles en lien avec la médiation de la lecture chez les tout-petits. » À télécharger ici.

CHIFFRE ROND – La section de l’Orléanais du CRILJ a, le dimanche 11 avril 2021, envoyé à 2 500 correspondants, le numéro 400 de son courrier bi-mensuel. Si vous ne recevez pas et que vous souhaitez recevoir, vous pouvez faire votre demande à cette adresse. Prochain envoi : dimanche 25 avril.

PARUTION – Vient de paraitre L’Empire du rire, XIXe-XXIe siècles, sous la direction de Matthieu Letourneux et Alain Vaillant. « Avec l’avènement de la démocratie, le rire apparaît comme un bien commun, partagé par tous et irriguant la totalité de l’espace public. Ce rire démocratique prend aussi appui sur la puissance de propagation et d’innovation des nouvelles industries médiatiques, qui acquièrent un poids économique et une force de frappe incomparables : acteur majeur de notre culture moderne du loisir et du divertissement, le rire s’est imposé à tous et constitue aujourd’hui l’un des moteurs de la société marchande et du consumérisme. Mais le rire répond aussi à un besoin anthropologique plus large : il soulage face aux angoisses de l’existence, et permet d’expérimenter le plaisir de la connivence sociale et celui de la fantaisie imaginative. » Plus de cinquante contributions et de nombreuses illustrations restituent la richesse protéiforme du sujet. L’article L’enfant et le rire est signé Laurent Bazin, celui sur La culture jeune Matthieu Letourneux, celui sur La bande dessinée Sylvain Lesage. CNRS 2021, 1000 pages, 32,00 euros. 

ÉPIDÉMIE (265) – Sur le blog Gallica de la Bibliothèque nationale de France (BnF), sous le titre Des activités futées pour occuper et instruire les enfants à la maison : « L’école est fermée ? L’équipe a rassemblé et testé pour vous les documents Gallica les plus à même de distraire et émerveiller les enfants depuis chez vous. » Les propositions sont ici.

EXPOSITION – Depuis le mardi 6 avril et jusqu’au samedi 29 mai 2021, à la Médiathèque des Pradettes, 3 avenue de la Dépêche à Toulouse (Haute-Garonne) exposition de portraits imaginés par Liuna Vivardi. « Dans l’album ABC des peuples, chaque lettre de l’alphabet est associée à un peuple et sa présentation. « L’illustratrice toulousaine Liuna Vivardi a illustré les portraits des peuples avec un nombre limité de formes pour montrer que malgré les différences nous sommes tous constitués de la même essence. »

PATRIMOINE – À la Bnf, Gallica accueille Croquignol, Filochard et Ribouldingue. Occasion de découvrir ou de redécouvrir les escroqueries des Pieds Nickelés, initialement racontées dans la revue L’Épatant des frères Offenstadt sous le crayon de Louis Forton (1879-1934). Neuf albums, texte sous les vignettes, impeccablement numérisés et que la plupart des jeunes lecteurs d’aujourd’hui ne connaissent pas. C’est ici.

SOUVENIR SOUVENIR – Yusuf/Cat Stevens annonce la sortie, le mardi 11 mai 2021, chez HarperCollins, du livre pour enfants Peace Train, en célébration de la longévité (et de l’actualité) de la chanson. « J’ai écrit ces paroles il y a plus de 50 ans et je sais que les mots sont toujours aussi vrais et forts aujourd’hui qu’ils l’étaient dans les années 1970. C’est incroyable de voir comment Peter Reynolds a fait jaillir les mots pour une nouvelle génération, avec ses joyeuses illustrations. » L’illustrateur déclare : « Un de mes premiers albums était un disque de Cat Stevens. Ses paroles m’ont ému et m’ont inspiré à forger mes propres ‘rails’ pour créer des livres d’images significatifs pour tous les âges. Le message de Peace Train est plus important que jamais. » HarperCollins publiera, au cours de l’été 2022, un autre album adapté d’une autre chanson légendaire de Cat Stevens If you want to sing out. Pour écouter Peace Train, c’est ici. Pour écouter If you want to sing out, c’est .

CAPTATIONLes spectacles du Théâtre de la Ville Alice traverse le miroir et Alice et autres merveilles sont en ligne jusqu’au 20 septembre 2021. Texte : Fabrice Melquiot. Mise en scène : Emmanuel Demarcy-Mota. C’est gratuit et c’est ici et ici.

PARUTION – Vient de paraitre Martine, une aventurière du quotidien par Laurence Boudart, licenciée en traduction et docteure en lettres modernes. « Cette éternelle petite fille sage, âgée pour toujours d’une dizaine d’années, inventée pour les éditions Casterman en 1954 par l’auteur Gilbert Delahaye et le dessinateur Marcel Marlier, au coup de crayon si souvent imité mais si rarement égalé, s’est posée en véritable phénomène de l’édition sans jamais avoir accompli d’exploit héroïque, si ce n’est de perdurer et même d’évoluer au fil des époques sans se faire remarquer. À moins cependant que l’on ne regarde sous une autre échelle la notion d’épopée ou, mieux encore, que l’on ose considérer à nouveau, comme un enfant, les domaines de l’anodin, du banal et du quotidien pour ce qu’ils sont : des terrains de jeux où surgissent sans cesse d’infinies et authentiques aventures. » Les Impressions nouvelles 2021, 128 pages, 12,00 euros.

EXPOSITION – Depuis le vendredi 2 avril et jusqu’au samedi 22 mai 2021, à la Médiathèque Saint-Cyprien, 63 rue Reclusane à Toulouse (Haute-Garonne), l’illustratrice Inbar Heller Algazi alias Yanfush « expose une série d’illustrations au trait délicat pour pénétrer son univers tissé d’ombres et de lumières. »

(SE) FAIRE PLAISIR (1) – Dix illustrateurs lauréats du prix Hans Christian Andersen ont créé chacun un foulard en édition limitée (cinquante exemplaires pour chaque modèle) en soutien au travail d’IBBY à travers le monde. 50 x 180 cm. Prix de vente : 200,00 dollars, un reçu fiscal pour déduction d’impôts pouvant être demandé. Si vous souhaitez, vous aussi, soutenir l’IBBY en protégeant votre gorge avec une œuvre signée Albertine, Quentin Blake, Robert Ingpen, Roberto Innocenti, Roger Mello, Farshid Mesghali, Igor Oleynikov, Květa Pacovksá, Peter Sís ou Lisbeth Zwerger, la marche à suivre est ici.  

EN LIGNE – A la BnF, le jeudi 8 avril 2021, de 18 à 20 heures, la visiteuse du soir accueillie par le Centre national de la littérature pour la jeunesse (CNLJ) sera Clémentine Beauvais. Le rencontre, animée par Isabelle Terroir, sera diffusée en ligne et c’est ici. « Clémentine Beauvais réside en Angleterre depuis ses 17 ans. Sa thèse de doctorat sur les albums engagés dans la littérature jeunesse a été dirigée à Cambridge par Maria Nikolajeva. Depuis 2016, elle est enseignante-chercheuse à l’université de York. Ses premiers livres ont été publiés en France en 2010 par les éditions Talents hauts. Ses romans pour adolescents et jeunes adultes, Les Petites reines et Songe à la douceur, édités chez Sarbacane, ont remporté de nombreux prix dont celui du meilleur livre jeunesse 2015 du magazine Lire, le prix Sorcières 2016 et le prix de la Voix des blogueurs 2017. […] Très présente sur le web et les réseaux sociaux, elle entretient des rapports directs et très privilégiés avec ses lecteurs et ses lectrices. »

CÉLÉBRATION – Comme déjà annoncé sur ce site, La Poste marque l’anniversaire de la publication française, il y a 75 ans, du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, avec l’édition d’un timbre à l’effigie du désormais universel personnage. La vignette (valeur faciale de 1,08 euros, tirage de 720 000 exemplaires) sera disponible dans les points de vente habituels à partir du lundi 12 avril 2021. Les collectionneurs pourront l’acheter à l’avance et la faire oblitérer en premier jour les vendredi 9 et samedi 10 avril, au Carré d’encre, 13bis, rue des Mathurins à Paris. Masque obligatoire, gel hydroalcoolique à l’entrée, distanciation de 2 mètres, 30 personnes maximum dans la boutique. On pourra aussi, pendant ces deux jours, se rendre au Bureau de Poste du Marché aux Fleurs, 2 rue Louis Gassin, dans le vieux Nice.

ÉPIDÉMIE (264) – Le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, reportée du jeudi 24 au dimanche 27 juin 2021, n’aura pas lieu. Franck Bondoux, délégué général, explique : « C’est un crève-cœur et nous sommes très tristes, constate. Mais nous sommes obligés de tenir compte du contexte réel. Trop d’incertitudes pèsent encore. Nous ne pouvons pas dire aux gens en juin, il fera beau et le soleil va briller. Continuer d’imaginer le festival dans un format réduit, avec des jauges, alors que nous avons plutôt des petits espaces, ce n’était plus possible. Au vu des événements, nous sentions aussi les éditeurs, nos principaux partenaires, commençaient à hésiter à s’engager. Nous ne pouvions pas non plus compter sur la présence des auteurs étrangers… Il a fallu nous résoudre : dans ces conditions, ce n’était pas viable économiquement, et cela aurait dégradé notre image. »

APPEL À CONTRIBUTION – Sébastien Laffage-Cosnier et Christian Vivier lancent un appel à contribution Pif Gadget et compagnie, approches pluridisciplinaires pour un numéro de la revue Strenæ à paraitre le 1er février 2022. Remise des propositions : mercredi 1ier septembre 2021. L’appel est ici.

EN ATTENDANT L’ÉTÉ – Alain Serres et l’équipe de Rue du monde nous écrivent : « Bonjour. Je veux d’ores et déjà vous annoncer ce que sera notre Été des bouquins solidaires 2021 avec le Secours populaire. Tourné vers les jeux, les loisirs et la culture scientifique, il va proposer cette année, trois livres d’activités signés par les Mizielinski, les auteurs des deux best-sellers mondiaux Cartes et de Sous la terre, sous l’eau. En espérant que vous pourrez déjà prendre date pour nous soutenir au moment de leur parution, le 17 juin prochain. D’avance merci. En restant à votre disposition. »

ÉPIDÉMIE (263) – L’association Val de lire nous écrit : « Ces dernières semaines, le 36e Salon du Livre jeunesse de Beaugency et Saint-Laurent-Nouan avait adapté son format en prenant le chemin des écoles et médiathèques. Les nouvelles mesures gouvernementales annoncées par le Président de la République le 31 mars impliquent l’annulation de cette programmation. À quelques jours près, c’est à nouveau une très grande déception pour toutes les personnes impliquées dans ce projet, enfants comme adultes. L’association Val de lire remercie tous les bénévoles, partenaires, élu·es, enseignant·es, élèves, bibliothécaires, libraires, invité·es, pour leur engagement, leur soutien et leur dynamisme au cours de ces derniers mois. Cordialement, » (Audrey Gaillard, pour Val de Lire)

REVUE – Le numéro 14 d’avril-juin 2021 de la revue Les arts dessinées alterne, comme pour chacune des parutions du périodique, articles très illustrés et actualités. Ce trimestre, la littérature jeunesse n’est guère à l’honneur et, dans leurs interviews respectives, Floch et Nicole Claveloux, parce que leur actualité ne s’y prête pas, reviennent à peine sur leurs productions jeunesse. Martine Delerm, interrogée par Frédéric Bosser, fait figure de (belle) exception. Sommaire détaillé et conditions d’abonnement ici.

GOURMANDISE – À Puyméras (Vaucluse), le chocolatier artisanal Marc Chaloin a réalisé une sculpture du lapin blanc d’Alice au pays des merveilles avec son horloge. « En cette période, un peu d’émerveillement et de folie s’imposent. » 20 kg de chocolat de Sierra Leone à 75 % de cacao et du chocolat blanc pour le pelage. 13 heures de travail. Tout se mange. Sur l’horloge est indiqué : 1921-2021. « Il s’agit de fêter le centenaire de la chocolaterie familiale. » Le lapin sera gagné ce lundi, à midi pile, par tirage au sort.

EXPOSITION – Depuis le mardi 30 mars et jusqu’au samedi 24 avril 2021, la médiathèque de Baden (Morbihan), 4 chemin du Vrancial, présente une exposition Le Japon sous le pinceau de Bruno Pilorget. « Bruno Pilorget a une prédilection pour l’ailleurs et le voyage. Ses nombreux albums jeunesse témoignent de cette attirance pour les autres cultures : Les Sages Apalants, La Grande Vague, Omotou ou Au Pays des Vents si chauds, L’Invisible, Le Roi Cheval. Dès qu’il en a l’occasion, il quitte d’ailleurs son atelier breton pour aller jouer du trait et de la couleur, réaliser sur le vif des carnets de voyages remplis de dessins, peintures et anecdotes de ses rencontres. » Samedi 17 avril, à partir de 14 heures 30, atelier d’illustrations tout public suivi d’une séance de dédicaces. Jeudi 22 avril, ateliers-rencontre scolaires avec l’illustrateur. Réservation pour la rencontre tout public au 02 97 58 04 32.

POÉSIE – « Tu aimes écrire, jouer avec les mots et la langue française ? Inscris-toi à cet atelier et viens créer des poèmes à la manière de Jacques Prévert. Atelier mené par l’association Rémanence des mots en écho au Grand Prix de Poésie de la RATP. » Ce sera le samedi 11 avril 2021, à 14 heures 30. Dès 8 ans. Atelier à suivre en ligne en réservant ici

CLAP DE FIN – Nous avons, hier jeudi, reçu ceci : « C’est sans amertume que nous vous annonçons la fin d’une belle aventure éditoriale, celle des Petits Platons, après une cinquantaine de titres, plusieurs centaines de traductions et, dans le monde entier, dix années de rencontres et d’émerveillements. » L’éditeur, philosophe, en appelle à Goethe : « Tout ce qui naît mérite un jour de périr. » Se reprenant soudain, il ajoute qu’il s’agit d’un poisson et que, pour soutenir la maison (qui peine quand même un peu), c’est ici.

JUSTE POUR CE JEUDI – Un éditeur nous écrit : ‘Pour tout livre acheté, une vaccination offerte. » Comme ce n’est pas un éditeur jeunesse, pas sûr que ça marche.

REVUE – Le dossier thématique du numéro 17 de la revue en ligne Strenæ, dont l’objet est la recherche sur les livres et les objets culturels de l’enfance, est intitulé Théories et pratiques du jouet dans la première moitié du XXe siècle. Il a été dirigé par Cécile Pichon-Bonin assistée de Michel Manson dont la contribution personnelle s’intéresse au jouet comme objet historique et patrimonial au travers des collections, expositions et recherches en France de 1900 à 1950. En sus, huit compte-rendus analytiques d’ouvrages parus plus ou moins récemment. C’est gratuit et c’est ici.

ÉPIDÉMIE (262) – « Depuis le mercredi 24 mars 2021, la liste des bibliothèques fermées à Paris à la suite des droits de retrait exercés par leurs agents s’allonge. Ces derniers réclament un protocole renforcé pour lutter contre le Covid-19 dans leurs établissements. Lundi 29 mars, plus d’une vingtaine d’établissements sont concernés. » Un article ici.

FROM BELGIUM – Après un premier numéro consacré au collage, en octobre 2020, les (belges) éditeurs Kate’Art, CotCotCot, Versant Sud, Esperluète et À pas de loups proposent le numéro 2 (printemps 2021) de leur Petite Feuille de Chou titrée Tous et toutes dehors ! Des annonces de parutions nouvelles, mais pas que. C’est très pertinemment et très joliment fait.  Le PDF est ici.

PRIX – Jean-Claude Mourlevat vient de recevoir le Prix commémoratif Astrid-Lindgren au titre de l’année 2021. Le Prix commémoratif Astrid-Lindgren (Astrid Lindgren memorial award ou ALMA) est un prix littéraire international récompensant des auteurs de littérature d’enfance et de jeunesse, des illustrateurs, ou des institutions de littérature jeunesse. Créé par le gouvernement suédois en 2002, année de la disparition d’Astrid Lindgren, créatrice de Fifi Brindacier, il est doté d’une somme de 5 millions de couronnes suédoises, soit l’équivalent de plus de 550 000 euros. Il s’agit du plus important prix dédié à la littérature pour la jeunesse. Déclaration du jury : « Jean-Claude Mourlevat est un brillant innovateur de la tradition des contes de fées, les plus difficiles comme les plus beaux. Dans ses univers narratifs, le temps et l’espace sont suspendus et sa prose rêveuse et précise dépeint des thèmes éternels tels que le désir et l’amour, la vulnérabilité et la guerre. L’écriture toujours surprenante de Jean-Claude Mourlevat associe la trame ancienne de l’épopée et notre réalité contemporaine. » Le site de l’écrivain est ici.

EXPOSITION – Du jeudi 1er avril au dimanche 5 septembre 2021, le Nouveau Musée National de Monaco (NMNM), présente à la Villa Sauber, 17 avenue Princesse Grace, l’exposition Marginalia : dans le secret des collections de bande dessinée. Cette présentation « ne contiendra que des pièces d’artistes majeurs qui ont fait l’histoire de la bande dessinée à travers le monde. Des œuvres rares et peu montrées dans une exposition qui sort de l’ordinaire. » Conçue à partir d’emprunts inédits issus de collections publiques et privées, cette exposition, conduite par la commissaire Marie-Claude Beaud, commissaire, Damien MacDonald, commissaire invité, et Stéphane Vacquier, commissaire associé, « est une opportunité pour repenser nos rapports à la bande dessinée, et son lien conflictuel avec l’académie et les institutions. Le but est de comprendre comment un art populaire et alternatif peut-il aujourd’hui être exposé en galeries et dans les musées tout en conservant une dimension transgressive. » Parmi les 90 artistes exposés, nombreux sont ceux qui s’adressèrent aux enfants. Ouvrage à paraitre prochainement, chez Glénat, avec des textes de Jean-Luc Fromental, Thierry Groensteen, Numa Sadoul et Didier Pasamonik. Site du musée ici.

COUP BAS – Le dimanche 28 mars 2021, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a publié, sur son compte Twitter, une vidéo parodique du groupe californien Ifat Orgad, en faveur de l’ouverture des écoles. Ifat Orgad, chanteuse du groupe, a réagi dès le lendemain : « Je suis heureuse que Monsieur Blanquer aime ma chanson. Néanmoins, elle est basée sur la situation en Californie où les enseignants sont vaccinés. La situation est assez différente de la France. » Autre élément de contextualisation : en Californie, les écoles sont fermées depuis un an. La chanson est .

IBBY – À l’occasion de la Journée internationale du livre pour enfants du 2 avril 2021 (Children’s international book day), date anniversaire de la naissance d’Andersen, la poétesse cubano-américaine Margarita Engle adresse au monde, sous l’égide de l’IBBY (Union internationale pour les livres de jeunesse), un message en quatre langues. L’affiche est signée Roger Mello, auteur et illustrateur brésilien. Traduction française et affiche ici.

C’EST PAS ENCORE L’ÉTÉ – La soixante-quinzième édition du Festival d’Avignon se déroulera du lundi 5 au dimanche 25 juillet 2021. Olivier Py, son directeur, y croit, précise-t-il, raisonnablement. Croyons-le avec lui. Une seule proposition jeune public, au lieu de trois : Bouger les lignes – Histoires de cartes de Paul Cox et Nicolas Doutey. « Bouger les lignes – Histoires de cartes est une création inspirée par la cartographie, adressée aux jeunes terriens à partir de dix ans, quelle que soit leur longitude et leur latitude. Le spectacle, interprété́ par quatre actrice.eur.s de la compagnie de l’Oiseau- Mouche, est écrit par Nicolas Doutey, mis en scène par Bérangère Vantusso et mis en images-cartes-plans-voiles-peintures par Paul Cox. » Du mardi 6 au vendredi 9, dans la Chapelle des Pénitents Blancs.EXPOSITION – La galerie Daniel Maghen, 47 quai des Grands Augustins à Paris, propose, du mercredi 31 mars au samedi 24 avril 2021, l’exposition immersive Shizen (qui signifie, en japonais, ensemble des choses et des êtres). « Pour cette exposition, Benjamin Lacombe a collaboré avec le sculpteur et miniaturiste Julien Martinez pour réaliser des sculptures uniques. On retrouve également une centaine d’illustrations et esquisses issues de ses plus récents ouvrages : Bambi (Albin Michel), Esprits & Créatures du Japon et Histoires de Fantômes du Japon (Soleil), L’Étonnante Famille Appenzell (Margot) ou Charlock 1 & 2 (Flammarion). » Site de la galerie ici.

PAYSAGES – Le  séminaire du Greces (Université Rennes 2, Cellam) Collections, archives et littérature jeunesse, propose une réflexion portant sur La mise en livres du monde à destination des jeunes lecteurs : les paysages sous le regard des auteurs, illustrateurs et éditeurs. Europe/Amériques, XIXe-XXIe siècles. La journée du vendredi 9 avril 2021 accueille Catherine Sablonnière, maître de conférences. Sujet traitée : Lettres et conversations sur l’histoire naturelle pour la jeunesse : l’œuvre de Sophie Ulliac Trémadeure (1794-1862). Lien Zoom à demander à cette adresse.

REVUE – Le dossier du numéro 317 de février 2021 de La Revue des livres pour enfants est titré L’art du bref. « Courage ! Le printemps arrive ! D’un printemps l’autre, pourrions-nous regretter tandis que s’étire le cycle confinements-déconfinements-reconfinements locaux, régionaux, partiels. Nous, nous avons choisi de vous parler de ce qui sait être bref : la poésie, la littérature, le dessin qui savent nous surprendre, nous emporter ailleurs ou au contraire refléter un peu de nous, d’un trait, d’un mot, d’une esquisse. Suivez-nous au pays du ténu, du discret, à hauteur d’herbe. » Dans l’interview qui ouvre le dossier, Matthieu Letourneux ne manque pas d’arguments pour expliquer que le bref s’explique d’abord par des raisons pratiques, conditionné par l’histoire des supports matériels. Parmi les articles qui suivent, plusieurs traitent la question d’un point de vue littéraire. Le sommaire complet est ici. Ce numéro : 12,50 euros. On peut s’abonner pour 64,00 euros et recevoir les six numéros annuels. C’est .

DISPARITION – Beverly Cleary, écrivaine américaine, est décédée le 25 mars 2021. Elle avait 104 ans. Enfant unique d’une mère institutrice et d’un père cultivateur, elle vécut à la ferme, près de Yarmhill, jusqu’à ses six ans, puis déménagea à Portland. Apprendre à lire lui sera une corvée. « J’avais la varicelle, la variole et l’amygdalite en première année et personne ne semblait penser que cela avait quoi que ce soit à voir avec mes problèmes de lecture. » Il faudra une rencontre avec une bibliothécaire qui lui prête The Dutch Twins  (Les jumeaux néerlandais) de Lucy Fitch Perkinsy pour qu’elle se réconcilie avec les livres. « J’avais parfois l’impression que l’école ne voulait pas que nous lisions, car il y avait de longues questions après tout ce que avions lu. Nous devions aussi écrire des critiques et donner le thème du livre. C’était la question que je détestais le plus. Je voulais juste lire un livre et l’apprécier. » Fréquentant la Grant High School de Portland, le Chaffey Junior College d’Ontario, puis l’université de Californie de Berkeley et l’université de Washington, Beverly Cleary souhaite devenir bibliothécaire et, pour financer ses études, occupe des emplois de couturière ou de femme de chambre. Elle se marie discrètement, contre l’avis de ses parents. Munie de deux bachelors en bibliothéconomie, nommée bibliothécaire à Yakima, dans l’état de Washington, elle publie son premier roman pour enfants, Henry Hugins, en 1950, premier titre d’une série de six. « Les enfants qui venaient à la bibliothèque me demandaient toujours des livres sur des enfants comme eux. Eh bien, il n’y avait pas de livres sur les enfants comme eux. Ainsi, lorsque je me suis assis pour écrire, je me suis retrouvé à écrire sur le genre d’enfants avec lesquels j’avais grandi. » Ramona, personnage secondaire de la série des « Henry Hugins«  plait particulièrement aux jeunes lecteurs et la fillette a droit à sa propre série avec huit titres, entre 1955 et 1999. « Ramona m’a été inspirée par une petite fille qui vivait près de chez nous. Elle était considérée comme plutôt impossible et je me souviens très bien de son retour de l’épicerie à la maison. À cette époque, les enfants pouvaient faire les courses. Elle avait à la main une livre de beurre qu’elle avait ouverte et elle mangeait la livre de beurre. D’une manière ou d’une autre, cette petite fille est devenue Ramona, bien que Ramona n’ait jamais mangé une livre de beurre. » Beverly Cleary n’hésitera pas à aborder des sujets délicats. En 1953, dans la nouvelle Otis Spofford, elle met en scène les inquiétantes espiègleries d’un jeune garçon dont les parents viennent de divorcer, sujet très inhabituel pour l’époque en littérature pour la jeunesse. Dear Mr Henshaw (Cher M. Henshaw), histoire d’un garçon solitaire qui correspond avec un auteur de livres pour enfants, remporte la médaille John Newbery, en 1984, « pour sa contribution la plus distinguée à la littérature américaine pour enfants. » Beverly Cleary a également écrit des romans plus fantaisistes tels ceux ayant pour protagoniste Ralph, chat dont la cohabitation avec le bébé de ses maîtres n’est pas des plus évidentes. Les histoires sont racontées du point de vue de l’animal. Multi-récompensée au fil de sa carrière, Beverly Cleary a été nommée, en 2000, Library of Congress Living Legend (Légende vivante de la Bibliothèque du Congrès). L’écrivaine a écrit deux récits autobiographiques, A Girl from Yamhill (1988), sur son enfance, et My Own Two Feet (1995), sur ses années universitaires, non traduites en français. « Les gens sont étonnés des choses dont je me souviens. Je pense que cela vient du fait d’avoir vécu isolée dans une ferme les six premières années de ma vie et que ma principale activité était l’observation. » Les livres de Beverly Cleary, traduits en douze langues, ont été vendus à plus de quatre-vingt dix millions d’exemplaires. La série « Henry Huggins » a inspiré des programmes télévisés au Japon, au Danemark et en Suède et plusieurs films pour le grand écran racontent les faits et gestes de Ramona. En 2010, Ramona et Beezus (ou Sœurs malgré elles), réalisé par Elizabeth Allen, a mis en vedette les actrices Joey King et Selena Gomez. En France, les romans de Beverly Cleary ont été publiés, très régulièrement, par les Éditions de l’amitié, dans la collection « Bibliothèque de l’amitié », puis, en réédition ou en première édition, par l’école des loisirs. Premier titre paru, en 1979 : Ramona la peste, traduit par Édith Vincent. Beverly Cleary n’écrivait plus depuis quelques années. « Il est important que les écrivains sachent quand arrêter. Je me suis même débarrassée de ma machine à écrire. C’était sympa mais je déteste taper. »

PÉDIBUS – Du jeudi 1er avril au mercredi 30 juin 2021, la Médiathèque Emile Zola de Sées, cité natale de Louis Forton, père des Pieds Nickelés et de Bibi Fricotin, agrémente ses points remarquables de la ville avec vingt-quatre représentations de personnages emblématiques de la bande dessinée. « Les personnages sont peints sur des supports en bois contre plaqué allant de 75 mm à 150 mm de hauteur. Six pays de dessinateurs sont représentés : la France avec  Forton, Uderzo et Rivière, la Belgique avec Hergé, Dupuis, Franquin, Peyo et Roba, la Suisse avec Zep, les États-Unis avec Chiniquy et ses collègues, Lundy et Walt Disney, l’Angleterre avec Keith Chapman et  l’Allemagne avec Waldemar Bonsels. »

EN LIGNE – La série vidéo 2 yeux, 10 doigts initiée par les bibliothèques de la Ville de Paris, à l’occasion de l’édition 2020 de Partir en livre est, fin mars 2021, riche de onze tutos, le dernier en ligne – qui, curieusement, porte le numéro 1 – permettant de s’initier en famille à la technique du papier découpé, avec William Wilson, artiste, illustrateur, plasticien et auteur du livre A comme Afrique (Gallimard, 2020). A retrouver ici.

FORMATION – ARPLE (Association de recherche et de pratique sur le livre pour enfants) propose quatre formations qui s’intéresseront, le lundi 29 mars 2021, à Anne Fine (Un regard satirique et bienveillant sur la famille et ses dysfonctionnements), le lundi 12 avril, à Anthony Browne (Jeux de formes et ouverture vers les livres d’art), le lundi 10 mai, à Michaël Morpurgo (Le récit dans le récit) et, le lundi 31 mai, à Claude Ponti (D »Adèle au pays des monstres : une œuvre qui interpelle). Ce sera de 10 à 12 heures, en visio. Page dédiée ici.

DISPARITION – Georges Rieu, journaliste et scénariste de bande dessinée, est décédé le samedi 20 mars 2021. Il avait 87 ans. Fils d’une concierge et d’un serrurier, hésitant entre plusieurs destins, il rejoint Vaillant en 1957, après en avoir été longtemps lecteur et, dès 1945, diffuseur militant. Il participe aux taches quotidiennes et signe, sous son nom et sous divers pseudonymes, des nouvelles policières et fantastiques, des articles documentaires et des jeux illustrés notamment par Jacques Kamb. En 1965, à la demande de Pierre Bellefroid, directeur de publication juste nommé, il devient, succédant à Claude Boujon qui occupait la place depuis 1963, rédacteur en chef de Vaillant. L’objectif est de relancer l’hebdomadaire qui, après une longue période faste, perd désormais 10 000 lecteurs chaque année. Georges Rieu s’attelle, aidé par Claude Boujon et par Jean Olivier, à un radical changement de formule. Le journal restreint son format pour se caler sur le standard de la concurrence (Spirou, Tintin, Mickey). Il adopte un dos carré, augmente le nombre de pages de bande dessinée et accueille un copieux cahier de jeux. Le journal s’appellera Vaillant, le journal de Pif, surfant sur la popularité du personnage créé par Arnal en 1948. L’entreprenant rédacteur en chef (qui a souhaité avoir le plein contrôle de ce qui est publié) lance plusieurs séries nouvelles : « Le Concombre masqué » de Nikita Mandryka, « Robin des Bois » de Jean Ollivier et Lucien Nortier, « Corinne et Jeannot » de Jean Tabary, « M le Magicien » de Massimo Mattioli, « Jérémie » de Paul Gillon. C’est à Georges Rieu que les lecteurs doivent, en 1969, dans Pif Gadget, le passage aux récits complets de 10 ou 20 pages, en couleurs ou en noir et blanc, avec la venue de personnages neufs, tant réalistes que comiques : « Rahan » de Roger Lecureux et André Chéret, « Loup Noir » de Jean Ollivier et Kline, « Docteur Justice » de Jean Ollivier et Marcello, « Léo bête à part » de Jean Sanitas et Roger Mas, « La Jungle en folie » de Christian Godard et Mic Delinx, « Les Rigolus et les Tristus » de Jean Cézard, « Horace, cheval de l’Ouest » de Jean-Claude Poirier. Rappelons aussi l’apparition du désormais célébrissime gadget dans le  numéro 1239 – cherchez l’erreur qui n’est pas une erreur – du 24 février 1969 de l’hebdomadaire (renommé Pif et son gadget surprise à cette occasion, puis Pif Gadget quelques mois plus tard) et, en mars 1970, l’arrivée, plutôt téméraire, de l’anarchiste et libertaire Corto Maltese, d’Hugo Pratt, grâce à l’entremise amicale de Claude Moliterni. « Tous ceux qui ont croisé Georges Rieu à cette époque ont dressé de lui le portrait d’un homme chaleureux et surtout très dynamique, cherchant à rallier à lui la jeunesse et les goûts de l’époque. Il se trouvera parfois confronté aux blocages de la génération précédente, celle des fondateurs du journal d’après-guerre, mais parviendra à créer une rédaction très fonctionnelle et collaborative où se mélangent justement les rédacteurs et auteurs de plusieurs générations. » (Jean-Luc Muller). En 1971, à la suite d’un différent avec le Parti communiste français, propriétaire, de fait, de Pif gadget, sur les orientations à donner à la publication, Pierre Bellefroid est évincé et Georges Rieu démissionne peu après. Tous deux créent Télé-Gadget, magazine mêlant télévision, gadget et bande dessinée. L’aventure à laquelle ses initiateurs croyaient pourtant beaucoup ne dure que quelques mois. Après cet échec, Georges Rieu rejoint quelque temps Armand Jammot, producteur de jeux à la télévision, lorsque celui-ci s’engage dans l’édition de journaux et dans la création de boites de jeux inspirés par ses émissions. Il travaille également avec Georges de Caunes, à Radio Monte Carlo, puis entre à la SNCF. Georges Rieu fut scénariste pour Vaillant, entre 1958 et 1962. Il ne créera pas de nouveaux personnages mais prolongera, le temps de quelques épisodes, la vie de deux séries phare de Vaillant abandonnées par Jean Olivier et par Roger Lecureux : « Jacques Flash », journaliste adepte de l’invisibilité, et « Wango », marin bourlingueur. Courte collaboration, dans les années 1960, avec le magazine La Vie du rail, avec le petit format Thierry la Fronde et avec l’entreprise fromagère Pinpan pour laquelle il signe une fugace série publicitaire. Ultime scénario, en 1968 : La forteresse imprenable, récit d’actualité qui parle de guerre au Viêt Nam. Georges Rieu aimait s’adresser de temps à autre aux jeunes lecteurs du journal dans des textes qu’il n’omettait pas de signer : « Beaucoup de lecteurs nous posent des questions enthousiastes sur le journal lui-même, sur les récits, sur les héros, sur leurs créateurs, etc. Désormais, à cette même place, vous trouverez les réponses à ces questions. »

FESTIVAL – Le Festival jeunesse de la vallée de Chamonix-Mont-Blanc se déroulera le samedi 27 et le dimanche 28 mars 2021, à la Bibliothèque-Médiathèque, 99 route de la Patinoire. Des rencontres avec 18 auteurs et illustrateurs, des ateliers, des dédicaces, des lectures, des jeux, des concours, des expositions, une librairie. Attention aux mesures sanitaires. Informations complémentaires à cette adresse.

OPPORTUNITÉ – Pour sa 36e édition de décembre 2020, le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis a maintenu l’intégralité de son programme professionnel. Quatre-vingt huit rencontres au total, en direct live. Rattrapage toujours possible, en replay. C’est à cet endroit.

PRIX – A Beaugency, le prix Jacques-Asklund 2021 a été attribué à Maryvonne Rippert pour son roman Mon cher correspondant. (Fleurus, 2018). « La vie n’est pas simple pour Clara. Depuis que son père a été licencié, elle et sa famille vivent dans une extrême pauvreté. Honteuse, elle fait tout pour cacher cette situation au collège, même à ses meilleures amies. A l’occasion d’un échange mis en place par le professeur de français, Clara fait la connaissance d’Elio, son correspondant libanais qu’elle a tiré au sort. Elio est gentil, mais il ne vit pas dans le même monde, il évolue dans une famille aisée. Malgré les kilomètres qui les séparent, les deux jeunes vont s’allier dans une quête commune : retrouver la maman de Nour, une syrienne récemment arrivée au collège après avoir fuit son pays en guerre. Petit à petit, Clara trouve en Elio un confident et tombe amoureuse. Arrivera-t-elle à lui faire confiance jusqu’à lui livrer son secret ? »

EXPOSITION – Du samedi 27 mars au samedi 12 juin 2021, au Centre André François, 70 rue Aimé Dennel à Margny-lès-Compiègne (Oise), mise en lace d’une exposition Dans les traits de Julien Martinière. « Dans des illustrations d’une richesse et d’un foisonnement remarquable, Julien Martinière écrit l’histoire. L’histoire d’un petit garçon qui sillonnera les routes du Japon à la rencontre des Yokaïs, l’histoire de Blaise qui retournera à son animalité après avoir renoncé à sa vie d’employé de bureau, les histoires des autres comme les siennes. Découvrez au fil de l’exposition le travail d’un illustrateur qui aborde avec subtilité et minutie les problématiques de notre époque. » (Jean-Baptiste Bourgois) Le vernissage du samedi 10 avril est annulé, mais  le visite de l’exposition reste possible avec une jauge de quatre personnes. Le jeudi 20 mai, à 14 heures, conférence Julien Martinière, illustrateur : l’hybride, pour penser la complexité du monde avec Florence Gaiotti, maître de conférences en littérature française à l’université d’Artois. Julien Martinière est en résidence au Centre André François de mars à juin 2021. Site du centre  ici.

SALON – Pour sa trente-huitième édition, le Salon du livre Jeunesse d’Eaubonne des samedi 27 et dimanche 28 mars 2021 adapte ses propositions et en invente de nouvelles. Ainsi, la libraire Le Presse Papier d’Argenteuil, partenaire du salon, proposera à la vente, via un site créé pour l’occasion, les ouvrages des dix-neuf auteurs invités (Gaël Aymon, Gilles Bachelet, Anne-Gaëlle Balpe, Pierre Bertrand, Nicolas Bianco-Levrin, Estelle Billon-Spagnol, Pierrick Bisinki, Isabelle Bonameau, Nadine Brun-Cosme, Delphine Chedru, Alain Crozon, Nathalie Dieterle, Elise Fontenaille, Aurelia Fronty, Bruno Gibert, Yves Grevet, Pauline Kalioujny, Stephane Kiehl et Olivier Melano), sous forme de click & collect et tous accompagnés de dessins et de dédicaces. Le Prix Coup de pouce sera décerné en ligne. Le site dun salon est ici.

PRIX –  Quatre livres pour la jeunesse québécois et quatre titres hors-Québec ont été distingués début mars par l’Association des libraires du Québec (ALQ). Palmarès des livres québécois : 0-5 ans : Bob le bobo de Mélina Schoenborn et Sandra Dumais (La courte échelle) ; 6-11 ans : Enterrer la lune d’Andrée Poulin et Sonali Zohra (La courte échelle) ; 12-17 ans : Lac Adélard de François Blais et Iris (La courte échelle) ; bande dessinée : Pauline, une petite place pour moi d’Anouk Mahiout et Marjolaine Perreten (Comme des géants); Palmarès des livres hors Québec : 0-5  ans : Julian est une sirène de Jessica Love (école des loisirs) ; 6-11 ans : Mary, auteure de Frankenstein de Linda Bailey et Julia Sarda (La Pastèque) ; 12-17 ans : Akata Witch de Nnedi Okorafor (école des loisirs) ; bande dessinée : Sacrées sorcières de Pénélope Bagieu et Roald Dahl (Gallimard).

LA TÊTE DANS LES IMAGES – Le CRILJ prête à l’association tourangelle Livres-Passerelle  qui la met à disposition du centre social Culture, loisirs, accueil et animation en Chinonais (CLAAC) l’exposition sur affiches La tête dans les images conçue par le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, Seront mis en place, dès maintenant et pendant plusieurs mois, des accrochages échelonnés et de nombreuses animations. Déjà en projet : un jeu de mémo, des lectures sur le thème de la métamorphose, des activités manuelles, un focus sur certains des livres de la sélection en lien avec les activités habituelles de la maison (On échange, Le cadeau). Site du CLAAC ici. Informations complémentaires au 02 47 05 49 11.

ÉWILAN – La Quête d’Éwilan, trilogie d’aventure fantastique de Pierre Bottero qui met en scène des personnages féminins forts, s’est vendue à des millions d’exemplaires. Premier tome chez Rageot, en 2003. Le studio français Andarta Picture qui a pour projet une adaptation en série d’animation pour la télévision a initié une campagne de financement participatif afin de pouvoir réaliser épisode-pilote. « Un épisode de 26 minutes qui se veut le plus fidèle possible au récit d’origine et qui compte sur les fans de la série pour être déployé. » Grand succès pour cet appel et l’objectif est atteint. Il est toutefois encore possible d’apporter son obole. C’est ici.

COLLOQUE – Le Centre d’études supérieures de civilisation médiévales (CESCM) organise, du lundi 29 mars au vendredi 2 avril 2021, un colloque en ligne titré Le médiéviste face aux médiévalismes : rejet, accompagnement ou appropriation ? Le programme détaillé est ici. Peu à voir avec la littérature pour la jeunesse, hormis les communisations Fantasy médiévale et médiévistique : une relation à sens unique ? par Anne Besson (université d’Artois), Le Moyen Âge et la littérature de jeunesse font-ils bon ménage ? Des tensions (fécondes ?) entre didactisme et divertissement par Isabelle Olivier (université d’Artois), Des bulles médiévales en cases : les enjeux du médiévalisme en bande dessinée par Tristan Martine (université d’Angers). « Le Moyen Âge ne cesse d’être recréé, réimaginé, réinventé, dans des romans, des séries, des fêtes estivales ou des discours politiques. Pour désigner ces réappropriations, les chercheurs ont forgé le terme de ‘médiévalisme’ Ce colloque international, organisé en virtuel, se propose d’analyser les médiévalismes contemporains et les rapports contrastés que les médiévistes peuvent entretenir avec eux. » Inscriptions à partir de cette page.

SALON – Le trente-sixième Salon du livre jeunesse de Beaugency et Saint-Laurent-Nouan se poursuit sous une forme compatible avec les (mouvantes) obligations sanitaires du moment. Après la journée de formation du mercredi 17 mars 2021 (25 personnes en présentiel, 80 personnes en ligne), il sera possible de visiter, fin mars et début avril, la plupart des expositions initialement prévues, les enfants accueilleront auteurs et illustrateurs dans leurs classes et les spectacles au programme auront lieu, quasi tous, dans les écoles. La Bibliothèque départementale du Loiret, partenaire du salon, nous a confié sa bibliographie Quels chemins pour demain ? Elle est ici.

REPRISE – A Tahiti, « les salles de la Maison de la culture bruissent à nouveau. Silence contenu, applaudissement sans retenue, émotions partagées, temps suspendu, la vie revient dans les théâtres polynésiens. » L’association Taparau reprend ses activités avec une conférence Contes et légendes, qu’en est-il de la littérature jeunesse en Polynésie ?  le jeudi 25 mars 2021, de 18 heures à 20 heures, à la Maison de la culture. »Le paysage littéraire polynésien, tout particulièrement dans la littérature jeunesse, donne une belle place aux contes et légendes. Omniprésents dans les écoles maternelles et élémentaires, ces thèmes jouent un rôle très important dans la construction de l’enfant car ils lui permettent à la fois de rêver, de se questionner, d’échanger, mais d’être aussi une porte d’accès vers la culture et l’histoire de Tahiti et ses îles. Dans ce contexte, Patrick Chastel dressera un historique de la littérature jeunesse en Polynésie, des contes e des légendes. Rosalie Cruchet s’intéressera à leur utilisation dans l’éducation et le milieu scolaire, Sara Aline au conte et à l’imaginaire dans l’éducation positive. Leia Chang Soi s’interrogera sur l’avenir des mangas et du numérique et Sylvia Richaud sur la place laissée aux langues polynésiennes dans la littérature de jeunesse d’aujourd’hui. Enfin, Vashee présentera une nouvelle approche de l’illustration des légendes. » Site de l’association Taparau ici.

EXPOSITION – Depuis le samedi 31 janvier 2021 et jusqu’au dimanche 18 avril 2021, la Maison nationale des artistes de Nogent-sur-Marne, EHPAD de la Fondation des artistes, prolonge dans une courte vidéo l’exposition d’œuvres originales Célébrer la vie que propose l’illustratrice Gerda Muller au sein de l’établissement où elle séjourne. C’est ici.

PRESSE JEUNESSE – Sept revues et magazines pour les enfants et adolescents se sont associés pour mettre en place, du mardi 23 au dimanche 28 mars 2021, avec une communication commune, une Semaine de la presse jeunesse en librairie : Baïka (trimestriel pour les 8-12 ans), Biscoto (journal de BD pour les 8-13 ans), Dada (revue d’art pour les jeunes), DONg! (revue trimestrielle pour les collégiens), Georges (magazine pour les 7-12 ans), Graou (pour les 3-7 ans) et Topo (magazine d’actualité bimestriel en BD pour les moins de 20 ans). Parmi les initiatives : un concours de vitrines, avec des lots à gagner pour les libraires et, si la situation sanitaire le permet, un programme de rencontres au deuxième semestre pour échanger autour de leur métier d’éditeur de presse jeunesse. Nombreuses et riches informations complémentaires ici, sur le site du CLEMI (Centre pour l’éducation aux médias et à l’information).

PRIX – Les prix Libbylit 2021 décernés par la section belge francophone de l’IBBY   ont été attribués : Prix Petite enfance : Grand ours, petit ours de Marine Scheider (Cambourakis) ; Prix Album belge : En 4 temps de Bernadette Gervais (Albin Michel) ; Mention Album belge : Victor de Jacques & Lise (Seuil Jeunesse) ; Prix Album : Notre Boucle d’Or d’Adrien Albert (école des loisirs) ; Mention Album : Fechamos de Gilles Baum et Régis Lejonc (éditions des Eléphants) ; Prix Roman belge : Ogresse d’Aylin Manço (Sarbacane) et Molly de Geneviève Damas (Lansman) ; Prix Roman junior : L’incroyable histoire du homard qui sauva sa carapace de Thomas Gerbaux et Pauline Kerleroux (La Joie de lire) ; Prix Roman ado : Et le désert disparaîtra de Marie Pavlenko (Flammarion)

EN LIGNE –  Le colloque Enfance et histoire : cultures et pratiques enfantines du passé se déroulera en ligne le jeudi 9 et le vendredi 10 avril 2021. Le programme complet et le lien zoom sont ici. La conférence d’ouverture Retenir l’enfance sera prononcée par Anne Besson, professeure en littérature générale et comparée à l’université d’Artois.  

MAURICE SENDAK – Après une exposition-hommage à Tomi Ungerer en avril 2019, Val de lire et le CRILJ proposent à l’occasion de la trente-six édition du Salon du livre pour la jeunesse de Beaugency et Saint-Laurent-Nouan, une présentation de près de cinquante documents, souvent anciens, donnant à voir le talent de l’auteur-illustrateur américain Maurice Sendak : affiches d’incitation à la lecture, affiches d’exposition, affiches d’éditeurs, affiches pour des opéras, sans oublier un focus sur Really Rosy et quelques réemplois malicieux. L’exposition titrée Max, Max, Max et les autres sera présentée à la médiathèque de Beauce-la-Romaine (Loir-et-Cher), du lundi 23 mars au lundi 11 avril 2021. « Les affiches et autres réalisations occasionnelles ne représentent qu’une petite part de ma production, mais, paradoxalement, ces images évidentes occupent une place  très importante dans mon cœur. Pourquoi évidentes ? Parce qu’elles se présentent de manière évidente. Je les ai peintes dans mes rares moments de relaxation. » (Maurice Sendak). Pour toute information sur cette exposition, prendre contact à cette adresse.

GALLICA – Gallica qui vient de passer le cap des huit millions de documents numérisés accessibles gratuitement en ligne propose, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes 2021, de découvrir l’œuvre de huit d’entres elles. Parmi celles-ci, Hélène Guertik, illustratrice d’avant-garde. « Exilée en France après la Révolution de 1917, Hélène Guertik est l’une des artistes issues des avant-gardes russes que recrute le pédagogue et éditeur Paul Faucher pour créer les célèbres Albums du Père Castor. Aux côtés de Faucher, pionnier de l’Éducation nouvelle, elle publie dix ouvrages qui se démarquent par leur modernité. Les livres élaborés par Faucher et Guertik, à la portée de toutes les bourses, deviennent des objets destinés à tous les enfants, dont ils cherchent à stimuler la curiosité et la créativité. » Seize belles images de reptiles à voir ici.

RAPPORT RACINE – Suite aux annonces minimalistes de Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, sur « le programme de travail 2021-2022 pour les auteurs », on est, à la Charte des auteurs et illustrateurs pour la jeunesse, franchement écœuré mais combatif encore : « Au début de ce mois de mars, le magazine Télérama a publié une tribune signée par 1700 artistes pour demander la mise en application des mesures du rapport Racine. Cette tribune fait écho aux prises de paroles qui se sont multipliées depuis la publication de ce rapport pour demander à ce qu’enfin les artistes-auteur·rices soient traité·es équitablement, puissent accéder aux droits élémentaires pour lesquels ils·elles cotisent et travailler dans des conditions décentes. Malgré les promesses, nous n’avons pas été écoutés. La Charte en prend acte. Nous restons néanmoins mobilisé·es, animé·es par la conviction profonde que cette situation d’injustice ne peut perdurer, et porté·es par le soutien de nos adhérent·es, auteurs et autrices jeunesse. Oui, le combat continue. » Communiqué de presse complet ici. Samantha Bailly, créatrice et présidente de la Ligue des auteurs professionnels, s’était engagée à rendre ses mandats si la mission Racine échouait. Elle tient parole et démissionne. La Charte salue cette démarche et la soutient pleinement dans sa décision. Sur le même sujet, Lewis Trondheim a fait une vidéo. Elle est ici.

PRIX – L’Association des bibliothécaires de France (ABF) et l’Association des librairies spécialisées jeunesse (ASLJ) ont décerné leurs Prix Sorcières 2021 : Carrément beau mini : Juste un fraisier d’Amandine Laprun (Actes Sud junior) ; Carrément beau maxi : Nuit étoilée de Jimmy Liao, traduit du chinois (Taiwan) par Chun-Liang Yeh (HongFei) ; Carrément passionnant mini : Quand les escargots vont au ciel par Delphine Vallette et Pierre-Emmanuel Lyet (Seuil Jeunesse) ; Carrément passionnant maxi : Alma : T1 : Le vent se lève par Timothée de Fombelle et François Place (Gallimard Jeunesse) ; Carrément sorcières fiction : Migrants par Issa Watanabe (La Joie de lire) ; Carrément sorcières non-fiction : La fabuleuse histoire de la Terre par Aina Bestrad, traduit de l’espagnol par Philippe Godard (Saltimbanque).

ILLUSTRATION – Les sixièmes Rencontres de l’illustration de Strasbourg (Bas-Rhin), ce sera du jeudi 18 au mercredi 31 mars 2021. Thème fédérateur : Humour, satire et dessin de presse. Au vue du programme, pas très littérature pour la jeunesse. Pour juger par vous-même, c’est ici.

THÉÂTRE – Le Théâtre de la Tête Noire à Saran (Loiret) propose, en ligne, le mercredi 31 mars 2021, à 15 heures 30, Babïl de Sarah Carré. Mise en scène : Stéphane Boucherie pour l’Embellie Cie.  Interprétation : Gérald Izing et Yann Lesvenan. « Tohu et Bohu veulent nous raconter une histoire. Celle des Belbalonien.ne.s qui surmontèrent leur mésentente pour construire ensemble une tour fabuleuse, la Tour de Belba. Mais il est visiblement aussi difficile de raconter à deux que de bâtir à plusieurs. » À partir de 5 ans. Pour acheter son billet, c’est ici.

LIVRE-OBJET – Philippe Morlot nous écrit : « Bonjour. Toujours pour garder un lien avec mes lecteurs et mes partenaires dans cette période particulière, je poursuis la mise en ligne sur mon site de documents vidéos. Aujourd’hui, je réponds à la question Qu’est-ce qu’un livre-objet ?  Vous pourrez consulter à cette adresse, à la rubrique actualité. Bien cordialement. »

AUTEURS-ÉDITEURS – En partenariat avec Livres Hebdo, la Société civile des auteurs multimedia (Scam) et la Société des gens de lettres (SGDL), en présence du Syndicat national de l’édition (SNE), ont présenté et discuté des chiffres clés du baromètre des relations auteurs/éditeurs lors d’une table ronde, diffusée en direct le 9 mars 2021, qui réunissaient Isabelle Jarry, membre de la commission de la Scam, Christophe Hardy, président de Scam, Benoît Peeters, président de la commission de l’écrit de la Scam, Vincent Montagne, président du Syndicat national de l’édition (SNE) et de Média-Participations, Françoise Nyssen, présidente du directoire d’Actes Sud et Louis Delas, directeur général de l’école des loisirs. La Charte ? Non, pas la Charte. Animation : Nicolas Turcev, journaliste à Livres Hebdo. La captation est ici.

RÉSIDENCE – En partenariat avec la Direction régionale des affaires culturelles Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Bibliothèque Départementale des Hautes-Alpes, l’association des Amis de l’Abbaye de Boscodon, la librairie jeunesse La Loupiote et la Communauté de communes de Serre-Ponçon, l’association Rions de Soleil lance un appel à candidature pour une résidence d’auteur·e jeunesse, pour une période allant du 4 octobre au 5 décembre 2021.  L’appel à candidature est ouvert aux auteurs jeunesse ayant déjà publié à compte d’éditeur au moins un livre pour la jeunesse. « La résidence offrira à l’auteur le temps et la liberté de poursuivre son travail de création. Il pourra consacrer 70 % de son temps à ce travail personnel. L’auteur consacrera 30 % de son temps aux actions de médiation qui auront été définies avec les partenaires. Ces actions seront élaborées avec son accord et dans le respect de sa démarche littéraire et de sa personnalité. Elles pourraient se décliner selon plusieurs types d’actions, en fonction du public, des objectifs visés (rencontres, visites commentées, ateliers d’écriture, etc). Le candidat sélectionné se voit attribuer une bourse de résidence d’un montant de 1800,00  brut par mois de résidence. À l’issue de la résidence, une restitution du travail de l’auteur·e et des ateliers de médiation sera organisée. » Lieu de la résidence : Abbaye de Boscodon-Crots. L’appel complet est ici, le dossier de candidature devant parvenir le mercredi 14 avril 2021 au plus tard à l’adresse de l’association.

EXPOSITION – Une exposition des pop-up d’Éric Singelin sera en place à la Médiathèque Philippe-Barbeau, 22 rue des écoles à Saint-Laurent-Nouan (Loir et Cher), du mardi 16 mars au dimanche 11 avril 2021. « Éric Singelin est un illustrateur jeunesse, expert dans l’art du pliage et découpage : livre pop-up, à tirette ou à cachette. Pour l’accueillir, la médiathèque va se remplir d’origamis. Venez réaliser des grues, des grenouilles, des renards ou tout autre pliage. Lors de votre prochain passage à la médiathèque, choisissez votre feuille et votre modèle ou réalisez vos créations en papier chez vous et amenez-les. Elles seront exposées pour que tout le monde en profite. L’atelier est libre et gratuit, durant les horaires d’ouverture. Et pendant les vacances, la médiathèque est aussi ouverte les jeudis et vendredis après-midi, de 14 heures à 17 heures. » Contact ici

BILINGUISME – Le Wolf, 20 rue de la Violette à Bruxelles, et les éditions Le port à jauni proposent, le vendredi 19 mars 2021, de 18 heures à 20 heures, le samedi 20 mars, de 10 heures 30 à 12 heures 30, et le dimanche 21 mars, de 10 heures 30 à 12 heures 30, une projection d’albums en version sonore bilingue. C’est gratuit, mais il faut s’inscrire à cette adresse.

 ON S’ADAPTE – Le sixième Salon du livre jeunesse de Saint-Gervais-la-Forêt (Loir et Cher), prévue du vendredi 16 au dimanche 18 avril 2021, est, compte tenu des incertitudes liées au contexte sanitaire actuel, annulé. Nathalie Novi en était l’invitée d’honneur. Sont conservées les interventions des dix-huit auteurs invités (dont celles de Nathalie) dans 140 classes du département, centres aérés et bibliothèques, et trois expositions, du 30 mars au 22 mai, à la Maison de la BD de Blois, à l’Espace Leclerc et à la médiathèque de Vineuil. Page dédie sur le site de la commune ici.

EXPOSITION – Du mardi 16 mars au lundi 20 septembre 2021, la Médiathèque José Cabanis, 1 allée Jacques Chaban-Delmas à Toulouse (Haute Garonne) propose une exposition Clic clac, la photographie dans la littérature jeunesse qui « invite à une balade thématique dans les inventions photographiques des ouvrages pour la jeunesse des 20e et 21e siècles sortis des collections patrimoniales de la Bibliothèque de Toulouse. » En sus, dans l’espace jeunesse, une installation créée sur mesure par la photographe Claire Dé. Riche page dédiée ici.

PARUTION –  Vient de paraitre Presse et bande dessinée, une aventure sans fin, sous la direction de Guillaume Pinson et Alexis Lévrier. « Le lecteur croisera dans ce livre les parcours de nombreux héros reporters connus (Tintin, Lefranc, Fantasio, Jeannette Pointu) et moins connus (Marc Dacier, Guy Lebleu et bien d’autres), il se plongera dans l’histoire mouvementée des magazines (Pilote, Vaillant, Spirou) et il pourra saisir les multiples interactions (historiques, culturelles, professionnelles, économiques) entre la bande dessinée et la presse. Si la perspective retenue concerne essentiellement la bande dessinée franco-belge, elle n’est pas exclusive : deux chapitres évoquent la tradition des comics anglo-saxons qui, depuis la naissance de Superman, a elle aussi vu naître un imaginaire du journalisme particulièrement riche. » La troisième partie de l’ouvrage rend compte du  succès du reportage graphique et de magazines tels que La Revue dessinée. Impressions nouvelles 2021, 384 pages, 28,00 euros.

RÉSIDENCE – L’association Altiplano accueille, avec le soutien de la DRAC, de la Région Sud et de la Ville de Marseille, un·e auteur·e illustrateur·ice durant deux mois, à placer entre octobre 2021 et mai 2022, pour une résidence de création d’un livre jeunesse. Le cadre de travail offert par Altiplano est celui d’un atelier. La résidence sera consacrée en partie à la création du livre, mais aussi à l’expérimentation dans les techniques de l’estampe (gravure ou sérigraphie) ainsi qu’à des échanges avec le public ou le milieu professionnel du livre sur des temps dédiés. L’auteur·e sera donc accompagné·e par l’équipe d’Altiplano sur ces trois axes. La candidature concernera un projet de livre jeunesse. Un espace de travail sera mis à disposition dans un atelier de 120m2 disposant d’une cuisine et situé à la Belle de Mai à Marseille. Une dizaine de jours seront consacrés à l’expérimentation en gravure ou en sérigraphie. Les temps de rencontre avec le public et/ou le milieu professionnel pourront prendre plusieurs formes (exposition, ateliers, rencontres, lectures..) et ne pourront dépasser 30 % du temps de présence de l’auteur·e. Une bourse de résidence de 3 500,00 euros sera versée au ou à la candidat·e retenu·e. Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà publié pour candidater. Les candidatures sont à déposer auprès d’Altiplano au plus tard le 9 avril 2021 et les informations nécessaires sont rassemblées ici.

EXPOSITION – Au Wolf, 20 rue de la Violette à Bruxelles (Belgique), exposition d’originaux d’Aurelia Higuet, depuis le vendredi 5 mars et jusqu’au 15 juin 2021. « Depuis mon enfance, j’adore raconter des histoires en dessinant un peu partout : sur les trottoirs, sur les sets de table, dans des petits carnets. Je joue avec les traits et les masses pour toucher la sensibilité du lecteur. La couleur a un rôle primordial pour moi. C’est en associant des couleurs complémentaires que j’obtiens des planches lumineuses, aussi bien à l’acrylique qu’en collage. Certaines thématiques reviennent régulièrement dans mes albums : l’amitié, le sentiment de solitude, la différence et la migration. J’aime y ajouter une touche d’humour au travers des expressions et des postures de mes personnages et n’ai pas peur d’opposer des pages bouillonnantes et d’autres plus dépouillées. » Entrée libre. Atelier de cinq jours avec l’illustratrice, du lundi 12 au vendredi 16 avril. 140,00 euros. S’adresser ici.

PAYSAGES – Le séminaire du Greces (Université Rennes 2, Cellam) Collections, archives et littérature jeunesse, propose une réflexion portant sur La mise en livres du monde à destination des jeunes lecteurs : les paysages sous le regard des auteurs, illustrateurs et éditeurs. Europe/Amériques, XIXe-XXIe siècles. Une journée d’étude Portraits de Pays est programmée le vendredi 19 mars 2021. Lien Zoom à demander à cette adresse.

ALICE EN TUNISIE – Une comédie musicale titrée Alice, adaptation en arabe dialectal de Alice au Pays des merveilles de Lewis Carroll, sera présentée en avant-première, le samedi 13 mars 2021, 18 heures, au Théâtre de l’Opéra de la Cité de la Culture à Tunis. Livret et composition : Oussama Mhidi. Dialogues : Houssem Sahli. Mise en scène : Houssem Sahli et Oussama Mhidi. L’Orchestre symphonique tunisien (OST) sera dirigé par Mohamed Bouslama. Plus de 70 artistes participent à cette création. « Sur une trame burlesque et pleine d’humour, ce spectacle donnera à voir un décor magique, des costumes fantastiques, des tableaux de cirque vertigineux. Le public aura rendez-vous avec des performances aériennes, un univers de 3D animé et une musique variée qui explore différents styles, du symphonique à l’ethnique, du moderne à l’oriental, du jazz au populaire. » Un cycle de représentations suivra dans les semaines à venir. On peut réserver ici.

TENIR BON – Dans le numéro 151 de mars 2021 de dBD, un long article Des festivals mis sous bulle signé Philippe Peter qui explique comment se sont organisés les festivals de bande dessinée pour éviter une année blanche. L’imagination n’a pas manquée. Bruno Genini, directeur, à Blois, de la Maison de la BD et de bd BOOM, revient sur les rencontres scolaires : « Soixante-douze classes [ont rencontré un auteur], soit mille sept cents élèves, ce n’est pas mal pour un festival annulé. » Dans le même numéro, cinq pages à propos de Jean Graton et deux consacrées aux nouveautés pour la jeunesse.

TEXTILE – Le samedi 13 mars 2021, la librairie La Grande Ourse, 95 rue Maghin à Liège (Belgique)  propose, de 11 heures à 12 heures 30, en partenariat avec les Ateliers du Texte & de l’Image (ATI) et la galerie Les Drapiers, une rencontre liant Louise-Marie Cumont et Sandra Dufour, « deux artistes dont les œuvres font entrer en résonance les narrations textiles et les littératures graphiques. » Inscriptions obligatoires à cette adresse Vernissage de l’exposition Louise-Marie Cumont et Sandra Dufour : pages textiles,  aux Drapiers, 68 rue Hors-Château, de 14 heures à 18 heures.

PRIX – « Text’Enjeux remplace et développe Le Prix ado du théâtre contemporain. Destiné à sensibiliser les élèves à l’écriture théâtrale contemporaine, il est piloté par la Maison du Théâtre d’Amiens et la Délégation Académique à l’Action Culturelle de l’Académie d’Amiens en partenariat avec des structures des départements de la Somme, de l’Aisne et de l’Oise. » Le lauréat 2021 est Ronan Mancec pour Le Gardien de mon frère (Théâtrales jeunesse, 2020). « Dans cet hymne à la vie, Ronan Mancec dépeint avec justesse et délicatesse les états d’âme et les relations de l’adolescence, et la violence du refus de l’autre. »

CANCEL CULTUREDr. Seuss Enterprises, organisme qui gère les droits de Theodor Seuss Geisel (1904-1991), prix Pulitzer en 1984 « pour sa contribution à l’éducation et au bonheur des enfants d’Amérique », a demandé et obtenu le retrait du catalogue de Penguin Random House, éditeur historique de Dr. Seuss, de six albums – non traduits en français – d’un des auteurs phare de la maison, particulièrement apprécié des jeunes lecteurs étasuniens depuis plus de cinquante ans, au motif qu’ils contiennent des stéréotypes raciaux et des représentations caricaturales. Sur le site AcuaLitté, Stephen Carrière, traducteur, aux éditions Le Nouvel Attila, d’une dizaine d’ouvrages de Theodor Seuss Geisel, s’interroge sur cette décision. Interview à lire ici.    DANS UN FAUTEUIL – On n’entre pas à l’Académie française pour une seule raison. La première, c’est qu’on en a fait la demande. L’historien Pascal Ory, professeur émérite à l’université de Paris Panthéon-Sorbonne, spécialiste de l’histoire culturelle, n’a pas omis, en rédigeant la sienne, d’y faire figurer ses travaux et activités relatifs à la bande dessinée. Signalons les ouvrages Le Petit Nazi illustré, vie et survie du Téméraire (1943-1944), en 1979, et Goscinny (1926-1977) : la liberté d’en rire, en 2007. Il avait dirigé, avec Laurent Martin, Jean Pierre Mercier et Sylvain Venayre, le lourd (et très cher) volume L’art de la bande dessinée publié en 2012 par Citadelles & Mazenod. Membre du collège de Pataphysique, critique de bande dessinée pour le magazine Lire pendant plusieurs dizaines d’années, Pascal Ory a été élu, au premier tour, au fauteuil de l’écrivain François Weyergans. « Je compte bien demander à un bédéaste une contribution à mon épée. »

DISPARITION – Claude Lacroix, dessinateur et scénariste de bande dessinée, est décédé le mardi 2 mars 2021. Il avait 77 ans. Après des études aux Arts décoratifs de Paris, il commence sa carrière, en 1964, dans le dessin humoristique, L’Os à moelle, puis Paris Match, Candide, Planète, Week-end, Pariscope, Elle, Hara-Kiri et divers autres périodiques. Dans les mêmes années, il propose des illustrations dans une veine fantastique aux éditions Opta (Le Club d’anticipation, Fiction, Galaxie, Mystère magazine) et à la revue généraliste Constellation. En 1968, Il se tourne vers la bande dessinée. Travaillant pour Le journal des Pieds nickelés, il collabore également à plusieurs journaux édités par Fleurus et à Lisette, hebdomadaire pour jeunes lectrices « de sept à quinze ans » où il publie la série « Farfelune » dont il est scénariste et illustrateur. Il rencontre François Bourgeon, François Dermaut et André Juillard, amis pour la vie. Claude Lacroix travaillera, au fil des années, sous son nom et sous pseudonyme, pour Formule 1 (« Yann le migrateur », avec Robert Génin au scénario), Gomme, Pilote (« L’Homme au chapeau mou »), Métal hurlant (« Fariboles sidérales »), au journal de Mickey (« L’avis des bêtes ») et à Okapi. À compter de 1974, faisant rapidement autorité auprès des amateurs, il crée, pour la presse spécialisée, un bel ensemble de jeux de stratégie. Il travaille aussi pour Le Point, Sciences & Vie, 50 millions de consommateurs et La vie française. À partir de 1986, pour Je bouquine, magazine littéraire pour adolescents publié par Bayard presse, il illustre des romans et met en bande dessinée des extraits d’œuvres célèbres (dont Le Fantôme de l’Opéra, Chroniques martiennes, Le Prince et le pauvre). Il fonde l’Atelier Bergame en 1988 avec Régis Loisel et Pierre-Yves Gabrion. De 1993 à 2014, il scénarise l’univers fantastique de la série « Le Cycle de Cyann » qu’illustre François Bourgeon. Albums disponibles chez Delcourt. Claude Lacroix a, un temps, travaillé à la télévision, notamment pour les séries d’animation « Papyrus » et « Cédric ». «  De Lisette à Delcourt, Claude a accompagné toute ma vie d’auteur. Cinquante ans d’engueulades, de rires, et de complicité. Irremplaçable. Où te caches-tu, dès lors ? Dans quel univers ? Quelle galaxie ? Quelle constellation ? Quelle planète ? Où donc nous attends-tu, à modeler des mondes où tu auras sur nous quelques longueurs d’avance ? Des mondes inattendus, nouveaux et différents. Des mondes imprévisibles dont tu seras le guide, farceur et amusé. Tu as, encore une fois, quelques longueurs d’avance. » (François Bourgeon)

POURQUOI PAS – Muriel Mayette-Holtz, directrice du Théâtre National de Nice, écrit à Roselyne Bachelot, Ministre de la culture. Extraits : « […] Nous souhaitons apprendre à nos enfants qu’il y a d’autres réalités qu’un écran fictionnel et le théâtre a un rôle majeur à jouer sur ce point. C’est justement parce que les acteurs sont vivants et qu’ils racontent de fausses histoires, que l’on peut y croire vraiment. Laissez-nous leur ouvrir nos salles, ils y seront espacés les uns des autres, protégés encore plus que dans leur classe ou dans la cour d’école. Laissez-nous leur montrer ces rêves éveillés, cette magie qui sort du rideau. […] Nous sommes prêts à jouer, et s’il le faut, pour une seule classe à la fois. Il ne s’agit pas de remplir nos salles, mais bien d’y laisser entrer nos enfants, car, nous savons toutes deux, que chaque élève qui découvrira pour la première fois un spectacle le gardera toute sa vie au fond du cœur. »

ON S’ADAPTE – La journée de formation Le bruit des pages, le bruit du monde du trente-sixième Salon du livre jeunesse de Beaugency et Saint-Laurent-Nouan aura lieu à distance, le  mercredi 17 mars 2021, via Zoom, avec fil de discussion pour les questions. La journée sera filmée en direct du théâtre du Puits-Manu de Beaugency car seul un public en jauge très limitée pourra accéder à la salle. Le CRILJ y sera. Le programme aménagé est ici et le formulaire pour l’inscription est .

JOURNÉE D’ÉTUDE – Dans le cadre des commémorations de l’Année Napoléon, une journée d’étude Napoléon, l’enseignement et les bibliothèques est organisée le mercredi 12 mars 2021 par la Bibliothèque nationale de France (BnF). Diffusion en ligne. Page dédiée ici.                    

JEUNE PUBLIC AUSSI – Trente ans après la disparition de Serge Gainsbourg, on égrène, ces temps-ci, dans le poste, moult propos plus ou moins vérifiés à propos de l’artiste et du personnage. Un fait est certain : l’idée ne lui ai jamais venu d’enregistrer un disque pour les enfants. Les chanteurs et musiciens François Guernier, Ben Ricour et Jean-Pierre Bottiau (dit Cheveu) viennent de créer, eux, le spectacle Gainsbourg for Kids. Mise en scène : Olivier Prou. Tournée partout en France, en version scolaire ou en version tout public, si les conditions sanitaires l’autorisent. Quelques informations ici.

EXPOSITION – Le Musée de poche, 41 rue de la Fontaine-au-roi à Paris, propose, depuis le mercredi 3 mars et jusqu’au samedi 10 avril 2021, l’exposition Papa Ballon consacrée aux  illustrations originales de l’album de Saehan Parc (Éditions 4048, 2021). « Imaginez un monde où tout serait inversé, les enfants prendraient soin de leur parents têtes en l’air car une mystérieuse épidémie les aurait transformés en vulgaire ballons de baudruche. […] Un conte fantaisiste sur le lien indéfectible qui unit un parent et son enfant. » Vernissage le samedi 6 mars à partir de 15 heures 30. Atelier avec Saehan Parc  le samedi 6 mars, de 14 heures  à 15 heures 30, pour les enfants, sans les parents, à partir de 5 ans. Site du musée ici.             

ADAPTATION – Netflix prépare une nouvelle adaptation d’Alice au pays des merveilles destiné en priorité à un public jeune avec, dans le rôle-titre, la chanteuse et actrice Sabrina Carpenter. Le film sera une comédie musicale avec, au scénario, Ross Evans, spécialiste de la chose. Il donnera à voir une vision contemporaine du roman de Lewis Carroll puisque l’action se déroulera dans un festival de musique dénommé Wonderland, à l’instar de quelques autres manifestations toutes annulées ou reportées les unes après les autres.       

ON S’ADAPTE – La 22e édition de la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne, initialement prévue les samedi 27 et dimanche 28 mars 2021 est reportée au mois de juin, durant le week-end du 19-20 juin. Invité d’honneur : Antoine Guilloppé. « Les animaux seront de la fête, présents dans les albums jeunesse, au cœur des expositions, à travers les spectacles, ou encore fils rouges des ateliers, et, bien sûr, rois dans les rencontres et les dédicaces. Ils feront aussi l’objet d’interrogations et de discussions avec les libraires et les bibliothécaires : leur nouvelle place, leur représentation, leur considération. Une cinquantaine d’interventions en milieu scolaire permettra aux enfants de s’immerger dans les univers des 32 auteurs-autrices, illustrateurs-illustratrices de cette édition à nulle autre pareille. En attendant, participez aux quiz, gagnez des livres, consultez les messages et les vidéos sur les réseaux sociaux. Gardons le contact. » Facebook de la manifestation ici.   

OFFRE D’EMPLOI – L’association Val de Lire qui a « pour objectif de proposer des activités de découverte de la littérature jeunesse par la lecture à haute voix auprès de publics variés, d’enfants et d’adolescents accompagnés d’adultes, de lutter contre l’illettrisme, de favoriser l’entrée dans la culture des publics (enfants et adultes) éloignés des lieux culturels », notamment organisatrice du Salon du livre jeunesse de Beaugency (Loiret), recherche sa prochaine chargée de mission. Prise de  fonction : courant avril 2021. La fiche de poste est à demander à cette adresse.

EXPOSITION – Jacques Desse et Alban Caussé proposent une exposition virtuelle Françoise Seignobosc, une merveilleuse illustratrice jeunesse des années 1920-1960. C’est . On peut aussi feuilleter le catalogue papier ici. « Françoise est l’une des grandes illustratrices jeunesse des années 30 les plus méconnues dans son pays natal. Après avoir débuté chez Tolmer, l’éditeur d’André Hellé, elle a fait une carrière étonnante aux USA. » Livres et documents en vente Chez les Libraires associés, 3 rue Pierre l’Ermite à Paris.

COMME A LA RADIO – Six fictions inédites commandées par France Culture à Fabrice Melquiot, Tanguy Viel, Caryl Férey, Joël Jouanneau, Marie Nimier et Christophe Pellet. Des mots, du bruitage, de la musique. « Des histoires pour le soir, à réécouter dans la journée. On y croisera des poissons, des kangourous, des loups, mais aussi des héros de films ou encore des enfants rêveurs, joueurs, inventifs, des histoires policières, des comédies musicales, des contes, des histoires drôles. Un royaume pour l’imagination. » C’est ici.

PRIX – Le prix Landerneau album jeunesse 2021 a été décerné à Seng Soun Ratanavanh pour Gaspard dans la nuit (La Martinière jeunesse, 2020). « Lire Gaspard, c’est comme quand on ouvre une boîte à bonbons. C’est plein de détails et de surprises, très colorés ! […] L’histoire : tu te sens seul, limite timide ? Tu t’endors, tu rêves de rencontres et tu t’aperçois que tu grandis et prends de l’assurance avec d’autres personnes dont tu croises le chemin. » (Antoine Dole)

C’EST AU QUÉBEC – En mai 2014, Louisanne Lethiecq, Alexandra Hontoy et Julie Robert créent dans le même élan un blogue (orthographe québécoise) et un groupe Facebook à l’intitulé explicite : J’enseigne avec la littérature jeunesse. L’objectif des fondatrices est de promouvoir la littérature jeunesse et « d’amener tous les enseignants à travers le Québec à partager leurs pratiques, leurs découvertes et leurs coups de cœur. » Huit années plus tard, 23 000 membres, une moyenne de près de 82 000 visites par mois sur le blogue, des partages en ligne, des formations dans les écoles. C’est ici.

POÉSIE – La 34e édition de La Semaine de la poésie de Clermont-Ferrand, se déroulera du samedi 13 au samedi 20 mars 2021. « Rendez-vous annuel incontournable pour les amoureux des mots et de la poésie, La Semaine de la poésie, c’est aussi l’occasion idéale de découvrir la poésie contemporaine et ses auteurs grâce aux nombreuses rencontres programmées tant à Clermont-Ferrand que dans l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Durant La Semaine de la poésie, les poètes sont invités dans des classes, de la maternelle à l’université, où les élèves se sont préparés tout au long de l’année à cette rencontre. Transmission, échange d’idées, émotions… Ce sont des moments de partage forts tant pour les auteurs que pour les jeunes. En fin de journée, les poètes vont ensuite à la rencontre du grand public. Lectures, spectacles, projections, entretien, expositions… la variété des évènements sait susciter la curiosité et rend les échanges toujours plus enrichissants. » Le détail du programme est ici, même si « à ce jour, nous ne sommes pas en mesure de prévoir la situation sanitaire [qui sera] en vigueur. »

FORMATION – Les formations, notamment sur la poésie et sur la lecture à haute-voix, programmées en mars prochain par l’association ARPLE (Association de recherche et de pratique sur le livre pour enfants) auront lieu en visio. Il est temps de s’y inscrire et le bulletin pour le faire est ici.

PORTRAITS – La Charte des auteurs et des illustrateurs jeunesse nous écrit : « Depuis 2013, la Charte développe une série de portraits filmés, « Dans les petits papiers de… », consacrée aux auteur-rices et illustrateur-rices de littérature jeunesse. Ils et elles y explorent leur univers créatif, abordent leurs techniques d’écriture ou d’illustration et parlent des sujets qui les motivent. Le parti pris de la série est de dévoiler l’intimité de l’auteur-rice : les vidéos montrent l’envers du décor, le processus de création, les ateliers, les rencontres scolaires. Aujourd’hui ce ne sont pas moins de 36 chartistes qui sont passés sous l’œil de la caméra, donnant à voir des portraits aussi personnels qu’intemporels. » Les portraits sont ici.

APPEL A CHERCHEURS – La Bibliothèque nationale de France (BnF) publie chaque année un appel à chercheurs afin de s’associer le concours de jeunes chercheurs à des fins d’étude et de valorisation de ses collections, en priorité celles inédites, méconnues ou insuffisamment décrites. L’an dernier, ce dispositif a permis d’accueillir 31 chercheurs associés dans 12 départements de collections. Parmi les chercheurs susceptibles d’être accueillis, les étudiants des cycles supérieurs d’enseignement de la musique et les musiciens en activité ayant suivi l’un de ces cycles peuvent bénéficier du statut particulier de musicien-chercheur associé. Le statut de chercheur associé offre un accueil et un accompagnement dans un département de la BnF, avec un accès facilité aux collections. Les avantages, conditions d’éligibilité et engagements des chercheurs associés sont décrits dans le règlement de l’appel à chercheurs de la BnF dont la consultation est impérative avant toute candidature au présent appel. L’appel est ici  et le règlement est . La date limite de réception des dossiers est le lundi 26 avril 2021. Informations complémentaires à cette adresse.

ÇA BOUGE – Lors du confinement de novembre 2020, les librairies n’avaient été autorisées qu’à vendre sur leur seuil des ouvrages préalablement réservés ou commandés par leurs clients. Considérées comme commerces non-essentiels, elles ne pouvaient recevoir de public dans leurs murs. Selon un décret publié au Journal officiel, le vendredi 26 février 2021, elles viennent de rejoindre la liste des commerces dits essentiels et pourront désormais rester ouvertes en cas de confinement le week-end, les samedis et dimanche, entre 6 heures et 18 heures. « Les librairies sont des commerces essentiels. Cela n’a jamais fait aucun doute. » (Roselyne Bachelot, ministre de la Culture).

COLLOQUE – Le colloque international Le Petit chaperon rouge dans ses expansions hypertextuelles organisé par Bochra Charnay et Thierry Charnay (Alithila, université de Lille), dans le cadre du cycle « Un jour, un conte », se déroulera en visioconférence les lundi 1er et mardi  2 mars 2021. Autant dire, aujourd’hui et demain. Le lien est ici.

PRIX – Les lauréats au titre de 2020 des Prix Gayant Lecture que décerne l’association douaisienne Brouillons de culture sont connus : Catégorie 1 – à partir de 4 ans : Jack de Gabriel Gay (école des loisirs, 2019) ; Catégorie 2 – à partir de 6/7 ans : Le premier petit chien du monde de Michel Gay (école des loisirs, 2019) ; Catégorie 3 – à partir de 9 ans : Comment je suis devenue un robot de Nadia Coste (Syros, 2019) ; Catégorie 4 – à partir de 12 ans : Le gang des vieux schnocks de Florence Thinard (Gallimard, 2019) ; Catégorie 5 – à partir de 14 ans : Snap killer de Sylvie Allouche (Syros, 2019).

RATTRAPAGE – Nous avions omis de signaler. Le 1, publication hebdomadaire, a consacré, en novembre 2020, un numéro double à la littérature pour la jeunesse, avec une première feuille confiée à Sophie Van Der Linden et à  Raphaële Botte, une seconde dédiée à Alice au Pays des merveilles avec un poster signée Cyril Pedrosa et des propos de Lola Lafon, Julien Bisson, Laurent Bury et Jochen Gerner. À signaler, dans la première feuille, un entretien avec Grégoire Solotareff sur l’album pour enfants aujourd’hui, une liste de treize personnages repères par Simon Bailly, une visite dans l’atelier de Gérard Lo Monaco, graphiste passionné par les livres animés. En kiosque et en librairie, 4,90 euros.

PLUS TRÈS SCOOP – Michaël Youn confirme qu’il réfléchit vraiment beaucoup à une adaptation du Rahan de François Lecureux et André Chéret. L’athlétique Arnaud Ducret pourrait interpréter le rôle. En tout cas, ça ne sera pas Michaël Youn. 

ON S’ADAPTE – L’annulation de l’édition 2020 de la Semaine du Livre Jeunesse de Luçon, pour raisons sanitaires, a amené les organisateurs à inventer une nouvelle formule. En 2021, l’évènement sera partagé en deux temps : un parcours introductif  dès janvier, sur toute la Communauté de communes, riche de propositions « éclatées » (rencontres, ateliers, animations, spectacle vivant, résidence), puis un rendez-vous grand public en cœur de ville, du samedi 22 au lundi 24 mai, tous les auteurs invités sur le premier temps revenant pour le second (librairie de 6000 livres, dédicaces, spectacles, déambulations). Les détails sont ici.

LA VIE EST DURE – Fan des comics Marvel depuis l’enfance, un habitant de Saint-Clair-de-Halouze (Orne) vend cent-sept tomes de sa collection « Strange » – il garde deux numéros – car il souhaite rénover sa maison. « J’ai hésité, mais j’ai besoin de cet argent. » Actuellement serveur dans un  bowling de Flers, l’homme est au chômage partiel depuis un an, pour cause de Covid 19. La collection complète : 1 070,00 soit 10,00 € le comics. A première vue, les amateurs ne sont pas nombreux. Nous pouvons communiquer un numéro de téléphone.

POÉSIE – À l’occasion de sa vingt-troisième édition, du samedi 13 au lundi 29 mars 2020, le Printemps des Poètes propose aux collégiens et lycéens, un projet d’éducation artistique et culturelle nommé Opération Coudrier. Deux volets : un concours de retraduction du Lai du chèvrefeuille de Marie de France et une invitation à participer à une exposition éphémère dans la ville. Tout est expliqué ici.

COUP DE POUCE – Stephen King, auteur américain de romans d’horreur à succès, a donné 6 500,00 dollars aux élèves de l’école élémentaire Farwell, à Lewiston, dans le Maine, pour qu’ils puissent publier les deux romans de près de 300 pages qu’ils ont écrits, en quatre ans, dans le cadre d’un atelier d’écriture. Hailey LaBrecque, élève de CM2, commente : « C’est vraiment sympa de se dire que maintenant, tout le monde va pouvoir lire ce que l’on a écrit. »

LIVRES EN CABANE – Les élèves de l’école élémentaire Eblé à Paris disposent, depuis quelques mois, d’un kiosque à livres dans la cour de leur l’école. Le projet, lauréat du Budget participatif 2020 (un quart des investissements annuels de la ville), a pu se concrétiser grâce au dispositif de menuiserie solidaire de l’association Extramuros. Trois groupes de dix enfants ont participé, pendant quatre après-midi, à des ateliers de construction de la cabane et de ses jardinières. Désormais, sur les étagères du kiosque, sur chaque livre en attente d’un lecteur, cette préconisation : « Ne m’achetez pas, ne me vendez pas, rapportez-moi ou échangez-moi contre un autre livre. »

DÉVELOPPEMENT DURABLE – Né d’une collaboration entre les Nations Unies (ONU) et l’Union internationale des éditeurs (UIE), en lien avec l’IBBY (Union internationale pour les livres de jeunesse), l’IFLA (Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèques), l’EIBF (Fédération européenne et internationale des libraires) et la Foire du livre de Bologne, le Club de lecture des objectifs de développement durable a établi, dans les six langues officielles de l’ONU, une liste de livres pour enfants se rapportant à chacun des dix-sept objectifs recommandés par l’organisation en 2015  sur les questions d’énergie, de pauvreté, d’inégalité ou d’éducation. Informations complémentaires ici.

DISPARITION – Hélène Martin, auteure-compositrice-interprète, est décédée le dimanche 21 février 2020. Elle avait 92 ans. Débuts dans les cabarets de la rive gauche parisienne, notamment à La Colombe où l’accueille Michel Valette. Premier enregistrement en 1956, au Chant du monde. Mise en musique, dès 1961, d’extraits du Condamné à mort, long poème de Jean Genet. L’écrivain encourage la chanteuse. Spectacle musical Terres mutilées, en 1966, adapté de René Char et accueilli par Jean Vilar au Festival d’Avignon, avec Roger Blin, Michel Bouquet, Bachir Touré et Francesca Solleville. Jusqu’en 2009, une vingtaine d’albums originaux, des rééditions, des anthologies. Hélène Martin aura consacré sa vie entière – jusqu’à Virage à 80, en 2009, au Théâtre des Bouffes du Nord, au côté de son complice de longue date, le flûtiste, contrebassiste et compositeur Jean Cohen-Solal – à la transmission de la poésie, donnant à entendre sur scène, sur disque, à la radio, à la télévision, la parole de Jean Giono, Louis Aragon, Pablo Neruda, Lucienne Desnoues, Paul Éluard, Luc Bérimont, Eugène Guillevic, Louise Labé, Raymond Queneau, Pierre Seghers, Jules Supervielle, Philippe Soupault et beaucoup d’autres. Elle chantera Léo Ferré et Gilles Vigneault et elle mettra en musique, pour Liberté femme (1972), La ballade de Bessie Smith d’André Benedetto. « Chanter, c’est comme offrir un baume qui soignerait toutes les blessures. Il n’y a rien de plus mystérieux. Et lorsque l’on chante c’est toujours la première et la dernière fois. »  En 2010, Jeanne Moreau et Étienne Daho enregistrent Le condamné à mort. Le chanteur y interprète Sur mon cou, respectueux de la mélodie originelle d’Hélène Martin, guitare électrique obsédante en accompagnement. Frissons assurés. Dans le prolongement du bon accueil du CD de chez Warner Music, un récital magique, sous un léger vent, pour 2000 spectateurs, dans la Cour d’honneur du Palais des papes, à Avignon, le lundi 18 juillet 2011. Hélène Martin avait publié, en 2010, chez EPM, un coffret en noir et rouge, Voyage en Hélénie, qui témoignait, en treize CD et un DVD, de cinquante ans d’engagement poétique. Productrice du label indépendant Les Disques du Cavalier qu’elle fonde à Viens (Vaucluse) en 1970, elle avait très tôt pensé aux enfants. Les trois 45 tours Suite pour un jeune poète (1971) propose aux jeunes oreilles de faire connaissance avec René de Obaldia, Jules Supervielle et Philippe Soupault. Pochette colorée à multiples rabats avec reproduction des textes. Sur le 45 tours Chansons du petit cheval (1972), Hélène Martin reprend deux courts poèmes de Jules Supervielle. On peine à croire aujourd’hui qu’à Sousse (Tunisie), des élèves de cours préparatoire demandaient à (ré)entendre ces chansons-là. Le « texte ami » qui en témoigne est ici, sur ce site. Sur le même disque : Henri Gougaud, Mireille Rivat, Jean-François Gaël. Le volume 2 de Poésies pour les enfants (EPM, 2006) reprend nombre de ces enregistrements précieux. « Le rôle d’Hélène Martin, pour accorder non seulement à la chanson mais à la poésie une audience qu’elles n’auraient pu espérer, a été et demeure considérable. Sans elle et quelques-uns, encore trop rares, de ses camarades, jamais la poésie n’aurait été aussi présente. Ceux qui entendent Hélène Martin et savent l’écouter ne sont plus les mêmes après l’avoir rencontrée. » (Philippe Soupault).

THÉÂTRE – En montant La tente, d’après l’album de Claude Ponti, en 2009, pour le Festival Off d’Avignon, la Compagnie du sarment espérait bien tourner son spectacle pendant trois années. Tout faux à partir de mars 2020, la reprise étant plus ou moins espérée pour bientôt. En attendant, la captation est ici. Pour Un grand jour de rien d’après Beatrice Alemagna, c’est tout faux aussi et il n’y a pas de captation.

C’EST EN SUISSE – L’association lirenjeu a une vocation : partager des récits lus, racontés, chantés avec un large public, de tous horizons, de tous genres, de diverses cultures, primo-arrivant, en situation de handicap, en tous lieux et en toutes occasions (crèches, bibliothèques, écoles, centres d’hébergement, prisons, EMS, milieu hospitalier, festivals). « Actuellement, ces animations ne sont pas conformes aux normes-dont-on-taira-le-nom. Nous nous réjouissons que ces normes ne soient bientôt qu’un lointain souvenir ! » Pour tout savoir sur les propositions de l’association lirenjeu, c’est ici.  

SOLIDARITÉ – L’association Bibliothèques Sans Frontières et l’École alsacienne ont offert le mois dernier des sacs à dos remplis de livres à deux cents enfants accueillis dans des centres d’hébergement d’urgence et des hôtels sociaux d’Île-de-France. Dans chacun de ces sacs : des livres choisis spécialement pour eux par des enfants de l’École alsacienne et des livres neufs achetés sur-mesure par nos équipes. Voir à  cet endroit le reportage vidéo de l’opération avec Corentin Dufour, directeur du centre d’hébergement d’urgence pour migrants Emmaüs Solidarité d’Ivry-sur-Seine, Gauthier Lechevalier, directeur de l’École alsacienne, Manon Tanguy, coordinatrice du projet, et Augustin Trapenard, parrain de l’association.             

DISPARITION – Philippe Chatel, auteur-compositeur-interprète, est décédé le 19 février 2021. Il avait 72 ans. Garçon de courses d’Henri Salvador, rédacteur de messages publicitaires, il se tourne vers la chanson grâce à Georges Brassens, son ami, dont il assure la première partie, à l’Olympia, dès 1972. Il est ce qu’on appelle alors un « chanteur à tubes », tignasse frisée et yeux rêveurs, auteur de chansons faciles à retenir, sentimentales le plus souvent et nostalgiques déjà : J’t’aime bien Lili, Ma lycéenne, Mister Hyde, J’suis resté seul dans mon lundi. Trois albums en trois ans (1976-1978), la route semble tracée. Mais il ne faut jurer de rien. En 1979, Philippe Chatel écrit, pour sa fille qui vient d’avoir trois ans, un conte initiatique, Émilie Jolie, déroulant en quinze chansons une histoire qui rassemble lapins bleus, autruche, hérisson, grand oiseau, coq et âne, sorcière, prince charmant et quelques autres encore dont un petit caillou, une horloge et un raton-laveur. La pochette du double album 33 tours que publie RCA est illustré par Henri Galeron. « Cela s’est fait au hasard d’une rencontre avec Philippe Chatel, par l’intermédiaire d’amis. C’est le résultat d’une commande, un travail bien payé – ce dont j’avais besoin à l’époque – assorti d’une belle diffusion. Au début, ce devait être un livre-disque, mais on a dû se limiter. » Sur le disque, c’est Henri Salvador qui raconte, faisant mine de tourner les pages d’un livre d’images, et une quinzaine d’artistes (Georges Brassens, Robert Charlebois, Henri Salvador, Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Julien Clerc, Alain Souchon, Isabelle Mayereau, Bernard Paganotti, Raymonde Vattier, Laurent Voulzy, Louis Chedid, Yves Simon, Eddy Mitchell) ont répondu à l’appel. Philippe Chatel s’est attribué le rôle du prince charmant et c’est Séverine Vincent, six ans, qui interprète Émilie. Pour les programmes de Noël 1980 de la télévision, Jean-Christophe Averty s’empare du conte à sa manière et il en réalise une version très inventive qui réunit la plupart des interprètes de l’album. La captation est ici, en bonus. Émilie Jolie est porté au plateau une première fois, en 1984, au Cirque d’Hiver, dans une mise en scène de Robert Fortune, avec Pascal Greggory dans le rôle du conteur et Ginette Garcin dans celui de l’horloge. En 2002, Philippe Chatel et Jean-Marc Ghanassia conçoivent une version renouvelée du conte, élargie, modernisée et plus fortement théâtralisée. Elle sera jouée, à Paris, au Théâtre Mogador et au Grand Rex, puis en tournée Zénith et, jusqu’en janvier 2005, en d’autres lieux de France, de Suisse et de Belgique. Cette adaptation a rassemblé plus de 600 000 spectateurs et le DVD du spectacle s’est vendu à 29 000 exemplaires. Une quatrième tournée aura lieu en 2017 et 2018, avec Laurent Serrano à la mise en scène, Émilie étant incarnée, en alternance, par trois jeunes actrices. « Depuis sa création, il ne se passe pas de semaine sans que je signe des autorisations à la Société des auteurs et compositeurs dramatique (SACD) pour que d’autres montent Emilie. Plus de 2 500 spectacles amateurs et semi-amateurs (écoles, cours de danse, conservatoires de musique, etc.) ont ainsi vu le jour. » L’enregistrement d’origine sera réédité plusieurs fois dont, en 2018, chez Gautier-Languereau, sous la forme d’un livre-CD grand format avec une maquette entièrement revue et des illustrations signées Éric Puydabert. En 1997, un nouvel enregistrement, que produit Polydor France, rassemble Alain Bashung, Jacques Dutronc, Johnny Hallyday, Natacha Bouleng, Maurane, Zazie, Florent Pagny, Étienne Daho, Lara Fabian, Axelle Red, Alain Chamfort, Danielle Darrieux (qui fait l’horloge), Michel Fugain, Khaled, Art Mengo, Arnold Turboust et Philippe Chatel. On ne change pas une formule gagnante et la vente des deux versions discographiques atteindra deux millions d’exemplaires. En 2011, Philippe Chatel réalise avec Francis Nielsen un long métrage d’animation qui reprend l’ensemble des chansons. Entre 1981 et 1994, l’artiste sortira quatre albums, sans grand écho. Accueil tiède également, en 1983, pour un deuxième conte musical, Les aventures de Tom-Tom Tommy, enregistré chez CBS, avec André Dussollier dans le rôle du narrateur. Philippe Chatel avait publié, en 1975, une biographie de Georges Brassens, au Cherche Midi, puis, en 1988, chez Michel Lafon, un roman autobiographique, Il reviendra, et – pouvait-il en être autrement ? – Le roman d’Émilie Jolie, aquarellé par Nadine Forster (Albin Michel, 2004). Il fut victime, en 2006, d’un grave accident de quad. Chaise roulante pendant de longs mois et paralysie partielle de la mâchoire. Dans l’album Renaissance (EPM, 2016), le chanteur nous parle avec émotion, d’une voix que, parfois, les fans de la première heure hésitent à reconnaitre, d’amour et d’amitié, de regrets et d’espoir. L’auteur-compositeur-interprète s’est récemment porté candidat à l’Académie française, au fauteuil de Jean d’Ormesson. Une seule voix sur son nom, le jeudi 28 janvier 2021, et c’est la romancière et essayiste Chantal Thomas qui est élue. En 1980, le prénom Émilie a été donné, en France, à 11 885 petites filles contre 5 074 en 1979. 218 en 2019.   

FILIATION – Jean Trubert (1909-1983), pionnier mal connu de la bande dessinée franco-belge, publia notamment dans « Mon Camarade », « Pierrot », « Bravo », « Coq Hardi », « Lisette », « Francs Jeux », « Tintin », « Vaillant », « Pilote ». Pour « Baby Journal », il dessinera Le Chevalier Printemps sur un scénario de Roger Lecureux. Il reprit le personnage de Bécassine et adapta Le Roman de Renart. Il fut président du Syndicat des illustrateurs de la presse enfantine. Il avait une fille. Elle vient d’écrire la biographie de son père, bourrée d’informations. « Chantal Trubert a grandi dans l’ombre de ce dessinateur prodigieux. La question principale posée dans [la] biographie est : comment une fille qui tient de son père peut-elle devenir un jour une femme ? Au fil des 168 pages de cet ouvrage richement illustré, la principale concernée tentera de répondre à cette question. » À cette question et à quelques autres. Le titre : La fille de mon père. Pour souscrire, c’est ici, sur ulule, jusqu’au dimanche 28 février 2021.

PARUTION – Vient de paraitre Livres d’école et littérature de jeunesse en France au XVIIIe siècle par Emmanuelle Chapron, professeure des universités. « Que peuvent lire, que doivent lire les enfants ? À cette question, les hommes et les femmes de la France du dix-huitième siècle ont répondu en construisant d’innombrables bibliothèques, idéales ou réelles. Cet ouvrage étudie le rôle joué dans cette dynamique par les institutions scolaires, les libraires, les Églises et l’État, en réponse à une intense demande sociale d’éducation par le livre. La première synthèse sur le marché du livre pour enfants dans la France du dix-huitième siècle. Un regard original sur l’invention de la littérature de jeunesse dans la France du dix-huitième siècle. » Oxford University Studies in the Enlightenment, 2021, 368 pages, 65,00 livres.

THÉÂTRE – Le jeudi 25 février 2021, à 19 heures, organisée par les Écrivains Associés du Théâtre (EAT) une rencontre prometteuse, via la plate-forme Zoom, entre Sylvain Levey, auteur (notamment pour la jeunesse) et Marie Bernanoce, grande connaisseuse du théâtre jeune public en général et de Sylvain Levey en particulier. Modération : Gilles Costaz. Cliquer ici pour réserver votre place.

COPINAGE – Les Amis du Musée de la bande dessinée (AMBD) est « une association regroupant l’ensemble des personnes désirant participer aux activités du Musée de la bande dessinée [d’Angoulême] et contribuer à l’enrichissement de ses collections. Tout le monde peut y adhérer, sans restriction d’âge, de domicile ou de nationalité. »  Forte d’un noyau dur d’environ 160 membres répartis sur l’ensemble du territoire français et en Belgique, l’association remercie ses membres en leur adressant une carte d’adhésion annuelle exclusive réalisée par un auteur, des sérigraphies numérotées signées et en organisant de nombreuses rencontres avec des auteurs. Pour en savoir plus et pour adhérer, c’est ici.

REVUE – La Petite Bibliothèque Ronde publie chaque année un numéro de La rOnde,  publication dédiée aux professionnels de la lecture, de l’enfance et de l’éducation. Après un premier numéro dédié à la pratique du Kamishibaï, le numéro 2, Bibliothèques, écoles, centres culturels : quand le numérique se fait médiation, retour d’expérience pour le jeune public, est consacrée aux usages du numérique auprès des jeunes. 144 pages. Chaque numéro : 20,00 euros, port inclus. À commander à cette adresse. Site de la Petite Bibliothèque Ronde ici.

ON VOUS LE DIT – En octobre 2020, un exemplaire de la première édition d’Harry Potter and the philosopher’s stone (Harry Potter à l’école des sorciers), évalué à 30 000 livres, s’était vendu 60 000 livres, lors d’une très anglaise vente aux enchères. A cette occasion, la toute aussi anglaise maison Hansons Auctioneers and Valuers avait fait savoir qu’elle avait vendu, pendant le confinement, deux exemplaires de ce même tirage, celui avec une faute d’orthographe dans le nom de l’auteur, pour respectivement 50 000 et 68 000 livres. Jim Spencer, expert, tient le registre à jour : il a été vendu cinq exemplaires de l’édition première d’Harry Potter and the Philosopher’s Stone dans les dix-huit derniers mois. Un nouvel exemplaire de la première édition de l’ouvrage, le sixième, évalué à 30 000 euros, sera mis en vente, en mars, chez Hansons Auctioneers and Valuers. 

PARUTION – Paru récemment Winnie et la Grande Guerre de Lindsay Mattick et Josh Greenhut, illustré par Sophie Blackall. « Vous connaissez Winnie l’Ourson ? Sûrement. Mais vous saviez qu’il avait vraiment existé ? Et qu’il avait une histoire extraordinaire ? Il y a un siècle, dans les forêts du Canada, une petite oursonne est séparée de sa mère et capturée par un trappeur. Un jeune lieutenant vétérinaire, Harry Colebourn, se prend d’affection pour elle et décide de l’adopter. Il l’appellera Winnie et en fera la mascotte de son régiment. À l’approche de la Grande Guerre en Europe, Winnie accompagne les soldats canadiens qui traversent l’océan. À Londres, où elle sera confiée au zoo. À l’endroit même où un petit garçon de cinq ans, A. A. Milne, fera sa connaissance et racontera ses aventures connues des enfants du monde entier. » école des loisirs, 2020, 315 pages, 13,00 euros.

PARUTION – Paru récemment Quand les civilisateurs croquaient les indigènes : dessins et caricatures au temps des colonies d’Alain Ruscio, historien spécialiste de l’étude des comportements et des mentalités au temps des colonies. Préface de Marcel Dorigny. « Il fut un temps où la France exerçait son autorité sur des millions de femmes et d’hommes, désignés pour l’occasion indigènes et catalogués noirs, jaunes, bruns, basanés. Sûr de la supériorité de ses valeurs, l’homme blanc imposa sa domination à ceux qu’il considérait physiologiquement et intellectuellement inférieurs, êtres imparfaits qu’il lui revenait donc d’humaniser (la fameuse mission civilisatrice) Pour emporter l’indispensable adhésion des Français moyens en imposant les certitudes raciales – en fait, racistes – le dessin et la caricature envahirent tous les supports imaginables : la presse, mais aussi les affiches, les vignettes publicitaires, les images de catéchisme ou distribuées aux enfants des écoles, les cartes postales, etc. Il s’agissait de dénoncer et/ou de ridiculiser les travers de nos sujets, en proie à l’imbécillité et à la violence. Quelques protestations évidemment s’élevèrent, venues des rangs de l’extrême gauche ou plus simplement de courants humanistes, mais elles restèrent strictement minoritaires. Tiraillé en permanence entre le sourire crispé et un sentiment de révolte face à cette imagerie coloniale précisément commentée, chacun pourra nourrir sa réflexion sur les racines d’un certain regard contemporain sur les autres. » Cité ici parce qu’un nombre non négligeable de ses images s’adressaient indirectement ou directement aux enfants. Le Cercle d’art, 2020, 263 pages, 39,00 euros.

PAYSAGES – Le  séminaire du Greces (Université Rennes 2, Cellam) Collections, archives et littérature jeunesse, propose cette année une réflexion portant sur La mise en livres du monde à destination des jeunes lecteurs : les paysages sous le regard des auteurs, illustrateurs et éditeurs. Europe/Amériques, XIXe-XXIe siècles. Le vendredi 26 février 2021, à 14 heures 30, il accueillera Amélie Calderone, chargée de recherche au CNRS, pour une intervention intitulée Divertir, enseigner, convertir ? Paradoxes de la pédagogie scientifique dans une fiction pour la jeunesse. « Si la connaissance du monde par le voyage se démocratise au cours du XIXe siècle, et devient un sujet prisé des auteurs et même un genre à part entière, l’exigence scientifique du propos se renforce dans la seconde moitié du siècle, notamment dans les publications destinées à la jeunesse qui paraissent dans la presse ou sous forme de volumes édités. La géographie et la sociologie émergent comme nouvelles disciplines. Sous l’impulsion de géographes voyageurs comme Elisée Reclus, la notion de ‘paysage’ prend un nouveau sens, et ne renvoie plus seulement à une approche esthétique de la nature et de l’espace vécu mais aussi à la relation entretenue entre nature et culture et, par la suite à la ‘physionomie caractéristique d’une région’. Apprendre à observer, à connaître, est au cœur de la démarche des vulgarisateurs et des éditeurs de livres pour la jeunesse, qui façonnent des collections entre documentaire et littérature romanesque, explorant aussi des genres nouveaux, où une approche plus sensible du monde s’ébauche. » Le lien Zoom est à demander à cette adresse.

GROSSE COLÈRE – Solidaire d’un monde de la culture (écrivains, cinéastes, metteurs en scène, comédiens, peintres, dessinateurs, sculpteurs, danseurs, musiciens, chanteurs, décorateurs, techniciens et autres) sinistré et, selon lui, méprisé, Yves Frémion, écrivain et critique, ne fait pas dans le détail et, au cœur d’un texte au vitriol, pose la question suivante : « Vous êtes-vous interrogés sur ce qu’il se passe dans le cerveau d’un jeune enfant quand il apprend que ses parents ne sont pas « essentiels » à la société dans laquelle il va vivre ? » Le texte est ici.

ANNIVERSAIRE – Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry (première édition française : 1946, chez Gallimard), lesté de ses 400 traductions et de ces 200 millions d’exemplaires vendus dans le monde, a 75 ans cette année et la célébration sera internationale. Pour nous limiter ici à la France : le Musée des Arts décoratifs de Paris proposera, en novembre 2021, une exposition qui présentera le manuscrit original, la poste publiera un (nouveau) timbre et la Monnaie de Paris met en vente, dès ce mois de février, une collection de pièces Or et Argent, colorisées ou non. Les pièces les moins chères : 75,00 euros pour une valeur faciale de 10,00 euros. La plus chère, déjà épuisée : 13 470,00 euros pour une valeur faciale de 500,00 euros. Il y aura aussi, ici et là, d’autres initiatives, modestes ou pas, et de la pacotille. Site dédié au personnage, à l’œuvre et au phénomène ici.DOMMAGE COLLATÉRAL – Le mardi 2 février 2021, lors d’une assemblée générale extraordinaire, l’association Anim’a livres de Esvres-sur-Indre, active depuis trente-trois ans sur la commune, a voté sa dissolution. Animations et spectacles s’étaient brusquement arrêtés en mars 2020 et, pour raisons sanitaires persistantes, n’avaient pas repris à ce jour. Gros coup de mou. Les bénévoles qui le souhaiteront pourront, certes, maintenir certaines de leurs activités en s’adressant directement à la médiathèque, mais la détermination collective a manqué pour maintenir la structure.

REVUE – L’éditorial du numéro 289 de janvier-février de Inter CDI, revue des centres de documentation et d’information, signale le refus de l’institution d’octroyer aux professeurs documentalistes la prime informatique versée à leurs collègues, au prétexte qu’ils ne seraient pas, eux, « devant les élèves ». Plus loin dans le numéro, une interview de Rebecca Dautremer par Jean-Marc David et un article Représentations des minorités dans les littératures de l’imaginaire contemporaine signé Violaine Beyron-Whittaker. Site de la revue ici.

ÉPIDÉMIE (261) – A Beaugency aussi, les temps sont durs. Les organisateurs de la journée de formation du Salon du livre jeunesse programmée le mercredi 17 mars 2021 ont l’autorisation municipale d’utiliser, comme chaque année, le théâtre du Puits Manu, mais la jauge, au jour d’aujourd’hui, est réduite à 30 personnes. Rien ne permet d’annoncer qu’elle augmentera d’ici mars, mais on peut croiser les doigts. Il y aura donc bien une vraie rencontre entre conférenciers et public même s’il s’agira d’un public fortement réduit. Une captation-diffusion en direct sera, par ailleurs, organisée. « Il faudra s’y inscrire et nous espérons pouvoir toucher ainsi autant de personnes que les autres années. » (Anouk Gouzerh, pour Val de lire).

PASSER AU VERT – Depuis le mercredi 10 février 2021, anticipant la loi « Economie circulaire » prévue en 2022, McDonald’s s’engage à ne plus fournir de jouets en plastique dans ses menus Happy Meal. À la place : des coloriages, des cartes à collectionner, des figurines en carton, des livres. Nawfal Trabelsi, PDG de McDonald’s France, s’explique : « J’ai pris la décision de retirer le plastique partout où cela est possible, et nous avons beaucoup investi pour innover avec des réponses pertinentes pour nos clients et pour l’environnement. »

EXPOSITION – S’appuyant principalement sur les travaux des élèves de sept classes des écoles de Roncherolles-en-Bray, Mauquenchy et Sommery, la médiathèque de Sommery (Seine-Maritime) propose, depuis le mercredi 10 février 2021, une exposition consacrée à Alice au pays des merveilles. « Cette exposition, gratuite et sans réservation, se tiendra jusqu’au 5 mars pour un public de tout âge et en totale sécurité sanitaire. » (Gaëlle Lefranc, responsable de la médiathèque). De nombreuses éditions de l’ouvrage sont à la disposition des visiteurs. Différentes versions cinématographiques, de celle réalisée par Cecil Hepworth en 1903 au film de Tim Burton de 2010, seront projetées.

PARUTION – Vient de paraitre Les Pouvoirs de l’enchantement : usages politiques de la fantasy et de la science-fiction par Anne Besson, professeur en littérature générale et comparée à l’université d’Artois. « Le maquillage du Joker a envahi les manifestations de lutte sociale, la cornette des ‘servantes écarlates’ celles de défense des droits des femmes. Une déclaration de J.K. Rowling sur les femmes transgenres a déclenché le courroux des fans de Harry Potter. Quant à Game of Thrones, nombreux sont ceux qui y lisent l’invasion de marcheurs blancs comme une allégorie de la catastrophe climatique à venir. Indubitablement, les littératures de l’imaginaire, longtemps perçues comme de simples moyens d’évasion, sont devenues un creuset de mobilisation civique, des arènes où se jouent de féroces affrontements militants. On peut y voir l’affirmation exaltante d’une capacité des fictions grand public : celle de parler de notre époque, pour changer les mentalités ou rêver le futur. Mais ce mouvement va de pair avec une profonde transformation du statut des lecteurs et des spectateurs. Qui vont désormais jusqu’à contester l’autorité de l’auteur sur sa propre création. » Vendémiaire 2021, 228 pages, 21,00 euros.               

ÉPIDÉMIE (260) – Privée de spectateurs dans sa salle, le Théâtre de la Tête Noire de Saran (Loiret) proposait, en ligne, le mercredi 10 février 2021, Pingouin (discours amoureux) de Sarah Carré. Mise en scène : Patrice Douchet. Interprétation : Fabien Casseau et Juliette Malfray.  Musiques issues de la discographie de Pascal Comelade. « Amazone s’ennuie. Elle veut jouer. Jouer à l’amour. Ça tombe bien, Abélard est justement là qui attend. Mais pour Abélard l’amour n’a rien d’un jeu, c’est même la chose la plus sérieuse au monde. Amazone insiste. Abélard résiste. Libre, espiègle, pragmatique, Amazone ne manque guère d’imagination pour entraîner le damoiseau dans son manège. »   À partir de 6 ans. C’est trop tard mais il reste la feuille de salle. Le lien est ici.     

À LA MATERNELLE – Lire à Voix Haute Normandie nous écrit : « La situation sanitaire nous oblige une nouvelle fois à bousculer notre programme. La salle que nous avions envisagée pour cette journée est malheureusement fermée sur décision administrative. Nous vous proposons donc de nous retrouver, mais à distance, pour une matinée d’échanges avec Nathalie Virnot, formatrice et lectrice à l’association ACCES. La rencontre prévue avec Malika Doray l’après-midi sera reportée. Découvrir ou (re)découvrir son travail à travers un écran serait bien trop frustrant. Alors, nous avons bon espoir de l’accueillir bientôt. » En conséquence, l’association propose, le jeudi 18 février 2021, de 10 heures à 12 heures 30, une rencontre en visioconférence ave Nathalie Virnot titrée Lectures individuelles à l’école maternelle, une autre approche de la lecture » s’appuyant sur une recherche-action menée à l’école maternelle durant 6 ans. « Le propos de ce travail a été de décrire précisément la façon dont le dispositif de lecture individuelle permettait à de très jeunes élèves de toute-petite ou petite section une approche, puis une appropriation des albums de façon souvent surprenante. Repérer leur évolution au fil de l’année puis, plus tard en grande section, examiner leur positionnement face aux livres et aux récits. » Inscription obligatoire ici pour recevoir ensuite les identifiants de connexion.

SPEED-BOOKING – « Dérivé du Speed-Dating, le Speed-Booking est un moment de partage autour de la littérature. Les rencontres régionales Speed-Booking spécial jeunesse d’AROLE (Association romande de littérature pour l’enfance et la jeunesse) offrent l’occasion d’échanger entre adultes passionnés de livres pour enfants et pour jeunes et de découvrir de nouveaux livres. » Les prochaines rencontres Speed-Booking spécial jeunesse se dérouleront le mercredi 17 février 2021, de 18 heures 30 à 20 heures 30, en ligne, et le mardi 23 mars 2021, de 18 heures 30 à 20 heures 30, en ligne également. Pour participer, il faut s’inscrire auprès du secrétariat d’AROLE à cette adresse. La veille de la rencontre au plus tard, un lien de connexion pour la plateforme Zoom sera envoyé par e-mail et il suffira de cliquer à l’heure du début de la rencontre pour pouvoir participer. Page plus explicative ici.

EXPOSITION –  Le Musée de poche, 41 rue de la Fontaine-au-Roi à Paris, propose, depuis le mercredi 20 janvier et jusqu’au samedi 27 février 2021, l’exposition Une folle journée qui donne à voir les illustrations originales d’Anne-Hélène Dubray extraites de son myriorama édité en 2020 aux éditions L’Agrume. « Le myriorama est un jeu pour enfants inventé au XIXe siècle, consistant à construire une multitude de paysages possibles grâce à des cartes pouvant toutes s’assembler les unes avec les autres. Anne-Hélène Dubray reprend ce concept de jeu narratif avec Une folle journée : 14 cartes qui composent 87 178 291 200 possibilités de paysages, peuplés de toutes sortes d’animaux, d’engins et de nombreux personnages en action. L’exposition présentera les œuvres préparatoires et les illustrations finales de ce merveilleux casse-tête visuel aux combinaisons et à l’imaginaire sans limite. » Site du musée ici.

DISPARITION – Léo Kouper, affichiste et illustrateur, est décédé le lundi 8 février 2021. Il avait 94 ans. Né à Paris, ville qu’il aimera particulièrement, Léo Koupferberg voit ses études au collège Chaptal interrompues par la guerre. Il se réfugie en Auvergne. À la fin des hostilités, il fréquente quelques temps les Beaux-Arts de Grenoble puis prend des cours de dessin par correspondance. Mais c’est auprès d’Hervé Morvan, rencontré en 1945, qu’il apprend le métier, devenant l’assistant du grand affichiste. Il travaille notamment avec lui à la réalisation de panneaux publicitaires qui, accrochés aux façades des cinémas, attiraient d’emblée le regard des promeneurs, spectateurs potentiels. Premières affiches personnelles (en plus petit format) : Le plus joli péché du monde (Gilles Grangier, 1951) et Mon mari est merveilleux (André Hunebelle, 1953). En 1954, Les Artistes Associés, société de distribution cinématographique, lui commande l’affiche de la reprise du film de Charlie Chaplin Les temps modernes. Le réalisateur est impressionné par la qualité de son travail et c’est Léo Kouper qui, entre 1959 et 1967, dessinera les affiches des premières sorties ou des nouvelles sorties de ses longs-métrages (Le dictateur, Le kid, La ruée vers l’or, Le cirque, La Comtesse de Hong Kong, Les feux de la rampe, Monsieur Verdoux) et de quelques uns de ces courts-métrages (dont Une vie de chien). Ces affiches, systématiquement reprises quand les films sont repris, modifiées parfois, accompagneront l’artiste tout au long de sa carrière. Elles seront de nombreuses fois montrées lors d’expositions, en France et à l’étranger. Quelques autres visuels, parmi les plus notables : L’Homme de Rio (Philippe de Broca, 1964), La Fille du garde-barrière (Jérôme Savary, 1975), Le Miraculé (Jean-Pierre Mocky, 1986). Pour Emmanuelle, film érotique de Just Jaeckin (1974), ce sera le dessin d’une pomme fessue et d’une évocatrice épluchure verte que Léo Kouper composera à partir d’une photographie aperçue dans un magazine, le titre se contentant d’un simple lettrage Letraset. L’image fait mouche et elle reçoit le Prix spécial de l’affiche au Festival de Cannes de cette année-là. « Le réalisateur a vingt-quatre images par seconde durant une heure et demie. L’affichiste, lui, n’a qu’une image pour raconter la même histoire. » Léo Kouper travaillera également pour le théâtre (La Bruyère, Tristan Bernard, Silvia Monfort, Espace Cardin, Montparnasse, Ranelagh, Mouffetard), pour des municipalités (Dieppe, Le Havre) et il dessinera, en 2011, l’affiche du Salon d’Automne. Il réalisera de nombreuses campagnes commerciales (Vitapointe, Cassegrain, Orange d’Afrique du Nord, Eau chaude gaz, Confort électrique, Bière de Lutèce) et – raison d’être de sa présence sur ce site – il illustrera, tardivement, quatre ouvrages à destination des jeunes lecteurs : Avoir une faim de loup et autres expressions françaises, en 2012, La France et ses régions, en 2013, Doux comme un agneau et autres expressions françaises, en 2016, tous trois chez Thomas jeunesse, et, en 2017, avec Marc Delamarre, aux éditions Archibooks, Maman, pourquoi les mots ? Léo Kouper avait, en 2010, dessiné la malicieuse affiche de l’exposition Pour adultes seulement : quand les illustrateurs de jeunesse dessinent pour les grands, (honteusement) interdite à Amiens par le président du Conseil général de la Somme. Le catalogue avec l’affiche en couverture est toujours disponible. En 2015, il réalise un dessin (que le quotidien Libération publia) évoquant l’attentat de Charlie Hebdo, un portrait de Charlot dont le chapeau, transformé en cible, était criblé de balles. Léo Kouper s’est éteint à son domicile parisien où il travaillait à la pochette du prochain album du compositeur et chef d’orchestre Vladimir Cosma. « Le grand affichiste Léo Kouper, petit gamin farceur de 94 ans dont le regard pétille d’une malice toute juvénile, a trouvé dans son art le secret d’une éternelle jouvence. Jusqu’à une date très récente, il travaillait encore dans son vaste atelier de Saint-Ouen avec vue sur les Puces, au milieu de l’époustouflant capharnaüm des créations de toute une vie. » (Janine Kotwica)

PARUTION – Vient de paraitre Le livre de jeunesse et Mayotte : introduction et guide de lecture, par Christophe Cosker, agrégé de lettres modernes et docteur en littératures francophones, enseignant en littérature de jeunesse au Centre universitaire de formation et de recherche (CUFR) de Mayotte. « Cet ouvrage propose un aperçu anthologique de la littérature de jeunesse produite par les écrivains métropolitains – wazungu – résidant ou ayant résidé à Mayotte. En choisissant un extrait significatif de chaque œuvre littéraire, selon un ordre du simple vers le complexe, il raconte, en filigrane, une histoire, mahoraise, à celui qui, quel que soit son âge, en tourne les pages. » L’Harmattan 2021, 160 pages, 16,50 euros.

REVUE – Dans le numéro 67 de la revue « iconophile et iconoclaste » Papiers Nickelés de décembre 2020, trois articles ont à voir avec la littérature pour la jeunesse : « De Gaulle et Paul Durand » par Yves Frémion, « Une formule originale : les albums Cadet détective » par Jacques Baudou, et un troisième, non signé, qui répond à la question « Qui a inventé la littérature pour la jeunesse ? » Ce numéro : 8,00  euros. L’abonnement annuel : 28,00 euros. Site de la revue ici.      

PRIX – Les prix littéraires La science se livre décernés par le département des Hauts-de-Seine « valorisent l’édition scientifique grand public et les chercheurs en récompensant des ouvrages destinés aux adultes et à la jeunesse (11-15 ans). Les ouvrages lauréats sont ensuite diffusés dans les médiathèques, librairies indépendantes et collèges du territoire. » Dans la catégorie adolescents, le prix La Science se livre 2021 a été attribué à Pr. Albert présente la relativité : même pas peur ! de Sheddad Kaid-Salah Ferrón et Eduard Altarriba (Nathan, 2020).

PRIX – Le Batchelder Award est décerné, chaque année, par l’Association des bibliothécaires américaines (ALA) à un éditeur américain pour un livre pour enfants considéré comme le plus remarquable parmi les livres initialement publié dans un pays autre que les États-Unis, dans une langue autre que l’anglais et traduit pour publication aux États-Unis. Telephone Tales (Enchanted Lion Books, 2020) est le lauréat du prix au titre de 2021. Auteur : Gianni Rodari : Traducteur : Antony Shugaar. Illustrateur : Valerio Vidali  Titre original : Favole al telefono. Titre en français : Histoires au téléphone. « La traduction d’Anthony Shugaar restitue l’absurde propre à Gianni Rodari, présentant aux lecteurs américains un monde où le statu quo peut toujours être remis en question. » (Suzanne Myers Harold, présidente du jury du prix Batchelder). Telephone Tales est l’unique ouvrage de Gianni Rodari publié aux États-Unis.

C’EST DANS LA BOITE – Le projet Marmaille, initié par Marine, lectrice assidue dans son enfance, aujourd’hui mère d’une petite fille qui découvre le plaisir des albums qu’on regarde à deux, c’est sur la plate-forme Ulule et c’est à destination des enfants de 0 à 6 ans. Le principe : on s’abonne et, chaque mois, on reçoit dans sa boite aux lettres une box contenant un livre sélectionné « avec grand soin » et emballé dans une pochette en tissu fait main. L’enveloppe d’expédition sera recyclable et Marine joindra à l’envoi quelques surprises. Succès rapide : l’objectif de 2 000,00 euros a été atteint en quelques heures et le palier des 4 000,00 euros en quelques jours. C’est ici et la campagne est ouverte jusqu’au dimanche 28 février 2020.

EXPOSITION – La bibliothèque francophone multimédia (Bfm), 2 place Aimé Césaire à Limoges (Haute Vienne) expose Christian Voltz et ses « trésors minuscules », depuis le vendredi 29 janvier et jusqu’au samedi 27 mars 2021. « Après un an sans exposer, je suis heureux. » s’enthousiasme le créateur. « Redonner vie aux laissés-pour-compte, à ces petits bouts de fer, de boulons, de cuirs craquelés, de métaux rouillés sur lesquels le temps a laissé sa trace. […] Un parcours sans explication ni légende, afin de laisser la place à l’interprétation du visiteur. » Un voyage poétique et chimérique proposé à tous, en libre accès. Page dédiée ici.

EXPOSITION – Les Libraires associés nous écrivent : « Notre exposition de livres pour enfants anciens ou « vintage » est prolongée jusqu’à fin février. C’est l’une des rares expositions qui soient visibles actuellement à Paris. Bien cordialement. » (Jacques Desse et Alban Caussé). Adresse : Chez les Libraires Associés, 3 rue Pierre l’Ermite à Paris. Ouvert du mardi au samedi, de 14 heures à 19 heures. Contact au 01 42 57 20 24.

PRIX – Le palmarès 2020 du Prix du Livre Grand Est a été rendu public : Catégorie Illustration, BD et roman graphique : Jim Curious, voyage à travers la jungle de Matthias Picard (Éditions 2024, 2019) ; Catégorie Illustration, album jeunesse : Juste un fraisier d’Amandine Laprun (Actes Sud Junior, 2020) ; Catégorie Livres d’artistes, livres d’art et livres objets : Matriochka de Fanette Mellier (Éditions du livre, 2019).  

PARUTION – Vient de paraitre, en coédition avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, Le Bouquin de la bande dessinée, gros volume dirigé par Thierry Groensteen entouré d’une quarantaine de spécialistes, universitaires, critiques, historiens et bibliothécaires (dont Evariste Blanchet, Gilles Ciment, Jean-Paul Jennequin, Bernard Joubert, Sylvain Lesage, Jean-Pierre Mercier, Harry Morgan, Nicolas Rouvière). L’ouvrage aborde « le genre sous tous ses aspects, à la fois comme art, comme langage, comme littérature et comme culture à part entière. Non seulement il présente un état complet et structuré du savoir et de la pensée sur la bande dessinée, mais il se risque à défricher quelques pistes nouvelles, esquissant une véritable poétique. Avec près de cent cinquante entrées qui sont autant d’articles fouillés, ce dictionnaire satisfera la curiosité des amateurs, néophytes ou passionnés, et sera un outil irremplaçable pour les chercheurs et les enseignants. » Illustration de couverture et culs-de-lampe : Lewis Trondheim. Robert Laffond, 2021, collection « Bouquins »,  928 pages, 30,00 euros.

POÉSIE EN LIGNE – Interbibly, association de coopération régionale du livre en Grand Est, organise, le jeudi 11 février 2021, sur la plateforme Twitch, un alléchant rendez-vous poétique. Quatre heures de direct, des tables rondes, des animations, des  concours. « Bibliothécaires, éditeurs, auteurs, professeurs documentalistes, organisateurs de manifestations littéraires sont invités à découvrir ceux qui font l’actualité de la rentrée littéraire jeunesse en région Grand Est. Organisé en parallèle du Marché de la poésie jeunesse de Tinqueux (du 10 au 13 février) et en collaboration avec la booktubeuse Bulledop, Poésie partout sera rythmé par l’intervention d’auteurs illustrateurs, d’éditeurs au fil de quatre tables rondes thématiques (BD, albums, romans et poésie), de 13 heures30 à 18 heures. » Animation : Mirko Claudot, libraire à La Parenthèse (Nancy), Amélie Plançon, directrice de Lecture et loisirs et du Salon régional du livre pour la jeunesse (SLRJ) de Troyes, Audrey Rossi, libraire à La Bouquinette (Strasbourg) et Mateja Bizjak-Petit, directrice du Marché de la poésie jeunesse. Le programme complet est à cet endroit et le lien vers l’inscription à cet autre.

EXPOSITION – La Galerie Huberty & Breyne, 33 place du Châtelain à Bruxelles, expose Willy Vandersteen du jeudi 4 février au mardi 20 mars 2021, dessinateur  néerlandophone prolifique, créateur en 1945 de la série « Suske en Wiske » (Bob et Bobette), puis, en français, de « La Famille Guignon » l’année suivante, et de « Bessy » en 1964. L’exposition présente 72 planches réalisées entre 1961 et 1970 et choisies dans onze albums alliant récit populaire et graphisme résolument ligne claire. Page dédiée sur le site de la galerie.

DISPARITION – Jean-Claude Barrère, enseignant, poète et plasticien, est décédé le vendredi 29 janvier 2021. Il avait 74 ans. Né à Saint-Soulan (Gers), il écrit ses premiers poèmes dans sa septième année. On osera dire de lui que, licencié en lettres modernes, professeur détaché au Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de Toulouse, formateur tout terrain, y compris en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), président de la section locale du CRILJ Midi Pyrénées dans les années 1980-1990, il passa sa vie à promouvoir l’art et la culture auprès des jeunes et à transmettre à tous son goût des mots, du trait et de la couleur. Jean-Claude Barrère apporta son concours à de nombreuses structures en lien avec l’édition de poésie (associations, revues, comités de lecture ou de rédaction). A titre d’exemple : l’Atelier K pendant quinze ans, la revue d’écritures Filigranes, les éditions N & B. Jean-Claude Barrère réalisa, avec des artistes divers (dessinateurs, graveurs, peintres, photographes, sculpteurs, imprimeurs, typographes) recueils, livres d’artistes et catalogues. Son premier ouvrage : Vue probable, avec des dessins de l’auteur (Subervie, 1981). Parmi ses derniers : L’Ébloui de neige, avec un dessin de Frédéric Fau (Cahiers du Museur, 2017). Ses articles critiques, de présentation plutôt, reflétaient la bienveillance qui fut l’une des qualités les plus manifestes de Jean-Claude. Rappelons son implication dans la légitimation de la littérature pour la jeunesse au travers du développement des Bibliothèques centres documentaires (BCD), de la formation des médiateurs, du soutien à la revue ARGOS, qui, coordonnée par Max Butlen et publiée par le CRDP de l’académie de Créteil, s’adressait « à tous ceux qui, enseignants ou non, [voulaient] contribuer à former des lecteurs compétents, autonomes et critiques. » Nombreux sont ceux qui, s’adressant au CRILJ (Centre de recherche et d’information sur la littérature pour la jeunesse), à l’AFL (Association française pour la lecture), à PROMOLEJ (Promotion de la lecture des jeunes) ou s’inscrivant aux universités d’été que Christian Poslaniec pilota pour l’Éducation nationale, se souviennent de l’imposante (et experte) documentation qu’il mettait à la disposition des participants. « Jean-Claude avait préféré Claude comme nom de plume. Nous sommes nombreux à l’avoir connu et à avoir apprécié ses compétences, sa sensibilité, son ouverture aux autres, son humour, sa générosité. » (Françoise Lagarde, présidente du CRILJ). Jean-Claude Barrère devait, le lundi 1er février, enregistrer des poèmes pour le festival international 50 poèmes pour la neige accueilli, à Toulouse, par l’association « Des livres et des idées ». Un hommage lui sera rendu le samedi 6 février, de 16 heures à 17 heures, via la plateforme Zoom, depuis la Galerie 21, place du Salins, à Toulouse, dont il était un fidèle, présent lors des vernissages et trait d’union entre les artistes. Jean-Claude Barrère « avait à cœur de partager son enthousiasme avec qui voulait bien se donner un peu de peine, et savait faire des ponts entre les publics : écoles, bibliothèques, associations, sans distinction aucune, mais toujours avec une sensibilité profonde aux besoins de chacun. » (Françoise Guiseppin, sur le blog de la librairie toulousaine Ombres blanches).

JOUONS SORCIER – Gallimard Jeunesse, qui a publié le jeudi 21 janvier 2021, une édition collector de la saga Harry Potter, organise sa septième Nuit des livres Harry Potter, en ligne, du jeudi 4 février au dimanche 7 février. Pendant trois jours, les lecteurs sont invités à participer à deux quiz de dix questions conçus avec deux niveaux de difficultés, Première année à Poudlard et Diplômé de Poudlard. 1000 cadeaux à gagner dont des coffrets collector. Pour participer, les lecteurs doivent se rendre  sur le site dédié, remplir un formulaire et, tout en ayant la possibilité d’essayer les deux, choisir leur niveau de difficulté. Les gagnants seront tirés au sort. L’éditeur a également conçu un kit d’activités  à destination des libraires et des établissements scolaires pour les aider à organiser jeux et activités magiques. « Nous avons veillé à ce que les activités de ce guide puissent être adaptées à toute taille de groupe. Un grand nombre d’entre elles peuvent se faire en ligne » explique l’équipe avant d’appeler au respect des consignes de sécurité liées à la Covid 19 et de suivre les dernières recommandations en matière de rassemblements.

PRIX – Le Musée de l’illustration jeunesse de Moulins (mij) décerne, chaque année, depuis 2008, un Grand Prix de l’illustration qui récompense un illustrateur ou une illustratrice pour un album destiné à la jeunesse, pour sa singularité esthétique et sa force créative. Loren Capelli en est la lauréate au titre de 2020 pour Cap ! (Courtes et longues, 2019). L’album « raconte l’histoire d’une petite fille, attirée par la forêt, qui découvre ses grands arbres, son ciel changeant et la rivière qui la traverse. Allongée sur le sol, elle imagine qu’elle rencontre les animaux sans aucune crainte. Réveillée, elle se sent alors capable de continuer sa route, vivre et avancer. »              

EXPOSITION – Si les nouvelles dates du 48e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême restent bien, actuellement, les jeudi 24, vendredi 25, samedi 26 et dimanche 27 juin 2021, l’exposition Emmanuel Guibert en bonne compagnie, hommage au Grand Prix de la 47e édition, est en place, depuis le samedi 30 janvier et jusqu’au dimanche 27 juin, au Musée d’Angoulême, square Girard II, rue Corneille. Site du musée ici.

THÉÂTRE – Le samedi 30 janvier 2021, lors du Momix, festival international jeune public de Kingersheim (Haut-Rhin), les professionnels (dont les programmateurs) ont pu découvrir Terairofeu, nouveau spectacle proposé par la compagnie La Belle Meunière.  Nombreuses dates envisagées. « On fait tout comme si cela devait se faire », explique Marguerite Bordat qui rêve, construit et écrit avec Pierre Meunier, sur le plateau du Cube à Hérisson (Allier), les spectacles de la compagnie. Pierre Meunier ajoute : « Pendant cette période, il nous a fallu aussi beaucoup communiquer, frapper aux portes, zoomer, pour donner vie à tous nos projets. » Site de la compagnie La Belle Meunière ici.

RENDEZ-VOUS – Brigitte Morel nous écrit : « Bonjour. Samedi 6 février 2021, de 15 heures à 17 heures,  vous pourrez retrouver, à la Galerie Gallimard, Pascale Estellon et Emma Giuliani qui signeront leurs ouvrages. Voici le lien pour écouter l’interview de Dominique Ehrhard au « Réveil Culturel » diffusée sur France Culture. Je serai aussi sur place à partir de 15 heures si vous désirez une petite visite commentée. Je vous souhaite une belle journée. » Voici l’adresse : Galerie Gallimard, 30 rue de l’université à Paris. Ouverture de 13 heures à 18 heures.

CONFÉRENCE – À la Médiathèque Jean Jaurès, 15-17 rue Jean Jaurès à Nevers (Nièvre), le samedi 6 février 2021, à 16 heures, Silène Edgar, romancière, donnera une conférence Chasse aux sorcières, contestation sociale et anti-fascisme dans « Harry Potter ». « Il peut paraitre étonnant de s’interroger sur la présence de l’histoire dans une œuvre pour la jeunesse résolument étiquetée comme relevant des genres de l’imaginaire. Tout un chacun sait que les sept volumes de Harry Potter transportent les lecteurs dans un univers magique et séparé du monde réel. L’œuvre de J.K. Rowling, de par son univers magique, appartient à la fantasy. Elle n’en donne cependant pas une image conventionnelle, car J.K. Rowling utilise le biais de la magie pour évoquer le monde réel, dans ses dimensions historique et contemporaine. Les deux sont intimement associées et il est possible de dresser un état des lieux des références historiques et de les lier au  discours sociopolitique qui sous-tend ces références. »

ANNIVERSAIRE – La série de petits albums carrés et rigolos « Monsieur-Madame » souffle ses cinquante bougies, survivant au décès, en 1988, de son créateur britannique Roger Hargreaves, grâce à l’investissement de ses enfants et particulièrement d’Adam qui, désormais, tient les pinceaux. Traductions dans une vingtaine de langues, un « Monsieur-Madame » acheté toutes les deux secondes, 250 millions d’exemplaires vendus dans le monde. Pour fêter cet anniversaire, les jeunes lecteurs sont invités à voter afin de  choisir deux nouveaux personnages. Cinq candidats en lice : Madame Courage (qui défend ses idées), Madame Gentille (pleine de bienveillance), Monsieur Artiste (à l’énergie créative), Madame Active (à l’enthousiasme contagieux) et Monsieur Tranquille (qui fait du yoga). Pour voter, c’est ici. Date limite : 31 mars 2021.                                            

COMME À LA RADIO – En replay, sur le site de France Culture, Le roman d’Ernest et Célestine de Daniel Pennac. Adaptation radiophonique : Pauline Thimonnier. Conseillère littéraire Caroline Ouazana. Musique originale : Karol Beffa. Direction : Debora Waldman. Réalisation : Cédric Aussir. Une coproduction de France Culture et de la Direction de la musique et de la création.  Avec Daniel Pennac (le narrateur), Jean-Christophe Folly (Ernest), Camille Claris (Célestine). « C’est l’histoire de l’ours Ernest et de la souris Célestine, deux personnages inventés par l’illustratrice belge Gabrielle Vincent, que tout oppose mais qui deviennent les meilleurs amis du monde. Daniel Pennac a écrit le scénario d’un film d’animation avec cette belle histoire puis écrit le roman du film. C’est maintenant une version musicale et radiophonique pour acteurs, bruiteurs et musiciens que nous inventons avec lui, avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France. » La page dédiée est ici

SONDAGE – Le Syndicat national de l’édition (SNE) rend public les résultats d’un sondage réalisé en décembre 2020 par l’Institut ODOXA, sur les Français et la lecture durant les confinements. On y apprend qu’un tiers des Français s’est mis à lire davantage pendant les confinements et que la hausse la plus importante concerne les jeunes (42%). En cas de nouveau confinement, 85% des français seraient hostiles à une nouvelle fermeture des librairies. Document complet ici.

REVUE – Vient de paraître le numéro 316 de décembre 2020 de La Revue des livres pour enfants dont le dossier central est consacré à L’amour, toujours l’amour. « Quel thème plus approprié que celui de l’amour pour s’engager dans une nouvelle année, après des mois de distanciation sociale et d’effacement des corps ? Alors qu’on use du même mot pour désigner des sentiments, des attitudes et des comportements tellement divers, ce dossier tente de définir les différentes formes que peut prendre l’amour et la manière dont la littérature pour la jeunesse s’empare du thème. Parler d’amour, c’est parler de passion, de sensualité, d’attachement, de sexualité, d’amitié, d’empathie, d’altruisme mais aussi de rupture, de séparation, de chagrin, autant d’expériences présentes aux différentes étapes de l’enfance. » C’est le philosophe Nicolas Grimaud qui, s’entretenant avec Anne Blanchard, pose la question liminaire et cerne le sujet. Nathalie Beau s’intéresse aux albums, Emmanuelle Kabala aux romans, Virgine Meyer aux documentaires. A signaler, dans ce même numéro, les hommages de Janine Kotwica à Janine Despinette, de Nathalie Beau à Sam McBrakney, de Loïc Boyer à Enzo Mari, d’Olivier Piffault à Quino, de Marie Lallouet à Anne Sylvestre. Ce numéro : 12,50 euros. Pour commander, c’est ici.

DISPARITION – Michel Le Bris, écrivain et éditeur, est décédé le samedi 30 janvier 2021. Il avait 76 ans. Spécialiste de Robert Louis Stevenson, passionné de voyage et de flibuste, il avait créé, en 1990, à Saint-Malo, le festival Étonnants Voyageurs. Une belle place y était faite, chaque année, à la littérature pour la jeunesse. « Nous naissons, nous grandissons, le plus souvent sans même en prendre la mesure, dans le bruissement des milliers de récits, de romans, de poèmes, qui nous ont précédés. Sans eux, sans leur musique en nous pour nous guider, nous resterions tels des enfants perdus dans les forêts obscures. N’étaient-ils pas déjà là qui nous attendaient, jalons laissés par d’autres en chemin, dessinant peu à peu un visage à l’inconnu du monde, jusqu’à le rendre habitable ? Ils nous sont, si l’on y réfléchit, notre première et notre véritable demeure. Notre miroir, aussi. Car dans le foisonnement de ces histoires, il en est une, à nous seuls destinée, de cela, nous serions prêt à en jurer dans l’instant où nous nous y sommes reconnus et c’était comme si, par privilège, s’ouvrait alors la porte des merveilles. » (Pour l’amour des livres, Gallimard, 2019)

PRIX – À Angoulême, la très attendue cérémonie de remise des Fauves s’est tenue le vendredi 29 janvier 2021. Quatorze albums primés dont deux pour les jeunes lecteurs. Le Fauve Jeunesse 8-12 ans a été attribué au Club des amis de Sophie Guerrive (éditions 2024, 2020) et le Fauve Jeunesse 12-16 ans à Anger, tome 1 de Middlewest, de Skottie Young et Jorge Corona, (Urban Comics, 2020)

EXPOSITION ET ATELIERS – L’auteure et illustratrice Malika Doray fait escale au sein du réseau des médiathèques de la Communauté d’agglomération Sophia Antipolis d’Antibes. Le mercredi 3 février 2021, l’artiste sera présente au sein de l’espace jeunesse d’Albert-Camus, à Antibes, à 10 heures 30, et, l’après-midi, dans l’établissement Sonia-Delaunay à Biot. Le jeudi 4 février après-midi, elle sera à la médiathèque Colette, à Valbonne. Ateliers gratuits de trente minutes à destination des 18 mois à 3 ans. L’inscription est indispensable (Antibes : 04 92 19 75 80 ; Valbonne : 04 92 19 76 00 ; Biot : 04 83 88 10 00). L’exposition Les personnages de Malika Doray est en place à la Médiathèque Colette de Valbonne jusqu’au lundi 8 février. « Personnages attachants, cernes distinctifs, le style de Malika Doray se reconnaît tout de suite. Au fil des livres, elle construit une galerie de personnages rassurants, que les enfants plébiscitent. Et même ce grand cauchemar violet devient attendrissant. »

SALON – Le Salon du livre jeunesse d’Issoudun (Indre) devient, en cette année 2021, les Rencontres du livre jeunesse et, les jeudi 4 et vendredi 5 février, 1525 enfants de 61 classes d’Issoudun et de la communauté de communes recevront bien les dix auteurs et illustrateurs initialement invités (Bonaventure, Julie Colombet, Rebecca Galera, Vanessa Hié, Jeanne Macaigne, Eva Offredo, Penelope, Amandine Piu et Odile Santi). La vente de livres au grand public et les spectacles sont annulés, mais les expositions et les remises de prix sont maintenues. D’autres informations ici.

PARUTION – Le Lombard publie une collection à vocation pédago-éducative, « Grandir avec les Schtroumpfs ». Des histoires simples et joyeuses d’une trentaine de 30 pages signées Falzar et Thierry Culliford et illustrées par Antonello Dalena, enrichies, pour les parents, d’un dossier conçu par Diane Drory, psychologue-psychanalyste spécialiste des troubles de la petite enfance. « Histoire d’aborder en douceur et avec des mots qui rassurent la crainte du monstre sous le lit, les dangers pour la santé d’une alimentation trop sucrée ou les préjugés quant au genre. » Six titres : Le Schtroumpf qui avait peur du noir, Le Schtroumpf qui était maladroit, Le Schtroumpf qui n’aimait que les desserts, La Schtroumpfette est un Schtroumpf comme les autres, Le Schtroumpf qui trouvait tout injuste, Le Schtroumpf qui racontait des mensonges. Le Lombard, 2020, 40 pages, 6,00 euros.

EN LIGNE – Le site américain 1000 Black Girl Books souhaite mettre en avant des ouvrages pour la jeunesse dans lesquels les personnages principaux sont une ou plusieurs jeunes filles noires. C’est ici.

ÉPIDÉMIE  (259) – Les organisateurs de la Fête du livre jeunesse de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) nous écrivent : « L’actualité de notre manifestation historique, qui se déroule chaque année à la fin du mois de janvier, se trouve grandement bouleversée depuis les fêtes de fin d’année. Annonces gouvernementales, décisions préfectorales, craintes des municipalités, contamination dans des écoles. Ce sont des obstacles plus grands que nous qui ont renversé des mois d’optimisme, de militantisme, d’investissements, de réflexions et de flexibilité sans égale. Maintiens, adaptations, annulations : toutes les explications et éclaircissements sont restitués dans notre communiqué de presse. » Le (très instructif) communiqué est ici.

COTISATION – Le CRILJ (Centre de recherche et d’information sur la littérature pour la jeunesse) est une association loi de 1901 reconnue d’utilité publique et il est possible d’y adhérer. Le bulletin pour l’année 2021 est ici.            

PARUTION – Paru récemment Illustrateur jeunesse : un vrai métier ! par Valérie Belmokhtar, artiste et enseignante. « Le livre pour enfants est vecteur de connaissance et d’émerveillement. À travers les textes et les images, les jeunes lecteurs découvrent le monde, rêvent et s’instruisent. Le livre pour enfants transmet. Il est un lien entre les différentes générations. Il est un merveilleux support de poésie et d’art. Il est source d’émotions. Et il représente beaucoup de travail ! Que vous vouliez exercer le métier d’illustratrice ou illustrateur à plein temps ou le pratiquer comme un loisir, voici un guide pratique, complet et inspirant pour vous aider sur votre chemin créatif. » Six grands chapitres : l’histoire de l’illustration jeunesse, ses domaines d’application, ses contraintes techniques, ses processus créatifs, les spécificités du métier. Des fiches pratiques, des exercices, des interviews de professionnels et deux cents images. Pyramyd éditions, 2020, 256 pages, 39,00 euros.   

COLLOQUE – S’inscrivant dans le cadre d’un programme de recherche porté par Sébastien Laffage-Cosnier et Christian Vivier à l’université de Bourgogne/Franche-Comté, un colloque Pif Gadget et compagnie : approches pluridisciplinaires se tiendra les jeudi 4 et vendredi 5 février 2021. « Les succès des ouvrages de Richard Médioni (2003, 2012) et de Christophe Quillien (2018) témoignent de l’intérêt pour l’histoire de Pif Gadget pour de nombreux anciens lecteurs. Pourtant, Pif Gadget et son inscription dans la mémoire collective suscitent peu de travaux au sein de l’université. Un précédent projet de recherche, Pif, dans tous ses états : recherches, archives, interdisciplinarité monté par Henri Garric et Jean Vigreux en 2018 et soutenu par la Fédération des MSH de Bourgogne et de Franche-Comté, comble un manque certain sur les origines et la genèse de Pif Gadget. Le présent colloque s’inscrit dans le prolongement de ce projet PIFERAI pour questionner les décennies suivantes. » Compte tenu du contexte épidémique, le colloque se déroulera en distanciel et sera retransmis en direct en streaming. Le lien est ici.. Le programme détaillé est .

LIVRES NUMÉRIQUES – Destinée aux bibliothèques, BibliOdyssée, que propose la société Mobidys, est une collection de livres numériques au format FROG disponible sur tablette et sur ordinateur. Ces livres augmentés, pensés pour faciliter la lecture des enfants souffrant de dyslexie, de  dysorthographie ou de dyspraxie sont d’ores et déjà utilisés dans plus de deux cents collèges. Les textes proposés sont dotés de fonctionnalités particulières comme un espacement des lettres et des lignes, un surlignage des syllabes, un accompagnement audio. Lu sur le site de Mobidys : « Nos livres permettent de soulager l’effort de lecture et de libérer le cerveau du lecteur afin que son attention soit portée au sens plutôt qu’au décodage. […] Grâce à son catalogue de titres de littérature jeunesse contemporaine (6-15 ans), BibliOdyssée permet [aux publics dys] de lire les mêmes titres que les autres. »

PRIX – Carl Norac a remporté le Prix du public dans la catégorie jeunesse du Grand prix du Livre audio 2020 pour Monsieur Mozart (Didier jeunesse, 2019) lu par François Morel et illustré par Marie Dorléans. Le Grand prix du livre audio est organisé par La Plume de paon, « association qui vise à promouvoir le livre audio dans sa diversité. » Le site de l’association est ici.

HONGRIE – La maison d’édition hongroise Labrisz a été sommée d’inclure un avertissement dans un des livres pour enfants de son catalogue, Meseország mindenkié (Le pays des merveilles est pour tout le monde). Selon le gouvernement, les thématiques LGBT abordées incarneraient « un comportement incompatible avec les rôles traditionnels de genres ». L’anthologie visée comprend, selon l’exécutif, plusieurs histoires sur des thèmes problématiques car relevant de la « propagande homosexuelle ». On y trouve, par exemple, un récit concernant une biche à qui l’on accorde le souhait de devenir un mâle et un poème à propos d’un prince qui en épouse un autre. La maison d’édition a déclaré vouloir intenter un procès contre cette requête qu’elle estime  « discriminante et anti-constitutionnelle ».

EXPOSITION – Virginie Mansot nous écrit : « Une nouvelle année sous le signe de la reprise ? C’est ce qu’appelle de tous ses vœux l’Imagier Vagabond. 2020 aura été une année éprouvante pour le monde de la culture. L’agence n’y a pas échappé. Les vagabondages de ses expositions ont été suspendus sur deux longues périodes impactant fortement son activité. Je tiens particulièrement à remercier les structures qui ont maintenu leur programmation d’exposition et leur engagement malgré les circonstances sanitaires contraignantes. Que 2021 soit une année enrichie de projets culturels pour continuer à faire rêver, en images, petits et grands. » Elle profite de son message pour annoncer la mise en chantier d’une nouvelle exposition, Comptines à gogo, qui permettra de (re)découvrir le travail d’auteure-illustratrice de Martine Bourre. La fiche dédiée est ici. Le site de l’Imagier Vagabond est .

TRANSPARENCE – Roland Goigoux, professeur émérite à l’université Clermont-Auvergne, est reconnu par ses pairs comme l’un des meilleurs spécialistes de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Il a notamment travaillé les questions de compréhension. Sur le site des éditions Retz, on peut lire : « [Les] recherches actuelles [de Roland Goigoux] portent sur l’influence des pratiques d’enseignement sur les apprentissages des élèves, sur la formation professionnelle des enseignants et sur la conception d’outils didactiques. Enseignant-chercheur depuis 2000, il est chargé de la formation initiale et continue des professeurs de la maternelle au collège. » Pourtant, depuis deux ans, il est écarté de toutes les formations académiques. Ordre de Jean-Michel Blanquer, affirme Roland Goigoux qui publie, sur son blog, l’échange qui en apporte la preuve. C’est ici.

DISPARITION – Jean Graton, scénariste et dessinateur de bande dessinée, est décédé le jeudi 21 janvier 2021. Il avait 97 ans. Fils unique, il perd sa mère à 11 ans. Son père, qui l’élève seul, l’emmène assister, à l’âge de 14 ans, à ses premières 24 Heures du Mans. À 16 ans, Graton qui vit chez sa grand-mère, après l’arrestation de son père par les Allemands, travaille sur un chantier naval. Il y passe un CAP d’ajusteur. « Le fait de travailler en usine, sous les ordres d’un con, dans une espèce de kibboutz, d’être obligé de faire tout ce qu’on déteste, de se faire engueuler, tout cela m’a donné un objectif : dans la vie, je ferai ce dont j’ai envie, quitte à prendre des risques. » Jean Graton qui a le goût du dessin s’imagine un avenir dans la bande dessinée. En 1947, il quitte Nantes pour Bruxelles. Premiers travaux, en 1948, au journal Les Sports qui lui confie la réalisation de dessins publicitaires. Deux ans plus tard, il se présente à l’agence World’s Press de Georges Troisfontaines, studio de bandes dessinées dont la fonction première est de fournir de la matière à l’hebdomadaire Spirou. D’avoir fait ses classes auprès de Jean-Michel Charlier et de Victor Hubinon, créateurs du personnage de Buck Danny et  travailleurs acharnés, aura été la grande chance de Jean Graton. Tout en illustrant pour Spirou, entre 1951 et 1954, des « Histoires de l’Oncle Paul », récits moralistes de quatre pages à vocation documentaire, il pense déjà à créer son propre héros et à écrire lui-même ses scénarios. Il propose ses services au journal Tintin où il réalise encore et toujours des récits de peu d’ampleur, mais, cette fois, l’éditeur de Tintin, Raymond Leblanc, lui permet d’en écrire le scénario. Assez souvent, Graton choisit un sujet en lien avec le sport. En 1953, il signe une courte fiction, Sa première ronde, qui a pour cadre le Grand Prix de Belgique de Formule 1 de Spa-Francorchamps. André Fernez, rédacteur en chef, lui suggère alors de réfléchir à un héros pilote automobile. Jean Graton imagine aussitôt le trépidant Michel Vaillant et, à compter de 1957, paraissent dans le journal cinq histoires de quatre pages qui permettent de tester les lecteurs. Le personnage est immédiatement adopté et feu vert est donné pour la réalisation d’une « aventure à suivre ». Ce sera Le grand défi qui paraît au Lombard en 1959. Suivront soixante-neuf autres albums dont le dernier, 24 heures sous influence, est publié en 2007. « À une époque où l’on se contentait de quelques vagues documents approximatifs, Jean Graton a été l’un des premiers de notre métier à quitter son studio pour aller chercher sur place le détail vrai, l’information exacte. Il est devenu un familier des circuits, et l’ami des pilotes, des constructeurs et des mécaniciens. Jean Graton est, incontestablement, un de ceux qui ont su ajouter une dimension nouvelle à la bande dessinée. » (René Goscinny). Pour répondre à la demande, Jean Graton et son fils Philippe (qui, en 1994, devient le scénariste inspiré de la série) créent le Studio Graton où des assistants s’affairent sur les décors, les voitures et les figurants. En 1966, Jean Graton illustre une nouvelle série, « Les Labourdet ». Écrite par Francine Graton, épouse du dessinateur, cette saga en neuf épisodes qui relate les joies, les peines et les espoirs d’une famille de banlieue parisienne est, en Belgique, pré-publiée dans l’hebdomadaire féminin Chez Nous. En 1976, Jean Graton donne vie à la blonde championne de moto Julie Wood. Huit tomes chez Dargaud et chez Fleurus, puis, la série s’arrêtant, l’héroïne rejoint l’univers de Michel Vaillant dans l’épisode Paris-Dakar de 1982. La même année, en recherche d’un éditeur qui lui convienne, Jean Graton crée sa propre maison, Graton éditeur. Il aura ainsi été le premier artiste de bande dessinée franco-belge à distribuer ses propres albums. Graton éditeur lancera, en 1995, la collection des « Dossiers Michel Vaillant », série de livres mêlant bandes dessinées et articles sur des personnages célèbres de la scène et de la course automobile. En retraite en 2004, Jean Graton accueillera avec bienveillance la création de « La nouvelle saison de Michel Vaillant » souhaitée par son fils et par les éditions Dupuis. Neuf titres publiés avec Philippe Graton et Denis Lapière au scénario et Benjamin Benéteau et Marc Bourgne au dessin. « Jean Graton, créateur de ‘Michel Vaillant’, a façonné une œuvre unique et admirable qui a émerveillé plusieurs générations de petits et grands lecteurs de bande dessinée. Véritable ambassadeur du sport automobile, il a créé une famille, une entreprise et une marque, qui rayonnent encore aujourd’hui dans les librairies comme autour des circuits automobiles. Parmi ces lecteurs de ‘Michel Vaillant’, plusieurs sont devenus pilotes de F1, parmi les plus grands, journalistes et même designers, Jean Graton savait transmettre sa passion avec style. Il avait le premier compris que pour raconter, il fallait s’inspirer du réel. » (communiqué des éditions Dupuis). La série « Michel Vaillant » a été traduite en néerlandais, anglais, allemand, danois, suédois, finnois, italien, polonais, hongrois, roumain, espagnol et portugais. Signalons, en 1967, un feuilleton télévisé semi-documentaire de 13 épisodes, puis, en 1990, une série de dessins animés de 65 épisodes et, en 2003, un film pour le grand écran réalisé par Louis-Pascal Couvelaire sur un scénario de Luc Besson. Invité, en 2004, au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, Graton déclinera l’offre, jugeant l’hommage trop tardif. « Je n’ai jamais été en odeur de sainteté au festival d’Angoulême. ‘Michel Vaillant’ y est classé bande dessinée ringarde. » Dernier monstre sacré de l’âge d’or de la bande dessinée franco-belge, le scénariste et dessinateur Jean Graton avait pour collègues et pour amis Goscinny, Uderzo, Charlier, Tibet, Peyo, Roba et Franquin.

POÉSIE – La huitième édition du Marché de la poésie jeunesse porté par le Centre de créations pour l’Enfance de Tinqueux aura lieu dans les rues de la commune du lundi 1er au dimanche 28 février 2021 et en ligne du lundi 8 au dimanche 14. Thème choisi : Point(s) de vue. Cette édition sort « des sentiers battus pour occuper tous les espaces permis. Rues de la ville, écoles, ondes radio et écrans petits et grands. Autant d’espaces qui multiplient les points de rencontre entre individus et poésie et multiplient les points de vue sur la poésie. » Le programme est important et il témoigne des ressources imaginatives de l’équipe organisatrice. Les informations détaillées et le communiqué de presse sont ici.

REVUE – Le numéro 173 (décembre 2020) de NVL (Nous voulons lire) propose principalement un ensemble d’articles regroupés sous le titre Défense et illustration de la littérature jeunesse, points de vue parfois concordants parfois dissemblables signés Claudine C. Stupar, Jacques Cassabois, Virginie Gomes-Dauvissat, Pierre Bruno, Patrick Ben Soussan, Régis Lefort er Samuel Bidaud. Ce numéro : 15,00 euros. Page dédiée ici.

TRADITION – Joe Biden a demandé à Amanda Gorman, 22 ans, d’être, lors de sa cérémonie d’investiture du mercredi 20 janvier 2021, son Inaugural Poet, lui confiant la tâche d’écrire et de lire un texte en lien avec l’évènement. Thème imposé : l’unité nationale. Amanda Gorman publiera, en septembre 2021, chez Penguin Random House, son premier album pour enfants, Change sings. L’illustratrice en sera Loren Long qui, en 2000, fut celle de Of Thee I Sing (Lettre à mes filles) de Barack Obama.

REVUE – Le  numéro 86/2019 des « Cahiers de littérature orale » est consacré à l’Heure du conte, pratique instituée à partir de 1924 au sein de la bibliothèque pour enfants l’Heure Joyeuse, inspirée du modèle de la Story Hour américaine. « C’est à partir d’abondantes archives manuscrites et tapuscrites laissées par quelques remarquables bibliothécaires aux fortes et attachantes personnalités qu’est analysé cet original dispositif de médiation littéraire orale. L’accent est mis sur l’inédit travail de mise en œuvre – une passionnante forme d’introspection professionnelle et militante – et sur l’attention extrême portée aux interactions vives entre conteuses et jeunes auditoires. En somme, un mode de socialisation culturelle innovant et moderne, promis à un brillant avenir, qui alors s’expérimente, se régule et s’enrichit à partir du terrain. » En librairie au prix de 20,00 euros ou, en ligne, gratuitement, sur OpenEdition.

PRIX – Tous les deux ans, l’association Croq’les mots, marmot ! met à l’honneur la lecture et la petite enfance dans le Nord-Mayenne. Pendant trois jours, salon du livre, spectacles, interventions d’auteurs et d’illustrateurs dans les écoles et formations sont organisés. Croq’les mots, marmot ! avait répondu à un appel à projet sur le thème Apprendre pour grandir. L’événement vient d’être récompensé par la fondation SNCF qui attribue au salon du livre une bourse de 6 000,00 euros.

FORMATION – La journée professionnelle Aux fils du temps du Festival du livre de jeunesse Occitanie aura lieu le vendredi 29 janvier, de 9 heures 30 à 16 heures. Elle accueillera Patrick Borione, formateur et libraire spécialisé en littérature jeunesse, Sophie Van Der Linden, critique littéraire et rédactrice en chef de la revue Hors cadre[s],  Philippe Nessmann, écrivain, Olivier Belhomme, co-fondateur et co-directeur de L’atelier du poisson soluble. Accessible gratuitement en visioconférence. Inscription obligatoire ici.

DISPARITION – Andrée Chaize est décédée le lundi 18 janvier 2021, victime du coronavirus. Elle avait 86 ans. Présidente de la section locale du CRILJ de la Loire depuis plus de trente années, elle était très attachée à notre association et elle n’hésita pas à faire le voyage jusqu’à Paris, le 14 mars 2009, pour expliquer à l’assemblée générale exceptionnelle convoquée ce jour-là pourquoi il fallait trouver les forces et les moyens de passer le cap difficile que nous subissions et « rebondir ». Ses interventions furent déterminées et déterminantes. Andrée Chaize a consacré sa vie professionnelle à l’enseignement, en tant qu’institutrice d’abord, puis, rejoignant l’École Normale de Saint-Étienne, en tant que maître formateur, inspecteur-professeur et conseillère pédagogique. Elle aura, sa vie durant, femme libre et indépendante, milité pour l’éducation, pour la culture et pour les droits des femmes. Élue locale à Saint-Priest-en-Jarez dès 1989, elle s’engagea, entre 1995 et 2001, comme adjointe à la culture, pour la création d’un espace culturel, d’une médiathèque, d’un musée consacré à l’art moderne, d’une école de musique. Ses convictions et ses engagements féministes prendront de multiples formes. Elle contribuera notamment à relancer le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles de la Loire (CIDFF) « qui favorise l’autonomie sociale, professionnelle et personnelle des femmes ». Ses mandats politiques l’amèneront à  prendre la tête, en 2000, de l’Association des femmes élues de la Loire (AFEL) où elle soutiendra l’engagement des femmes en politique et développera des formations pour les nouvelles élues. Andrée Chaize présidait également les Comités féminins pour la prévention et le dépistage des cancers et, au plan communal, le Club de la joie de vivre de Saint-Priest-en-Jarez. Au CRILJ/Loire, elle impulsa, organisa et anima, avec son équipe, des activités de promotion des livres pour l’enfance et la jeunesse nombreuses et diversifiées : comités de lecture, présentation d’ouvrages, formation des adhérents et des bénévoles, rencontres avec des auteurs, des illustrateurs et des éditeurs, animations en milieu scolaire, participation annuelle à la Fête du livre jeunesse de Montbrison et à la Fête du livre de Saint-Étienne. Andrée Chaize aimait particulièrement les moments consacrés à la poésie. Elle avait, le 12 novembre 2019, ouvert une journée professionnelle Le féminin dans le conte : des contes traditionnels aux réécritures d’aujourd’hui qui accueillait notamment Justine Haré et Christian Bruel. « Enseigner, transmettre, était chez Andrée Chaize une véritable vocation qui sera à l’origine de tous ses engagements ultérieurs, aussi bien militants qu’associatifs. […] Loin de toute sphère partisane, Andrée cherchait avant tout à faire avancer ses combats auprès de celles et ceux qui les partageaient, avec humilité, détermination, rigueur et exigence. » (Régis Juanico, député de la Loire).

SALON – La dix-neuvième édition du Festival du livre de jeunesse Occitanie (initialement prévue les samedi 30 et dimanche 31 janvier 2020, dans le Gymnase du Lycée Pierre Paul Riquet de Saint-Orens de Gameville) a choisi d’inviter petits et grands à conjuguer le temps à tous les temps. « Celui qui passe, qui reste, qui nous échappe. Celui de l’enfance, à la fois court et long, celui des secrets, des souvenirs. L’écoulement permanent et inéluctable du temps  ne cesse de nous rappeler qu’il ne faut pas le perdre. » Contraint de se réinventer, une nouvelle formule adaptée à la situation sanitaire « rayonnera hors les murs et en virtuel ». À compter du 23 janvier 2021 seront organisés 42 ateliers à destination du grand public, des rencontres, des dédicaces en librairies. La majorité des activités étant limitée à des jauges de six personnes, une réservation sera obligatoire. La programmation auprès des scolaires est maintenue dans 33 établissements de Saint-Orens de Gameville, Toulouse Métropole et dans d’autres communes de la région. Le festival proposera, durant le week-end, à la Cave Poésie de Toulouse un programme de rencontres-débats diffusé sur la webradio Cave Po’. La journée professionnelle sera rendue accessible gratuitement en visioconférence et les bibliographies des intervenants seront mises en ligne. Le site qui dit tout est ici.

RENCONTRE  –  Le dimanche 24 janvier 2021, de 11 heures à 12 heures 30, au Wolf, 20 rue de la Violette à Bruxelles (Belgique), rencontre, lecture, atelier et dédicaces avec Ludovic Flamant et Sara Gréselle. « Ludovic Flamant et Sara Gréselle présenteront aux enfants leurs deux passions croisées, marionnettes et littérature jeunesse, à travers la lecture de leur dernier album Bastien ours de la nuit, sorti le 14 janvier chez Versant Sud jeunesse, une maison d’édition bruxelloise. » Pour enfants à partir de 6 ans. Dédicaces à réserver ici.  8,50 euros.

PARUTION – Vient de paraitre : Écrire pour la jeunesse et pour les adultes : d’un lectorat à l’autre, sous la direction de Marion Mas et d’Anne-Marie Mercier-Faivre, ouvrage qui « vise à définir la littérature de jeunesse à travers ses rapports avec la littérature dite ‘générale’ en examinant comment certains écrivains, ayant écrit explicitement tantôt pour les enfants tantôt pour les adultes, investissent ces deux champs. » Parmi les auteurs convoqués : Louis Ratisbonne, Marcel Aymé, Roald Dahl, Maryse Condé,  J. K. Rowling. Classiques Garnier, 2020, 243 pages, 25,00 euros.

ÇA RESPIRE ENCORE – Nous avions, sur ce site, en février 2019, relayé une lettre à « messieurs les ministres » émanant de l’association École au cinéma en grand danger de disparition. Elle est ici. L’appel diffusé ces jours-ci témoigne de la détermination de l’équipe actuelle et de sa volonté d’élargir ses partenariats. En voici un extrait : « Notre association est riche de ses membres issus de l’école, de l’université, des métiers du cinéma, du monde associatif, ou plus simplement de leur vie de citoyen engagé. Ils ont tous en commun une bonne expé­rience dans le domaine de l’éducation, des arts et de la transmission. Mais, amputée de son équipe salariée, notre association doit pouvoir s’appuyer sur de nouveaux acteurs, de nouveaux partenaires pour mener à bien les nombreux projets en cours ou à concevoir. Nous souhaitons vivement que nous re­joignent notamment de jeunes générations, fortes de leurs propres expériences, analyses et propositions et sans lesquelles nous serions privés d’une partie de notre aptitude à intervenir. » Pour lire l’appel complet, c’est ici.

ÉPIDÉMIE (258) – Laurent Dréan, directeur de la Maison de la Culture d’Amiens, s’exprime : « Aujourd’hui, nous sommes ouverts pour le travail de création, pour les professionnels et, dans un cadre très précis, pour des ateliers d’éducation artistique, mais nous ne pouvons pas diffuser d’œuvres auprès des élèves. Or nous disposons de salles assez grandes pour le faire dans de bonnes conditions sanitaires, avec une jauge limitée et des groupes bien séparés. À situation sanitaire constante, et dans la mesure où il peut y avoir des activités périscolaires pour les enfants, il est important qu’en tant que service public de la culture, nous puissions assurer un service minimum dont les enseignants et les élèves sont souvent très demandeurs. » Si quelques rares lieux culturels, s’appuyant sur un flou juridique relatif, se risquent à accueillir des élèves lors de représentations dédiées, le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) a fait le choix d’attendre l’obtention du Ministère de la culture d’une autorisation explicite.

SENDAK  – Apple TV+ et la Fondation Maurice Sendak ont signé un accord pluriannuel permettant aux deux parties de créer de nouvelles séries et émissions basées sur les livres de l’auteur-illustrateur. Les productions seront, dans un premier temps, diffusées en exclusivité sur Apple TV+.

SALON  – Nous ne signalons pas toutes les annulations de salons du livre dont la presse se fait régulièrement l’écho. Annulations brutales parfois, aménagements quand les organisateurs, les libraires, les auteurs et les illustrateurs trouvent la bonne formule. À Gourin et à Guémené-sur-Scorff (Morbihan), les organisateurs ont longtemps espéré pouvoir maintenir leur salon. Mais « les manifestations publiques dans les locaux communaux ne sont pas autorisées. Et s’il est vrai que les scolaires ont le droit de se déplacer, les libraires ne peuvent se permettre de nous offrir un panel de livres suffisamment intéressant pour justifier un déplacement en bus au salon. La manipulation des livres par des centaines d’enfants, sans possibilité de vente par la suite, occasionnerait pour les libraires un coût important, dans une période où la profession est déjà fragilisée. » (Agnès Labeausse, animatrice du Cap du Pays du Roi Morvan). Les élèves pourront cependant rencontrer les auteurs et illustrateurs, lors des interventions dans les classes, qui sont maintenues. Les auteurs invités (Alex Cousseau, Sandra Le Guen, Mickaël El Fathi, Aurélia Fronty, Pascal Vatinel, Guillaume Le Chevalier, Sylvain Diez et Charles Dutertre) se rendront dans les classes; du lundi 18 au vendredi 29 janvier 2021, avec une valise contenant plusieurs de leurs livres que les enfants auraient pu retrouver ou découvrir au salon. Un bon de commande sera proposé aux familles qui voudraient acheter un des titres, sans avoir besoin d’aller à la librairie. « Les élèves bénéficieront de leur chèque livre et les auteurs sont d’accord pour envoyer à ceux qui auront commandé un de leurs titres une dédicace personnalisée sur papier libre, à glisser dans leur livre. » (Agnès Labeausse). Les organisateurs propose également aux écoles qui le souhaitent d’accueillir un des spectacles prévus les week-ends du salon du livre. Une solidarité à lire comme un encouragement pour l’avenir.

DISPARITION – Mitsumasa Anno, auteur-illustrateur japonais, est décédé le jeudi 24 décembre 2020. Il avait 94 ans. Né à Tsuwano, en 1926, première année de l’ère Shōwa, il passe son enfance dans l’auberge de ses parents. Aucun livre à la maison, mais des illustrés (Tarzan, Superman) dont le petit garçon reproduit les illustrations. « Un jour, parmi les clients de l’auberge, arriva un peintre à qui le père montra les dessins de son fils. Ce n’est pas bon, décréta le peintre et, pour donner une leçon au petit garçon, il dessina un moineau dans le plus pur style figé japonais traditionnel. Pour Anno, ce n’était pas un dessin » (Sophie Chérer). À son retour de la guerre, Mitsumasa Anno suit une formation d’enseignant à Yamaguchi. Il sera, pendant une dizaine d’années, parvenant à ne pas se fondre dans l’univers impitoyable de l’éducation à la japonaise, un instituteur puis un professeur d’art et de mathématiques populaire et encourageant. Il rejoint Tokyo, déterminé à se consacrer désormais à sa carrière artistique. Son premier ouvrage, Jeux de construction (1968 au Japon, 1970 en France), inspiré par les jeux d’illusion et les constructions impossibles du peintre et graveur néerlandais Maurits Cornelis Escher, est un succès. Au cours des années 1970, il utilise la technique japonaise de découpage sur papier pour illustrer des contes populaires tels que Momotarō, le petit garçon pêcheur, Le moineau à la langue coupée, L’histoire du vieil homme qui a fait fleurir les arbres. Fasciné par l’Europe, Mitsumasa Anno y fait deux longs séjours, en 1963 et en 1975. Dans Ce jour-là (1978), premier ouvrage d’une série de neuf qui usera, plus ou moins, du même principe, le lecteur est invité à suivre, page après  page, le voyage à cheval d’un personnage minuscule dans des panoramas fouillés, traités à la plume, à l’encre et à l’aquarelle, et très référencés à la culture européenne que l’auteur-illustrateur a appris à connaitre (allusions historiques, architecturales et littéraires, apparitions de personnages de contes, etc). Pas d’histoire, mais une promenade muette, mélancolique, lente et intemporelle. L’architecte Tadao Ando, ​​qui a conçu l’élégant bâtiment du Musée d’art Mitsumasa Anno à Kyōtango, décrit l’auteur-illustrateur comme un observateur qui dessine des paysages qui disparaissent. « À une époque où la technologie numérique est si puissante, il nous laisse un monde doux et réconfortant. » La passion d’Anno pour les mathématiques et pour l’astronomie est au cœur de nombreux albums dont Dix petits amis déménagent (1982), La terre est un cadran solaire (1987), la série « Jeux mathématiques » (à partir de 1991), Comment la terre est devenue ronde (2000). En 1996, Mitsumasa Anno rend à nouveau hommage à la tradition japonaise, utilisant encre et pigments en poudre sur soie pour mettre des images sur Le conte de Heike, chef-d’œuvre littéraire qui raconte la lutte entre les clans Taira et Minamoto pour le contrôle de la cour impériale du Japon. Il illustre également, publiée par l’hebdomadaire Shukan Asahi, la série « Kaido wo Yuku » (Sur les routes), récits historiques de Ryotaro Shiba. Anno qui écrivit plusieurs essais très appréciés, était aussi un adepte de la reliure. Ami de l’impératrice Emerita Michiko, certaines de ses œuvres s’inspirent des plantes et des fleurs du jardin du palais impérial de Tokyo. Après avoir, très régulièrement, puisé leurs inspirations à l’extérieur du Japon, les travaux récents d’Anno prennent pour sujet son Tsuwano natal avec des séries d’aquarelles qui marquent le retour à l’enfance heureuse. Pour ses albums, Mitsumasa Anno a reçu de nombreuses distinctions, au Japon et à l’étranger, dont le Brooklyn Museum of Art Award, la Pomme d’Or de la Biennale d’illustration de Bratislava, plusieurs mentions à la Foire du livre pour la jeunesse de Bologne et le Prix Andersen que lui attribue l’Ibby (International board on books for young people) en 1984. Les mots suivants accompagnaient l’exposition rétrospective Anno’s Journey (Le voyage d’Anno) mise en place, d’août à octobre 2019, par la Japan House de Londres : « Depuis les années 1960, Anno a illustré des centaines de livres. Ses œuvres sont parues dans des publications pour enfants depuis plus de cinquante ans et chaque nouvelle génération de lecteurs au Japon a grandi en connaissant intimement ses œuvres comme si elles faisaient partie de la famille. » En France, au fil des ans, les albums pour enfants de Mitsumasa Anno ont été publiés par l’école des loisirs, Flammarion et Circonflexe. De nombreux titres sont actuellement épuisés. Le dernier ouvrage paru, Gulliver chez les tout petits hommes (Le Genévrier, 2014), est une adaptation personnelle d’Anno d’un texte écrit d’après Jonathan Swift par le dramaturge et romancier Hisashi Inoue.

ÉPIDÉMIE (257) – Après plusieurs reports, Ariane Louis, lauréate, au titre de 2020, du prix E.A.T. Jeunesse pour Le Pays des glaces (Les Cygnes, 2020), pourrait bien recevoir sa récompense le lundi 25 janvier 2021, à 19 heures, au Théâtre 13/Seine, 30 rue du Chevaleret à Paris. C’est, en tout cas, ce qu’espèrent les E.A.T (écrivains associés du théâtre), organisateurs de l’évènement. On peut réserver ici.

FORMATION – L’École du livre de jeunesse, sis à Montreuil, propose, en ce mois de janvier 2021, un cycle de formations à distance avec Christian Bruel, spécialiste de la littérature jeunesse, écrivain, concepteur d’albums et responsable d’édition : Un jour autour de l’œuvre d’Elzbieta, autrice-illustratrice (vendredi 22 janvier), Parodies, détournements, références culturelles : quelles médiations ? (lundi 25 janvier), Un jour autour de l’œuvre de Philippe Corentin, auteur-illustrateur (mardi 26 janvier). À signaler aussi deux autres formations centrées sur la médiation littéraire : Les albums adaptés aux handicaps (mercredi 29 janvier), avec Sophie Martel, spécialiste en accessibilité aux livres et à l’écrit, et Écrire et faire écrire (lundi 1er février), avec l’autrice Hélène Vignal. Ces formations, qui se tiendront à distance de 10 heures à 16 heures 30, sont éligibles à une prise en charge dans le cadre de la formation continue. Les détails sont ici. Informations complémentaires à cette adresse, auprès d’Éliane de Thoisy.

EXPOSITION – La Galerie Gallimard, 30/32 rue de l’université à Paris, propose, du jeudi 21 janvier au samedi 27 mars 2021, une exposition-vente Du livre jeunesse au livre d’artiste : les Grandes Personnes, illustrations originales, épreuves signées et livres pop-up. « La Galerie Gallimard est heureuse d’accueillir les artistes du catalogue Les Grandes Personnes, maison d’édition fondée en 2010. Qui sont les artistes du livre jeunesse ? Des illustrateurs talentueux, mais pas uniquement. Ils sont aussi photographes, peintres, ingénieurs papier, designers, graphistes, graveurs, et même bricoleurs. Ils sont tous passionnés par le livre, sa conception, sa mise en forme, le papier, les couleurs, les différentes techniques d’impression, l’objet. Tous sont des chercheurs, essayant d’apporter le meilleur. Il y a aussi, souvent, ce désir de faire un petit pas de côté, de montrer quelque chose qui n’a pas encore été vu, de faire du beau, de s’adresser à l’intelligence et à la sensibilité de chacun d’entre nous. Dans cette exposition, sont aussi à découvrir des œuvres qui ne sont pas destinées à être reproduites dans un livre. Laissez-vous guider parmi les œuvres des onze artistes présentés : Claire Dé, Aurélien Débat, François Delebecque, Dominique Ehrhard, Pascale Estellon, Jérémie Fischer, Henri Galeron, Bernadette Gervais, Emma Giuliani, Joëlle Jolivet, Philippe UG. Site des Grandes Personnes ici. « Pas de vernissage prévu pour des raisons sanitaires, mais n’hésitez pas à nous prévenir si vous souhaitez venir visiter l’exposition. Nous serons sur place pour vous accueillir le jeudi 21 janvier, de 14 heures à 18 heures. » Contacts et prises de rendez-vous auprès de Sophie Gallet, à cette adresse.

ATELIER – Le Wolf, 20 rue de la Violette à Bruxelles (Belgique) propose aux enfants à partir de 6 ans, le dimanche 24 janvier 2021, de 11 heures à 12 heures 30, un atelier avec Ludovic Flamant et Sara Gréselle qui « présenteront aux enfants leurs deux passions croisées, marionnettes et littérature jeunesse, à travers la lecture de leur dernier album, Bastien ours de la nuit, et la fabrication avec eux d’un petit théâtre de papier à emporter. » L’atelier sera suivi d’une séance de dédicaces. Information complémentaires ici.

EXPOSITION – La Médiathèque Violette Leduc, 18-20 rue Faidherbe à Paris, propose, le samedi 23 janvier 2021, à 18 heures, une rencontre en ligne Winsor McCay : rêver la bande dessinée avec Benoît Peeters. « À l’occasion de la présentation à la médiathèque d’une série de pages de journaux d’époque (1906-1926) montrant le travail de Winsor McCay (1869-1934), auteur du cultissime Little Nemo in Slumberland, Benoît Peeters, grand spécialiste de la bande dessinée, revient sur l’œuvre de ce pionnier de la BD et du dessin animé. » Réservation indispensable à cette adresse, un lien vous sera ensuite envoyé pour suivre la rencontre en direct. L’exposition Little Nemo in Slumberland, présentée à la médiathèque jusqu’au 23 janvier 2021. Attention : « Compte-tenu de la situation sanitaire, accueil dans le strict respect des gestes barrières, dans la limite de la jauge autorisée pour l’ensemble de la médiathèque. »

PARTIR EN LIVRE – Toujours organisée par le Centre national du Livre (CNL), sous l’égide du ministère de la Culture, la manifestation nationale Partir en livre se déploiera du mercredi 30 juin au dimanche 25 juillet 2021, des milliers d’animations dédié à la littérature jeunesse dont un parc d’attractions littéraires, des activités de plein air, des lectures immersives, des initiations booktube, des performances, des rencontres avec des auteurs, des ateliers, des concerts dessinés, des expositions, des bibliothèques de plage, des radios littéraires, des jeux de piste, des chasses aux livres, modestes ou somptueuses. Nouveauté de l’année, une thématique : Mer et Merveilles « qui apportera cohérence et unité à vos animations. » On peut déposer son projet auprès du CNL jusqu’au jeudi 4 mars 2021. Informations très complètes à partir cette page.

SÉLECTION – Le Centre national de la littérature pour le jeunesse (CNLJ) publie, à la BnF, la mise à jour 2020-2021, de sa sélection 100 livres pour les tout-petits proposée dans le cadre de Premières pages, opération du ministère de la Culture destinée à familiariser l’enfant avec le livre dès son plus jeune âge. À télécharger ici.

RESTER ÉVEILLÉ – Le temps fort de la Nuit de la lecture 2021 sera le samedi 23 janvier, des animations pouvant être programmées du jeudi 21 au dimanche 24 janvier, en après-midi ou en soirée. « Tout porteur de projet engagé en faveur de la promotion de la lecture peut proposer une animation : bibliothèques, librairies, structures régionales du livre, associations de développement de la lecture ou de solidarité, mais aussi écoles, établissements scolaire, supérieur et de formation, musées, théâtres, centres culturels, instituts français, centres pénitentiaires, structures hospitalières et médico-sociales, structures pour la petite enfance. » Relire le monde est le thème choisi pour cette cinquième édition. Informations complémentaires et modalités de participation ici.

PARUTION – Vient de paraitre, le numéro 45 de la collection « Modernité ». Titré Écrire l’esclavage dans la littérature pour la jeunesse, il a été dirigé par Christiane Connan-Pintado, Sylvie Lalagüe-Dulac et Gersende Plissonneau.  « Afin d’envisager les différentes propositions de l’édition pour la jeunesse autour de la question vive de l’esclavage, l’ouvrage trace un parcours en trois étapes. La première opère un retour sur les origines de cette production et se penche, d’une part, sur la réception française des authentiques récits d’esclaves et du premier roman abolitionniste, La Case de l’Oncle Tom, d’autre part, sur le détournement d’une œuvre littéraire, quand un écrivain en vient à l’adapter pour la jeunesse. L’étape suivante s’attache au statut des personnages d’esclaves mis en exergue dans les ouvrages du corpus, des personnages privés d’histoire, dont l’identité et les origines ont été niées et auxquels la littérature tente de redonner vie. Enfin, sont explorées, en dernière partie, les voies génériques empruntées par les auteurs pour la jeunesse : d’abord le roman, genre dominant, qui tient la balance entre fiction et histoire de manière contrastée ; puis les genres graphiques, bande dessinée et album, qui diffusent une représentation iconotextuelle de l’esclavage. Nourri par l’histoire et agrémenté par la fiction, ce parcours d’œuvres adressées à la jeunesse pour aborder la question de l’esclavage, se propose d’approfondir des enjeux et une poétique propres à retenir aussi bien l’attention des littéraires que celle des historiens. » Presses universitaires de Bordeaux. 2020, 230 pages, 24,00 euros.

FORMATION – Communication-Jeunesse, sis à Montréal (Québec), propose actuellement – mais la chose est évolutive – six conférences en ligne sur des sujets en lien avec la littérature pour la jeunesse et la lecture des enfants et des jeunes. La liste est ici. Participation libre. « Communication-Jeunesse est voué à la promotion, auprès des jeunes, de la lecture et de la littérature québécoise et franco-canadienne pour la jeunesse. Nous nous employons à mettre sur pied des projets de qualité qui permettent aux jeunes de développer leur goût pour la lecture et de s’initier au monde de la littérature jeunesse. »

RENCONTRE  –  Le dimanche 17 janvier 2021, de 11 heures à 12 heures 30, au Wolf, 20 rue de la Violette à Bruxelles (Belgique), rencontre, lecture, atelier et dédicaces avec l’auteur et illustrateur Jean-Luc Englebert. Pour enfants à partir de 5 ans. Sans parents. 8,50 euros. Dédicaces à réserver ici.

COMME À LA RADIO – Nous n’avions pas signalé. Chaque dimanche, à 17 heures, sur France-Inter, Barbatruc, émission plutôt sympathique, produite et présentée par Dorothée Barba. « Une émission pour les enfants et pour celles et ceux qui l’ont été un jour. Chaque dimanche, avec ses invités, Dorothée Barba se penche sur un grand récit jeunesse. Y a-t-il vraiment une morale à chaque histoire ? Quelles clés ces personnages offrent-ils pour grandir ? Quels stéréotypes véhiculent-ils aussi ? » Nombreux poscasts disponibles. Denis Cheissoux, Lucie Kosmala et L’as-tu lu mon p’tit loup ? (emblématique pastille consacrée aux livres pour les enfants), chassés de la plage horaire du dimanche soir qu’ils occupaient depuis quelques années, ont trouvé refuge en fin d’émission.

ANNIVERSAIRE – Apparu, le samedi 9 janvier 1941, dans Le crabe aux pinces d’or, neuvième album de la série « Les Aventures de Tintin », le capitaine Haddock a 80 ans. « Comme ‘Les Aventures de Tintin’ allaient vers beaucoup plus de réalisme, un chien qui parle, ça devenait un peu infantile. Hergé a donc eu le besoin de doter Tintin d’un compagnon plus étoffé humainement, mais je ne crois pas qu’il ait créé le capitaine Haddock avec l’idée d’en faire un personnage récurrent. » (Albert Algoud, écrivain tintinologue). En 1943, dans Le secret de la licorne, les lecteurs apprendront que l’impulsif homme de mer est le descendant d’un aristocrate français, François de Hadoque, marin de Louis XIV. En 1976, dans Tintin et les Picaros, vingt-troisième et dernier album, Hergé lui offre un prénom et ce sera Archibald. En 1996, lors d’un vote en ligne, le capitaine Archibald Haddock sera élu « personnage principal préféré » de la série, devant Tintin, devant Milou.

EXPOSITION – La Piscine, 23 rue de l’Espérance à Roubaix (Nord), propose jusqu’au dimanche 28 mars 2021, l’exposition Au pays des monstres de Léopold Chauveau (1870-1940). « Parallèlement à son activité de médecin, embrassée par obligation familiale mais qu’il n’appréciait guère, Léopold Chauveau s’est réfugié en autodidacte dans un univers artistique étrange et singulier. À la fois sculpteur, illustrateur et auteur de livres pour adultes et enfants, il est longtemps resté oublié de l’histoire de l’art. […] Avec un trait synthétique et incisif, des aplats colorés saisissants et des cadrages audacieux, Chauveau a illustré de grands classiques, dont il a même parfois revisité le texte, et créé des histoires fantastiques d’animaux et d’enfants dont les péripéties parfois tragiques allient humour et ironie souvent cruelle. D’abord présentée au musée d’Orsay, l’exposition permet une complète redécouverte d’un œuvre sans équivalent à son époque. À La Piscine, elle s’articule autour de trois espaces consacrés aux inventions de Chauveau dans le domaine du récit et de l’image, aux monstres issus de son imagination, enfin aux résonances personnelles et historiques de son œuvre. » Commissariat général : Alice Massé, conservatrice à La Piscine. L’exposition, fermée pour l’instant, rouvrira-t-elle prochainement ?

LECTURE – Chaque mercredi, jusqu’au 27 janvier 2021, le comédien Denis Lavant lit un extrait du Livre des erreurs de Gianni Rodari, à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain. Traduction : Jean-Paul Manganaro. Six semaines, six épisodes. Une co-production de l’Institut culturel italien de Paris et des éditions Ypsilon avec le soutien du Ministère italien des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale. Pour écouter dès maintenant ou plus tard, c’est ici.

BONNE NOUVELLE – Les albums pour enfants : le champ de l’édition et les définitions sociales de l’enfance, article fondateur des sociologues Jean-Claude Chamboredon et Jean-Louis Fabiani paru dans les numéros 13 et 14 de 1977 des Actes de la recherche en sciences sociales était jusqu’à récemment indisponible en ligne. La chose est corrigée. « Nous remercions chaleureusement Jean-Louis Fabiani et la famille de Jean-Claude Chamboredon pour leur disponibilité et l’autorisation à reproduire ce classique de la sociologie de la culture. Nos remerciements vont également aux Actes de la recherche en sciences sociales qui gardent le copyright de ce texte. » A lire (ou à relire) ici.

PARUTION –  Vient de paraitre Littérature de jeunesse : la construction du lecteur par Nadège Langbour. « La littérature de jeunesse joue un rôle essentiel dans la construction du jeune lecteur parce qu’elle s’adresse aux lecteurs de demain. Elle tente à la fois d’aiguiser leurs goûts littéraires et leurs compétences de lecture. Elle met régulièrement en scène le personnage du lecteur sous les traits de l’enfant ou de l’adolescent, pour sublimer l’acte de lire mais aussi fonctionnaliser les pratiques de la lecture qui vont de l’identification au personnage par le « lisant » à l’interprétation herméneutique des textes par le « lectant ». L’étude compare vingt fictions françaises et étrangères destinées à un jeune lectorat. […] Entre théorie et pratique pédagogique, cet essai sur ‘la construction du lecteur dans et par la littérature de jeunesse » invite à penser la construction de l’enfant lecteur. Mais il propose de repenser la posture des lecteurs prescripteurs de littérature de jeunesse qui trouveront dans cette littérature une fontaine de jouvence pour renouveler leur plaisir de lecteur et réinventer leur statut de médiateur entre le livre et l’enfant. » Préface de Christian Grenier. L’Harmattan, collection, 2020. 300 pages, 31,00 euros.

ÉPIDÉMIE (256) – Propos récents de Roselyne Bachelot, ministre de la Culture : « Je mets toutes mes tripes sur la table pour protéger le monde de la culture. On m’a confié une mission et je veux […] la prendre à bras-le-corps. On ne fait jamais assez pour la culture, bien entendu. Je dis [aux professionnels] qu’on vit des circonstances absolument tragiques, que le gouvernement est à leurs côtés, qu’on les écoute, qu’on est en train de bâtir un modèle qui va nous permettre d’affronter cette tragédie. Je fais tout pour qu’une réouverture des lieux culturels début février soit possible, [mais]  ne recommençons pas à enfermer la décision politique dans des dates. Je ne prends pas d’engagement. Nous sommes en pleine incertitude. » Et de terminer toutefois par un message d’espoir : « Les festivals d’été, on doit pouvoir y arriver. Je suis confiante. » (France-Info, vendredi 8 janvier 2021)

REVUE – Le numéro 13 de janvier-mars 2021 de la revue Les arts dessinées alterne, une nouvelle fois, articles très illustrés et actualités comme s’il en pleuvait. Pour ce  trimestre, de nombreux noms sonnent littérature jeunesse à nos oreilles, même si parfois les travaux évoqués lorgnent principalement du côté des adultes. Citons Rébecca Dautremer, Marion Fayolle, Camille Jourdy et Lolita Séchan (interrogées par Frédéric Bosser), Natali Fortier, Martin Jarrie et Léopold Chauveau. La contribution de Janine Kotwica est un bel hommage à Alain Gauthier. Il y a plusieurs pages recensant un petit lot de nouveautés pour la jeunesse. Ce numéro : 14,95 euros. Sommaire détaillé et conditions d’abonnement ici.

RÉOUVERTURE – À la BnF, depuis le mardi 5 janvier 2021, la salle de lecture du Centre national de la littérature pour la jeunesse (CNLJ) accueille à nouveau le public, du mardi au vendredi, de 10 heures à 18 heures. Les modalités précises (qui, à ce stade, s’appliquent jusqu’au 31 janvier) sont détaillés ici.

REVUE – Le numéro 142 (décembre 2020, janvier et février 2021) de LibbyLit que publie la section belge francophone de l’Ibby vient de paraitre : dossier d’une dizaine de pages (opinions, notes critiques, bibliographie) à propos de l’auteur, illustrateur et éditeur Benoît Jacques et de nombreuses informations dont une partie documente l’actualité des partenaires belges de la section. Luc Battiew rend hommage à Jeannine Bruny et Monique Malfait-dohet à Ganna Ottevaer-Van Praag. La part la plus copieuse est toujours réservée aux recensions, très précises, de nouveautés. Site de la section ici.

EXPOSITION – La médiathèque Bonlieu, 1 rue Jean Jaurès à Annecy (Haute-Savoie) accueille, du samedi 9 janvier au samedi 27 février 2021, l’exposition Quand Gilles Bachelet chahute les contes, soit une présentation d’originaux, de reproductions numériques et de carnets de croquis prêtés par l’artiste. « Auteur incontournable de la littérature jeunesse, Gilles Bachelet charme petits et grands par sa tendre fantaisie et une imagination surprenante. Ses aquarelles truffées de mille détails invitent à la contemplation et à d’innombrables jeux. » À savoir : compte tenu de la situation sanitaire actuelle, les médiathèques d’Annecy accueillent le public en jauge limitée et, en cas d’affluence, l’entrée ne sera pas possible pour tous. Informations pratiques ici.

RENCONTRE – Pour fêter la fin de l’année 2020, Lire et faire lire organisait, le vendredi 18 décembre, une rencontre en visioconférence entre Clémentine Sourdais, auteure et illustratrice, et les bénévoles de l’association. « Malheureusement, suite à un problème technique, seules 100 personnes ont pu être acceptées dans la salle de réunion Zoom. » Lire et faire lire rattrape le coup en mettant en ligne, pour tous, l’intégralité de la rencontre, le lien est ici.

FORMATION – Le programme 2011 des formations et des manifestations mises en place par le Centre national de la littérature pour la jeunesse (BnF) est paru. Il est téléchargeable ici.

‌‌‌PARUTION – Nicole Maymat nous écrit : « J’ai plaisir à vous annoncer la parution du livre Mon nom est Nasser. C’est un récit. Un scandale qu’il me fallait dénoncer – un de plus, sans doute, parmi la longue litanie des horreurs qui traversent le monde –  mais, celui-ci, grâce à Colette Jeandot-Mourlon et à Nasser, je l’approchais de près. Je n’avais pas le choix. Écrit en 2018, c’était oublier les contretemps d’une année chaotique suivis de la crise sanitaire de ces derniers mois. Depuis, hélas, Colette nous a quittés. Son bel enthousiasme, sa formidable attention aux autres, n’ont pas suffi à vaincre la maladie. Je lui dois cette histoire qu’elle m’avait grandement encouragée à écrire. Jean-Pierre Siméon en a écrit la préface. Avec d’autres amis, il m’a, lui aussi, engagée à la publier. Le bénéfice de cette édition est destiné au Réseau éducation sans frontières (RESF) de l’Allier. Pour toute information concernant l’acquisition de ce livre, je vous remercie d’envoyer un message à cette adresse. À Moulins, le livre est disponible en librairie. Espérant vivement que cette initiative retiendra votre attention, je vous souhaite, malgré l’incertitude des temps, une année aussi joyeuse et sereine que possible. » 12,00 euros plus frais de port.

C’EST TRÈS, TRÈS BIENTÔT – Le lieu unique, scène nationale de Nantes (Loire-Atlantique), fermé au public, propose la diffusion en direct de certains de ses spectacles. Mercredi 6 et jeudi 7 janvier 2021, ce sera Rémi d’après Sans famille, roman d’Hector Malot, adapté par le comédien, metteur en scène, marionnettiste et ventriloque Jonathan Capdevielle. « Pour son premier spectacle adressé au jeune public, Jonathan Capdevielle s’empare du classique d’Hector Malot et le transforme en un trépidant road trip contemporain, jalonné de références pop et de fantastiques poupées géantes, dont les adultes vont raffoler. » Le lien pour la représentation du mercredi, 19 heures, est ici. Le lien pour la représentation de jeudi, 19 heures, est . C’est gratuit.

PARUTION – Vient de paraitre Littérature de jeunesse au présent (2) : genres graphiques en question(s) dirigé par Christiane Connan-Pintado et Gilles Béhotéguy. « À la fois atout de séduction et support de compréhension pour le jeune destinataire, l’image joue un rôle fondamental dans la littérature de jeunesse, en particulier dans les genres graphiques : l’album, la bande dessinée et le conte (généralement illustré). Longtemps considérés comme mineurs, plutôt tournés vers l’enfance, ils ont désormais conquis droit de cité dans le domaine littéraire. Les études proposées abordent ces différentes catégories génériques entre lesquelles les frontières sont souvent poreuses. Le classement en genres et sous-genres de l’album, de la bande dessinée et du conte illustré tente d’ordonnancer une production aussi proliférante que diverse, tout en prenant en compte les phénomènes d’hybridation et de trans-généricité qui affectent les œuvres étudiées. » L’ouvrage prolonge un premier volume, Littérature de jeunesse au présent : genres littéraires en question(s) consacré à l’appropriation des genres canoniques (roman, théâtre et poésie) par les livres pour la jeunesse. Presses universitaires de Bordeaux, 2020. 344 pages, 24,00 euros.

PRIX – Sandra Edinger a reçu le prix de la première œuvre en littérature de jeunesse 2020 du Ministère de la culture de la Fédération Wallonie-Belgique pour Le grand débordement, (Winioux, 2019). Il s’agit d’un ouvrage atypique, qui propose deux récits, différents, mais parallèles, dotés d’un texte quasiment identiques et qui sont consignés dans un livre réversible, avec deux couvertures principales. « Je joue avec le texte et l’image jusqu’à ce qu’ils se répondent parfaitement. Ainsi, le lecteur construit lui-même le sens. Je cherche un dessin le plus simple possible, une ligne, quelques couleurs. Il s’apparente à une écriture qui vient raconter l’essentiel de ce qu’il a à dire. J’aime les détails car l’enfant les identifie, les reconnaît et s’y sent en sécurité. Je souhaite parler de thèmes importants comme l’écologie, la solidarité, la séparation, sans moralité, afin que l’enfant se les approprie à travers un imaginaire et puisse ouvrir son propre espace de questionnements. » (Sandra Edinger)

ÉPIDÉMIE (255) – Ariane Mnouchkine, directrice du Théâtre du Soleil, pique une colère car elle ne comprend pas la lenteur et les atermoiements du gouvernement en matière de vaccination. Elle a pris l’initiative d’une tribune qui fédère, à ce jour, plusieurs centaines de signatures. Voici la fin du texte : « Ministres français, vous tremblez ? Et votre chef ? Alors que, avec une incroyable promptitude, inespérée il y a encore quelques semaines, des savants du monde entier, ont, grâce à leur travail acharné, déposé en vos mains l’arme nécessaire et, bientôt, suffisante, pour vaincre le virus et libérer le pays de cet occupant dévastateur, vous tremblez ?! Alors partez. Démissionnez. Nous avons besoin de gens courageux, compétents, respectueux de leurs concitoyens. Eh bien, qu’attendez-vous ? Vous voulez des suicides, des émeutes ? Des suicides, il y en a déjà. Quant aux émeutes, elles brûlent dans beaucoup de cœurs. Des cœurs pourtant bien sages d’habitude. » Pour lire le texte en entier et, le cas échéant, le signer, c’est ici.

RÉSIDENCE – « Dans le souci d’encourager les pratiques culturelles liées au livre pour  enfants et dans le prolongement du Salon Régional du Livre pour la jeunesse de Troyes, Lecture &  Loisirs, en partenariat  avec la Région Grand Est, propose une résidence à un auteur-illustrateur de littérature pour la jeunesse. Ouverte à tous les auteurs-illustrateurs de livres pour la jeunesse de langue française dont le travail se situe dans  les  domaines du documentaire ou de la fiction, ayant déjà publié un livre en langue française à compte d’éditeur  et  ayant  un  projet  complet  (texte et illustration), ainsi qu’aux illustrateurs pouvant présenter un projet personnel de texte suffisamment long pour pouvoir juger du niveau de qualité littéraire. Cette résidence permet à chacun des  invités de  se consacrer à un travail personnel. Sa durée est de deux mois, du 1er octobre au 30 novembre. 2021. » Le dossier comprendra une lettre de candidature, une bio-bibliographie, une présentation du projet d’édition et un des livres édités. Les trois premiers documents devront obligatoirement être envoyés au plus tard le vendredi 5 mars 2021, par voie électronique à cette adresse. L’appel à candidatures est ici.

PETITES AUTOS – Hachette Collections publie, en kiosque et sur abonnement, au rythme d’une parution par quinzaine, une série « Voitures & véhicules fantastiques Blake et Mortimer ». Le numéro 1 sera double et proposera deux miniatures, l’Espadon SX1 et la Ford V8, véhicules sortis de l’album L’Énigme de l’Atlantide. Le prix de lancement en kiosque est de 5,99 euros. Le numéro 2 qui offrira la Buick cabriolet rouge du Secret de l’Espadon sera vendu au (vrai) prix de 7,99 euros. Le numéro 3, gratuit en cas d’abonnement, contiendra le taxi Austin de La Marque jaune. En sus, dans chaque numéro, un rédactionnel sur l’univers mécanique de la bande dessinée d’Edgar P. Jacobs, sur la vie de l’auteur, sur les personnages principaux et secondaires, etc. Pour s’abonner, c’est ici.

DISPARITION – Norbert Morandière, dit Norma, dessinateur de bande dessinée, est décédé le vendredi 1ier janvier 2021. Il avait 74 ans. Après une enfance en Algérie, il avait publié ses premiers travaux, en 1971, sous le pseudonyme (très provisoire) de Marcus, dans Falatoff, fanzine de la grande époque des fanzines. « Quand je regarde certaines planches, j’ai l’impression qu’elles ne sont pas de moi. Et je me dis que, finalement, ce n’était pas si mal. » Débuts professionnels discrets, au début des années 1970, dans la presse catholique (pour Djin, Formule 1 et Record) et dans le mensuel Amis-Coop que publie l’Office central de la coopération à l’école. Pour le magazine Pif Gadget, Norma mettra des images de style réaliste, au trait souple et nerveux, sur des récits de Roger Lecureux, scénariste maison, créant avec lui le personnage de Capitaine Apache, fils d’une amérindienne et d’un pionnier irlandais. Cette série humaniste, plaidoyer contre le racisme et l’injustice, à contre courant de la plupart des westerns de l’époque, déroulera 105 épisodes, entre 1974 et 1986. Cinq albums chez Vaillant et à La Farandole, deux rééditions chez Soleil et une intégrale en cours aux éditons du Topinambour. Entre 1989 et 1994, parution d’une série d’heroïc fantasy en trois albums, « Hazel et Ogan », aux éditions Blanco puis Soleil, sur des scénarios de Bosse, avec elfes, nains, trolls et dragons et dont les premières pages, celles de L’Épée de foudre, étaient parues dans l’hebdomadaire Tintin en 1986 et 1987. Norma publiera ensuite, dans Vécu, magazine des éditions Glénat, des séries à caractère historique telles que « Les souvenirs de la pendule » (1989-1990 ; scénario de Patrick Cothias), « Pieter Hoorn » (1991-1994 ; scénario de Frank Giroud), « Saïto » (1993-1995 ; scénario de François Corteggiani). Collaborations sporadiques dans la formule mensuelle de Pif Gadget, en 2006 et en 2008, pour les séries « François Laurizon » et « Samantha Blog ». Signalons également, en 2009, la parution de À 18 ans sous les balles au Vercors, co-signé avec Franck Poireau, aux (alsaciennes) Éditions du Signe. L’ultime texte illustré par Norma, La centième mouche, écrit par Philippe Lacoeuille, fils du maire de Saint-Amant-de-Boixe, village proche d’Angoulême où le dessinateur s’est installé une fois retraite venue, est publié, en 2016, chez Bulles de crayon, grâce à un financement participatif. « Pour moi, le dessin est au service d’un texte, au service d’une idée. Si c’est un art, ce n’est pas au niveau du dessin qu’il se place, mais au niveau de la manière de faire ressentir au lecteur un sentiment, une idée. Le dessin doit être au service de cela et non pas le contraire. » (dans Schtroumpf, en 1977)

POUR LA ROUTE – Wajdi Mouawad, écrivain, metteur en scène, nous souffle, sur son compte Twitter, une promesse pour l’année qui commence : « Personne ne saurait lutter seul contre l’incertitude. Il faut alors avancer ensemble. »

DISTINCTION – Par décret en date du 31 décembre 2020, Bernadette Després, auteure et dessinatrice, a été élevée au grade de chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur sur le contingent du Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports « pour ses 56 ans de service ». Le CRILJ s’associe à Tom Tom et à Nana pour la féliciter. Dans la même promotion, l’écrivain Timothée de Fombelle est élevé au grade de chevalier à l’Ordre National du mérite sur le contingent du Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports « pour ses 24 ans de service ».

COLLOQUE – En raison de la situation sanitaire, le colloque international Enfance + culture = socialisation : la socialisation culturelle des enfants, dispositions, catégorisations, reconfigurations organisé par le Département des études, de la prospective et des statistiques (Ministère de la culture), l’équipe Circeft-Escol (Université Paris 8) et le Centre Georges-Pompidou se tiendra à distance entre le vendredi 8 et le dimanche 19 janvier 2021. Les inscriptions sont obligatoires. Programme complet ici. Inscription . Les sessions seront enregistrées et mises en ligne, après le colloque, sur le site du Centre Pompidou.

DISPARITION – Arthur Berckmans, dessinateur et scénariste de bandes dessinées, plus connu sous le pseudonyme de Berck, est décédé le dimanche 27 décembre 2020. Il avait 91 ans. Passionné par la BD américaine, tant Flash Gordon que Mickey Mouse, Arthur Berckmans étudie le dessin à l’Académie des Beaux-Arts de Louvain, en Belgique néerlandophone, puis à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. Originaire d’une famille modeste, il travaille, de 1948 à 1952, comme employé dans un couvent jésuite de Louvain où il occupe un mi-temps administratif et un mi-temps artistique pendant lequel il illustre au crayon noir les vies de saints et de missionnaires dont le mensuel Pro Apostolis a besoin. Après plusieurs refus d’éditeurs qui ne le trouve pas assez professionnel, Berck travaille pour Publiart, agence bruxelloise attachée aux éditions du Lombard de Raymond Leblanc. Il s’adonne à la bande dessinée publicitaire. En 1958, Raymond Leblanc accueille enfin, dans le Journal de Tintin, le parisien et malchanceux chauffeur de taxi Strapontin dont Berck gardait l’idée dans ses cartons depuis plusieurs années. Les scénarios sont signés René Goscinny, durant six ans, puis Jacques Acar, durant deux ans. Dans le même journal, Berck crée, en 1961, « Ken Krom », série pastichant James Bond, et, avec Yves Duval, la série « Rataplan » dont le héros est un jeune tambour napoléonien. En 1967, il quitte Tintin (dont il n’apprécie pas les ingérences éditoriales) pour Spirou, hebdomadaire concurrent, où il dessine, sur des scénarios de Raymond Macherot et d’Yvan Delporte, les aventures du capitaine Mulligan, pilote de remorqueur dans le port de New York. Son dessin gagne en lisibilité et en dynamisme. En 1969, le scénariste Raoul Cauvin refuse à Berck le projet de créer ensemble une série sur les détectives incorruptibles des années 1920-1930, mais lui en suggère une autre qui aurait pour héros des gorilles. Sammy et son patron Jack Attawa tiendront donc, dans Spirou, de mars 1970 à mai 2009, une agence de gorilles mercenaires qui, au temps de la prohibition, mettent expérience (et mitraillettes) au service de n’importe quel client, à condition qu’il paie. Loufoquerie et humour noir assurés dans un journal de moins en moins frileux. Berck travaille parallèlement pour le marché flamand. Associé à Leo Loedts, il alimente les éditions Altoria Averbode en récits solides mais plus édifiants que ceux qu’il destine à la presse francophone. Publication notable, dans les magazines néerlandais Sjors et Eppo, des séries « De Donderpadjes » (1971-1974), une histoire de scouts, et « Lowietje » (1974-1983) qui a pour personnage principal un jeune orphelin, riche héritier aux projets contrariés épisode après épisode. Spirou accueillera la seconde série, en 1978, sous le titre « Lou, James et Blub ». A noter, en 1972, une incursion dans la science-fiction, humoristique tout de même, dans le magazine allemand Primo, pour une reprise de la série « Mischa » de Becker-Kasch, Walter Neugebauer et Ludwig Fischer. Pour faire face à ses multiples tâches, Berck rassemblera une efficace équipe d’assistants, officieusement nommée Studio Berck, à qui il confiera des crayonnés, des arrière-plans, des encrages, des lettrages, des mises en couleurs. Dessinateur prolifique, travailleur méthodique, en mesure de publier trois ou quatre albums par an, Berck prendra sa retraite en 1994. Pas du tout connu des jeunes lecteurs d’aujourd’hui, il laisse derrière lui une œuvre inventive à l’humour décomplexé, rééditée (un peu) par La Vache qui Médite, « éditeur des nostalgiques ».

REVUE – Le dossier du numéro 176 (décembre 2020) de Lecture jeune se pose des questions de genres. « Quelles représentations la littérature propose-t-elle aujourd’hui des jeunes qui ne se reconnaissent pas dans les normes de l’identité binaire et de l’hétérosexualité ? Quels livres acquérir, et comment les repérer au sein de la production éditoriale pour adolescents ? Quelles questions les éditeurs se posent-ils en amont de la publication, face à un sujet qui peut vite déclencher des polémiques incendiaires ? Et comment éviter le recours à des schémas narratifs toujours similaires qui imposerait alors une nouvelle norme ? » Deux articles consécutifs interrogent l’intérêt puis les limites de l’écriture inclusive. Ce numéro : 14,00 euros. On peut s’abonner ici.

LIRE AVEC BÉBÉ – En Belgique, Coucou ! de Nathalie Paulhiac (À pas de loups, 2020) est l’album offert, depuis ce mois de décembre, aux nouveau-nés et à leurs parents, dans les consultations de l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) pour favoriser la lecture des tout-petits. Coucou ! succède à Bon de Jeanne Ashbé (école des loisirs) offert de 2017 à 2019 dans le cadre de la même opération.

PARUTION – Après avoir publié un recueil d’haïkus écrits à quatre mains durant trente années avec son époux Jean-Hugues Malineau (Dans le bonheur d’aller, Pippa, 2020), Françoise Naudin-Malineau nous livre dans Sur le chemin de l’après, Haikus, 1989-2017, récit de sa résilience suite au décès du poète, survenu en 2017. « Ce livre prend la forme d’un chemin de consolation, le long duquel l’auteure nous invite à revivre ses plus beaux moments en compagnie de son mari. La présence bienveillante de Jean-Hugues Malineau est d’autant plus prégnante que certains de ses haïkus s’entremêlent aux souvenirs et à la poésie de son épouse. Hommage à l’homme qu’elle aime mais qui n’est plus, Sur les chemins de l’après est un haïbun personnel et vibrant : un texte écrit sur du papier de soi. » Préface de Thierry Cazals et dessins de Françoise Naudin-Malineau. Pippa 2020, 110 pages, 16,00 euros.

MAGAZINE – Le numéro 47, hiver 2020, de Philosophie magazine est un numéro spécial titré Tintin et le trésor de la philosophie. « Le parti pris de ce hors-série, c’est que les aventures de Tintin offrent à qui veut bien chausser les lunettes du philosophe un petit traité, joyeux et profond, des vertus, de métaphysique et de politique, une introduction ludique et accessible aux grands concepts : l’amitié, la raison, la superstition, le courage, tels qu’ils ont été définis par Aristote ou Spinoza, Nietzsche ou Arendt. Et comme dans le finale de Rackham le Rouge, que nous avons choisi pour illustrer la couverture [de ce numéro], le trésor ne se trouve pas, finalement, au bout du monde, mais à portée de main, sous nos yeux – dans la crypte de Moulinsart. » Les articles sont regroupés en trois chapitres :  Métaphysique : le vrai, le réel et le double ; Éthique : petit traité des vertus ; Politique : la loi et la force. 104 pages, 9,95 euros, En kiosque.

SOUTIEN – La Fédération Wallonie-Bruxelles attribue à des auteurs et illustrateurs de niveau professionnel issus de Wallonie et de Bruxelles des bourses de soutien pour des projets « particulièrement ambitieux, originaux, innovants et prometteurs. » Les candidats souhaitant déposer un dossier prendront connaissance ici des conditions de participation. Dates butoir pour l’introduction des candidatures : 30 janvier, 30 avril et 31 août 2021, cette dernière étant également celle de l’échéance pour la bourse de congé sabbatique. Formulaire de demande à cet endroit.

PARUTION – Vient de paraitre l’ouvrage bilingue Histoires de famille et littérature de jeunesse : filiation, transmission, réinvention, dirigé par Rose-May Pham Dinh and Virginie Douglas. « Ce livre réexamine la représentation de la famille dans des romans, albums ou pièces de théâtre pour la jeunesse relevant de différentes aires géographiques, culturelles et linguistiques. Bienveillants ou aliénants, les liens tissés entre générations ou au sein de la fratrie conditionnent la construction des jeunes protagonistes. La littérature de jeunesse reflète la diversité de la famille et sa capacité à évoluer, voire à se réinventer (familles monoparentales ou homoparentales, recomposées, adoptives). En proposant des modèles parfois éloignés des réalités connues des lecteurs, elle les invite à réévaluer leur propre expérience mais témoigne aussi d’une certaine constance des attentes et des interrogations que l’institution suscite. » Peter Lang, 2020, 312 pages, 45,00 euros.

SÉLECTION – Le Centre national de la littérature pour la jeunesse (BnF) propose, classée par âge, une bibliographie sélective de textes de théâtre pour lecteurs enfants et adolescents. À lire seulement ou à mettre en scène, peut-être. « Le théâtre pour la jeunesse est un secteur foisonnant. Découvrez en avant-première les textes dramaturgiques contemporains sélectionnés dans notre numéro de sélection annuelle 2020, au côté des titres retenus lors des éditions précédentes. Une cinquantaine de textes pour des lecteurs de 6 à 15 ans, du monologue à la pièce chorale. » À télécharger ici.

MAGAZINE  – A l’occasion de la sortie de L’envoyé spécial, dernier album de la série « Les Tuniques bleues », GEO Histoire consacre un numéro spécial à la fameuse saga et à la guerre de Sécession. « En compagnie du caporal Blutch et du sergent Chesterfield, les deux héros de la bande dessinée, et à travers photographies et documents d’époque, revivez ce conflit qui déchira l’Amérique du Nord et continue de la hanter. Un cahier BD complète l’ensemble : plongez dans les coulisses de la saga et retrouvez Willy Lambil, son dessinateur depuis 1972, qui dévoile ses superbes aquarelles. Enfin, en compagnie de BeKa et Munuera, les nouveaux auteurs, découvrez en avant-première des planches du nouvel album. » Prisma media, 2020, 132 pages, 12,90 euros. En kiosque.

PARUTION – Les éditions d’eux, maison québécoise, publie une réédition de Comme un roman de Daniel Pennac avec les illustrations de Quentin Blake. « Enseignant, auteur, père et grand lecteur, Daniel Pennac livre ici ses réflexions et ses observations sur la lecture et sur la place des livres dans notre vie. […] Mariant le texte inspirant de Daniel Pennac et les illustrations du grand Sir Quentin Blake, cette édition anniversaire de Comme un roman est un pur délice. » D’eux, 2020, 184 pages, 17,20 euros.

ÉPIDÉMIE (254) – Au vu du contexte sanitaire et du risque d’augmentation de l’épidémie à court terme, le Conseil d’État a, le mercredi 23 décembre 2020, validé la fermeture des théâtres et des cinémas décidée par le gouvernement jusqu’au 7 janvier 2021 au moins. Dans le même temps, il offre à la profession des motifs d’espoir en retenant partiellement leurs arguments : si la situation sanitaire s’améliore, le maintien de la fermeture générale des cinémas et autres lieux de spectacle, attentatoire aux libertés, ne pourra pas être « justifié par la seule persistance d’un risque de contamination de spectateurs par le virus. » La plus haute juridiction administrative a, en particulier, souligné l’efficacité des protocoles sanitaires mis en place dans les salles de spectacle, où le risque de transmission du virus est, dès lors, « plus faible que pour d’autres événements rassemblant du public en lieu clos ». Le représentant du ministère de la Santé, Charles Touboul, avait reconnu, lundi, qu’aucune étude n’avait apporté les preuves que les salles de spectacle étaient plus propices aux contaminations [que d’autres lieux actuellement autorisés], se contentant de rappeler l’existence d’un risque. Les artistes et responsables de structures et d’établissements qui avaient déposé les référés vivent cette décision comme une injustice. « Il nous faut maintenant bâtir un modèle résilient de fonctionnement des lieux culturels. […] Tout est sur la table : calendrier, protocoles, adaptations aux conditions sanitaires et aux caractéristiques des salles. Je salue l’esprit de responsabilité et de dialogue des responsables du spectacle vivant et du cinéma, mais aussi des musées et des monuments. C’est tous ensemble que nous relèverons ce défi. » (Roselyne Bachelot, ministre de la Culture)

C’EST BIENTÔT NOËL (15) – Pas trop pour votre petit dernier, certes, mais si vous avez un vraiment gros cadeau à faire (ou à vous faire), Les Contes de Perrault illustrés par l’art brut est, peut être, la solution. Publié sous la direction scientifique de Céline Delavaux (qui a écrit l’une des introductions, l’autre étant signée Bernadette Bricout), l’ouvrage est riche d’une iconographie rassemblant 135 œuvres du XXe siècle à nos jours. Les 84 artistes représentés bénéficient chacun de leur notice biographique. « Laissons place au terrible loup qui dévore sans état d’âme la grand-mère et le Petit Chaperon rouge, aux bûcherons qui abandonnent leurs sept garçons dans la forêt, à cet homme terrifiant à la barbe bleue, à cette jeune fille, triste de ne pouvoir aller au bal. Au calme de l’âtre ou dans le rythme effréné de nos vies, écoutons ce que les contes ont à nous dire à propos de nous et du monde. […] La peur, l’inquiétude, la douleur, mais aussi l’insouciance, la joie et toutes les émotions racontées par Perrault sont sublimées ici par la pulsion créatrice des artistes dits « bruts ». Ces femmes et ces hommes, éloignés de toutes les conventions académiques et peu soucieux de reconnaissance, expriment dans leurs œuvres spontanées les angoisses et les rêves qui habitent l’être humain. » Diane de Selliers, 2020, 374 pages, volume relié sous coffret, 230,00 euros.

PARUTION – Récemment paru Les Novellisations pour la jeunesse, nouvelles perspectives transmédiatiques sur le roman pour la jeunesse, sous la direction de  Laurent Déom et Benoît Glaude. « Cet ouvrage collectif aborde les transpositions littéraires, à destination de la jeunesse, d’œuvres issues d’autres médias que la littérature : romans et albums transmédiatiques, du XIXe au XXIe siècle, qui proviennent de médias aussi divers que le film et le dessin animé, la série et le jeu télévisés, le manga et la bande dessinée, la peinture et la carte géographique. » Sommaire ici. Academia, 2020, 330 pages, 34,00 euros.

REVUE –  Le numéro 165 de la revue d’informations et d’études sur la bande dessinée HOP ! (premier et deuxième trimestre 2020) est arrivé, résultat d’un travail patient que le confinement a bigrement compliqué. Toujours le même plaisir de lecture. Parmi les dossiers : la deuxième partie d’un hommage à Albert Uderzo (par Francis Saint-Martin) et la quatrième d’une tentative de bibliographie complète de Cézard (par Gérard Thomassian et Louis Cance), dans Caméra 34 cette fois, en attendant Vaillant pour un prochain numéro. La rubrique Remember est particulièrement conséquente. Le site de la revue est ici.

C’EST BIENTÔT NOËL (14) – Vient de paraitre le BDM 2021-2022 mitonné très principalement par Philippe Mellot, Laurent Turpin, Isabelle Morzadec et Michel Denni. Illustration de couverture : Jean-Claude Mézières. L’ouvrage est imposant. Il revient à la dimension encyclopédique des origines et retrouve sa dimension référentielle avec la réintégration de près de 26 000 albums publiés depuis 2014, offrant ainsi l’intégralité des bandes dessinées parues en langue française de 1813 à nos jours. La côte des albums a été revue en faisant converger les ventes en librairies d’ancien et les enchères physiques ou numériques. Le chapitre consacré à Tintin a été mis à jour. L’index, must de l’ouvrage, aidera grandement dans leurs recherches néophytes et passionnés. Les Arènes, 2020, 1700 pages, 49,00 euros.

REVUE – Le numéro 87 de décembre 2020 de Citrouille est paru avec, à la une, la  question suivante : les livres jeunesse sauveront-ils la planète ? « Une question cruciale, un tantinet naïve, mais disons-le, hautement citoyenne et politique. […] Lorsque le sujet de l’écologie prend de plus en plus d’importance dans nos vies et dans notre société, c’est aussi visible dans l’offre éditoriale. Pour tenter de trouver des réponses, nous avons donc rassemblé des éditeurs, éditrices, auteurs, autrices qui se mobilisent et revendiquent cet engagement, nous avons mené l’enquête au rayon écologie de nos librairies, nous avons sélectionné une bibliographie verte et bleue, nous avons même fait une place pour Greta et Giono. » Plein d’autres choses dans ce numéro et même cinquante coups de cœur. Gratuit dans les librairies Sorcières.

CATALOGUE – La librairie Michèle Noret, 30 boulevard Exelmans à Paris, publie son douzième catalogue (novembre 2020) de livres pour enfants rares et anciens. Une centaine de titres, précisément décrits et assortis de l’image de la couverture. Téléchargeable ici.

PARUTION – Paru récemment, au cœur du premier confinement, Mon enfant aime lire : cultiver le goût de lire en famille par Eve Herrmann. « Au fil d’une réflexion sur sa propre expérience familiale, parsemée de témoignages et d’avis d’experts, Ève Herrmann décrypte le mécanisme de transmission qui conduit à aimer lire, depuis les premières lectures aux tout-petits jusqu’aux échanges autour d’un roman avec les plus grands. Pour elle, la pratique de la lecture à voix haute avec ses enfants est la clé de voûte d’une culture commune au sein de la famille, et d’une relation forte entre ses membres. Elle émaille son texte de références aux lectures marquantes de l’enfance et fournit des idées pour se lancer, car en commençant petit, on lit toute sa vie. » Solar, 2020, 208 pages, 19,90 euros.

C’EST BIENTÔT NOËL (13) – Pour les visiteurs du site parlant l’italien, cet épais volume, équivalent, chez Mondorini, d’un « Pléïade » de chez Gallimard. Paru récemment, Opere rassemble l’œuvre intégrale de Gianni Rodari présentée par la chercheuse en littérature italienne (et scandinave) Daniela Marcheschi. « L’un des écrivains les plus lus et les plus traduits au monde, apprécié pour la vivacité de son écriture, pour la modernité de ses fictions et le génie de sa Grammaire de l’imagination. Gianni Rodari est une référence pour étudier les techniques de l’écriture créative. Si, en Italie, Rodari est avant tout considéré comme un auteur pour enfants, l’écrivain des Poèmes, comptines et autres fabulettes de la terre et du ciel et de Histoires au téléphone apparaît aujourd’hui, à travers ce gros ouvrage, dans sa complexité moderne et subtile. L’étude de Daniela Marcheschi retrace l’ensemble des procédés de son atelier [laboratorio] – poèmes, comptines, contes, histoires, romans, essais, articles divers -, révélant un récit biographique qui témoigne de l’extrême sensibilité que Gianni Rodari porte à son époque. L’ouvrage est complété par un précieux carnet d’illustrations en couleurs, établi par Grazia Gotti, au travers duquel le lecteur peut retracer l’histoire de l’édition de ses textes les plus célèbres accompagnés par les images d’artistes tels que Paul Verdini, Bruno Munari, Francesco Altan et Lorenzo Mattotti. » Mondorini, collection « Meridiani », 2020, 2032 pages, 90,00 euros.

DISPARITION – Viviana Quiñones est décédée le mercredi 16 décembre 2020. D’abord enseignante en Argentine, puis bibliothécaire, elle se rapproche, en 1987, de la Joie par les livres (JPL) et rejoint, en 2008, la Bibliothèque nationale de France (BnF) quand l’association intègre l’établissement public. Viviana Quiñones déploya, trente ans durant, un engagement militant, passionné et chaleureux pour le développement de la lecture en général et pour la promotion de la littérature de jeunesse en particulier. Très investie dans la formation professionnelle, elle était convaincue de la nécessité de la transmission et elle organisa et anima, tant en France qu’à l’étranger, des stages et des journées d’étude très suivis. Elle fut également à l’origine de nombreux articles, interviews et recensions critiques. Elle avait fondé, en 1989, avec Marie Laurentin, au sein du secteur interculturel de La Joie par les livres qui animait alors un réseau de lecture critique et d’échanges dans des bibliothèques d’Afrique sub-saharienne, la revue Takam Tikou, publication tri-annuelle qui élargira peu à peu son domaine d’information et d’action au Monde arabe, à la Caraïbe et à l’Océan Indien. Signalons, support d’autoformation souhaité par de nombreux bibliothécaires africains, la publication, en 2005, d’un guide de l’animateur, Faire vivre une bibliothèque jeunesse, hors-série à la fois théorique et pratique de Takam Tikou dont elle assura la coordination. Viviana Quiñones sera, au fil des années, très présente au plan international, notamment au sein de l’IBBY (International Board on Books for Young People) et de l’IFLA (International Federation of Library Associations and Institutions). Elle est, en particulier, dès 2009, partie prenante du projet Sisters Libraries (initié par l’IFLA) dont le but est de permettre à toute bibliothèque ou section jeunesse de se mettre en contact avec une bibliothèque à l’étranger, afin de bâtir un partenariat, échanger des avis et des expériences, mener des actions conjointes. « Infatigable, polyglotte et toujours souriante, Viviana suscitait spontanément la sympathie. Elle laissera une marque profonde dans nos communautés professionnelles par l’ampleur de son action et sa soif d’initiatives. » (Antoine Torrens, conservateur, directeur des bibliothèques de Compiègne).

OPÉRA – Sur le site Internet de l’Opéra de Paris, Bastien et Bastienne, de Wolfgang Amadeus Mozart. « Diggi, daggi, shurry, murry, horum, harum… Avec cette formule magique, le jeune berger Bastien pourra regagner le coeur de sa chère bergère Bastienne. Mozart compose ce court singspiel à l’ âge de 12 ans. Dans la mise en scène de Mirabelle Ordinaire, l’action est transportée dans une fête foraine contemporaine où des badauds viennent tirer sur les loups en carton du stand de tir, le volage Bastien devient le mécanicien chargé d’entretenir les stands, pendant que les douze musiciens jouent dans leur kiosque à musique. Présenté dans une version française, fidèle à la sensibilité de Mozart, l’opéra est adapté pour être immédiatement compréhensible par tous les publics. » Direction musicale : Léo Warynski. C’est ici et c’est gratuit.

C’EST BIENTÔT NOËL (12) – Enfants, cotisez-vous, offrez ce livre à papa-maman et lisez par-dessus leurs épaules. Vient de paraitre Des souris et des hommes de John Steinbeck illustré par Rébecca Dautremer. « En 1937, John Steinbeck publie un court roman qui deviendra un chef-d’œuvre de la littérature, mondiale. Des souris et des hommes, c’est l’histoire de George et Lennie, deux saisonniers qui voyagent à travers la Californie, rêvant d’une vie meilleure. Une histoire magnifique, qui nous raconte l’amitié, l’espoir, mais aussi la cruauté des hommes, et qui a profondément ému des millions de lecteurs. Rébecca Dautremer adapte ce grand classique dans un incroyable roman graphique. Pour cette deuxième collaboration avec les éditions Tishina, après Soie il y a quelques années, elle renouvelle brillamment son univers et sa palette, et pousse plus loin que jamais son talent. Un dialogue intense entre le texte intégral de Steinbeck et l’univers artistique de la plus célèbre des illustratrices françaises. » Est notamment convoqué par l’illustratrice, photographe elle-même, le travail documentaire de Dorothea Lange et Walker Evans recrutés par le Ministère de l’agriculture américain pour photographier les métayers victimes de la Grande Dépression des années 1930. Tishina, 2020, 428 pages, 37,00 euros.

DISPARITION – Jeannine Burny est décédée le 9 novembre 2020. Elle avait 95 ans. Infatigable propagatrice de l’œuvre du poète Maurice Carême dont elle fut la secrétaire, la compagne et la muse, elle était toujours la présidente de l’active Fondation Maurice Carême qu’elle avait initiée en 1975. Elle avait également, avec la Fondation, transformé la maison que Maurice Carême occupa à Anderlech, entre 1933 et 1978, en musée rassemblant meubles, bibelots, vaisselle, œuvres d’art (dont de nombreux portraits du poète), bibliothèque privée et archives. L’endroit est l’une des maisons d’écrivain les plus visitées de Belgique. Jeannine Burny assurait une veille de la pérennité de Maurice Carème avec une énergie sans faille et elle répondait avec bienveillance aux sollicitations nombreuses, scolaires et éditoriales, que La Fondation recevait. Elle avait publié, en 2007, aux éditions Racine, Le jour s’en va toujours trop tôt : sur les pas de Maurice Carême, livre où elle évoque la figure du poète, son travail et leur histoire commune. Jeannine Burny était une adhérente fidèle du CRILJ. Nous allions la saluer chaque année à Montreuil, sur le stand de la Wallonie-Belgique. Elle nous avait aidé avec une belle pertinence pour l’article consacré à Maurice Carême dans le numéro 9 des « Cahiers du CRILJ », publication dans laquelle nous posions la question de savoir si la poésie était un sport de combat. « Lors de notre dernière rencontre à la Foire du livre de Bruxelles, en mars dernier, elle était toujours fidèle au rendez-vous et cela depuis cinquante ans. Elle était d’ailleurs la doyenne. Personne ne pouvait imaginer qu’un jour elle ne serait plus des nôtres. […] Elle était certes affaiblie, mais toujours prête à nous réciter un poème de Maurice Carême. » (Luc Battieuw)

ÉPIDÉMIE (253) – Le samedi 19 décembre 2020, 17 heures, au Studio 104 de la Maison de la radio, Le roman d’Ernest et Célestine de Daniel Pennac sera enregistré en concert sans public. Diffusion le dimanche 24 janvier 2021 sur France-Culture. « Durant de longues années, Daniel Pennac a entretenu une correspondance avec Gabrielle Vincent, l’illustre créatrice belge d’Ernest et Célestine. Et cette amie de plume s’en est allée sans que les deux auteurs ne se rencontrent. Alors comme une évidence, l’écrivain a eu envie de raconter l’histoire de ces deux êtres si dissemblables, qui deviendront pourtant, envers et contre tous, les meilleurs amis du monde. Il a raconté cette histoire au cinéma, puis le scénario est devenu ce roman tendre et caustique. Daniel Pennac donne aujourd’hui, avec l’Orchestre Philharmonique, une version musicale et radiophonique des aventures de ces merveilleux personnages créés par Gabrielle Vincent. Bonté, humour, allégresse et optimisme accompagnent toujours les péripéties d’Ernest et Célestine. Une étonnante histoire qui prône la tolérance et le courage. » À partir de 8 ans. Nous serons de tout cœur avec les musiciens, avec Daniel Pennac (le narrateur), avec Jean-Christophe Fally (Ernest), avec Camille Claris (Célestine).

THÉÂTRE Alice traverse le miroir, pièce de Fabrice Melquiot mise en scène par Emmanuel Demarcy-Mota au Théâtre de la Ville à Paris, sera visible sur le site Internet du théâtre par 500 écoles (soit 30 000 enfants) sur l’ensemble du territoire, le vendredi 18 décembre 2020, à 10 heures. Un autre direct est prévu pour les enfants malades, le samedi 19 décembre, dans le cadre d’une convention avec les hôpitaux de l’AP-HP.

PARUTION – Vient de paraitre Lambil, une vie avec les Tuniques bleues par Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault. « La carrière de Willy Lambil est un cas d’école. Il entre au bureau de dessin des éditions Dupuis en 1952. Il a à peine 16 ans et la passion de la bande dessinée. Son premier travail : remplacer le lettrage français de Stanley (Hubinon/Charlier) pour sa version flamande. Entré par la toute petite porte, il fera preuve d’une persévérance à toute épreuve, au point que, 20 ans plus tard, il reprend « Les Tuniques Bleues ». […] Durant presque trois ans, Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault ont momentanément interrompu leur enquête sur La véritable histoire de Spirou, pour se pencher sur le ‘cas Lambil’ et écouter, au fil des entretiens, le dessinateur rassembler ses souvenirs, heureux et douloureux. Lambil se livre ici avec une sincérité absolue, touchante, acceptant le difficile exercice de la remise en question. Son témoignage est précieux : il est celui d’un homme qui a réalisé ses rêves, connu un succès remarquable, et qui, pourtant, continue d’attendre quelque chose. » Dupuis, 2020,  206 pages, 39,00 euros.

SACRÉ SORCIER – Mais pourquoi donc la famille de Dahl Roald et la Roald Dahl Story Company présentent-elles soudain leurs excuses auprès de plusieurs organisations de la communauté juive ? Ceux qui connaissent un peu l’écrivain auront à l’esprit les propos que Roald Dahl tenait au magazine britannique New Statesman, en 1983 : « Il y a un trait dans le caractère juif qui provoquent l’animosité, peut-être que c’est une sorte de manque de générosité envers les non-Juifs. Je veux dire, il y a toujours une raison pour laquelle des anti-n’importe quoi se manifestent. Même une peau de vache comme Hitler ne les a pas pris en grippe pour rien. » Ils connaissent peut-être également ces propos-là, formulés en 1990 : « Il n’y a pas d’éditeurs non-juifs nulle part dans le monde et ils contrôlent partout les médias, c’est très malin. » Extrait du bref communiqué de la famille et de la Roald Dahl Story Company : « Ces remarques blessantes restent incompréhensibles pour nous et contrastent nettement avec l’homme que nous connaissions et avec les valeurs au cœur des histoires de Roald Dahl. » Un porte-parole de la Campaign again antisemitism, destinataire du communiqué, a tenu à déclarer qu’il était décevant (disappointing) que la famille de Roald Dahl ait attendu 30 ans pour présenter des excuses. De méchantes langues (ou pas) estiment qu’il était urgent de faire le ménage. Sacrées sorcières, film réalisé par Robert Zemeckis, sera sur les écrans le mercredi 23 décembre 2020, si les conditions sanitaires l’autorisent, et plusieurs adaptations originales seront prochainement diffusées par Netflix. Le mot d’excuse est ici, en anglais.

C’EST BIENTÔT NOËL (11) – Vient de paraitre le tome 0 (sic) de Contes de Noël du journal Spirou (1955-1969). « Spirou a longtemps publié des numéros spéciaux pour Noël, pour lesquels les auteurs du journal livraient de merveilleuses illustrations de couvertures, contes ou récits complets sur ce thème. Chacun, à sa manière, abordait Noël selon sa sensibilité, que ce soit par la dérision, la poésie ou les valeurs traditionnelles. Ces contes, bandes dessinées ou illustrations de couverture appartiennent au grand mythe du journal Spirou et montrent l’incroyable richesse de son histoire, de son patrimoine. Toutes ces pages sont pour la plupart méconnues, voire inconnues des lecteurs actuels. Pourtant, lorsque l’on relit ces multiples réalisations, on réalise combien leur charme est intact. »  Un sommaire aux noms prestigieux. 223 planches de BD, dont 8 couvertures « spécial Noël » et 65 gags de contes et de récits complets. Dupuis, 2020, 240 pages, 35,00 euros.

INCOMPRÉHENSION – « On ne peut pas ranger la culture dans les biens qui ne sont pas nécessaires pour vivre. Ou alors on fait l’apologie de l’analphabétisme et de la barbarie. C’est absurde. […] C’est l’être ensemble qui pose problème avec le virus et on peut le comprendre. Mais alors, il faut interdire l’être ensemble, provisoirement, d’une façon équitable. Il ne faut pas permettre l’être ensemble commercial ou religieux et interdire l’être ensemble culturel. Ça n’a pas de sens. Il faut que ça soit équitablement limité. [Il est] paradoxal qu’au moment où on parle de l’importance de la laïcité, on fasse le choix de privilégier les fêtes d’une religion sur les fêtes laïques et qu’on préfère ouvrir les lieux de culte plutôt que les lieux culturels. » (Jacques Attali, économiste et écrivain). La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) a déposé devant le Conseil d’État, le mardi 15 décembre 2020, au nom des professionnels du théâtre, une procédure collective de recours en référé-liberté. D’autres recours ont été remis par les établissements eux-mêmes qui estiment que leur fermeture est contraire à la liberté d’entreprendre, à la liberté d’association, à la liberté artistique et au principe d’égalité avec les autres commerces.

PARUTION – Vient de paraitre Personnages de papier : les représentations franco-italiennes du handicap dans la littérature de jeunesse par Laurence Joselin, docteure en psychologie. « Qui sont les personnages avec un handicap dans les livres destinés aux plus petits ? Quelles sont leurs caractéristiques physiques, leurs traits de personnalité, leur environnement familial ou amical ? Quels enfants, quelles sœurs ou quels frères, quels parents, quels amis sont mis en scène et quels sont leurs liens et relations ? En partant de l’approche théorique des représentations sociales du handicap, cet ouvrage analyse les portraits des personnages rencontrés dans les albums et courts romans de la décennie 1995-2005. Il dévoile les multiples facettes et l’hétérogénéité de ces représentations et montre combien le type de handicap apparaît comme une caractéristique discriminante de ces héroïnes et héros. Il met également en exergue la dimension culturelle des représentations, grâce à la comparaison des livres français et des livres italiens. » Presses universitaires de Paris Nanterre, 2020, 271 pages, 23,00 euros.

MAGAZINE – Mercredi 16 décembre 2020, parution du premier numéro du trimestriel « durable et connecté » Pif le Mag, soit le retour d’un magazine dédié à un chien fort célèbre, pilier du journal L’Humanité et des éditions Vaillant, avec une mise en place de 120 000 exemplaires pour toucher les « super-jeunes de 6 à 120 ans ». Au sommaire : des bandes dessinées inédites dont les aventures de Pif, Pifou, Placid et Muzo, le Concombre masqué, Hercul’otté et six planches de Rahan inédites depuis 1979, des reportages, des activités, des jeux, des gags, des interviews. Il y aura aussi trois gadgets écologiques : un sapin à planter (comme en 1975), un jeu de l’oie sans plastique et une application magique et gratuite qui permettra de découvrir Pifga, l’avatar numérique de Pif. Créé en 1969, Pif Gadget a connu sa grande période dans les années 1970-1980. L’hebdomadaire a cessé de paraitre de 1993 à 2004, puis s’est muté en mensuel jusqu’en novembre 2008 et sous forme de hors-série en juin 2015. De juin 2015 à octobre 2017, Super Pif a pris la place pour neuf numéros. Fin juin 2018, une opération de financement participatif pour un nouveau lancement n’a pas abouti. Le monde n’étant plus ce qu’il a été, c’est Frédéric Lefebvre, ancien porte-parole de l’UMP, plusieurs fois député, secrétaire d’État dans le gouvernement de François Fillon, un temps à La République en marche, seulement avocat depuis décembre 2019, qui est directeur de publication du nouveau magazine. « Il y a un attachement viscéral de certains au Pif des débuts, alors il y aura forcément des déçus. Chacun à son Pif, plus ou moins militant, plus ou moins aventurier, et en a une idée précise. Il s’agit de trouver un équilibre entre le Pif historique et celui du monde actuel avec ses nouveaux défis, écologiques notamment. » En kiosque, 84 pages (plus 4 détachables pour le jeu de l’oie), 5,90 euros.

ÉPIDÉMIE (252) – La Comédie Française proposait à nouveau, du mercredi 16 décembre 2020 au dimanche 10 janvier 2021, au Vieux-Colombier à Paris, une adaptation par Léna Bréban et Alexandre Zambeaux de Sans famille d’Hector Malot mise en scène par Léna Bréban. C’est loupé.

DANS LE POSTE – L’adaptation et l’élargissement en films d’animation de la série à succès « Pompon Ours » de Benjamin Chaud que publient les éditions Hélium sera diffusée sur France 5, pour les fêtes donc, à partir du samedi 19 décembre 2020. Producteur : Supamonks. 39 épisodes de 7 minutes. « L’insouciance de [Pompon ours], sa naïveté, sa spontanéité et sa capacité d’émerveillement rendent en toutes choses Pompon émouvant. L’univers de la série est doux, mais les histoires, loin d’être édulcorées, peuvent aussi montrer les dangers de la nature, les petites maladies ou désagréments qu’un enfant peut subir. » (Martine Baldacchino, conseillère des programmes d’animation à France Télévisions).

ÉPIDÉMIE (251) – « Au printemps 2020, 98 % des enfants ont été confinés à leur domicile. Cet épisode a réorganisé leurs agendas, avec une réduction du temps scolaire (pour près de la moitié des enfants, le temps consacré au travail scolaire mobilisait 2 à 3 heures quotidiennes) et une augmentation du temps de loisir (les consommations culturelles ont occupé 4 heures et demi par jour en moyenne, et les activités physiques plus de 2 heures). Les enfants ont regardé la télévision, lu, joué à des jeux de société connectés ou non, pratiqué des activités culturelles, etc. Au total, les écrans (télévision, jeux vidéo, réseaux sociaux) ont nettement dominé les loisirs des enfants. […] Cette étude inédite menée auprès de deux cohortes françaises d’enfants âgés de 9 ans pendant le confinement permet d’en savoir plus sur leur quotidien et de mesurer les écarts liés aux conditions de vie des ménages. » (Nathalie Berthomier et Sylvie Octobre, pour le ministère de la Culture). La lecture s’en sort plutôt bien : un temps de 1 heure 46 lui a été quotidiennement consacré contre 1 heure 33 aux écrans et 1 heure 28 aux activités physiques. On peut télécharger l’étude à partir de cette page.

C’EST BIENTÔT NOËL (10) – La multinationale Lego vend une boite contenant tout ce qu’il faut pour bâtir « une petite librairie de quartier telle qu’on peut en trouver dans n’importe quel village ou ville d’Europe. » Avec 2504 pièces, on construira, outre une jolie boutique orange et grise dotée d’un étage et d’un grenier, une maison mitoyenne un peu plus basse, blanche et bleue. La librairie est équipée d’étagères remplies de livres, d’une vitrine de bonne taille et d’un coin lecture. Prix de la boite : 159,99 euros. Le site Légo est ici.

ÉPIDÉMIE (250)  – Le Théâtre de la Colline à Paris avait prévu un cadeau de fin d’année pour les jeunes spectateurs : du mardi 15 au mercredi 23 décembre 2020, dans le Petit Théâtre, neuf représentations de l’adaptation par Simon Falguières du conte de Charles Perrault Le Petit Poucet, la plupart sur le temps scolaire. C’est loupé. Sur la feuille de salle, cette phrase : « Les grandes personnes sont des enfants malheureux qui jouent aux responsables. »

MAGAZINE – Si la recension commentée des 100 livres de l’année constitue l’essentiel du numéro 491 de décembre-janvier du magazine littéraire Lire, la publication propose également un dossier pas ridicule titré Enid Blyton, une bibliothèque pas si rose, ensemble documenté de points de vues sur la célèbre autrice pour jeunes lecteurs (1897-1968) et son œuvre à succès (600 millions de livres vendus). On en apprendra de belles avec Patrick Ben Soussan et on constatera, avec Aurélie Gille Comte-Sponville, qu’il n’est pas interdit d’être mesuré. Stéphanie Hichet, plus ironique, en appelle à Jean-François Revel pour déclarer que, s’agissant de la célèbre écrivaine anglaise, « ses écrits n’atteignent pas le niveau qui autoriserait à en dire du mal. » En kiosque, 132 pages, 8,90 euros.

RÉFÉRÉ – Le monde de la culture va adresser un référé auprès du Conseil d’État pour faire valoir ses droits. « Le Conseil d’État est le garant de l’équité. Ça fait quinze jours que cinémas et théâtres auraient dû faire un référé. A partir du moment où l’État a autorisé les églises à rouvrir. En gros, si vous autorisez une boucherie à ouvrir, il faut aussi autoriser la charcuterie. Alors, on ne va pas discuter de ce qui est essentiel ou ne l’est pas. Mais les théâtres et les églises, ça se ressemble autant qu’une boucherie et une charcuterie. Ils ont exactement le même dispositif sanitaire. Vous avez des gens masqués, espacés qui font face à une personne qui s’adresse à eux. Du point de vue du protocole, il n’y a pas plus similaire. […] J’ai hâte de savoir en quoi le fait d’assister au récit de la naissance d’un homme nommé Jésus serait sans danger, alors que le récit d’un homme nommé Tartuffe serait source de contamination. » (Samuel Churin, comédien)

TRÈS BEAU – « C’est à la demande de l’équipe du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis que cet Imagier des tuyaux a été réalisé. Commencé en 2019, pour être terminé à l’automne 2020, il comprend une centaine d’illustrations qui peuvent se positionner dans tous les sens, pour être alignées, se compléter, pivoter, correspondre pour créer des arborescences qui parlent de circulation, d’échange, de transmission, de réseaux. Si ces images communiquent entre elles, elles sont toutes des références à des moyens ou supports de communication. Ce jeu a été aussi pensé pour créer avec les mêmes contenus des compositions en deux dimensions ou en étoiles, dans l’espace. Jeu de construction infini qui se déplie à partir du simple éternuement d’un petit éléphant. » (Olivier Douzou, concepteur de l’imagier). L’imagier est en vente au prix de 450,00 euros hors taxes. Nous pouvons vous envoyer une présentation illustrée. Écrire ici.

UNE ANNÉE DE LECTURE  – La Sélection ARPLE numéro 54 est consacrée aux nouveautés 2020. Elle est disponible en version papier et en version numérique. 300 titres référencés et commentés. Papier : 13,00 euros plus frais d’envoi. Numérique : 7,00 euros. Le bon de commande est .

PRIX – La quatorzième édition du Prix Nord Isère des jeunes lecteurs (2020-2021) rassemble 59 bibliothèques soucieuses de promouvoir les auteurs actuels de littérature pour la jeunesse jeunesse et ce sont 720 classes, soit 18 062 élèves, qui se sont inscrits pour lire les livres de leur catégorie. La sélection s’appuie sur une veille éditoriale réalisée toute l’année lors de comités de lecture réunissant des professionnels de tout le Nord-Isère. La Médiathèque départementale de l’Isère apporte également des suggestions issues des sélections du « kiosque jeunesse ». Les critères de sélection ont été élaborés par le collectif pour que la sélection soit adaptée à tous. Les lecteurs ont toute l’année pour lire les ouvrages, les critiquer et échanger. Dès le mois de mars 2021, les bibliothèques deviendront des bureaux de vote pour accueillir les jeunes lecteurs/électeurs dans les conditions les plus proches de la réalité. Il y a un site qui explique la chose en détails. La sélection est .

EN REPLAY – La totalité des rencontres professionnelles du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis est disponible gratuitement jusqu’au vendredi 8 janvier 2021. Pour avoir accès au programme, il faut se connecter avec les identifiants reçus lors de votre inscription, si vous étiez inscrit. Sinon, voir ici. Pour la rediffusion des émissions de la télévision éphémère, tentez à cet endroit.

C’EST BIENTÔT NOËL (9) – Chien bleu et Chien pourri, personnages d’albums de l’école des loisirs sont devenus douces peluches grâce à la maison spécialisée Moulin Roty. 36 centimètres, 29,90 euros pour le premier, 24,90 euros pour le second.

PARUTION – Vient de paraitre Formes brèves en littérature de jeunesse sous la direction d’Élodie Bouygues et Yvon Houssais. Cet « ouvrage constitue la première étude portant sur le texte bref en littérature de jeunesse sous toutes ses formes, en s’intéressant à la fois à son écriture et à sa place dans le champ littéraire. Il propose un large éventail d’études d’œuvres, allant de la comtesse de Ségur à l’époque contemporaine, où la transgression des genres et le brouillage des codes sont de mise. Il offre également de riches perspectives sur les pratiques de lecture en classe du texte bref, dont les enseignants tireront profit. » Parmi les contributeurs : Christian Poslaniec, Bernard Friot, Christiane Connan-Pintado, Danièle Henky. Presses universitaires de France-Comté, 2020, 220 pages, 15,00 euros. Sommaire et autres informations ici.

PRIX – Trente-trois pays membres de l’Ibby (Union internationale pour les livres de jeunesse) ont désigné leur candidats pour le Prix Andersen 2022. Citons quelques-uns des auteurs et illustrateurs choisis parmi ceux dont les livres sont, peu ou prou, publiés en France : Thomas Lavachery et Carll Cneut (Belgique), Marie-Aude Murail et Gilles Bachelet (France), Nikolaus Heidelbach (Allemagne), Tonke Dragt (Pays-Bas), Beatrice Alemagna (Italie), Catherine Louis (Suisse), David McKee (Royaume-Uni), Linda Sue Park (États-Unis). La liste complète est ici.

ÉPIDÉMIE (249) – La Comédie Française proposait à nouveau, du mercredi 16 décembre 2020 au dimanche 10 janvier 2021, au Vieux-Colombier à Paris, Hansel et Gretel, conte des frères Grimm adapté et mis en scène par Rose Martine, et les réservations étaient ouvertes. C’est loupé.

PARUTION – Vient de paraître Joseph Gillain : une vie de bohème par François Deneyer,  collectionneur, grand connaisseur du marché de la planche originale, fondateur, à Bruxelles, de la Maison de la bande dessinée et du Musée Jijé. « Cet essai biographique très complet propose le portrait d’un homme attachant et fascinant. Il évoque de manière chronologique les très nombreuses créations artistiques de Joseph Gillain, tout en retraçant minutieusement les différentes étapes de sa vie qui foisonnent d’anecdotes étonnantes, et révélatrices du caractère juvénile et facétieux de l’artiste. Cet incontournable ouvrage de référence est enrichi de plus de 900 visuels dont de nombreux inédits. Un livre indispensable pour mieux comprendre l’influence que cet auteur a eue dans l’histoire de la bande dessinée belgo-française. » Joseph Guillain dit Jijé, dessina Spirou, entre 1940 et 1951, Blondin et Cirage, Jean Valhardy, Jerry Spring, un seul épidode des « Belles histoires de l’Oncle Paul » pour raconter Baden-Powell. Don Bosco, ami des jeunes (1941), c’est Gillain aussi, pour le texte et pour les images. Musée Jijé, 2020, 448 pages, 39,00 euros.

SÉLECTION – La Médiathèque départementale de l’Eure édite Le p’tit lu, sélection d’ouvrages pour la jeunesse choisis par un comité de lecture rassemblant bibliothécaires et libraires. S’inscrivant dans la continuité des projets initiés par le département, elle présente des albums, des romans et des documentaires publiés dans l’année et destinés à des enfants de 0 à 16 ans et plus. La sélection est consultable ici.

RÉSIDENCE – Dans le souci d’encourager les pratiques culturelles liées au livre pour enfant, l’association Éclat de lire, en partenariat avec la Direction régionale des affaires culturelles, le Conseil Régional PACA, le Conseil Départemental des Alpes de Haute-Provence et la Communauté de communes Durance Luberon Verdon Agglomération, propose une résidence à un auteur de création littéraire et/ou d’illustration en direction du public jeunesse. La résidence permettra « à l’artiste de promouvoir son travail, de rencontrer le public du territoire de la DLVA, et de profiter d’un espace et d’un temps de liberté pour mener à bien ses projets de création. » Le résident sera accueilli dans un logement pris en charge et recevra une bourse d’aide à la création d’un montant brut de 6000,00 euros versés en droits d’auteur. Le dossier complet sera constitué d’une lettre de candidature, d’une bio-bibliographie, d’une présentation des projets d’édition en cours et des expériences d’animation d’ateliers, d’une note d’intention précise sur le projet personnel et les différentes propositions d’animations d’ateliers à mener au cours de la résidence. Informations complémentaires à cette adresse. Dernier délai pour l’envoi du dossier : vendredi 8 janvier 2021.

PRIX – L’Association des critiques et journalistes de bande dessinée a décerné son Prix Jeunesse ACBD 2020 au Roi des oiseaux écrit et dessiné par Alexandre Utkin (Gallimard BD, 2020). « Le Roi des Oiseaux est une fable animalière trépidante, menée pied au plancher, qui mêle éléments du folklore russe et scènes d’action magnifiques. Un récit construit à la manière des poupées gigognes (matriochkas) et superbement dessiné avec un trait rappelant le pastel. Son point de départ, une pomme d’or (et de discorde), génère une guerre animalière. On embarque ensuite, avec un marchand russe, pour un périple vertigineux. Un album (très) recommandable aux lecteurs jeunes et moins jeunes. »

EXPOSITION – Le réseau des Médiathèques d’Orléans est, comme le CRILJ (actuellement associé à l’association balgentienne Val de lire), partenaire de la trente-sixième édition du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis. À cette occasion, les promeneurs pourront découvrir, tout au long du mois de décembre, sur les vitres de la Médiathèque François Mitterrand, place Gambetta, visibles de l’extérieur, l’ensemble des affiches de l’exposition d’illustrations La Tête dans les nuages. « Un acte symbolique, un espace de beauté et de liberté pour l’imaginaire ». Informations complémentaires ici.

PARUTION – Vient de paraitre En quête d’un grand peut-être : guide de littérature ado par Tom et Nathan Lévêque. « La littérature ado, une littérature de l’intensité, des premières et dernières fois. Une littérature qui s’autorise les grands sentiments grâce aux plus banales des histoires ou aux plus épiques des quêtes. Cartes et lampes torches à la main, partez à l’exploration de ce paysage littéraire grâce à plusieurs entrées : historique, liste des romans incontournables, réflexions thématiques, portraits de personnalités. Ce livre de référence vous donnera les outils et les pistes balisées pour arpenter une littérature au moins aussi riche à défricher que n’importe quel territoire littéraire. Mais comme pour tout chemin, le hors-piste est vivement conseillé. » Le plus : dix nouvelles inédites signées Clémentine Beauvais, Anne-Laure Bondoux, Marie Desplechin, Timothée de Fombelle, Anne-Fleur Multon, Carina Rozenfeld, Thomas Scotto, Stéphane Servant, Julia Thévenot et Flore Vesco. Editions du Grand Peut-Etre, 2020, 224 pages, 17,50 euros.

C’EST BIENTÔT NOËL (8) – Sur France 5, trois adaptations alléchantes d’ouvrages pour la jeunesse : Mimi et le dragon des montagnes, d’après Michael Morpurgo et Helen Stephens (Gallimard, 2014), réalisé par Karine Chaunac, le dimanche 13 décembre 2020 et le vendredi 1er janvier 2021, à 7 heures 50 ; Le tigre qui s’invita pour le thé, d’après Judith Kerr (Albin Michel, 2017), réalisé par Robin Shaw, le dimanche 20 décembre, à 8 heures 50, et le jeudi 31 décembre, à 9 heures 10 ; La baleine et l’escargote, d’après Julia Donaldson et Axel Scheffler (Gallimard, 2015), réalisé par Max Lang et Daniel Snaddon, le vendredi 25 décembre, à 8 heures 50.

REVUE –  La Revue des livres pour enfants publie son numéro 315, soit sa très attendue sélection annuelle. « C’est entendu, les enfants ont besoin de livre pour grandir. Mais il n’est pas toujours facile de les choisir : chaque année, près de 10 000 livres pour enfants paraissent en France. Pour vous y aider, nous vous proposons la Sélection annuelle de La Revue des livres pour enfants : une sélection des meilleurs titres publiés dans l’année, soit 1 000 titres commentés pour tous les âges et dans tous les genres. Vous trouverez aussi nos sélections de titres venus du Québec, d’Afrique, du Monde arabe, de l’océan Indien et de la Caraïbe. » Ce numéro : 12,50 euros. Bulletin d’abonnement pour six numéros ici.

PRIX – Le palmarès 2020 du Prix Handi-Livres (placée sous le parrainage du Ministère de la Culture et le haut patronage de Sophie Cluzel, secrétaire d’État auprès du Premier ministre chargée des personnes handicapées), comporte sept titres dont trois ont à voir avec l’enfance et l’adolescente : Meilleur livre jeunesse enfant : La Street en Mode Bolide de Cécile Alix et Dimitri Zegboro  (Magnard Jeunesse, 2020) : Meilleur livre jeunesse adolescent : Journal d’une fille chien de Laura Jaffé (La Ville brûle, 2018) ; Coup de cœur : La Petite Femme du Père Noël de Kochka (Oskar, 2017)

C’EST BIENTÔT NOËL (7) – Estelle Salaün, directrice de l’Abbaye de Bon-Repos, moyennement optimiste, conserve néanmoins une animation au calendrier. « Alice et ses amis, le lapin blanc, le chat du Cheshire et le chapelier fou, sont pour l’instant confinés au Pays des Merveilles, dans l’atelier de l’artiste Dominique Richard. On espère de tout cœur les voir du dimanche 20 décembre 2020 au dimanche 3 janvier 2021. Car, devinez quoi ? Cette année, Alice envisage de passer Noël à Bon-Repos et nous invite à suivre ses pas. Alice se réserve toutefois le droit d’annuler son séjour à l’abbaye en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. » Site de l’abbaye ici.

DISPARITION – L’universitaire, romancière et essayiste Alison Lurie est décédée le jeudi 3 décembre 2020. Elle avait 94 ans. Née à Chicago, fille aînée de parents socialistes, mère critique de littérature et journaliste, père sociologue, ayant grandi à White Plains, dans l’état de New York, elle est élève du Radcliffe College de Cambridge (Massachusetts) dont elle sort diplomée en 1946. Premier travail comme lectrice pour le bureau new-yorkais d’Oxford University Press. Avec Jonathan Bishop, critique et essayiste, qu’elle épouse en 1948, elle s’installe et travaille à Harvard, à l’Amherst College, puis à compter de 1957, à l’université de Los Angeles, et, dès 1961, à l’université Cornell de New York. En 1962, après deux refus (et les efforts de son mari et de ses amis pour la persuader d’arrêter d’écrire et de passer plus de temps avec sa famille), elle publie son premier roman, Love and Friendship (Les amours d’Emily Turner). Il sera suivi par onze autres titres qui constituent un ensemble cohérent dans lequel les personnages circulent, pouvant passer, d’un ouvrage au suivant, d’un statut marginal à un rôle de premier plan. « Il m’a fallu quatre romans pour obtenir un emploi d’enseignant, dans un cours au niveau le plus bas possible. » Le personnage récurent des romans d’Alison Lurie est le très acerbe critique littéraire Leonard Zimmern qui – exemple pris au hasard – stigmatise, dans Foreign Affairs (Liaisons étrangères) publié en 1984, l’étude savante de la littérature enfantine, spécialité qu’enseigne la romancière à l’université. D’une manière générale, les textes de fiction d’Alison Lurie se distinguent par une critique mordante de la société occidentale contemporaine et des milieux intellectuels. Observatrice avisée des mœurs universitaires, elle constatait, dès la fin du siècle dernier, une montée du néopuritanisme en milieu étudiant qui, selon elle, n’annonçait rien de bon. Alison Lurie est un des rédacteurs de la série « Classics of children’s literature 1621-1932 », collection de 117 titres en 73 volumes que publiera Garland Publishing entre 1976 et 1978. Ayant écrit, en 1979, un roman du point de vue d’un enfant, Only Children (Comme des enfants), elle publie deux stimulants recueils d’essais, Not in Front of the Grown-Ups : subversive children’s literature, en 1990, et Boys and Girls Forever : children’s classics from Cinderella to Harry Potter, en 2003. Dans le premier livre, traduit en France par Monique Chassagnol, sous le titre Ne le dites pas aux grands (1991), l’auteure développe que les personnages tels que Winnie l’Ourson, Tom Sawyer, Alice et Peter Pan doivent leur succès en grande partie au fait que les ouvrages dont ils sont les protagonistes font la satire de la société adulte et de ses conventions. Elle se souvient des récits convenables qu’elle lisait dans son enfance, des histoires où enfants et parents ne faisaient jamais rien de mal et à qui rien d’étonnant ni de dangereux n’arrivait : des récits irréalistes. Dans le second livre, traduit par Emmanuelle Fletcher, sous le titre Il était une fois… et pour toujours (2003), elle s’intéresse à Babar, aux quatre filles du docteur March, au magicien d’Oz, à Harry Potter et à quelques autres, dévoilant le caractère subversif d’œuvres qu’on pourrait croire de simple divertissement. Elle rend aussi hommage à Carlo Collodi et à son Pinocchio, et présente la série « Moumine le Troll » de Tove Jansson ainsi que le très américain Dr Seuss. Auteur du texte de plusieurs albums, son Fabulous beasts (Des animaux extraordinaires) que l’illustratrice allemande Monika Beisner a mis en images reçoit, en 1982, une mention au Prix graphique de la Foire du livre de jeunesse de Bologne. Autres distinctions : le Prix Pulitzer, en 1985, pour Foreign Affairs, et le Prix Femina étranger, en 1989, pour La vérité sur Lorin Jones (The truth about Lorin Jones). Les livres d’Alison Lurie, romans, essais et albums, sont publiés en France par les éditions Rivages avec, pour les romans, en couverture, dans leur édition première, des fragments de tableaux d’Edward Hooper.

PARUTION – Vient de paraitre La littérature de jeunesse par ses textes, sous la direction de Bénédicte Milland-Bove et Marie Sorel. « Cet ouvrage collectif, par ses approches diversifiées (littérature, linguistique, études de genre, didactique, génétique, traductologie) prouve que le texte de jeunesse, loin d’être en marge de la littérature, mérite d’être analysé comme un texte à part entière. Les vingt-six analyses du manuel procèdent par étapes clairement balisées. Les enjeux et les dates clés de la littérature de jeunesse sont rappelés dans l’introduction. Un index notionnel facilite la navigation d’un texte à un autre. Un encadré bibliographique, à la fin de chaque analyse, propose des prolongements pour explorer une œuvre ou une thématique et élargir la réflexion à d’autres arts. » Parmi les contributeurs : Isabelle Nières-Chevrel, Virginie Douglas, Daniel Compère, Guillemette Tison, Francis Marcoin, Mathilde Lévêque, Aliyah Morgenstern et Sybille Lesourd. Presses de la Sorbonne nouvelle, 2020, 196 pages, 11,00 euros.

PRIX – Marie-Andrée Arsenault et Dominique Leroux remporte le Prix Harry Black de l’album jeunesse doté d’un montant de 5 000 $. Sacré meilleur album de langue française destiné aux enfants âgés de trois à huit ans, Des couleurs sur la Grave (Éditions la Morue verte, 2019) a su se distinguer par la qualité de son texte et de ses illustrations, par la présentation du matériel éditorial et la pertinence du style. « Ce prix, créé à la mémoire de Harry Black qui est décédé en 2017, est inspiré de ses valeurs et de son indéfectible engagement envers les enfants du monde. »

APPRENTISSAGE – Actes Sud Junior publie une collection, « Lecture Solo », destinée à aider les enfants entre 6 et 9 ans dans l’apprentissage de la lecture. Des textes d’une soixantaine de pages découpées en chapitres pour rythmer la lecture et pouvoir faire des pauses, des histoires linéaires « tendres, souvent drôles, avec des héros attachants, qui reposent sur des situations, ou des émotions, familières à l’enfant », une maquette colorée et des illustrations intérieures pleine page en noir et blanc. Quatre titres : Paul dans la tempête de Véronique Bizot, Même mon prénom est une chanson de Thomas Scotto, Ma copine Maryline de Pascal Ruter, Ma vie en chantier de Jo Witek.

PRESSE – La numéro du mercredi 2 décembre 2020 du quotidien Libération est sous-titré Le Libé des auteurs. Comme il parait à l’occasion de l’ouverture du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, on comprendra auteurs jeunesse. Il est certes difficile de trouver un journal, chez son buraliste favori, plusieurs jours après sa parution mais Libération offre le téléchargement gratuit de ce numéro. C’est ici.

PRIX – Le lancement officiel du  Prix UNICEF de littérature jeunesse aura lieu le vendredi 4 décembre, à 14 heures, lors d’une visioconférence organisée par le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis, en présence de Sébastien Lyon, directeur général d’UNICEF France, de Nathalie Prince, professeure à l’université du Mans, et de Lucie Kosmala, journaliste spécialisée en littérature jeunesse. Thème choisi : au fil des  émotions. « En cette période troublée dans laquelle la pandémie a créé des bouleversements sans précédent dans le quotidien de chacun, nous espérons que le thème de la sixième édition de notre prix de littérature jeunesse permettra aux jeunes lecteurs de comprendre le monde qui les entoure, de lui donner un sens, ou de s’en évader. Nous espérons leur donner l’occasion de susciter des attitudes positives, comme l’estime de soi, la tolérance envers les autres, la curiosité envers la vie, pour les aider à se tourner résolument vers un avenir meilleur. » (Sébastien Lyon). Les jeunes lecteurs, entre 3 à 15 ans, choisiront leur livre préféré parmi une sélection disponible sur le site de l’UNICEF et pourront voter en famille, dans leurs écoles, leurs bibliothèques et leurs centres de loisirs. Informations détaillées et inscription à cette adresse.

CONCOURS – Gallimard Jeunesse, RTL et Télérama annoncent la quatrième édition du concours Premier roman jeunesse qui, comme pour les trois éditions précédentes, s’adresse à des auteurs potentiels n’ayant jamais publié. Chaque participant proposera, par Internet, entre le jeudi 3 décembre 2020 et le dimanche 4 avril 2021, un roman, en français, s’adressant à un public d’enfants ou d’adolescents. Le jury, composé d’éditeurs, de journalistes, d’auteurs, de libraires et d’influenceuses, aura a choisir entre trois textes ayant passé l’étape du comité de lecture de Gallimard Jeunesse. Informations complémentaires et règlement du concours ici.

GALLICA – Parmi les nouveautés mises en ligne en novembre sur Gallica, plus de 3500 documents de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image « qui viennent enrichir de nouvelles sélections dédiées à la bande dessinée ». Quatre types d’accès sont proposés : par auteur, par série, par titre de presse, par thématique. Accès possibles ici et .

PRIX – A Montreuil, l’imagier de Bernadette Gervais, ABC de la nature (Les Grandes Personnes, 2020), avec quatre voix contre trois pour Ogresse d’Aylin Manço (Sarbacane, 2020) et deux pour À quoi rêvent les étoiles de Manon Fargetton (Gallimard, 2020), a été déclaré Pépite d’or 2020. « Quand j’ai ouvert pour la première fois ABC de la nature, je me suis dit : ‘Ah, encore un énième imagier’, mais à le lire et à le relire, je me suis dit : ‘Wahou, quelle œuvre complexe !’ Chaque image est évocatrice. Par exemple, avec sa tomate, Bernadette Gervais nous offre le soleil de l’été. C’est un travail sublime, un livre qui peut instaurer un dialogue entre l’enfant et l’adulte, un parcours dans le monde, dans sa diversité. » (Ramona Bădescu, présidente du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis et du jury des Pépites). La Pépite d’or, décernée par un jury de critiques littéraires, couronne le meilleur livre de l’année parmi les vingt titres en compétition.

LIBERTÉ ET SÉCURITÉ – Trente auteurs de bande dessinée (dont Lewis Trondheim, Killoffer et Charles Berberian) ont croqué d’un crayon rageur les portraits des 388 députés de la majorité, de la droite et de l’extrême-droite ayant voté pour la loi dite de « sécurité globale ». Les portraits sont ici. Dans les commentaires lus sur les réseaux sociaux, certains saluent l’honneur de la profession, d’autres stigmatisent cette initiative infantile de la gauche caviar.

ÉPIDÉMIE (247) – Le salon SoBD prévu du vendredi 4 au dimanche 6 décembre 2020 est reporté au vendredi 5, samedi 6 février et dimanche 7 février 2021. Programmation inchangée avec la participation de 150 auteurs et 60 exposants. Des rencontres, des ateliers, des expositions, des  masterclasses. Ce sera à la Halle des Blancs Manteaux à Paris.

ÉPIDÉMIE (246) –  Le décret n° 2020-1454 du 27 novembre 2020 paru au Journal officiel du 28 novembre précise avec force détails les mesures sanitaires à mettre en place, d’une part, dans les librairies et, d’autre part, dans les bibliothèques et les centres de documentation et de consultation d’archives. Le document complet est ici.

SOUTIEN – Le Syndicat national de l’édition (SNE) communique : « Après plusieurs semaines de fermeture des librairies et de l’ensemble des points de vente physiques de biens culturels, et alors que débute la période la plus importante de l’année en termes de ventes, le Syndicat national de l’édition est à l’initiative d’une vaste campagne d’affichage destinée à encourager l’achat de livres pour Noël. Cette campagne – qui sera visible à Paris à partir d’aujourd’hui, lundi 30 novembre, jusqu’au 6 décembre, puis dans 28 villes partout en France du 8 au 14 décembre, a vocation à soutenir la reprise de l’activité des librairies et des différents points de vente de livres qui ont été contraints de fermer leurs portes pendant plus de quatre semaines. […]  Le visuel de l’affiche est adapté d’un dessin imaginé par Nob, pour soutenir les libraires, à partir de l’univers de sa bande dessinée phare Dad (éditions Dupuis) et la campagne bénéficie de la générosité de JCDecaux qui a mis gracieusement à disposition ses mâts drapeaux parisiens et des colonnes Morris principalement implantées dans les centres de 28 villes en région. »

DISPARITION – Anne Sylvestre, auteure, compositrice et interprète, est décédée le lundi 30 novembre 2020. Elle avait 86 ans. Fille d’Albert Beugras, partisan du Troisième Reich et bras droit de Jacques Doriot, elle passe son enfance à Tassin-la-Demi-Lune puis à Suresnes où elle entreprend des études de lettres qui la conduisent jusqu’à hypokhâgne. Elle se tourne alors vers la chanson. En 1957, elle accepte de chanter à La Colombe, encouragée par Michel Valette, patron du lieu. Elle passe, jusqu’au début des années 1960, au Cheval d’Or, à La Contrescarpe, au Port du Salut ou Chez Moineau. C’était le (bon) temps des cabarets : « Sur scène, j’étais morte de peur. J’arrivais comme ça, sans maquillage, en jupe plissée. J’avais un ciré jaune et trois couches de pulls en dessous. Il fallait couvrir le bruit des dîneurs, il n’y avait pas de micro, juste de la place pour la guitare et le tabouret. » On peut affirmer qu’Anne Sylvestre fut, dans les années 1960 et 1970, une chanteuse populaire, accueillie régulièrement à la télévision, grâce notamment aux producteurs Jean-Christophe Averty et Denise Glaser, aux côtés de Georges Brassens, de Barbara, de Georges Moustaki et de Boby Lapointe, le grand copain. Premier disque, en 1959, avec quatre titres : La Porteuse d’eau, Maryvonne, Philomène et Mon mari est parti qui parle de guerre d’Algérie. Prix de l’Académie de la chanson française en 1960. Premières salles en 1962, à Bobino, en première partie de Jean-Claude Pascal, et à l’Olympia, en première partie de Gilbert Bécaud. Recevant quatre fois, entre 1963 et 1967, le Grand Prix international du disque de l’Académie Charles-Cros, Anne Sylvestre résistera moins bien que Juliette Gréco ou que Barbara à la vague yéyé. En 1968, elle quitte sa maison de disques, Philips, pour Gérard Meys avec qui elle rompt en 1971. Elle monte alors son propre label, Sylvestre, que distribue Barclay et, désormais, EPM. Hors des modes, elle se produit, déterminée, au théâtre des Capucines, au théâtre de la Potinière, au Théâtre Montparnasse ou au Stadium, patinoire où elle chante avec Dick Annegarn. Entre 1975 et 1986, elle produit cinq albums dont son premier enregistrement public à l’Olympia. En 1987, Viviane Théophilidès la met en scène au Centre Culturel de Seraing (Belgique) puis au Théâtre Maxime Gorki du Petit-Quevilly, avec la chanteuse québécoise Pauline Julien, pour Gémeaux croisées, concert très élaboré qui mêle récitatifs et chansons. Deux ans plus tard, elle joue et chante, au Bataclan, La Ballade de Calamity Jane, pièce que lui écrit Jean-Pierre Léonardini. Elle crée, en 1993, à La Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon, la comédie musicale jeune public Lala et le cirque du vent, avec Viviane Théophilidès une nouvelle fois à la mise en scène. Elle est, en 2011, à l’Européen, au cœur d’un étonnant récital, Bêtes à Bon Dieu, conçu par le chanteur et comédien Serge Hureau. Au printemps 2012, Anne Sylvestre et Agnès Bihl créent, à Montauban, Carré de dames, spectacle où elles entremêlent leurs répertoires en compagnie de leurs pianistes, Nathalie Miravette et Dorothée Daniel, qui chantent également. En 2018, elle fête ses 60 ans de carrière avec une longue tournée, un coffret de 20 CD (près de 300 chansons) et, tel un florilège, un digipack de 3 CD gardant 45 titres choisis un à un par la chanteuse. La prochaine tournée était envisagée en janvier 2021, avec quatre dates à La Cigale, salle parisienne de renom. Chanteuse engagée, même si elle n’admettait le terme que du bout des lèvres, féministe à coup sûr, Anne Sylvestre aura chanté ses racines, la nature, l’eau, le vent et, parfois tendre, parfois cinglante, les femmes et les hommes, le viol, l’avortement, la vieillesse, la misère, les sans-abris, le racisme ou l’homophobie. Chantée par Marén Berg, Isabelle Aubret, Cora Vaucaire, Serge Reggiani, Claude Vinci, Jann Halexander, Jorane, Vincent Delerm, Agnès Bihl et Michèle Bernard, elle ne refusera pas de monter sur scène, le temps de quelques chansons, avec des artistes de la jeune génération : Yves Jamait, Renan Luce, Agnès Bihl encore, Amélie-les-crayons, Aldebert, Gauvain Sers, Nicolas Bacchus ou Les Ogres de Barback avec qui elle enregistre, en 2013, Pitt Ocha et la tisane de couleurs, troisième album de la série que le groupe a composé pour les enfants. Anne Sylvestre doit sa présence sur ce site à ses fameuses Fabulettes, chansons à destination des jeunes oreilles qu’elle écrivit entre 1963 et 2009. « Je me suis mise à écrire des chansons pour les enfants, par plaisir et pour ma fille. Parce que je voulais retarder la crétinisation. En 1963, pour me faire plaisir, Philips avait accepté d’enregistrer un 45-tours où il y avait Veux-tu monter sur mon bateau, Hérisson… Je savais ce qui est au centre des préoccupations quotidiennes des enfants, le rôle du vélo, des nouilles. Avec les Fabulettes, j’ai pu les structurer, leur donner le goût de la liberté, du plaisir de chanter. » Pef lui fit d’épatantes illustrations de pochettes. Anne Sylvestre ne chantera jamais sur scène ces chansons-là, mais elle confia une partie du répertoire à Jacques Haurogné. « Aujourd’hui j’ai un très gros chagrin. Anne était et va demeurer irremplaçable. Sa tendresse, sa malice, ses cris du cœur, ses colères vont tellement nous manquer. Je sais bien que les plumes sont faites pour s’envoler mais il y a des jours où le ciel exagère. » (Claude Lemesle, président d’honneur de la Sacem). On lira, pour presque tout savoir : Anne Sylvestre. Et elle chante encore ? de Daniel Pantchenko (Fayard, 2012).

PRIX – Le Prix Vendredi créé en 2017 à l’initiative du groupe jeunesse du Syndicat national de l’édition (SNE) a été attribué à Vincent Mondiot  pour son roman Les Derniers des branleurs (Actes Sud Junior). Argumentation du jury : « D’une forme inventive et d’une écriture précise et insolente, le roman ne cesse de surprendre. Les anti-héros, traités avec une rare justesse tant dans leurs caractères que dans leur langage, se révèlent au long d’un récit qu’on ne lâche pas avant de l’avoir terminé. Les refus et les désenchantements de l’adolescence sont traités sans complaisance, avec un humour qui ne se dément pas. » Hervé le Tellier qui vient d’obtenir le Prix Goncourt pour L’anomalie (Gallimard, 2020) a écrit pour les enfants Les opposums célèbres (Le castor astral, 2007) et Un fromage sans doute (Hatier, 2012).

EXPOSITION – Depuis le mercredi 11 novembre 2020 et jusqu’au dimanche 28 février 2021, le Musée d’art de l’université Tsinghua de Pékin accueille une exposition Image of the West : illustrators of Europe and América qui donne à voir un imposant ensemble d’illustrations issues de la collection de la fondation Les Maîtres de l’imaginaire créée en 2017, à Lausanne, à l’initiative de l’auteur-illustrateur Étienne Delessert. Commissaire d’exposition : Janine Kotwica. « Image of The West présente une collection d’artistes de renom qui ont créé d’illustres livres d’images en Europe et aux États-Unis. Des contes de fées, des textes littéraires, des poèmes et des souvenirs personnels réinterprétés ont tous été illustrés avec une imagination débordante et une variété de styles et de techniques uniques. Ce panorama d’images témoigne de la vitalité de l’édition occidentale. » Quarante illustrateurs « maîtres de l’imaginaire » à l’honneur dans un sobre et efficace accrochage ainsi qu’une importante contribution personnelle d’Étienne Delessert. Page dédiée sur le site du musée. C’est ici.

C’EST BIENTÔT NOËL (6) – En novembre et décembre 2020, la Caisse d’allocations familiales (CAF) de la Seine–Saint-Denis et le Salon du livre et de la presse jeunesse (SLPJ) offrent aux familles bénéficiant d’un Contrat local d’accompagnement à la scolarité (CLAS) des Boîtes à magie littéraire, soit trois livres-jeux, un kit de lecture-écriture et des cahiers d’activités, pour lire, écrire, jouer, dessiner, plier, découper et coller en famille. Budget : 100 000,00 euros.

SOUTENANCE – Le mercredi 2 décembre 2020, à 14 heures, Samuel Pinto soutiendra, en distanciel obligatoire, sa thèse en sciences de l’éducation Usages de la littérature de jeunesse et enseignement de la lecture au C.P : contexte historique et social, conceptions sociales et culturelles, présupposés culturels et inégalités à l’école primaire, sous la direction de Stéphane Bonnéry et de Jean-Yves Rochex. Pour assister à la soutenance, il faut contacter Samuel Pinto à cette adresse. Les informations de connexion vous seront envoyées.

NEUVIÈME ART – À la Bibliothèque nationale de France (BnF), le calendrier de l’Avent de Gallica fait dans les cases et dans les bulles. Chaque jour de décembre – disons jusqu’au 24 –  une nouvelle image documentant le domaine de la bande-dessinée. C’est ici.

C’EST OUVERT – Parmi les librairies qui, une à une, nous informent de leur réouverture, Chez les libraires associés, 3 rue Pierre l’Ermite à Paris, annonce son Noël du livre animé avec « de nouveaux pop-up très réussis, certains signés ou personnalisés par les artistes » ainsi qu’une exposition-vente de livres pour enfants vintage. Ils nous signalent également la parution d’un catalogue  consacrée à Françoise Seignobosc, illustratrice des années 1930, et le Salon d’Hiver organisé par le Syndicat national de la librairie ancienne et moderne. Chez les Libraires associés, c’est ici et le Salon d’Hiver, c’est .

PARTENARIAT – Deux groupes de quinze enfants fréquentant le Centre de loisirs de Beaugency (Loiret) se rendront, le mercredi 2 décembre 2020, jusqu’à l’Agora, siège de l’association Val de lire, pour découvrir l’exposition sur affiches La tête dans les images que le Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis a mis à la disposition du CRILJ. Ils écouteront quelques histoires, participeront à un atelier et se verront remettre cartes postales et marques-pages offerts par le SLPJ. Deux autres groupes seront accueillis le mercredi 9 novembre. Informations complémentaires ici et .

PRIX – L’auteur et illustrateur Jakob Wegelius reçoit le Prix Astrid Lindgren 2020 pour La rose du Hudson Queen, deuxième tome de la série « Sally Jones » et, précise le jury, pour  « l’imagination sans bornes [de l’auteur] et son pouvoir de narration ». Créé par la maison d’édition suédoise Rabén & Sjögren, décerné chaque 14 novembre; jour anniversaire d’Astrid Lindgren. le prix est doté de 100 000 couronnes suédoises, ce qui est, ma foi, une plutôt jolie somme. Le premier tome (et l’album préquel de la série) sont disponibles chez Thierry Magnier. Premier tome en Folio Junior depuis quelques jours.

 

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Mais si, les actualités anciennes sont bien en « Mémoire de l’actualité » …

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